Poutine, candidat « indépendant » à la présidentielle de mars 2018

Alors que la campagne présidentielle russe de 2018 aura été marquée par un véritable manque de suspenses.  Le Président sortant Vladimir poutine est quasiment assuré d’être réélu pour un quatrième mandat La faiblesse de l’opposition et la main mise sur les grands médias russes lui permettent d’envisager avec sérénité les résultats du 18 mars prochain. Si le candidat Poutine semble plus fort que jamais, un détail de cette campagne est resté relativement inaperçu, eneffet Vladimir Poutine s’est présenté en tant que candidat « indépendant » et non sous la bannière du parti Russie Unie.

Quelle est l’importance de ce soit disant détail ? 

Si ce que vous venez de dire peut être considérer comme un simple détail de la campagne, en réalité ça ne l’est pas et c’est presque même l’un des éléments les plus importants de cette présidentielle. En effet vladimir poutine ne s’est pas présenté en 2018 sous la bannière de Russie unie le parti de centre droit qui a émergé sous sa présidence au début des années 2000. Un choix qui montre que le Kremlin à pris acte de la baisse de popularité des autorités russes en générale.

Pourtant on a tendance a dire que vladimir poutine est très populaire en Russie

 Oui mais il y a une véritable différence entre la perception du président russe et du reste du pouvoir par la population. Le choix du Vladimir poutine de ne pas se présenter sous l’étiquette Russie Unie peut paraître étrange lorsqu’on sait que son parti à largement remporté les élection législatives de 2016. Alors qu’en 2011 Russie Unie avait obtenu 49% des voix, elle en obtient 54% en 2016. Un résultat en trompe l’œil pour le parti au pouvoir depuis sa création. Alors qu’en 2011 le parti avait recueilli plus de 32 millions de voix, la participation a fortement chuté en 2016 et Russie Unie perdit près de 4 millions de voix. À l’aune de ces résultats il est compréhensible de voir à quel point le Kremlin souhaite une forte participation pour les élection présidentielles de 2018. Les études du Levada Center nous donne un autre indicateur du climat d’insatisfaction de la population russe envers ses autorités. Si les taux d’approbation concernant le Président Vladimir Poutine reste très élevé (avec 81% d’approbation en 2017), les autres corps du pouvoir sont en baisse depuis 2016. Ainsi l’action du Premier ministre Dmitri Medvedev n’est approuvé qu’à 46%, celle du gouvernement russe qu’à 42%.

Toutes ces raisons laissent à penser que le très populaire Président Poutine a souhaité se défaire des éléments les moins populaire pour être ré-élu avec le plus de voix possibles, en accord avec son pourcentage d’approbation. Dans cette optique il est plutôt logique que Poutine se soit présenté sans son étiquette politique habituelle. Bien sûr, Russie Unie ne présente pas de candidat et soutient le Président sortant.

Est ce que ce détail aura un impact après l’élection présidentielle ?

Alors si Vladimir Poutine est à nouveau élu le 18 mars, cette question de la baisse de popularité du pouvoir russe ne sera pas à prendre à la légère. Elle sera même primordiale puisque un des enjeux de ce qui devrait être le dernier mandat de V.Poutine sera la gestion de « sa succession politique ».  Dans cette perspective, il est possible qu’un nouveau premier ministre soit désigné, ce qui serait une rupture du binôme Poutine/Medevedev en place depuis 2008. De nouveaux cadres plus jeunes devraient émerger prochainement autour de Poutine, enfin la question de la survie de Russie Unie se pose. Est-ce que le pouvoir russe pourrait aller jusqu’à dissoudre le parti majoritaire au parlement depuis 2007 pour créer une nouvelle force politique recentrée autour du Président Poutine ? Affaire à suivre.

Enfin si les dirigeants russes ont souvent été accusés d’être déconnectés de la réalité, enfermés dans leur tour d’ivoire, la candidature de Vladimir Poutine en tant que candidat « indépendant » montre bien que le pouvoir a pris acte du mécontentent de populaire. Cette prise de conscience et les relatifs signes d’apaisement envoyés par Moscou aux occidentaux, permet de penser que le « dernier » mandat de V.Poutine aura pour objectif de redresser l’économie du pays pour répondre aux attentes de la population.

18 ans, Etudiant en première année de relations internationales, passionné par l'actualité depuis le plus jeune âge. Créateur de C L'Info

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