Voyage en Europe … et par-delà 
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C L’Info vous propose une série de six épisodes, répartis sur six semaines autour de l’oeuvre de Stefan Zweig Le Monde d’Hier. Écrivain, dramaturge, biographe, Stefan Zweig, né en 1881 à Vienne, aura vu glisser sa ville et sa vie de l’élévation spirituelle et culturelle la plus haute à la décadence morale et à l’échec. Zweig fuit le nazisme et s’exile à Londres dès 1934, puis au Brésil en 1941. Il commence alors la rédaction du “Monde d’Hier, souvenirs d’un Européen”, livre nostalgique, mais d’une nostalgie active, c’est un “cri de papier”. Livre-Testament d’un monde qui n’est plus, celui de la sécurité et du “Progrès” ; Livre-Témoignage sidéré d’un européen face à ce qu’il appelle “l’échec de la civilisation”. En 1942, Stefan Zweig se suicide, précisément au lendemain d’avoir posté le manuscrit du “Monde d’hier” à son éditeur. “Le Monde d’Hier” sera publié en 1944.

Paris, ville promise en cadeau par Zweig fut visitée après Berlin. Cette ville sera considérée comme une éternelle jeunesse, une ville inépuisable, aux sens éveillés, on l’on éprouve une atmosphère de jeunesse dans cette ville qui se donne à chacun et dont pourtant, personne ne pénètre tous les secrets. Zweig observe, à Paris, le multiculturalisme de la ville, composée d’un grand nombre de nationalités différentes qui se sentaient toutes chez elles, mais qui cohabitaient facilement : « chacun vivait comme il lui plaisait, sociable ou solitaire, prodigue ou économe, dans le luxe ou dans la bohème », telle était la vie définie par Zweig à Paris au XIXe, une juxtaposition de contrastes, point de haut ni de bas. Il remarquera également la vitesse à laquelle la ville développé ses infrastructures de transports, métro et automobiles. Au delà d’un voyage en plein Paris, Zweig cherche très vite à se confronter au Paris de Henri IV, de Louis XIV, de Napoléon et de la Révolution, du Paris de Rétif de la Bretonne et de Balzac, de Zola et de Louis-Philippe.

Après avoir rencontré, philosophes, poètes, écrivains dans la capitale Française, Zweig entama un voyage outre-manche, à Londres. Pour l’auteur, la transition fut éprouvante, comparable à un jour torride, lorsque l’on passe du jour à l’ombre … Pour lui, le voyage vers Londres fut un passage obligé, car « comment comprendre notre monde et en évaluer les forces sans connaitre le pays qui, depuis des siècles, fait rouler ce monde sur ses rails ? ». Cependant, Zweig fut déçu par ce voyage qui n’enrichit que très peu ses compétences intellectuelles, notamment à cause d’un manque d’adaptation à la vie Anglaise.

Paris, l’Angleterre, l’Italie, l’Espagne, la Belgique, la Hollande, toutes ces pérégrinations propres à une vide nomade ont donné envie à Stefan Zweig de retrouver un port d’attache stable où l’on part et revient. Zweig retourna chez lui avec de nombreuses attaches aux différents pays européens, qu’elles soient matérielles ou intellectuelles, qui ont marqué sa jeunesse. Ainsi, il s’installa dans un appartement à Vienne, et continua à fréquenter les intellectuels, penseurs et artistes. C »est également à son retour que Zweig commença à publier ses premiers ouvrages auprès des grandes maisons d’éditions autrichiennes : « La voie m’était ouverte. J’avais commencé de publier presque trop tôt, en étant cependant intimement convaincu qu’à 26 ans je n’avais pas produit d’oeuvres véritables ». Ces premiers ouvrages provoquèrent des mauvaises réactions en provenance de l’Allemagne, Zweig étant accusé d’inventer des histoires fantômes.

Après son retour sur ses terres, l’Inde fut le pays rêvé par Zweig : « Je fus effrayé de la misère de ces êtres émaciés, du sérieux sans joie que je lisais dans les regards sombres, de la monotonie souvent cruelle et surtout de la séparation rigide des classes et des races ». Parmi les hommes rencontrés lors du périple Indien, l’auteur rencontra des hommes qui exercèrent une influence immense sur l’histoire de notre temps. L’Amérique fut le second long périple après l’Inde. L’Amérique, que l’auteur voyait, déjà en son temps remplie de possibilités. Séduit par la jeunesse New-Yorkaise, il entama les visites en « touriste » de Philadelphie, Boston, Baltimore, Chicago, sans avoir le courage de rejoindre la côte ouest et San Francisco, à l’époque moins populaire qu’actuellement.  Pour l’auteur, ces voyages furent une bonne façon de prendre congés et de jeter des regards sur les nouvelles grandes réalisations … A son retour en Europe au début des années 1910, l’auteur expliquera qu’il n’a jamais autant aimé notre veille terre que lors de ces 10 dernières années : « On sentait en toutes choses que la richesse s’accroissait et se répandait largement ». Ainsi, Zweig remarqua que les villes évoluaient, de la même façon que les hommes devenaient plus beaux et plus sains grâce au sport, à la nourriture meilleure et à la réduction de la durée du travail. Les hommes étaient devenus curieux de savoir si le monde était partout aussi beau, et d’une beauté différente, les voyages étant devenus moins onéreux. Puis, au fil des années, la pensée européenne de Zweig se dégradait. En 1913, il écrit « ce fut la première conversation à partir de laquelle je reconnus qu’il était de notre devoir de ne pas nous montrer imprévoyants et inactifs face à une guerre européenne toujours possible ».

18 ans, Etudiant en première année de relations internationales, passionné par l’actualité depuis le plus jeune âge.
Créateur de C L’Info

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