Trump avait demandé à l’ex-directeur du FBI s’il était visé par une enquête

Donald Trump a admis jeudi qu’il avait demandé trois fois au désormais ex-directeur du FBI James Comey s’il était ciblé par une enquête, une intervention qui pourrait être interprétée comme une tentative d’interférence ou d’intimidation.

« Je lui ai demandé », a dit le président américain lors d’une interview sur NBC, rapportant deux conversations téléphoniques. « J’ai dit, si c’est possible, pouvez-vous me dire s’il y a une enquête sur moi ? Il a dit qu’il n’y avait pas d’enquête sur moi ».

Selon Donald Trump, les deux hommes en avaient parlé une première fois lors d’un « dîner très sympa ».

« Il voulait rester le chef du FBI et j’ai dit que j’y réfléchirai », a raconté M. Trump. « Et ce jour-là il m’a dit que je n’étais pas visé par une enquête, ce que je savais déjà de toute façon ».

Le FBI enquête depuis l’été dernier sur les ingérences russes dans la campagne présidentielle de 2016, et sur une éventuelle coordination entre des membres de l’équipe de campagne Trump et la Russie.

Ces contacts de président à directeur du FBI ont étonné le sénateur républicain Lindsey Graham, qui a promis de « poser la question ».

La Maison Blanche peinait cependant à établir avec clarté la séquence ayant conduit à l’éviction, rarissime, du chef du FBI, a fortiori alors qu’il supervisait de près une enquête très sensible de sécurité nationale.

Dans le même entretien à NBC, Donald Trump a expliqué qu’il avait de toute façon l’intention de limoger M. Comey, se distançant de la version de la Maison Blanche selon laquelle il n’avait agi qu’après la recommandation du ministère de la Justice, mardi.

« J’allais le limoger quelles que soient les recommandations », a déclaré le président américain dans un entretien à la chaîne de télévision NBC. « C’est un hâbleur, un fanfaron », a-t-il dit.

Ces commentaires désobligeants n’étaient pas du goût des élus du Congrès, y compris républicains. « J’ai une opinion différente de M. Comey », a lâché le sénateur Orrin Hatch.

John McCain a répété qu’il était « très préoccupé par le limogeage ».

« Il avait le droit absolu de licencier le directeur du FBI pour n’importe quelle raison », a dit Lindsey Graham. « Le problème, ce sont les raisons incohérentes qui ont été données ».

L’enquête continue

Le directeur du FBI, James Comey, le 20 mars 2017 à Washington

« Le travail des hommes et des femmes du FBI continue quels que soient les changements de circonstances, quelles que soient les décisions », a déclaré Andrew McCabe, ex-numéro deux, lors d’une audition au Sénat.

« Il n’y a eu aucune tentative d’entraver notre enquête à ce jour » a-t-il ajouté.

Et il a promis de prévenir le Congrès en cas de tentative du pouvoir d’intervenir dans l’enquête, qu’il a qualifiée de « hautement importante » alors que la Maison Blanche tente d’en minimiser l’importance.

Plus tôt jeudi, le directeur par intérim du FBI a cherché à rassurer un Congrès secoué par ces événements sur l’indépendance de l’enquête.

« Le travail des hommes et des femmes du FBI continue quels que soient les changements de circonstances, quelles que soient les décisions », a déclaré Andrew McCabe, ex-numéro deux, lors d’une audition au Sénat.

« Il n’y a eu aucune tentative d’entraver notre enquête à ce jour » a-t-il ajouté.

Se posant en garant de l’intégrité de l’enquête, M. McCabe s’est engagé à ne pas informer le président Donald Trump ou la Maison Blanche sur son statut.

Et il a promis de prévenir le Congrès en cas de tentative du pouvoir d’intervenir dans l’enquête, qu’il a qualifiée de « hautement importante » alors que la Maison Blanche tente d’en minimiser l’importance.

Au risque d’agacer le président, M. McCabe a enfin rendu un hommage appuyé à M. Comey.

« Je peux aussi vous dire que le directeur Comey était largement soutenu au sein du FBI, et le reste encore aujourd’hui », a-t-il dit, dans une cinglante réponse à la Maison Blanche, qui affirme depuis mardi que M. Comey avait perdu la confiance de ses agents.

Cette audition était la première apparition en public d’Andrew McCabe, qui a pris temporairement les rênes de la police fédérale en attendant la nomination et la confirmation d’un nouveau directeur.

L’opposition démocrate continue cependant de réclamer la nomination d’un procureur spécial pour superviser l’enquête, mais aucun élu républicain ne soutient cette demande, qui a peu de chance d’aboutir sans pression de la part de la majorité.

Donald Trump critiqué après le limogeage du patron du FBI

Donald Trump tentait mercredi de contenir la tempête provoquée par le limogeage du patron du FBI James Comey, l’opposition démocrate réclamant la nomination d’un procureur spécial pour enquêter sur le rôle de la Russie dans la campagne de 2016.

« Il ne faisait pas du bon travail, c’est très simple, il ne faisait pas du bon travail », a justifié Donald Trump, interrogé brièvement dans le Bureau ovale par la presse.

Hasard du calendrier, le président des Etats-Unis a reçu mercredi le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, une première rencontre qualifiée par lui de « très bonne » avec un haut responsable russe, et qui préfigure celle avec Vladimir Poutine prévue en juillet en Allemagne.

Si l’entrevue était fermée à la presse, le ministère russe des Affaires étrangères s’est empressé de diffuser sur Twitter des photos des deux hommes se serrant la main.

« Le président Trump a clairement dit son intérêt à mettre en place des relations de travail pragmatiques et mutuellement bénéfiques » avec la Russie, a déclaré ensuite M. Lavrov.

 

L’argument de la Maison Blanche pour justifier le départ du patron de la police fédérale est simple mais étonnant.

Il lui est reproché sa gestion de l’affaire des mails d’Hillary Clinton, qu’il a commentée publiquement durant la campagne électorale, contrairement à l’usage au FBI mais à la grande satisfaction, à l’époque, du candidat républicain. Pourquoi, demande en substance la Maison Blanche, les démocrates crient-ils au scandale, alors qu’ils avaient eux-mêmes dénoncé pendant des mois le comportement de M. Comey ?

Sauf qu’une audition publique hors normes a eu lieu entre temps au Congrès, en mars, durant laquelle le premier flic des Etats-Unis a confirmé l’existence d’une enquête sur une éventuelle « coordination » entre des membres de l’équipe de campagne de Donald Trump et Moscou.

Selon le New York Times, en outre, M. Comey avait réclamé la semaine dernière au ministère de la Justice des moyens supplémentaires pour renforcer l’enquête de ses agents.

« Si l’administration avait de réelles objections à la façon dont le directeur Comey a géré l’enquête Clinton, elles auraient existé dès la prise de fonctions du président », a accusé Chuck Schumer, chef de l’opposition démocrate au Sénat, qui soupçonne le pouvoir de vouloir entraver les investigations.

Toute l’opposition réclame aujourd’hui la nomination d’un procureur spécial, plus indépendant du pouvoir que les procureurs existants, pour superviser l’enquête sur l’ingérence russe. Cette décision dépend a priori du numéro deux de la Justice, Rod Rosenstein, le ministre Jeff Sessions s’étant récusé dans cette affaire.

Quel remplaçant ?

Les questions ne viennent pas seulement des rangs des démocrates. Plusieurs ténors républicains ont exprimé leur embarras, voire leur incrédulité.

« Lorsque vous virez l’un des personnages les plus respectés de l’Amérique, vous avez intérêt à avoir une très bonne explication, et jusqu’ici, je ne l’ai pas entendue », a lancé mercredi le sénateur John McCain sur CNN.

Le chef de la puissante commission du Renseignement du Sénat, Richard Burr, qui mène sa propre enquête parlementaire, s’est déclaré « troublé » par le calendrier et les raisons avancées pour ce limogeage.

Beaucoup de membres de la majorité, dont le chef du Sénat, soutiennent la décision présidentielle.

Mais un nombre croissant craignent que ces événements érodent la confiance des Américains dans l’intégrité du système judiciaire.

« Notre pays se trouve évidemment dans une période très volatile, sensible et fragile », a expliqué le sénateur républicain Tim Scott. « Il va falloir qu’on aille au fond des choses, rapidement ».

Dans une série de tweets matinaux, Donald Trump avait justifié ainsi sa décision: « Comey a perdu la confiance de pratiquement tout le monde à Washington, républicains comme démocrates. Quand les choses se calmeront, ils me remercieront ».

« James Comey sera remplacé par quelqu’un qui fera beaucoup mieux et ramènera l’esprit et le prestige du FBI », a-t-il ajouté, renvoyant via son compte Twitter sur un article listant « les 10 plus gros scandales du FBI sous la direction de Comey ».

Parmi les personnes citées dans la presse américaine pour succéder à M. Comey figurent le gouverneur du New Jersey Chris Christie ou encore Mike Rogers, ancien du FBI et ex-président de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants.

L’ex-maire de New York Rudy Giuliani, dont le nom avait été évoqué, a indiqué ne pas être candidat pour le poste.

« Femmes au travail »: Ivanka Trump se pose en modèle

Qui est vraiment Ivanka Trump ? Son livre, sorti mardi en librairie, appuie la « mission » qu’elle s’est choisie de défendre les femmes jonglant entre responsabilités professionnelles et familiales, tout en révélant quelques facettes de la vie dorée de la fille préférée du président américain.

Les 243 pages de « Femmes au travail: réécrire les règles du succès », publié chez Penguin, ont été écrites avant l’élection surprise de Donald Trump par cette ex-mannequin de 35 ans, devenue femme d’affaires et mère de trois enfants. Seule la préface a été ajoutée juste avant l’investiture par une Ivanka devenue subitement, avec son mari Jared Kushner, le centre de toutes les attentions, tant ils semblent pouvoir peser sur un président inexpérimenté et fantasque. Pour éviter d’alimenter les accusations de conflit d’intérêts qui empoisonnent le milliardaire et sa famille – elle a quitté ses fonctions à la Trump Organization et à la tête de son entreprise de vêtements, mais continue d’en tirer des revenus – une partie des recettes iront à de bonnes oeuvres. Et la sortie du livre ne s’accompagne d’aucun tapage publicitaire ni tournée promotionnelle. Quant au contenu, il s’inscrit dans la droite ligne de ses comptes Twitter et Instagram, parfaitement manucurés: conseil après conseil pour les femmes qui veulent conjuguer carrière, famille et glamour, depuis la décision de fonder ou pas une famille jusqu’aux techniques d’entretiens, en passant par le choix des loisirs (elle aime le jardinage, et a de belles propriétés à sa disposition pour s’y adonner avec ses enfants).

Femme multi-dimensionnelle

Le livre d’Ivanka Trump, « Femmes au travail: réécrire les règles du succès », publié chez Penguin, est pris en photo dans une librairie Barnes & Nobel à New York le 2 mai 2017

Le livre déborde de références à d’autres femmes à succès, de la super-vedette des médias Oprah Winfrey à la N.2 de Facebook, Sheryl Sandberg, en passant par la papesse de la mode Anna Wintour, qui lui proposa de l’embaucher chez Vogue quand elle étudiait à la prestigieuse Wharton School de Pennsylvanie. Chiquenaude au discours anti-musulman de l’administration Trump: la « Première fille » mentionne aussi élogieusement Umber Ahmad, fille d’immigrés pakistanais aujourd’hui très glamour, qui a lancé à New York une pâtisserie aujourd’hui renommée après avoir été banquière. Ivanka, désormais conseillère officielle à la Maison Blanche, donne aussi quelques pistes sur les expériences qui l’ont formée.

Elle rend un hommage appuyé à sa mère tchèque, Ivana, première femme de Trump, qui lui a prodigué philosophie de vie tout en incarnant parfaitement « la femme multi-dimensionnelle », capable « d’inspecter méticuleusement » la construction d’un nouvel hôtel « en talons aiguille », alors que les femmes dans l’immobilier étaient encore rares. Elle explique aussi avoir longtemps hésité à exposer sa famille sur les réseaux sociaux, ce qu’elle fait avec un don certain pour l’auto-promotion aujourd’hui: elle craignait notamment de « saper (son) autorité aux yeux de (ses) collègues et pairs, dans un secteur dominé par les hommes ».Elle se targue d’avoir essayé, dans l’entreprise qu’elle a créée, d’avancer la cause des femmes, en autorisant des emplois du temps très souples ou en « donnant l’exemple » en amenant ses enfants au bureau ou en partant tôt pour les chercher à l’école.

Vie de princesse

Les exemples qu’elle donne reflètent néanmoins un train de vie de princesse: elle raconte notamment comment sa fille la rejoignait tous les mercredis pour déjeuner dans son bureau de Trump Tower – toute proche de son appartement de Park Avenue – où une table spécialement installée pour elle renfermait « bonbons, jouets, crayons et feutres de couleurs ». Et lorsqu’elle voyageait beaucoup sur la fin de la campagne électorale de son père, elle dit n’avoir fait que « travailler et être avec (sa) famille », renonçant à s' »offrir des massages ». Nounou ou femme de ménage qui la secondent au quotidien sont quasi-absentes de ses exemples, même si elles sont remerciées en fin d’ouvrage avec les membres de sa famille. Ivanka, qui avait poussé son père à promettre pendant la campagne d’instaurer un congé maternité payé et des aides aux frais de garde d’enfants, revient brièvement sur cette question en fin d’ouvrage. « Nous devons nous battre pour que ça change, que ce soit via la législation ou dans les entreprises », dit-elle sans autre précision. Même sans tapage publicitaire, le livre pourrait connaître un grand succès du fait de l’intérêt suscité par la « Première fille ». Son premier livre, paru en 2009, avait déjà été un succès de librairie.

Frustré par le budget, Trump s’en prend au fonctionnement du Congrès

Frustré par le compromis budgétaire, qui ne prévoit pas le moindre dollar pour son projet emblématique de mur à la frontière avec le Mexique, Donald Trump a fait mardi une irruption inattendue dans le débat en proposant de changer les règles de fonctionnement du Congrès.

Se tournant vers son compte Twitter, son mode de communication favori pour exprimer son agacement ou sa colère, le président américain est même allé jusqu’à souhaiter « un bon shutdown » (fermeture des administrations centrales) à l’automne pour faire bouger le système. Or le sujet est particulièrement sensible au sein du parti républicain tant la spectaculaire paralysie de 2013, dont il avait été largement tenu pour responsable, a traumatisé ses élus. Les relations entre la Maison Blanche et Capitol Hill font l’objet d’une attention renouvelée ces derniers jours car la réforme du système de santé est de nouveau à l’ordre du jour. Un peu plus d’un mois après un échec cuisant, les républicains tentent de nouveau d’abroger « Obamacare », mais l’issue du nouveau vote est très indécise. « Soit nous élisons plus de sénateurs républicains en 2018, soit nous changeons les règles immédiatement », a tweeté le président américain, déplorant que son parti ne dispose pas des 60 voix nécessaires au Sénat pour décider seul, sans avoir à négocier avec les démocrates. « Notre pays a besoin d’une bonne +fermeture+ (des administrations) en septembre pour régler ce problème ! », a-t-il ajouté, dans une formule pour le moins inhabituelle dans la bouche du locataire de la Maison Blanche.

Au Sénat, une majorité qualifiée de 60 voix sur 100 est requise pour adopter les lois, à quelques exceptions près. Or les républicains ne disposent que de 52 sièges, ce qui les oblige à recueillir l’appui d’une partie de l’opposition démocrate pour voter chaque texte. Jusqu’à récemment, les nominations de juges de la Cour suprême étaient également soumises à la barre des 60 voix, mais face à l’obstruction démocrate, les républicains l’ont abaissée en avril à une majorité simple de 51 voix. Donald Trump s’était félicité de cette mini-révolution, et demande aujourd’hui à sa majorité de faire la même chose pour les législations.

Tweet « honteux

Quelques heures après ses tweets, il optait, lors d’une cérémonie de remise de trophée à une équipe de football américain, pour un parti pris radicalement différent, louant « la hausse massive » des dépenses de la Défense obtenue dans ce compromis du Congrès. « Nous mettons enfin un terme à des années de coupes dans les dépenses militaires et montrons notre détermination au monde entier », se félicitait-il, tentant de mettre en valeur un compromis qu’il dénonçait le matin même.

A l’issue de plusieurs semaines de négociations, majorité républicaine et opposition démocrate ont dévoilé lundi un texte de compromis afin de financer l’Etat fédéral pour les cinq derniers mois de l’année budgétaire 2017, soit jusqu’au 30 septembre. Il devrait être adopté avant la fin de la semaine.La proposition de loi détaille 1.163 milliards de dollars de dépenses pour l’année, soit un peu moins du tiers de tout le budget fédéral. Sur ce total, la Défense en obtient 598,5, soit une augmentation de 4,5% par rapport à 2016. Mais les démocrates ont eu gain de cause sur le projet de mur à la frontière du Mexique, dont ils avaient fait leur cheval de bataille: pas le moindre dollar fédéral ne pourra être utilisé pour lancer le chantier. Si les élus républicains se montraient discrets sur les tweets présidentiels, leurs adversaires démocrates sont montés au créneau avec force. « Un bonne fermeture (des administrations)? », s’est indigné l’élu démocrate de Virginie Gerry Connolly. « Une déclaration irréfléchie de la part de celui qui a prêté serment de protéger les États-Unis ». Le sénateur du Vermont Patrick Leahy, a déploré un tweet « honteux » au moment où s’engagent les négociations sur le budget 2018, rappelant le coût du « shutdown » d’octobre 2013, quand des centaines de milliers de fonctionnaires fédéraux avaient dû rester chez eux pendant plus de deux semaines.

Etats-Unis: les expulsions de clandestins ont diminué sous Trump

Les expulsions d’immigrés clandestins se sont ralenties aux Etats-Unis au cours des trois premiers mois de l’administration Trump malgré la promesse du nouveau président américain de donner un coup d’accélérateur au renvoi des sans-papiers.

Selon la police des frontières (Immigration and customs enforcement, ICE), 54.564 personnes ont été expulsées du territoire américain depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche le 20 janvier.

Cela représente un repli de 12% par rapport à la même période de l’année précédente, et un tiers de moins que début 2014.

Confortée par une baisse du nombre de candidats à l’immigration à la frontière mexicaine, l’administration Trump a néanmoins renforcé mi-avril ses moyens pour traquer les clandestins, jusqu’à ordonner de les arrêter dans les villes ou les lieux ayant délibérément choisi de les protéger.

L’ICE n’a pas donné d’explication au repli constaté en ce début d’année, qui s’inscrit dans le sillage des statistiques depuis 2014. L’ancien président démocrate Barack Obama était plus conciliant avec les clandestins n’ayant pas eu maille à partir avec la justice.

Les données de l’organisation indépendante TRAC Immigration montrent que les tribunaux chargés des dossiers migratoires croulent désormais sous les cas d’expulsions.

Selon cette source, les dossiers en cours ont bondi à 540.000 soit environ 100.000 de plus que fin 2015. Il faut en moyenne 600 jours pour régler un dossier.

Le président américain Donald Trump à la Maison Blanche à Washington, le 2 mai 2017

Donald Trump a promis durant sa campagne d’expulser la majorité des onze millions de personnes vivant illégalement aux Etats-Unis, même si nombre d’entre elles sont installées dans le pays depuis plusieurs décennies, ont des emplois stables et ont fondé une famille.

Il a ensuite indiqué que son administration concentrerait ses efforts dans un premier temps sur les immigrés clandestins délinquants, en particulier ceux impliqués dans les gangs et le trafic de stupéfiants. Un peu plus de la moitié des expulsés depuis le 20 janvier avaient un passé criminel, comme du temps de Barack Obama.

La semaine dernière, le Washington Post a écrit qu’environ la moitié des 675 personnes détenues après l’investiture n’avaient pas de condamnation judiciaire ou simplement des infractions au code de la route.

Mais l’ICE a précisé que 90% des 163 personnes avec des infractions routières avaient été condamnées pour conduite en état d’ébriété ce qui, pour ce service, les rend dangereuses pour autrui et donc méritent d’être expulsées.

« Les Simpsons » étrillent Trump pour ses « 100 jours »

La mythique série animée « Les Simpsons » étrille Donald Trump dans une vidéo virale dédiée aux 100 premiers jours de sa présidence où il se vante d’avoir augmenté ses adeptes sur Twitter et réduit son handicap de golf.

Les 84 secondes postées sur le compte Twitter de la comédie animée satirique de la chaîne Fox donnent un avant-goût d’un épisode programmé dimanche qui souligne que 6,8% du mandat à la Maison Blanche de Donald Trump sont déjà écoulés.

Déjà visionnée quelque 5 millions de fois sur YouTube vendredi, la vidéo démarre dans une Maison Blanche sinistre une nuit d’orage, où l’on peut voir le porte-parole de l’exécutif Sean Spicer pendu dans la salle de presse avec un panneau « je démissionne » autour du cou.

« Je ne le remplacerai pas! », lance la conseillère du président Kellyanne Conway, prenant la fuite en découvrant le cadavre.

A l’étage, on voit les caricatures du stratège de Donald Trump Steve Bannon et du beau-fils du président Jared Kushner se battre.

Pendant ce temps, Trump est assis sur son lit en pyjama rose, son smartphone en main, entouré d’un livre de l’ex-présentateur de la chaîne conservatrice Fox News Bill O’Reilly, et d’un « Guide de la Floride avec seulement 10 millions de dollars par jour ».

« Cent jours dans la fonction, j’ai tant accompli. J’ai fait baisser mon handicap de golf, mon compte Twitter a 700 abonnés de plus », énumère-t-il pendant qu’un teckel qui lui sert de perruque tourne en rond sur sa tête.

« Voilà un projet de loi à lire immédiatement. Ça abaisse les impôts seulement pour les républicains », implore un assistant.

« Fox News ne peut pas le lire? Je regarderai ce qu’ils disent », répond le richissime homme d’affaires, avant de tourner son regard vers la télévision où sa fille ainée Ivanka est devenue juge de la Cour suprême et y fait la promotion de sa ligne vestimentaire.

« Les Simpsons », qui a gagné 32 Emmys et avait notamment prédit que Trump serait élu à la présidence dans un épisode dès l’an 2000, arrive à la fin de sa 28ème saison. La série légendaire devrait rester sur le petit écran au moins jusqu’à une trentième saison.

Assad se défend après l’attaque chimique présumée, tensions russo-américaines

Le président syrien Bachar al-Assad a accusé les pays occidentaux d’avoir monté l’attaque chimique présumée à Khan Cheikhoun, à l’origine de fortes tensions entre Washington et Moscou dont les relations sont « au plus bas ».

« Il s’agit pour nous d’une fabrication à 100% », a déclaré le chef de l’Etat syrien qui s’exprimait pour la première fois depuis cette attaque qui a provoqué un vif choc dans le monde.

« Notre impression est que l’Occident, principalement les Etats-Unis, est complice des terroristes et qu’il a monté toute cette histoire pour servir de prétexte à l’attaque » menée le 7 avril par les Etats-Unis contre une base aérienne du régime syrien, a-t-il ajouté.

Le président syrien Bachar al-Assad a accusé les pays occidentaux d’avoir monté l’attaque chimique présumée à Khan Cheikhoun, à l’origine de fortes tensions entre Washington et Moscou dont les relations sont « au plus bas ».

Dans un entretien exclusif accordé mercredi à l’AFP à Damas, M. Assad a affirmé que son armée n’était pas responsable de l’attaque présumée qui a provoqué selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) la mort de 87 civils dans cette ville rebelle du nord-ouest syrien le 4 avril.

« Il s’agit pour nous d’une fabrication à 100% », a déclaré le chef de l’Etat syrien qui s’exprimait pour la première fois depuis cette attaque qui a provoqué un vif choc dans le monde.

« Notre impression est que l’Occident, principalement les Etats-Unis, est complice des terroristes et qu’il a monté toute cette histoire pour servir de prétexte à l’attaque » menée le 7 avril par les Etats-Unis contre une base aérienne du régime syrien, a-t-il ajouté.

Le président syrien Bachar el-Assad (D) interviewé par le journaliste de l’AFP Sammy Ketz le 12 avril 2017 à Damas

L’attaque chimique présumée a provoqué une brusque montée des tensions autour du conflit en Syrie. Dénonçant une attaque « très barbare », le président américain Donald Trump a ordonné le bombardement de la grande base d’Al-Chaayrate, la première frappe américaine contre le régime depuis le début du conflit en 2011.

« Notre puissance de feu, notre capacité à attaquer les terroristes n’a pas été affectée par cette frappe », a affirmé M. Assad à l’AFP.

Pour l’administration américaine, il n’y a « pas de doute » que le régime de Damas est responsable de l’attaque chimique présumée. Et M. Trump a jugé « possible » que la Russie, principal allié de Damas, ait été au courant de cette attaque.

Dans l’entretien à l’AFP, le président syrien a assuré que son régime ne possédait plus d’armes chimiques depuis leur destruction en 2013. « Il y a plusieurs années, en 2013, nous avons renoncé à tout notre arsenal.

Nouveau veto russe

Le regain de tension entre Américains et Russes a été palpable durant la première visite du secrétaire d’Etat Rex Tillerson à Moscou où il a rencontré mercredi le président Vladimir Poutine après le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Le secrétaire d’Etat américain, Rex Tillerson, et le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, le 12 avril 2017 à Moscou

M. Tillerson a déploré le « faible niveau de confiance entre (nos) deux pays ».

« A l’heure actuelle, nous ne nous entendons pas du tout avec la Russie », a reconnu Donald Trump à Washington, en évoquant une « relation peut-être au plus bas (niveau) de tous les temps ». Mais jeudi, il s’est dit convaincu que les choses « vont s’arranger » avec la Russie.

M. Poutine a, lui, estimé que les relations bilatérales s’étaient détériorées depuis l’arrivée à la Maison Blanche de M. Trump qui avait pourtant prôné au début de sa présidence un rapprochement avec Moscou.

Mais M. Lavrov a indiqué jeudi au sujet de sa rencontre avec M. Tillerson que les deux hommes étaient « arrivés à la position commune qu’une situation semblable ne doit pas se répéter », en allusion à la frappe contre la base.

« Sur fond d’hystérie occidentale, il est fondamental de ne pas succomber aux provocations et de ne rien permettre qui puisse casser les efforts entrepris dans le cadre des processus (de paix) de Genève et d’Astana », a ajouté M. Lavrov qui a rencontré jeudi à Moscou son homologue syrien Walid Mouallem.

Dans une autre illustration des divisions internationales sur la Syrie, la Russie a opposé mercredi à New York son veto à un projet de résolution du Conseil de sécurité présenté par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni et réclamant une enquête sur l’attaque de Khan Cheikhoun.

C’est la 8e fois depuis le début de la guerre que Moscou bloque toute action de l’ONU contre son allié syrien. Washington, Londres et Paris ont protesté avec force.

Enquête ‘impartiale

Interrogé par l’AFP, M. Assad a affirmé qu’il n’accepterait « qu’une enquête impartiale » sur Khan Cheikhoun, en s' »assurant que des pays impartiaux y prendront part pour être sûr qu’elle ne sera pas utilisée à des fins politiques ».

L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques a annoncé avoir ouvert une enquête et a dit jeudi que l’attaque chimique présumée était « une allégation crédible », selon des évaluations préliminaires de ses experts.

A Moscou, M. Tillerson, qui avait semblé s’accommoder fin mars d’un maintien au pouvoir du président syrien, a réclamé le départ « organisé » de M. Assad dans le cadre d’une transition politique.

Mais M. Lavrov a rappelé les précédents chaos provoqués selon lui par les chutes des « dictateurs » irakien Saddam Hussein ou libyen Mouammar Kadhafi.

Moscou intervient militairement en soutien à Damas depuis septembre 2015 et les Etats-Unis pilotent depuis septembre 2014 une coalition internationale luttant contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Une des frappes de cette coalition a tué par erreur mardi 18 combattants alliés des Forces démocratiques syriennes dans le nord-est de la Syrie, selon le commandement des forces américaines.

Entre Donald Trump et Justin Trudeau, l’alliance improbable

Si Donald Trump exprime son indifférence, voire sa colère, à l’égard de certains dirigeants étrangers, le Premier ministre progressiste canadien Justin Trudeau a contre toute attente noué une alliance plutôt improbable avec le président républicain.


 

Qualifié d' »anti Trump » par les journaux allemands lors de sa visite en février à Berlin, Justin Trudeau a fini par convaincre, y compris la frange la plus à gauche des Canadiens, de son engagement à poursuivre la collaboration avec le voisin américain afin de protéger les intérêts économiques et sécuritaires du Canada.

Justin Trudeau arrive par petites touches à se démarquer de propos polémiques du président américain tout en tissant des liens avec la nouvelle administration américaine et sans aucun dommage pour sa cote de popularité. « C’est une relation fascinante », explique Ian Capstick, ancien conseiller politique à la tête de Media Style, une société spécialisée dans la stratégie. « Je ne sais pas si j’appellerais ça une relation privilégiée mais je dirais plutôt que c’est le début d’une relation fructueuse. »

Donald Trump avait encensé Justin Trudeau lors de leur première rencontre à Washington et, par deux fois, il a fait l’éloge du Canada à l’occasion de son discours sur l’état de l’Union au Congrès. « Les États-Unis sont particulièrement chanceux d’avoir un voisin comme le Canada », avait-il lancé aux côtés de Justin Trudeau à la Maison Blanche.

Avec des économies fortement intégrées, le Canada et les États-Unis partagent la plus longue frontière terrestre au monde, une histoire et une culture communes. Pour garantir ces liens, Justin Trudeau a dépêché ses ministres les plus importants à Washington.

En coulisses, l’ancien Premier ministre conservateur Brian Mulroney a joué les intermédiaires grâce à son amitié avec Donald Trump. Mi-février, en voisin, M. Mulroney a poussé la chansonnette dans la luxueuse résidence de Trump de Mar-a-Lago. « Tous les Libéraux ne doivent pas apprécier Mulroney mais ils admettent qu’il semble être compétent pour tisser des liens avec les hommes politiques américains », confie à l’AFP l’ancien stratège du Parti libéral Tim Powers.

Un flirt risqué

Le président américain Donald Trump (g) et le Premier ministre canadien Justin Trudeau, le 13 février 2017 à la Maison Blanche à Washington

 

Certes, certains « aimeraient que Justin Trudeau dénonce le comportement et les déclarations de Donald Trump » comme par exemple, dit-il, sur les femmes ou les musulmans.

Le Premier ministre a fait preuve de « sagesse en se retenant de critiquer » le candidat Donald Trump pendant la campagne « comme d’autres dirigeants ont pu le faire ». « Habilement, (Trudeau) ne laisse pas les points d’achoppement idéologiques » interférer avec sa relation avec Donald Trump, reconnait Ryan Hurl, professeur de sciences politiques à l’université de Toronto.

Justin Trudeau a pris la mesure des différences de points de vue avec Donald Trump. « Nous ne seront pas toujours d’accord sur tout », avait-il prévenu à Washington. Mais, « la dernière chose que veulent les Canadiens, c’est que je donne des leçons sur la manière dont les autres pays se gouvernent », avait-il ajouté, Justin Trudeau préférant plutôt « être un exemple positif dans le monde ».

La popularité de Justin Trudeau reste, après 16 mois au pouvoir, à des niveaux rarement observés au Canada, selon les sondages d’opinion. Faire la cour à Donald Trump demeure toutefois un exercice risqué.  « Difficile de prédire ce qui peut offenser Donald Trump », estime Robert Bothwell, professeur à la Munk School de Toronto. « Ça peut arriver à n’importe qui et Justin Trudeau n’a pas de baguette magique pour se prémunir contre ce genre de situation. »

Côté américain, Donald Trump « semble croire que Justin Trudeau jouit d’un capital politique qui peut lui être utile », selon Tim Powers. « Justin Trudeau a bonne presse dans différentes parties de la planète et, pour certains partenaires occidentaux, sa bonne entente avec Trump » peut servir ce dernier, dit-il.

A l’inverse, selon Ian Capstick, « si le président Trump devenait trop agressif à l’encontre du Canada, Justin Trudeau pourrait bénéficier du soutien de l’ensemble du monde progressiste et créer ainsi des problèmes majeurs au président américain ».

Le plan des républicains pour remplacer « Obamacare »

Le porte-parole de la Maison Blanche, Paul Ryan, lors d'une conférence de presse sur l'abrogation de l'Obamacare, le 12 janvier 2017 à Washington

Le président américain Donald Trump et la majorité républicaine se sont engagés à abroger « Obamacare », la réforme emblématique de la couverture-maladie par Barack Obama. Comment fonctionne-t-elle, et par quoi veulent-ils la remplacer?


 

La couverture-maladie aux Etats-Unis

Aux Etats-Unis, la couverture-maladie est principalement un marché privé. La moitié environ des Américains ont une couverture souscrite via leurs employeurs, selon la Kaiser Family Foundation, souvent à un coût abordable, auprès d’assureurs privés. Seul un peu plus d’un tiers des Américains bénéficient d’une couverture publique, réservée aux plus vulnérables (programme Medicaid) et aux plus de 65 ans (Medicare). Le reste est soit sans assurance, soit assuré individuellement auprès d’assureurs privés, par exemple des travailleurs indépendants ou des salariés de petites entreprises. Pour ces individus, le coût peut être très élevé, jusqu’à plusieurs milliers de dollars par mois.

Les apports d’Obamacare

En 2010, Barack Obama et ses alliés démocrates ont voté une grande réforme destinée à réduire le nombre de personnes vivant sans couverture-maladie, alors 16% de la population. La loi, surnommée « Obamacare », a augmenté les plafonds de revenus permettant de bénéficier du programme public Medicaid, et a créé des aides financières, sous la forme de crédits d’impôts, pour aider les gens à souscrire à des assurances privées sur le marché individuel. En échange, la loi a imposé une amende à toute personne n’étant pas assurée.

Autres nouveautés: les enfants peuvent désormais rester sur l’assurance de leurs parents jusqu’à 26 ans, et les assureurs ne peuvent plus refuser d’assurer quelqu’un à cause de ses antécédents médicaux, comme une maladie chronique ou un cancer. Ces deux acquis, très populaires, sont conservés par les républicains dans leur projet de réforme.

Le résultat d’Obamacare est positif pour le taux de personnes sans assurance, tombé à moins de 9% en 2016 selon l’administration précédente. Mais la facture pour le contribuable est lourde, et le prix des assurances individuelles a bondi dans plusieurs Etats, car ce marché individuel s’est révélé moins rentable que prévu. Les républicains dénoncent depuis des années la lourdeur et le coût de la loi, craignant une socialisation de la médecine.

La réforme républicaine

La philosophie de la réforme républicaine est de désengager l’Etat fédéral, de libérer le marché, de supprimer l’obligation individuelle de s’assurer en échange d’incitations, et d’abroger un certain nombre de taxes créées par Obamacare.

Mais les républicains sont confrontés à un défi de taille: comment faire en sorte que des gens ne perdent pas leur couverture? Par compromis, ils ont gardé l’idée des crédits d’impôts pour aider une partie de la population à s’assurer. Mais les montants sont moins généreux qu’actuellement, surtout pour les ménages les plus modestes. Et ils veulent réduire la voilure de Medicaid en plafonnant les montants déboursés par l’Etat fédéral, au grand dam d’un certain nombre d’Etats, qui cogèrent le programme public.

L’opposition conservatrice

La minorité démocrate du Congrès devrait voter contre la réforme républicaine, ce qui force la majorité républicaine à être quasiment unie pour faire adopter le plan. Mais l’aile conservatrice a déjà surnommé la proposition de loi de « Obamacare 2.0 », selon la formule du représentant Justin Amash.

Ces parlementaires conservateurs estiment que leurs principes ne sont pas respectés puisque les crédits d’impôts ne sont pas supprimés, et que l’Etat fédéral continue à subventionner une partie du système de santé. « Si la direction (du groupe républicain) insiste pour remplacer Obamacare par Obamacare Light, aucune abrogation ne sera adoptée », ont prévenu plusieurs de ces élus lundi.

La bataille, lancée cette semaine à la Chambre des représentants, sera féroce. Le texte devra être adopté par les deux chambres du Congrès, or au Sénat, les sénateurs républicains ne sont que 52 sur 100 sièges, rendant dangereuse toute défection.

Trump va remanier son décret sur l’immigration

Le décret interdisant aux ressortissants de sept pays musulmans d’entrer aux Etats-Unis, dont la justice américaine a suspendu l’application, sera remanié la semaine prochaine, a annoncé jeudi Donald Trump, lors d’une conférence de presse.

« Nous avons eu un mauvais tribunal, une mauvaise décision », a-t-il déploré, promettant que la nouvelle version serait « tout à fait conforme » à la législation. « Nous pouvons ajuster le décret à cette décision et obtenir tous ce qu’on souhaite, peut-être même plus, d’un certain point de vue », a-t-il ajouté.

Son administration a par ailleurs demandé l’arrêt de la procédure juridique à la Cour d’appel du 9e Circuit, qui a annoncé jeudi l’avoir suspendu dans l’attente de nouveaux développements. La suspension du décret du 27 janvier, prononcée par le juge James Robart de Seattle, à la demande de l’Etat de Washington, a été confirmée par la Cour d’appel du 9e Circuit, mais l’un de ses membres a demandé un nouvel examen dans le cadre d’une procédure appelée « en banc ». Dans le mesure où le président va revoir son décret, la procédure n’a plus lieu d’être, a fait valoir le département de la Justice. « Le président va ainsi faire en sorte que le pays soit immédiatement protégé, plutôt que de poursuivre une longue procédure », dit-il, ajoutant sans plus de précisions que le texte va être « substantiellement remanié ».

« Nous pouvons ajuster le décret à cette décision et obtenir tous ce qu’on souhaite, peut-être même plus, d’un certain point de vue » – Donald Trump

Selon un attaché parlementaire interrogé la semaine dernière par Reuters sous couvert de l’anonymat, Donald Trump va indiquer explicitement que les porteurs de permis de séjour permanents ou « cartes vertes » ne sont pas concernés. La première version du décret interdit pour 90 jours aux ressortissants d’Irak, d’Iran, de Syrie, du Yémen, de Libye, de Somalie et du Soudan d’entrer aux Etats-Unis et suspend l’accueil des réfugiés pendant 120 jours, excepté pour les Syriens, indésirables jusqu’à nouvel ordre.

 

Nicolas Baverez – « La France est depuis longtemps l’homme malade de l’Europe »

Nicolas Baverez est invité de C L’Info. Avocat, Historien et Essayiste Français, il est l’auteur de
« Chronique du Déni Français » aux éditions Albin Michel. Son ouvrage est une sélection des édito hebdomadaires du Point et du Figaro.


Vous avez toujours été négatif sur votre système en France comment évolue t-il aujourd’hui selon vous ?
La France, incontestablement continue et accélère même son déclin. Plusieurs éléments doivent être pris en compte. D’abord, l’accélération de la crise économique et sociale. Aujourd’hui, notre pays a décroché, y compris face à la zone euro. La Zone euro ne va pas si mal qu’on le dit : elle a cru de 1,8% l’an dernier, le chomage a diminué de 12,2% à 9,8% en 2 ans, elle dégage un excédent commercial de 250 milliards d’euros, le déficit public est revenu à 1,8% et la dette est stabilisée à 90% du PIB. En revanche, les performances sont bien moindres pour la France. La croissance, comme vous le savez plafonne à 1,1%. 6,6 millions de nos concitoyens sont touchés par le chomage, le déficit commercial continue à représenter plus de 2,2% du PIB et par ailleurs, la dette ressort à 98% du PIB. Ainsi, lorsque nous regardons ces grands indicateurs, on voit très bien que macro-économiquement, la France à raté la reprise des pays dévloppés qui s’est affirmée à partir de 2010. Deuxième réalité à prendre en compte, c’est le fait que, sous le quinquennat de Francois Hollande, se sont passées deux choses nouvelles. La première, c’est que la paix civile est désormais menacée. La France est, depuis janvier 2015 le troisième pays le plus touché par des actes de terrorisme en dehors des zones de guerre avec plus de 230 morts et près de 800 blessés graves. Nous voyons bien que la socéitéé française est maintenant extrêmement fracturée, dans une sorte de guerre civile froide. La deuxième, qui ne relève pas de nous, c’est la dégradation de l’environnement et la montée des risques. D’un coté le djiadisme et les démocratures mais surtout, ce qui est le grand evenement de 2016 c’est la fragilisation du coeur des démocraties avec le Brexit qui fragilise la zone euro, et avec l’éléction de Donald Trump, qui fait que le système mondial, en particulier le camp occidental n’est plus assuré par les États-Unis, qui sont en train d’être embarqués dans une dérive à la fois nationaliste protecionniste et xénophobe. C’est ainsi que nous vivons un moment extrêmement critique dans l’histoire de notre pays. La crise économique et sociale est devenue une crise profondément nationale avec les problèmes de paix civiles, et une crise politique, en témoigne la désintégration du système poltiique lors de la présidentielle, et puis, de l’autre coté, ce qui étaient les cadres qui nous assuraient un peu stabilité, c’est à dire l’Union européenne et l’organisation de l’occident, avec en clé de voute les États-Unis.

Nous vivons un moment extrêmement critique dans l’histoire de notre pays

Dans votre livre, vous n’hésitez pas à décrier le mandat de Francois Hollande que vous qualifiez de « naufrage ». Est ce que l’élection présidentielle de mai 2017 va permettre de faire émerger un chef de l’Etat capable de redresser le pays ? Ces candidats sont-ils ancrés dans le réel ?
Nul ne sait ce qui va arriver ! En France comme dans toutes les démocraties nous savons maintenant que tout es possible. Ce qui est vrai, c’est qu’après le Brexit et l’élection de Trump, l’Europe va affronter une série de scrutins très importants en 2017. N’oublions pas qu’il y a des élection générales aux Pays Bas en Allemagne et très probablement en Italie (depuis que la cour constitutionelle à censuré la réforme du mode de scrutin, notamment le scrutin à deux tours). Dans ces élections, l’enjeu véritable va se faire entre les réformistes et les populistes. En France, nous voyons aujourd’hui que cette élection, d’abord parfaitement écrite comme une revanche de 2012 entre Francois Hollande, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen., s’est ensuite apparemment jouée lors du deuxième tour de la primaire à droite. Tout cela était évidemment faux. Nous nous retrouvons maintenant avec cette opposition populiste réformiste, quatre grands blocs qui aujourd’hui sont à peu près à égalité au départ de cette campagne contre toute attente. Un bloc d’extreme gauche, avec Jean-Luc Mélenchon et le Parti socialiste dans sa version Benoit Hamon. Un bloc d’extreme droite avec Marine le Pen, pour les populistes. Et de l’autre coté pour les réformistes, Emmanuel Macron, incarnant désormais la social démocratie, et Francois Fillon qui lui, représente la droite libérale avec un projet de redressement fort, mais un candidat aujourd’hui affaibli.

Quelles sont vos réformes à vous pour redresser le pays ?
Je crois qu’il faut partir de trois paradoxes. Le premier, c’est que la France est depuis longtemps l’homme malade de l’Europe, et du monde développé. Le pays a là, un choix exceptionnel, si elle choisit le réformisme, de donner un coup d’arrêt aux populistes et de changer le regard que l’Europe et le reste du monde pose sur elle. La deuxième chose, c’est que, lorsqu’on regarde les autres pays qui se sont réformés, il n’y pas de modèle. Il faut inventer un modèle original qui tienne compte de la situation, mais aussi de l’histoire de notre pays, de sa structure démographique, sociologique … Il ne s’agit d’imiter ni le Royaume Uni, ni l’Allemagne, la Suède ou tels autres pays. Il faut partir des atouts français, qui existent. On a, à la fois une main d’oeuvre, pour une partie très bien formée et un capital humain parfois exceptionnel comme on le voit avec la Fench Tech. Nous avons des pôles d’excellences dans le secteur public et privé, des infrastructures, des services publiques, une diplomatie, une culture, une gastronomie, un mode de vie, une civilisation qui ont peu d’équivalents dans le monde et qui font que la France est un pays ou l’on peut faire à la fois de l’agriculture, du tourisme, de l’immobilier, du service et de la finance. Il faut donc utiliser ces atouts pour reconstruire un modèle économique qui soit adapté au monde du 21e siècle. A partir de là, il y a une toute une série de grands pactes que l’on devrait nouer.
Un pacte productif car il faut absolument remettre en route la prouction pour créer des emplois et permettre de dégager la dette public. Il faut donc libérer les entreprises du carcan fiscal dans lesquelles elles ont été engagées. Il faut aussi un pacte dans le travail autour de la flexi-sécurité, l’idée étant de réformer la protection sociale pour moins protéger les emplois mais plus protéger les travailleurs. Donc d’un coté plus flexibilité sur le marché du travail et de l’autre, un suivi, une accompagnement plus individuel qui permettrait de lutter contre la pauvreté et l’exclusion.

Il faut aussi un pacte dans le travail autour de la flexi-sécurité, l’idée étant de réformer la protection sociale pour moins protéger les emplois mais plus protéger les travailleurs

Il faut absolument faire un effort sur l’éducation. Notre enseignement supérieur est comme notre pays, écartelé entre des institutions au meilleur niveau mondial, mais un niveau moyen qui décline. Quatrième effort, cette fois-ci dans les finances publiques avec des efforts de coupes dans les dépenses improductives mais, en revanche, une réorientation vers l’investissement. Enfin, un pacte sécuritaire. Il faut se souvenir que la sécurité c’est évidemment fondamental pour la liberté, pour la démocratie et pour le développement économique, comme on le voit avec le tourisme. Le tourisme c’est 8% du PIB et l’an dernier il a régressé de près de 10% car la France et Paris sont devenues des zones extrêmement peu sûres.
Si l’on fait ces cinq grands pactes, à ce moment là on pourra conclure le sixième qui est un pacte avec l’Allemagne pour relancer l’Union européenne, à la fois conforter ses acquis qui sont formidables : le grand marché, l’état de droit, la monnaie unique, des acquis qui vont être de plus en plus appréciés par le reste du monde, quand on voit le grand trouble qui s’est emparé des États-Unis et du Royaume Uni. Parallèlement à cela, il faut compléter ceci par une Union européenne de la sécurité, avec trois missions : la lutte contre le terrorisme, la protection des infrastructures et le contrôle des frontières. Il faut transformer Frontex en une véritable police des frontières à l’extérieur de l’union. De l’autre coté, il faut que nous harmonisions nos règles en matière d’asile et d’immigration. L’Europe ne doit pas être un continent fermé.

« La France ne fait des réformes qu’à l’occasion des révolutions » déclaration du Général de Gaulle que vous avez repris dans votre bouquin …
Je pense que cette phrase décrit très bien le choix fondamental entre réformisme et populisme. Si nous ne faisons aucune réforme, nous aurons la révolution, et il se trouve que dans un moment qui ressemble aux années 30 avec la déflation, les risques de sécurité intérieure et extérieure et par ailleurs la division des démocraties et leur affaiblissement, la révolution elle à basculé à l’extreme droite, une catastrophe pour notre pays.

Les Français seront ils un jour prêt à accepter la réforme ?
Ce qui ne faut pas oublier sur les réformes, c’est que celles-ci sont difficiles à faire dans toutes les démocraties. Ce sont des régimes conservateurs. Comment fait-on les réformes ? Avec un vrai projet, des leaders, mais surtout de la pédagogie vis à vis des citoyens. C’est ce qui s’est passé en Suède et au Canada dans les années 90, en Allemagne au début des années 2000, plus récemment au Portugal, en Espagne ou en Italie. Et c’est donc la dessus que nous devons travailler. Il n’y a pas de fatalité à ce que la France soit réformée. C’est simplement un pays qui alterne des phases brillantes de redressement, tel la belle époque, les années 20 et les trente glorieuses, et les phases de décrochage, les années 30 et malheureusement le cycle dans lequel nous sommes enfermés depuis le début des annes 1980. C’est ça qui faut arriver à changer mais, par le passé, la France à montré qu’elle savait se réformer. Simplement, elle se réforme par des grands changements. C’est pour ça qu’on ne peut pas faire de réformes partielles, progressives, ou sausiconnés. En France il n’y a que la thérapie de choc qui fonctionne, comme on l’a vu en 1958.

En France il n’y a que la thérapie de choc qui fonctionne

Est ce que l’année 2016 n’a pas remis en cause une certaine forme d’équilibre du monde, que l’on connait depuis 1991, mais plus largement depuis 1945 ?
C’est très juste, finalement depuis 1945 il y a bien sûr eu 1989-1991, avec la chute du mur, l’effondrement de l’URSS et la réunification de l’Europe. Il est vrai que 2016 est une sorte de grand tournant des démocraties, avec d’un coté le Brexit, qui remet en question l’Union européenne, et de l’autre côté l’election de Donald Trump qui est devenu président des États-Unis, à travers le slogan America first. Un slogan qui, en réalité risque bien d’être China First et d’offrir par ailleurs au djihadistes de nouvelle perspectives d’expansion. On constate que ce tournant nationaliste et xénophobe remet en cause tous les cadres et les règles qu’on avait essayé d’installer pour donner un mimimum de stabilité au monde. Ces règles, c’était les traités d’alliances, les traités de libre échange, le fonctionnement des institutions multi-latérales, qu’il s’agisse de la Banque Mondiale ou du FMI. Le fait d’affaiblir voire de supprimer ces cadres va renforcer la dangerosité du monde. Compte tenu de ces événements, c’est la dernière chance de réformer la France de manière pacifique et démocratique. Il faut nous remettre à niveau. L’Europe s’est construire dans les années 1950 autour de la résistance contre le communisme, de la garantie de sécurité et de l’unité des américains, du droit et du couple franco allemand. Tout ceci à volé en éclat. Il faut refonder cette Europe et il faut la refonder en lui permettant d’être beaucoup plus souveraine. Il faut avant tout se mettre en position d’assurer sa sécrurité, ce qui suppose un effort massif de réarmement des politiques globales parce que la sécurité n’est jamais que sécurité. Il faut avoir des politiques globales qui articulent le militaire, le policier, l’économique, le social, le diplomatique et l’aide au développement. Et il faut reconstruire un cadre avec une Europe beaucoup plus souveraine beaucoup plus orientée vers le régalien et qui finalement soit recentrée sur ce qu’est sa raison d’être c’est à dire la réassurance des grands risques globaux du 21e siècle sur lesquels nos pays séparés comptent peu. Seul l’Allemagne comptera dans les 10 premières puissance sécomiques du monde en 2030. On voit bien que face à Poutine, Erdogan, Trump, si nous voulons jouer séparés, nous comptons peu. A l’inverse, si nous voulons nous grouper, avec le grand marché, la monnaie unique, une vraie capacité à assurer notre sécurité, à ce moment là nous pouvons compter dans le monde du 21e siècle et nous pouvons gérer ces risques et en tout cas nous comporter de manière souveraine dans la gestion de l’Amérique.

 Le fait d’affaiblir voire de supprimer ces cadres va renforcer la dangerosité du monde

Le décret Trump, mesure assez symbolique il n’est finalement effectif « que » 90 jours, qu’en pensez vous ? Assez peu de réactions internationales depuis l’élection de Trump ?
Ce décret n’est pas symbolique il a une portée politique très forte et il appelle précisément des réactions très fortes des européens pour interdire qu’il puisse y avoir quelque fore de discrimination que ce soit contre leurs citoyens. Pourquoi est ce que ce décret est tout à fait négatif ? Parce qu’il introduit d’abord une discrimination qui vise exclusivement les musulmans. Donc finalement, il laisse entendre que les États-Unis sont en train de conduire une guerre de religion contre l’islam. C’est exactement le signal qu’attend l’Etat Islamique, qui conforte tous les jihadistes du monde, en leur affirmant que le monde occidental est en guerre contre l’islam. Ensuite, au sein même du monde musulman, on crée des discriminations en fonction de l’intérêt commercial puisque l’Arabie Saoudite est exclue de ce décret, alors que 35 des 39 terroristes qui ont perpétrés les attentats du 11 septembre 2001 étaient de nationalité saoudienne. On laisse entendre finalement que, les principes des démocraties obéissent simplement à des critères économiques et commerciaux. Ainsi, le résultat de ce décret, c’est d’abord de diviser profondément la société américaine, de diviser évidemment les démocraties, de laisser entendre que leurs valeurs sont en fait à géométrie variable en fonction de leurs intérêts commerciaux et, par ailleurs de faire le jeu de tous les extrémistes et du djihadisme.
Je pense que cette initiative est extemement négative. La seule bonne nouvelle, c’est que les contre pouvoirs américains fonctionnent : plusieurs états ont attaqué cette mesure, il y a également un certain nombre d’actions juridiques qui ont été conduites par des associations ou par des gens qui se sont vu arrêter à la frontière. Ce que l’on peut souhaiter c’est que le système judiciaire américain bloquera très vite l’application de ce décret.

La seule bonne nouvelle, c’est que les contre pouvoirs américains fonctionnent

On a parlé de l’Europe, des États-Unis, et la Chine dans tout cela, Xi Jinping défend le libre échange, Trump défend le protectionnisme, monde à l’envers ou mise en avant du nouveau monde, et d’un nouvel ordre mondial ?
C’est malheureusement un peu les deux. Nous vivons une grande inversion. C’est vrai que nous avons vu Xi Jinping, noyau dur du Parti communiste chinois défendre le libre échange, la mondialisation, au moment même ou Donald Trump, nouvellement élu déchirai les traités de libre échange et introduisait des discriminations contre les musulmans et fragilisait tous les cadres et toutes les règles qui font de ce qui peur exister d’ordre mondial. Par ailleurs, coté chinois, même si Xi Jinping plaide pour le libre échange, la Chine est loin d’en respecter les règles, notamment en matière de réciprocité sur l’accueil des investissements étrangers, ou encore les formes de contrôle d’échange ou de contrôle des participations, sans même parler du fonctionnement de l’Etat de Droit. Il faut faire attention … Les mots sont toujours importants en politique, parce que la politique est beaucoup faite de mots et de symboles, mais elle est aussi faite de réalités : il existe quand même un grand écart en Chine entre les positions de Xi Jinping et la réalité de la politique Chinoise.
En revanche, c’est vrai, nous changeons bel et bien de monde. Nous changeons de monde parce que c’est un monde qui devient beaoucp plus dangereux, avec une très grande instabilité, une volatilité des acteurs. Il suffit de voir ce qui se passe aujourd’hui au Royaume Uni ou Theresa May est en train de défaire la régulation qui avait quand même été imaginée par Mme Tatcher. C’est aussi vrai aux États-Unis, ou Donald Trump remet en cause toute une série d’équilibres fondamentaux de la société américaine et de l’ordre mondial qu’avait pensé réassuré les États-Unis depuis 1945.

Nous changeons de monde parce que c’est un monde qui devient beaucoup plus dangereux, avec une très grande instabilité, une volatilité des acteurs

Des acteurs qui sont volatiles, des situations qui sont aussi extrêmement dangereuses, et des cadres qui s’affaiblissent, que ce soit des cadres commerciaux, stratégiques, de sécurité. Et donc, incontestablement, la nécessité pour la France et pour l’Europe de tenir compte de ces mouvements, et de travailler très fortement à leur sécurité, mais comme je l’ai dit, travailler à la sécurité, c’est bien sur se réarmer, c’est moderniser les forces de polices, coopérer beaucoup mieux entre nous, mais c’est aussi coordonner toutes les formes d’action publique, y compris en matière économique et sociale ou en matière d’aide au développement.

« Chronique du Déni Français » c’est quoi le « déni » en quelques mots pour conclure Nicolas Baverez ?
Le déni c’est le refus de la réalité. Et en France il y a un double déni des dirigeants.
Déni du décrochage du pays. On continue à expliquer tout va bien et que la France est une grande puissance, il suffit de voir les réactions de Michel Sapin en face d’une croissance extrêmement faible (1,1%), le ministre des finances explique que la croissance à été forte. On est là dans un vrai déni du réel et on est là dans un moment où les mots divergent d’avec les choses et avec les faits, et ça c’est extrêmement dangereux pour les démocraties.
Le deuxième déni, c’est le fait que le monde est en train de changer à très vive allure, et malheureusement pas dans un sens agréable. C’est un monde qui, par coté ressemble aux années 1930 avec des formes de déflation, avec une forme de déstabilisation des classes moyennes, avec la montée des risques intérieurs et extérieurs et avec des démocraties qui se défont et se désunissent. Il faut donc qu’il y ait un grand ressaisissement des démocraties, que nous réformions nos pays et que nous ayons le courage de rappeler cette chose fondamentale : uni, nous sommes forts, désuni, nous sommes faibles. Nous sommes faibles notamment face au djihadistes, et face au démocratures. Aujourd’hui, après les illusions de la fin de l’histoire, on est obligé de reconnaitre qu’il existe de nouveau une alternative à la démocratie. Ca s’appelle des démocratures, des régimes avec des hommes forts, le contrôle de l’économie, de la société, et des médias, avec des politiques extérieures agressives, un investissement très important en matière d’armement. Ces pays s’appellent la Chine de Xi Jinping, la Russie de Poutine, la Turquie d’Erdogan. Nous devons impérativement nous mettre en situation de dialogue stratégique avec ces pays. Pour avoir ce dialogue, il faut soit même être fort, donc il faut se développer, consolider la société, et aussi être uni et savoir coopérer entre deux coups.

Uni, nous sommes forts, désuni, nous sommes faibles

On voit bien qu’à travers ce confit, entre les démocraties, l’extrémisme musulman et les démocratures, ce qui se joue, c’est le sort de la liberté politique. Thucydide face à l’écroulement d’Athènes dans le guerre du Péloponnèse avait dit : se reposer ou être libre il faut choisir. Il faut absolument que nous nous remettions au travail pour rester libre.

Le discours d’investiture de Trump, le meilleur jamais prononcé par un président américain ?

Ca y est c’est fait les Etats-Unis d’Amérique ont, enfin, un nouveau président. Personne ne l’attendait, quand il s’est déclaré il y a moins de deux ans. On évitera de répéter les caricatures grossières et les analyses à l’emporte-pièce dont nous ont abreuvé les grands spécialistes des USA, analystes, politologues sans parler des philosophes douteux aux chemises blanches, grands fauteurs de guerre sur notre pauvre planète.

Je reviendrais peut-être un jour sur la subtile campagne de Trump, mélange de compréhension très fine de la communication et d’instinct trés sur de l’utilisation des médias.
Vendredi 20 Janvier, était un jour attendu par tous car chacun sait que la conquête du pouvoir est la partie la plus « simple » d’une campagne politique. Elle requiert le sens de la chasse, et un gout prononcé pour la séduction. Et si après tout Donald Trump n’avait eu besoin ni de l’un ni de l’autre. N’étant pas un politicien professionnel, il n’avait pas besoin de flatter vilement et de mentir honteusement pour convaincre. Et si il était juste un homme qui n’a dit que ce qu’il pensait et que cette parole sincère, presqu’universelle, avait touché non seulement le cœur et surtout le bon sens et la soif de justice de ces gens qui souffrent au quotidien.

Vendredi 20 Janvier, était un jour attendu surtout par les adversaires de Trump, qu’ils aient daigné se déplacer ou non. Les hypocrites absents l’ont certainement suivi à la télévision. Ils espéraient que l’émotion l’étreigne, qu’il se ridiculise, qu’il se contredise, qu’il soit confus, abscond, peu clair. En bref qu’il rate son discours en se prenant les pieds dans le beau tapis neuf de la Maison-Blanche et donne raison non seulement aux idiots utiles, Black Lives Matter, LGBT ou des associations féministes, des gens qui ne représentent qu’eux-mêmes et dont les leaders sont payés grassement par l’infâme philanthrope autoproclamé George Soros qui a surtout volé beaucoup d’argent sur le malheur des autres en mettant des pays en grande difficulté, notamment la Grande-Bretagne en 1990. Trump a-t-il raté son discours ? A-t-il prouvé dès ses premiers pas qu’il était un balourd incapable sans expérience, comme l’ont déclamé sur tous les tons des acteurs, des chanteurs, l’ont affirmé des hommes politiques américains ou étrangers, des associations qui représentent des causes minuscules mais qui les font vivre, l’ont répété de simples citoyens qui sans connaitre l’homme, s’en sont remis aux analyses et conclusions des médias pour lesquels il était l’homme à abattre?

Les premiers mots du discours

Après avoir prêté serment de façon trés sobre Donald John Trump, 45éme président des Etats-Unis d’Amérique, a embrassé sa femme et ses enfants, a serré la main de l’ancien président Obama, de l’ancien vice-président Joe Bieden et a attendu sagement d’être rappelé a la tribune pour faire son discours. Salutations classiques au Chief Justice, et aux anciens Présidents Carter, Clinton, Bush et Obama, ainsi qu’au peuple américain et à tous les peuples du monde. Immédiatement Trump met l’accent sur les efforts de tous les américains à devoir rebâtir leur pays. Il enchaine avec l’évocation des difficultés qu’il ne va pas manquer de rencontrer sous l’impulsion des George Soros ou Tom Steyer, millionnaires dévoyés qui préfèrent dépenser leur fortune pour emmerder les autres que pour créer des outils pour aider ceux qui en ont vraiment besoin. Mais je ferais des articles sur ces gens fortunés et nuisibles.
Il offre des remerciements dithyrambiques au couple Obama et en profite pour faire une première annonce choc. Il est vient de recevoir de pouvoir non pas pour son parti ou pour lui-même mais pour le peuple américain. Il est le premier président américain à dire cela. Il enchaine avec une description de ce qu’est l’oligarchie et son habitat : Washington, ses membres : les politiciens, pas tous bien sur, ses intérêts : prospérer quelque soit le climat économique, se protéger pour protéger sa prédation en écartant le peuple, et bien entendu son indifférence pour la situation du peuple et des travailleurs.

Une description réaliste de l’Amérique d’aujourd’hui

Donald John Trump est en train de parler de démocratie participative. Il est en train de parler de lutte des classes, de prolétariat. Un milliardaire américain. Il fait aussi sa première promesse : cela va changer et le peuple américain va contrôler son gouvernement. Il va le répéter plusieurs fois sous d’autres formes.
Puis le président Trump se met a parler de la création d’un mouvement de fond historique de dizaine de millions d’américains pour non seulement ressusciter leur pays mais aussi répondre a leurs besoins : des écoles qui permettent aux enfants d’apprendre et d’apprendre a apprendre, des quartiers plus surs, et évidemment des emplois rémunérés de façon décente et qui permettent de vivre. C’est pour cela qu’il a été élu et il le sait. C’est sa deuxième promesse. Il fera cela pour eux et avec eux parce qu’il estime que ces demandes sont plus que justifiées, elles sont normales, évidentes, rationnelles.

Donald John Trump est en train de parler de démocratie participative. Il est en train de parler de lutte des classes, de prolétariat. Un milliardaire américain

Puis il décrit les Etats-Unis d’aujourd’hui, du grand Obama : des enfants pauvres et leurs mères dans les villes, celle des usines pourries qui ferment et restent comme des pierres tombales a travers le pays, un système éducatif bourré d’argent mais qui n’apprend rien aux enfants, les crimes, les gangs, la drogue. Et il va faire sa troisième promesse, sa description, réaliste et cruelle pour la présidence Obama, cette situation doit changer. Plus de pauvreté, plus d’usines qui ferment ou qui sont délocalisées, un système éducatif qui va à nouveau transmettre du savoir et de l’Education.
Il refait un petit couplet sur le fait que les Etats-Unis sont une Nation est qu’il en est le garant parce qu’il a fait un serment d’allégeance a tous les américains.
Maintenant il se tourne vers l’international en notant que les Etats-Unis ont enrichi les industries étrangères à leur détriment, subventionne les armées d’autres pays, alors qu’il considère que l’armée américaine s’est considérablement dégradée. On pourrait lui rétorquer que l’armée américaine a toujours et de loin le plus imposant budget de toute les armées de la planète. Il s’étonne que les USA aient défendu les frontières d’autres pays et qu’ils n’aient pas défendu les leur. Donald Trump présente : la note des milliers de milliards de dollars dépenses a l’étranger alors que les infrastructures des Etats-Unis tombaient en ruine. Il profite de cela pour insister sur les délocalisations massives, et la destruction de la classe moyenne américaine qui a profite aux autres pays. Et il fait sa quatrième promesse: ceci n’arrivera plus, il fera revenir les emplois aux Etats-Unis-il a déjà commence avec Ford et Chrysler, et reconstruira une abondante classe moyenne aux Etats-Unis.

Il s’étonne que les USA aient défendu les frontières d’autres pays et qu’ils n’aient pas défendu les leur

Toujours à l’international il notifie un changement dans la stratégie américaine à tous les pays du monde : les Etats-Unis et les travailleurs américains, les familles américaines d’abord, dans toutes les décisions qui seront prises, qu’elles soient de l’ordre des négociations commerciales, des impôts, de la politique migratoire, ou des affaires étrangères. Protéger les frontières pour protéger car cela devrait apporter une grande prospérité et de la richesse. Cinquième promesse : il ne trahira jamais les américains. Cinquième promesse: les Etats-Unis gagneront à nouveau et il en profite pour répéter sa quatrième promesse.
Il reprend une des règles du new deal de Roosevelt : acheter américain, et il en rajoute une engager américain. Pour mitiger la nouvelle politique de les Etats-Unis d’abord, il rassure les peuples du monde en en affirmant sa volonté de chercher des relations amicales et de coopérations avec tous les pays du monde en mettant en avant un nouveau principe pour les Etats-Unis : ne rien imposer aux autres nations du monde, leurs voisins, leurs allies, et même leurs ennemies et respecter leur auto-détermination, ne pas imposer leur mode de vie, mais le montrer en exemple et le faire rayonner.

« Make America Great Again »

Il veut aussi renforcer ses alliances anciennes, en créer de nouvelles et unir le monde civilisé. Il ne se déclare qu’un ennemi : le terrorisme islamiste radical, qu’il veut éradiquer le plus vite possible.
La clé de voute de ses politiques sera une totale loyauté aux Etats-Unis qui devrait conduire les citoyens, et pourquoi pas les politiques à redécouvrir le sens de la loyauté entre les américains. Une phrase, à mon sens, donne une énorme impulsion à cette idée : « Quand on ouvre son cœur au patriotisme, il n’y a pas de place pour les préjugés ». Joli pied de nez à tous les communautaristes qui défilaient dans le pays. Petite citation de la Bible : « Qu’il est bon et agréable quand les enfants de Dieu vivent ensemble ». Et ils donnent les ingrédients du bien vivre ensemble dans les Etats-Unis de Trump : Parler ouvertement, débattre des désaccords honnêtement, mais toujours rechercher la solidarité. Quand les Etats-Unis sont unis, ils sont inarrêtables.
Puis le nouveau président rassure ses concitoyens en leur disant de ne pas avoir peur, et pour les rassurer aborde le sujet important de l’armée et de la police qui sera toujours la pour les protéger. Ainsi que Dieu bien sur. Et il conclue par une partie idéologique sur le rêve américain. Les américains doivent se remettre à penser grand et a rêver encore plus grand. Que l’Amérique ne peut vivre que si elle a de l’ambition, des aspirations et fait le maximum. Petite pique à Obama, en se faisant la voix des américains qui n’accepteront plus jamais des politiciens qui ne savent que parler et pas agir en réaffirmant que le temps des discours vides de sens est terminé.

 Les américains doivent se remettre à penser grand et a rêver encore plus grand. Que l’Amérique ne peut vivre que si elle a de l’ambition, des aspirations et fait le maximum

Il reprend sa casquette de manager expert en motivation pour finir en trombe et dire à ses concitoyens de ne laisser personne leur dire qu’ils n’y arriveront pas, qu’aucun défi ne peut rivaliser avec le cœur et l’esprit combatif des Etats-Unis. Et maintenant, prophétique, il annonce que lui et le peuple américain ne connaitront pas la défaite, que les Etats-Unis vont se développer et prospérer, que tous les gens qui le regardent et qui l’écoutent sont en train d’assister a la naissance d’un nouveau millénaire. Et il projette son audience dans le futur en lui promettant de leur faire découvrir les mystères de l’univers, d’éradiquer la Terre des misères de la maladie, de maitriser et exploiter les énergies, les industries et les technologies de demain. Il affirme aussi que cette nouvelle fierté patriotique va émouvoir les américains, leur ouvrir les yeux et résoudre leurs divisions.
Pour appuyer son propos il cite un vieil adage que les militaires n’oublient jamais, qu’ils soient noirs, basanés ou blancs c’est du même sang rouge de patriote qu’ils saignent.
Il continue en rappelant que tous les américains peuvent jouir d’une liberté magnifique, et qu’ils saluent tous le même formidable drapeau. Toujours dans le but de montrer aux américains que ce qui les rassemble est plus important que ce qui les divise il va dire quelque soit l’endroit ou un enfant est ne, la jungle urbaine de Détroit ou les plaines venteuses du Nebraska, ils regardent le même ciel étoilé le soir, ils rêvent aux mêmes choses and ils sont animés par le même souffle de vie donné par notre tout-puissant créateur. Ils continuent en s’adressant à tous les américains de villes éloignées ou proches, petites ou grandes, en leur disant qu’ils ne seront plus jamais ignorés. Leurs voix, leurs espoirs et leurs rêves définiront la destiné américaine. Le courage et la bonté et l’amour des américains les guideront pour toujours.
Et il finit par ses slogans de campagne: « Ensemble, nous ferons que les Etats-Unis soient à nouveau forts. Nous rendrons de nouveau les Etats-Unis riches. Nous rendrons de nouveau sa fierté aux Etats-Unis. Nous rendrons de nouveau les Etats-Unis sûres. Et oui, ensemble nous rendrons de nouveau les Etats-Unis grandioses. »

Conclusion …

Excellent discours avec des directions claires et du souffle. Quelques promesses fortes. La recherche de l’unité entre tous les américains. La recherche de la paix et de la coopération avec tous les pays du monde et la désignation d’un ennemi unique : le terrorisme islamique radical, qui devrait être éradiqué trés rapidement si les Russes et les Américains se coordonnent parfaitement.
Barack Obama aura été le pire président des Etats-Unis, Trump peut-il faire pire ? Arrivera-t-il à lutter contre l’effort et l’ennui les deux ennemis de la société du spectacle, qui sont aussi les responsables du déclin de l’empire américain? L’avenir nous le dira mais nous serons là pour en parler.

Les dernières heures avant l’inauguration de Donald Trump

Donald Trump // Crédit CNN

Le président élu Donald Trump est arrivé ce jeudi soir à Washington D.C pour le début des festivités, 24 heures avant la cérémonie d’investiture qui aura lieu devant le capitole. Déjà jeudi soir, des milliers d’américains étaient réunis devant le Lincoln Memorial pour un concert sobrement nommé « Make America Great Again! Welcome Celebration », du même nom que le slogan de campagne du milliardaire. Donald Trump est arrivé peu avant 17 heures heure locale (23 heures heure française) en réalisant un salut militaire devant la statue d’Abraham Lincoln. Il est prévu que le président prenne la parole devant la foule vers 22 heures (4h du matin en France) et que la soirée se finisse avec un feu d’artifice.


Lincoln Memorial jeudi soir aux alentours de 00h (heure française) // Crédit CNN

Pour la journée de vendredi, Donald Trump et son vice-président Mike Pence participeront à un office religieux dans une église épiscopalienne à proximité de la Maison Blanche, avant que les Trump et les Obama se rencontrent à la résidence pour un thé. L’ancien et le nouveau couple présidentiel partiront ensuite ensemble au Capitole pour la cérémonie d’investiture qui commencera à 15h30 heure française et la prestation de serment du nouveau président est prévue à 18 heures. Donald Trump utilisera pour l’occasion deux bibles : celle de l’ancien président Abraham Lincoln et celle de sa mère, Mary Anne MacLeod. La journée se terminera par un défilé du président et vice-président jusqu’à la Maison Blanche.

Le chiffre : 200 ! C’est le coût en millions de dollars pour cette semaine d’investiture, ce qui en fait l’investiture la plus chère de l’histoire des USA.