Hollande et Macron côte à côte sous l’Arc de Triomphe

A peine élu, Emmanuel Macron a assisté lundi matin aux cérémonies du 8 mai au côté du président sortant François Hollande, avant de s’atteler à la composition de son gouvernement en prévision des législatives, où il doit transformer l’essai après sa large victoire à la présidentielle.

François Hollande, dont le mandat s’achève officiellement dimanche à minuit, a annoncé en marge des cérémonies que la passation de pouvoirs aurait lieu le même jour. Le chef de l’État a déclaré ressentir “beaucoup d’émotion” à donner, lors de ces cérémonies, “la marche à suivre” à Emmanuel Macron, qui, dans son parcours politique, l’a “suivi” puis “s’est émancipé”, sans trahir, et “a été élu”.

Selon les résultats définitifs communiqués lundi matin part le ministère de l’Intérieur, M. Macron a été élu avec 66,1% des voix (20.753.797 voix), contre 33,9% (10.644.118 voix) à Marine Le Pen qui, bien que largement battue, dépasse largement son record du premier tour. Le dénouement de cette élection a été marqué par une forte abstention (25,44%), la plus élevée pour un second tour depuis 1969. Les blancs et nuls approchent les 9% des inscrits (plus de 4 millions), un record pour une présidentielle. Au total, plus d’un Français sur trois a refusé de choisir dimanche entre les deux candidats.

Dès lundi matin, le président élu accompagnait le chef de l’État aux commémorations du 72e anniversaire de la victoire du 8 mai 1945. Après une poignée de mains et une accolade, ils ont déposé ensemble une gerbe devant la tombe du soldat inconnu et rallumé la flamme sous l’Arc de Triomphe. Les deux dirigeants seront également ensemble mercredi lors de la Journée nationale des mémoires de l’esclavage.

Selon les résultats définitifs communiqués lundi matin part le ministère de l’Intérieur, M. Macron a été élu avec 66,1% des voix (20.753.797 voix), contre 33,9% (10.644.118 voix) à Marine Le Pen qui, bien que largement battue, dépasse largement son record du premier tour.

Le dénouement de cette élection a été marqué par une forte abstention (25,44%), la plus élevée pour un second tour depuis 1969. Les blancs et nuls approchent les 9% des inscrits (plus de 4 millions), un record pour une présidentielle. Au total, plus d’un Français sur trois a refusé de choisir dimanche entre les deux candidats. Dès lundi matin, le président élu accompagnait le chef de l’État aux commémorations du 72e anniversaire de la victoire du 8 mai 1945. Après une poignée de mains et une accolade, ils ont déposé ensemble une gerbe devant la tombe du soldat inconnu et rallumé la flamme sous l’Arc de Triomphe. Les deux dirigeants seront également ensemble mercredi lors de la Journée nationale des mémoires de l’esclavage.

M. Macron a également reçu les félicitations “pour cette belle élection” d’un autre prédécesseur présent sur les Champs-Élysées, Nicolas Sarkozy, qui “souhaite du fond du cœur le meilleur pour la France” mais sait “d’expérience” qu’à présent, “le difficile commence”. Plus jeune président de l’histoire de la République (39 ans), M. Macron doit désormais dévoiler le nom de son Premier ministre, attendu dimanche, et la composition du futur gouvernement avant de solliciter une majorité aux législatives (11-18 juin).

M. Macron a également reçu les félicitations “pour cette belle élection” d’un autre prédécesseur présent sur les Champs-Élysées, Nicolas Sarkozy, qui “souhaite du fond du cœur le meilleur pour la France” mais sait “d’expérience” qu’à présent, “le difficile commence”.

Secrétaire général d’En Marche!, Richard Ferrand n’a pas exclu lundi matin un Premier ministre de droite. Une quasi-exigence pour Bruno Le Maire, l’un des Républicains (LR) ayant clairement manifesté sa disponibilité pour intégrer le gouvernement.

Préparer les législatives

“Si c’est un socialiste qui est Premier ministre, il n’y a aucune recomposition”, “dans ce cas-là, Emmanuel Macron sera l’héritier de François Hollande”, a averti M. Le Maire.M. Macron doit également s’atteler aux investitures de son parti pour les élections législatives. Le dépôt officiel des candidatures est fixé le 19 mai.

Le député Christophe Castaner, son porte-parole, a indiqué vouloir éviter tout “frondeur” dans la future majorité présidentielle. En Marche! veut construire “une majorité composée de femmes et d’hommes qui viennent du PS, des Républicains, du centre, mais aussi qui viennent – et ce sera au moins la moitié de nos candidats – de la société civile” pour “sortir de cet entre-soi politique”, a rappelé M. Castaner

Selon un sondage Kantar Sofres-OnePoint, En Marche! recueillerait entre 24% et 26% des intentions de vote aux législatives, devant Les Républicains (22%), le Front national (21-22%), la France insoumise (13%-15%) et le PS (8-9%). A droite, Les Républicains sont partagés. François Baroin, qui mènera la campagne des législatives, a averti Bruno Le Maire qu’il affronterait un candidat LR dans sa circonscription s’il intègre le gouvernement.

Mais “si on part sur le mot +exclusion+ plutôt que sur le mot +rassemblement+, c’est la radicalisation pour les législatives telle que nous l’avons eue pour la présidentielle” avec à la clé “un échec assuré”, lui a répondu le président de Provence Alpes-Côte d’Azur Christian Estrosi. Au PS également, le parti se trouve à l’heure des choix : doit-il appartenir à la majorité d’Emmanuel Macron ? à l’opposition ? Pour le Premier ministre Bernard Cazeneuve, qui doit conduire la bataille des législatives pour le PS, pas question de se draper dans une posture d’opposant face à M. Macron. Mais Benoît Hamon, qui semble vouloir disputer à Jean-Luc Mélenchon le costume de premier opposant de gauche, appelle à un “maximum de candidatures d’union à gauche” pour les législatives, mélenchonistes compris.

Au Front national, après l’annonce de Marine Le Pen de vouloir “transformer” le parti dans un mouvement plus large, le numéro 2 Florian Philippot a jugé que “beaucoup sont demandeurs d’une structure encore plus rassembleuse, encore plus performante pour pouvoir accéder au pouvoir”.

L’une des premières mesures annoncées par M. Macron est le dépôt d’une loi sur la “moralisation politique”. Il souhaite par ailleurs “dès l’été” réformer le droit du travail par ordonnances, malgré l’opposition à gauche et les réserves exprimées par son allié François Bayrou, qui prône le “dialogue”.

Lundi, M. Macron doit par ailleurs démissionner de la présidence d’En Marche!, qui doit tenir dans l’après-midi son “conseil d’administration”, et pourrait changer pour introduire la notion de République.

Élysée: la passation de pouvoirs avec Macron aura lieu dimanche

La passation de pouvoirs avec le président élu Emmanuel Macron aura lieu dimanche à l’Élysée, a annoncé lundi François Hollande en marge des cérémonies du 8 mai à l’Arc de Triomphe à Paris auxquelles il a assisté avec son successeur.

Le chef de l’Etat a déclaré ressentir “beaucoup d’émotion” à donner, lors de ces cérémonies, “la marche à suivre” à Emmanuel Macron, qui, dans son parcours politique, l’a “suivi” puis “s’est émancipé” sans trahir, et “a été élu”. “Je voulais qu’Emmanuel Macron puisse être là, avec moi, à côté de moi, pour qu’une forme de flambeau puisse lui être passé puisque nous sommes aussi auprès de cette flamme” du Soldat inconnu, a déclaré le président sortant, interrogé sur France 2.

Questionné sur le fait de savoir si M. Macron était son “héritier”, M. Hollande s’est défendu de vouloir “capter Emmanuel Macron”. “C’est vrai qu’il m’a suivi tout au long de ces dernières années quand j’étais moi même candidat puis président, il a été ministre d’un gouvernement”, a-t-il souligné. “Après il s’est émancipé, il a voulu présenter un projet aux Français. Il s’est présenté devant eux, il a été élu. Il est le président”, a poursuivi M. Hollande. “C’est à lui maintenant, fort de l’expérience qu’il a pu acquérir auprès de moi, fort aussi de ce que nous avons fait ensemble, de continuer sa marche”, a-t-il encore dit.

Son ancien conseiller ne l’a-t-il pas trahi en se présentant à l’Élysée? “Non, il a fait ce qu’il pensait devoir faire, et il l’a fait à mes côtés et ensuite il l’a fait seul. Et maintenant avec les Français. Et moi je lui adresse tous mes voeux de réussite”. Si M. Macron a besoin de “conseils”, “il sera toujours le bienvenu et moi je serai toujours à côté de lui”, a affirmé le président sortant.

Que fera-t-il au lendemain de la passation? “Je serai un citoyen de France et je serai attentif à la situation de mon pays. Je serai prêt à répondre à toutes les sollicitations qui me seront faites pour être utile mais le temps n’est pas venu. Pour l’instant, c’est à Emmanuel Macron d’avoir la responsabilité du pays”.

Le président a confessé son “émotion” de présider à la dernière cérémonie du 8 mai, “et puis beaucoup d’émotion aussi, disons-le très franchement, très sincèrement, de donner à Emmanuel Macron la marche à suivre”.

Présidentielle: France 2 fait la meilleure audience

France 2 a réalisé dimanche soir la meilleure audience des soirées électorales, rassemblant en moyenne près de 5,8 millions de téléspectateurs, soit 24,5% du public entre 19H30 et 23H30, selon les chiffres de Médiamétrie.

TF1 était leader à l’annonce des résultats à 20H00, avec un pic à 9,5 millions de téléspectateurs, mais a attiré moins de téléspectateurs pendant la soirée.

France 3 a attiré dimanche entre 19H30 et 21H00, 1,8 million de téléspectateurs, soit 6,9% du public.

France 2 avait dejà été remporté le match de la soirée électorale du premier tour, mais s’était faite doubler pour le débat d’entre-deux-tours par TF1, qui avait attiré un million de téléspectateurs supplémentaires (8,1 millions contre 7 millions pour France 2).

Dimanche, M6 a aussi réalisé un bon score à partir de 21H00 en proposant une alternative à la soirée électorale: le quatrième opus de la saga “Pirates des caraïbes”, “La fontaine de jouvence” (2,7 millions de téléspectateurs, 11,6% de PdA).

Dans les Hauts-de-France, Mme Le Pen s’enracine un peu plus

Le Front national de Marine Le Pen a accentué dimanche une nouvelle fois son enracinement dans les Hauts-de-France, au second tour de la présidentielle, s’imposant dans l’Aisne et le Pas-de-Calais, malgré la montée en puissance d’Emmanuel Macron d’un tour de scrutin à l’autre.

Dans l’ensemble de la région, le candidat centriste s’impose avec 53% des voix (52,94% très précisément) contre 47% à son adversaire d’extrême droite. C’est 12,5 points de moins que sa moyenne nationale pour M. Macron, et 12,5 points de plus pour Mme Le Pen, qui progresse encore par rapport au deuxième tour des régionales de décembre 2015 (43%). Dans des proportions très voisines de la moyenne nationale, beaucoup d’électeurs se sont réfugiés dans l’abstention (25%), ou dans un vote blanc ou nul (autour de 11%). Le chef de file d’En marche!, bénéficiant là comme ailleurs dans le pays d’un fort mouvement anti-FN des électeurs de Jean-Luc Mélenchon ou François Fillon, principalement, l’emporte nettement dans le Nord (56,90%), département le plus peuplé de France avec 2,5 millions d’habitants, dans la Somme (54,2%) et l’Oise (53,3%).

Marine Le Pen sur le marché du Rouvroy près d’Hénin-Beaumont (Hauts-de-France), le 24 avril 2017

Marine Le Pen gagne dans l’Aisne, en proie à la désertification, avec 52,9%, et le Pas-de-Calais (52,05%) où se trouve son fief d’Hénin-Beaumont. C’est dans ces deux départements qu’elle obtient ses meilleurs scores de tout le pays.Au premier tour, Marine Le Pen avait réalisé le grand chelem, arrivant en tête dans les cinq départements de la région présidée par Xavier Bertrand (Les Républicains), avec une moyenne régionale de 27,8%.

D’un tour à l’autre, elle gagne 265.000 voix. Emmanuel Macron, lui, en obtient quelque 885.000 de plus que le 23 avril, où il était arrivé deuxième (20,72%).

Le candidat centriste écrase son adversaire dans les grandes villes: Amiens, sa ville natale (72%), Lille (78%) où Jean-Luc Mélenchon était arrivé en tête au premier tour, ou encore Arras, chef-lieu du Pas-de-Calais (65%). “Les Lillois aiment la fraternité”, a commenté Martine Aubry, maire de la capitale des Flandres et opposante à M. Macron, qui a adressé ses “félicitations au nouveau Président” dans un tweet lapidaire.M. Macron surclasse aussi Marine Le Pen dans une cité populaire comme Roubaix (74,6%).Mais Marine Le Pen lui tient la dragée haute dans des villes moyennes comme Saint-Quentin (Aisne, 43%), la ville de M. Bertrand, ou Cambrai, tenue par un maire de Debout la France (46%).

Surtout, la candidate frontiste “cartonne” dans l’ancien bassin minier et ses environs, minés par la désindustrialisation, la pauvreté, le déclassement: 64,6% à Auchel, une ville de 11.000 habitants, 59,5% à Bully-les-mines où M. Macron s’était rendu dans l’entre-deux tours, 57,5% à Denain, ancien cité sidérurgique.A Hénin-Beaumont, municipalité frontiste où elle a voté dimanche, la présidente sortante du FN obtient 61,5% des suffrages, ce qui la place dans une situation idéale pour y conquérir un siège de députée, manqué d’un cheveu en 2012. Au premier tour de la présidentielle de 2012, elle avait fait 35,48% dans cette ville.”Il a été difficile de mobiliser les gens pour Emmanuel Macron, qui ne colle pas à la population du bassin minier”, a commenté l’adversaire écologiste de M. Briois à Hénin, Marine Tondelier.

Dans l’autre commune frontiste de la région, Villers-Cotterêts (Aisne), Marine Le Pen est devancée de 12 voix par M. Macron, qui y avait fait étape pendant sa campagne.Marine Le Pen domine aussi à Calais (57,42%), ancienne ville communiste affectée par une vague migratoire.

Mailly: il y aura “problème” si Macron persiste à vouloir légiférer par ordonnance

Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière (FO), a prévenu lundi qu'”il y aura problème” si le président élu Emmanuel Macron persiste à vouloir légiférer par ordonnances cet été sur le droit du travail.

“S’il persiste dans l’idée de faire des ordonnances au mois de juillet, ça veut dire qu’il va balayer le dialogue social et la concertation: il y aura problème d’une manière ou d’une autre, donc on attend de voir”, a prévenu M. Mailly sur France Info.

“Je ne vois pas quelle est l’organisation syndicale, quelle qu’elle soit aujourd’hui, sans parler du fond, qui peut accepter que ça passe à la schlague avec des ordonnances”.

Comme les autres centrales nationales, FO ne participera cependant pas au rassemblement organisé par le collectif “Front social”, ce lundi à 14H00 Place de la République à Paris.

“Chaque chose en son temps”, a souligné M. Mailly. “Pour le moment, il est à peine élu, on va regarder ce que ça donne”, et notamment “est-ce qu’il veut faire une loi El Khomri puissance XXL?”.

Il faut voir si Emmanuel Macron “va rester rigide sur ce qu’il a dit sur le plan social pendant la campagne électorale”, ou “est-ce qu’il élargit, a un peu de souplesse dans la réflexion, accepte de véritablement dialoguer”.

Parmi les points d’inquiétude, le responsable syndical a cité la volonté de M. Macron de “remettre en cause à nouveau la hiérarchie des normes, c’est-à-dire les négociations au niveau des branches”.

“Je le dis clairement: remettre en cause le niveau national de négociations, c’est pas républicain”.

Ile-de-France: domination écrasante pour Macron, plébiscité à Paris

Emmanuel Macron, déjà arrivé largement en tête du premier tour de l’élection présidentielle en Ile-de-France, survole le second tour dans la région-capitale et s’offre même un plébiscite à Paris en frisant les 90% des voix.

Le candidat d’En Marche! remporte haut la main avec 78,72% des voix les sept départements de la région et les 20 arrondissements de Paris -où elle culmine à 89,68%- qui lui avait déjà donné au premier tour son meilleur score de tous les départements français.

Au premier tour, Emmanuel Macron avait rassemblé 28,63% des voix en Ile-de-France et la présidente du Front National 12,57%.

Quatre des cinq départements “les plus Macron” se situent en Ile-de-France (Paris, Hauts-de-Seine, Val-de-Marne et Seine-Saint-Denis) .

“À Paris, 90% des suffrages pour @EmmanuelMacron et seulement 10% pour l’extrême droite. Fière des Parisiens !”, s’est félicitée sur Twitter la maire socialiste de la capitale Anne Hidalgo. Le Front national n’avait réalisé que 4,99% au premier tour et double ainsi ce score.

A Paris, c’est le IIIe arrondissement qui vote le plus Macron, à 93,41%.

En Seine-et-Marne, le département le plus rural d’Ile-de-France, Marine Le Pen réalise son meilleur score francilien avec 36,14% des voix. C’est là aussi qu’elle avait réalisé ses meilleurs résultats au premier tour, talonnant M. Macron. La dirigeante du FN dépasse les 50% souvent dans les petits villages, comme à Yèbles (50,8%), Maison-Rouge (56,2%) ou Saint-Just-en Brie (60,3%).

Dans le Val-de-Marne, dernier département communiste de France, M. Macron, arrivé en tête au premier tour devant Jean-Luc Mélenchon (La France Insoumise), remporte 80,32% des voix. Il obtient une majorité écrasante à Vincennes (88,9%), à Nogent-sur-Marne (85,5%) ou à Saint-Mandé (89,1%). Marine Le Pen progresse de huit points et demi.

Abstention élevée en Seine-Saint-Denis

En Essonne, M. Macron remporte 72,18%. A Yerres, fief de Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) que Mme Le Pen voulait nommer Premier ministre en cas de victoire, la dirigeante frontiste est nettement battue, avec un petit 31,53%. A Evry, la ville de l’ex-Premier ministre Manuel Valls, M. Macron fait 80,67%.

Dans le riche département des Hauts-de-Seine, M. Macron s’adjuge 85,65 % des voix. Ce département de droite avait placé M. Macron à trois points devant François Fillon (LR) au premier tour. Neuilly-sur-Seine le plébiscite à 88,78%, Ville-d’Avray à 88,35%. Levallois-Perret, le fief des Balkany, lui donne 86%. Il obtient aussi 87,38% à Issy-les-Moulineaux et 88,96% à Sceaux.

En Seine-Saint-Denis, seul département francilien remporté au premier tour par M. Mélenchon, M. Macron s’adjuge 78,81%. Comme à chaque scrutin, l’abstention est particulièrement élevée dans cette banlieue populaire, à 32,49% pour ce second tour.

Dans certaines communes, Marine Le Pen obtient des scores élevés comme 34,69% à Montfermeil, 39,91% à Vaujours et 41,58% à Coubron, son meilleur score dans le département.

Dans les Yvelines, où M. Macron avait été talonné par François Fillon au premier tour, il s’adjuge 77,15%. A Trappes, la ville de Benoît Hamon, il a recueilli 80,65% des voix; à Mantes-la-Ville, seule ville d’Ile-de-France dirigée par le FN, 68%; A Auffargis, où Christine Boutin (Parti Chrétien-Démocrate) a voté Le Pen, 79,1%.

Dans le Val d’Oise, département plutôt rural, Emmanuel Macron obtient 72,53%. L’abstention s’élève à 28%. A Sarcelles, où le candidat Macron avait tapé dans un ballon de foot avec quelques jeunes, il réalise 78,81%. Là encore, le Front National se place en tête dans les petits villages comme Epinais-lès-Louvres (59%), Amenucourt (58%), Chennevières (54%).

En froid notoire avec l’ex-ministre de l’Economie, Mme Hidalgo qui avait soutenu le candidat socialiste Benoît Hamon avant d’appeler à voter Macron pour faire barrage au FN, a félicité le président élu, lui souhaitant sur Facebook de “réussir pour notre pays en l’inscrivant dans un avenir démocratique, écologique, social et européen”.

Après avoir estimé que “la France a évité le pire”, Valérie Pécresse, présidente LR de la Région, a pour sa part immédiatement appelé à la bataille des législatives. “Non, le clivage droite-gauche n’est pas mort”, a indiqué sur Facebook l’élue francilienne en annonçant qu’elle ferait “entendre la voix d’une droite authentique, une droite fière de ses valeurs”.

Manifestation “anticapitaliste” à Paris: 9 gardes à vue, 141 interpellations

Neuf personnes ont été placées en garde à vue à l’issue d’une manifestation “anticapitaliste” au cours de laquelle 141 personnes ont été interpellées à Paris au soir de l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, a-t-on appris lundi de source policière.

Un véhicule a été dégradé ainsi qu’un véhicule de police par des jets de projectile lors de cette manifestation au cours de laquelle plus de 300 personnes se sont rassemblées dans le quartier populaire de Ménilmontant, a-t-on précisé de même source.

Les neuf personnes placées en garde à vue l’ont été pour “entrave à la circulation et participation à un attroupement”, “violences sur agent dépositaire de la force publique” ou “dégradations volontaires”, a-t-on ajouté de même source.

Les manifestants ont brisé les vitres d’une école et dégradé des poubelles, selon cette source, qui a également fait état de tags et de graffitis.

Ces chiffres précisent un premier bilan de plusieurs dizaines d’interpellations dressé dimanche soir par la police.

Aux cris de “Tout le monde déteste la police”, de jeunes hommes pour la plupart, vêtus de noir, cagoulés ou bas du visage dissimulé, avaient jeté des projectiles. Les policiers avaient répliqué par du gaz lacrymogène et rapidement encerclé une centaine d’entre eux.

Manifestation “anticapitaliste” à Nantes après la victoire d’Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle, le 7 mai 2017


D’autres manifestations “anticapitalistes” ont également eu lieu à Nantes, où environ 450 personnes se sont rassemblées derrière une banderole “Soyons ingouvernables”, à Lyon avec 300 manifestants pour un “troisième tour social” ainsi qu’à Grenoble, Strasbourg et Poitiers.

Au soir du premier tour le 23 avril, une manifestation similaire à Paris avait conduit à l’interpellation de 143 personnes, dont 29 avaient ensuite été placées en garde à vue. Six policiers et trois manifestants avaient été légèrement blessés.

Poutine exhorte Macron à “surmonter la méfiance mutuelle”

Le président russe Vladimir Poutine a exhorté lundi le président français élu Emmanuel Macron à “surmonter la méfiance mutuelle” entre Paris et Moscou de façon à combattre ensemble “la menace croissante du terrorisme et de l’extrémisme violent”.

“Les citoyens français vous ont fait confiance pour diriger le pays dans une période difficile pour l’Europe et pour l’ensemble de la communauté internationale. La menace croissante du terrorisme et de l’extrémisme violent s’accompagne de l’escalade de conflits locaux et de la déstabilisation de régions entières”, écrit le président russe dans un message de félicitations rendu public par le Kremlin.

“Dans ces conditions, il est particulièrement important de surmonter la méfiance mutuelle et d’unir nos forces pour assurer la stabilité et la sécurité internationales”.

Vladimir Poutine s’est déclaré prêt “à agir ensemble de façon constructive sur les problèmes bilatéraux, régionaux et mondiaux actuels, se déclarant certain que cela répondrait aux intérêts fondamentaux de la Russie et du peuple français”, a précisé le Kremlin.

Le fait que Vladimir Poutine ait reçu lors de la campagne électorale Marine Le Pen, la rivale d’Emmanuel Macron, a été largement perçu comme une manifestation de soutien à la candidate d’extrême droite. Le Kremlin a toutefois réfuté une telle interprétation.

Vladimir “Poutine souhaite (à Emmanuel Macron) bonne santé, prospérité et succès” comme chef d’Etat, a encore indiqué le Kremlin.

Les relations entre la France et la Russie sont actuellement tendues, en raison notamment de la situation en Ukraine et suite aux sanctions économiques sévères imposées par l’UE à l’encontre de Moscou après l’annexion par Moscou de la péninsule ukrainienne de Crimée.

Le dossier syrien divise également les deux pays, Moscou soutenant le président Bachar el-Assad, dont Paris souhaite le départ à terme.

Sondage: les catholiques ont mis Macron nettement devant Le Pen

Les catholiques ont mis Emmanuel Macron nettement devant Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle, alors que la Conférence des évêques de France s’était refusée à choisir entre les deux finalistes, selon un sondage Ifop pour La Croix et Pèlerin.

Le candidat d’En Marche! a obtenu 62% des suffrages exprimés par l’ensemble des catholiques (idem chez les pratiquants), et même 71% chez les pratiquants réguliers (qui vont à la messe au moins une fois par mois).

Sans surprise, le président élu a réalisé des scores plus élevés que dans l’ensemble de la population chez les protestants (67%), et beaucoup plus nettement encore chez les musulmans (92%).

Comme à l’accoutumée, les catholiques ont été nombreux à accomplir leur devoir de citoyen, avec une participation pointée à 78% (et même 80% chez les pratiquants réguliers), devant les protestants (76%) et les musulmans (62%). Il n’était en revanche pas possible de savoir si les catholiques ont glissé davantage de bulletins blancs ou nuls que la moyenne des votants, ceux-ci n’ayant pas été mesurés dans l’enquête.

L’épiscopat avait été très critiqué dans l’entre-deux-tours pour n’avoir pas pris position entre la candidate du Front national et celui d’En Marche!, alors qu’un vote pour Emmanuel Macron était rejeté par une frange conservatrice de l’électorat catholique.

Cette enquête Ifop a été réalisée en ligne dimanche 7 mai, et à partir d’un cumul d’interviews du 4 au 7 mai, auprès de 4.330 personnes inscrites sur les listes électorales, extraites d’un échantillon de 4.572 personnes dont la représentativité a été assurée par la méthode des quotas. Marge d’erreur de 0,7 à 1,6 point.

Macron élu avec 66,10% des voix contre 33,90% à Le Pen

Emmanuel Macron a été élu dimanche président de la République en France avec 66,10% des voix, contre 33,90% à Marine Le Pen, selon les résultats définitifs du second tour de l’élection présidentielle diffusés lundi par le ministère de l’Intérieur.

L’abstention s’est élevée à 25,44% des inscrits sur les listes électorales, en hausse par rapport au premier tour (22,23%).

Emmanuel Macron a recueilli 20.753.797 voix, Marine Le Pen 10.644.118 suffrages, selon les chiffres de l’Intérieur pour la France entière.

Le pourcentage des bulletins blancs, 8,51%, et nuls 2,96%, soit un total de 11,47% des votants et plus de 4 millions d’électeurs, est le plus élevé enregistré lors des scrutins présidentiels depuis le début de la Ve République.

Au premier tour, le 23 avril, Emmanuel Macron, candidat d’En Marche!, avait recueilli 24,01% des voix, la candidate du Front national Marine Le Pen 21,30%.

Les résultats définitifs du second tour doivent encore être proclamés mercredi en fin d’après-midi par le Conseil constitutionnel, après les opérations de contrôle qui lui incombent.

Après la victoire de Macron, des législatives aux inconnues encore nombreuses

À peine élu, Emmanuel Macron doit maintenant obtenir une majorité aux législatives des 11 et 18 juin où la droite espère prendre sa revanche, la gauche faire mentir sa déroute annoncée et le FN entrer en force à l’Assemblée.

Mais toute projection à partir de la présidentielle est périlleuse en raison de la recomposition politique en cours, avec des changements d’étiquette possibles jusqu’à la date limite de dépôt des candidatures le 19 mai.

Sans compter l’influence de l’ancrage des candidats et l’inconnue de la participation, qui rendra plus ou moins possible des triangulaires, voire des quadrangulaires entre ceux ayant obtenu plus de 12,5% des inscrits au premier tour.

Quels candidats dans la majorité présidentielle

Emmanuel Macron fait le pari que les Français lui donneront une majorité comme ils l’ont toujours fait avec un nouveau président. Alors que pour l’instant seules 14 investitures En Marche! ont été rendues publiques, le nouveau président veut présenter des candidats dans les 577 circonscriptions, dont la moitié issus de la société civile. Pour constituer l’autre moitié, M. Macron a un accord avec le MoDem de François Bayrou et tente actuellement de débaucher des personnalités LR ou PS qui se présenteraient sous l’étiquette “majorité présidentielle”. “Il faut que les investitures soient officialisées en tout début de semaine prochaine”, avait dit M. Macron vendredi.

Les premières semaines de sa présidence et la composition du nouveau gouvernement influenceront également la campagne et le vote des électeurs.

La droite peut-elle rêver d’une cohabitation ?

Malgré l’échec de François Fillon dès le premier tour, LR et UDI tentent de serrer les rangs et de mobiliser leur électorat pour imposer une cohabitation à Emmanuel Macron. Le sénateur-maire LR de Troyes (Aube) François Baroin va mener la campagne des législatives et s’imposerait comme Premier ministre en cas de victoire. Le député Eric Woerth est en train de retravailler le projet.LR et UDI sont alliés dans plus de 90% des 577 circonscriptions, selon l’accord scellé dès mars et qui a résisté jusqu’ici malgré la tentation Macron.

Mais si la droite perd les législatives, un éclatement des Républicains entre ceux prêts à soutenir une coalition de plusieurs forces politiques de droite et de gauche, comme Bruno Le Maire, et ceux qui y sont hostiles, comme Laurent Wauquiez, semble inéluctable.

Combien de députés FN ?

Pour la première fois depuis 1986, le FN devrait obtenir un groupe parlementaire (au minimum 15 députés actuellement) à la suite de ses bons scores à la présidentielle dans ses bastions (Hauts-de-France, Grand Est, PACA…). Au premier tour, Marine Le Pen a ainsi dépassé 30% des suffrages dans 85 circonscriptions. Mais pourra-t-il viser “un groupe extrêmement important comme première opposition”, selon les mots de Marion Maréchal-Le Pen, avec un mode de scrutin qui lui reste défavorable dans des duels de second tour?

Dans une cinquantaine de circonscriptions, le FN soutiendra un candidat Debout la France à la suite de l’accord passé entre Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan. L’ex-candidate pourrait elle-même se présenter à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais). Des responsables FN espèrent aussi récupérer quelques figures isolées de la droite, comme Henri Guaino ou Jacques Myard, pour former un courant “national-souverainiste” à l’Assemblée.

Mélenchon poursuivra-t-il sa dynamique tout seul ?

Fort de ses sept millions d’électeurs, Jean-Luc Mélenchon va mener la bataille des législatives pour transformer l’essai, notamment dans les 67 circonscriptions où il est arrivé premier. Lui-même pourrait être candidat à Marseille, Toulouse ou Lille qui l’ont placé en tête, tout comme la Seine-Saint-Denis. Mais son manque de volonté à conclure des alliances à gauche pourrait lui coûter des sièges.

Aucun accord ne sera ainsi conclu avec les écologistes qui ont déploré vendredi avoir reçu “une fin de non-recevoir” à leur appel au rassemblement. Quant aux négociations entre la France insoumise et le PCF, elles coincent sur un accord de désistement portant sur 60 circonscriptions, 30 pour chaque formation.

Le PS peut-il rester uni et éviter la déroute ?

Le PS craint une débandade à l’image de celle de 1993, lorsqu’il avait été réduit à une cinquantaine d’élus. Pour conjurer cette perspective, le parti compte sur la notoriété de ses députés sortants, même si un tiers d’entre eux ne se représentent pas, et son chef de bataille Bernard Cazeneuve.

Mais le PS, qui réunit ses candidats mardi et débattra de sa ligne dans un bureau national, pourra-t-il seulement maintenir son unité jusqu’aux législatives?

D’un côté, Manuel Valls, partisan d’être dans la majorité présidentielle, estime “n’avoir plus de raison d’être dans le même parti que des socialistes qui espèrent encore des alliances avec Mélenchon”. De l’autre, les proches de Benoît Hamon estiment que ceux qui ont appelé à voter dès le premier tour pour Emmanuel Macron ne peuvent pas avoir l’investiture socialiste.

Macron élu président avec près de deux tiers des voix face à Le Pen

Emmanuel Macron a été élu dimanche président de la République en battant largement Marine Le Pen lors d’un second tour marqué par une forte abstention, mais de nombreux défis attendent cet homme jeune à l’ascension fulgurante, à commencer par l’obtention d’une majorité à l’Assemblée.

Le candidat centriste, 39 ans, va devenir le huitième président de la Ve République, le plus jeune de l’Histoire, en obtenant près de 65,7% des voix face à la candidate d’extrême droite (34,3%), selon les estimations actualisées dimanche soir. En fin de soirée, M. Macron a retrouvé ses partisans, qui s’étaient massés par milliers devant la pyramide du Louvre, après une traversée solennelle de la cour de l’ancien palais royal, sous les notes de l’hymne européen. Emmanuel Macron a été élu dimanche président de la République en battant largement Marine Le Pen lors d’un second tour marqué par une forte abstention, mais de nombreux défis attendent cet homme jeune à l’ascension fulgurante, à commencer par l’obtention d’une majorité à l’Assemblée. Le candidat centriste, 39 ans, va devenir le huitième président de la Ve République, le plus jeune de l’Histoire, en obtenant près de 65,7% des voix face à la candidate d’extrême droite (34,3%), selon les estimations actualisées dimanche soir. En fin de soirée, M. Macron a retrouvé ses partisans, qui s’étaient massés par milliers devant la pyramide du Louvre, après une traversée solennelle de la cour de l’ancien palais royal, sous les notes de l’hymne européen.

“Ce que nous avons fait (…) tout le monde nous disait que c’était impossible, mais ils ne connaissaient pas la France!”, a-t-il jubilé.

Mais le candidat a reconnu que sa large victoire n’était pas “un blanc-seing”, disant qu’il ferait “tout pour” qu’il n’y ait plus “aucune raison de voter pour les extrêmes”.

“La tâche est immense (…) je vous servirai!”, a-t-il martelé, avant d’être rejoint sur scène par son épouse Brigitte, de 24 ans son aînée.

En début de soirée, devant ses propres partisans réunis dans le bois de Vincennes, Marine Le Pen s’était réjouie, malgré la nette défaite, de son “résultat historique et massif” pour un parti “devenu la première force d’opposition”. Elle devrait totaliser plus de 10 millions de voix, dépassant largement son record du premier tour (plus de 7,6 millions de voix). Son père Jean-Marie Le Pen, lui, avait peu progressé face à Jacques Chirac entre les deux tours en 2002.

Le second tour a été marqué par la plus forte abstention depuis 1969 (plus de 25% selon les sondeurs). Contrairement à 2002 où la présence du Front national avait mobilisé, l’abstention augmente nettement par rapport au 1er tour (22,23%). En début de soirée, devant ses propres partisans réunis dans le bois de Vincennes, Marine Le Pen s’était réjouie, malgré la nette défaite, de son “résultat historique et massif” pour un parti “devenu la première force d’opposition”. Elle devrait totaliser plus de 10 millions de voix, dépassant largement son record du premier tour (plus de 7,6 millions de voix). Son père Jean-Marie Le Pen, lui, avait peu progressé face à Jacques Chirac entre les deux tours en 2002.

Le second tour a été marqué par la plus forte abstention depuis 1969 (plus de 25% selon les sondeurs). Contrairement à 2002 où la présence du Front national avait mobilisé, l’abstention augmente nettement par rapport au 1er tour (22,23%). Les blancs et nuls approchent les 9% des inscrits (plus de 4,2 millions), un record pour une présidentielle. Entre l’abstention, les votes blancs et nuls, plus d’un Français sur trois a refusé de choisir dimanche entre les deux candidats. “Marine Le Pen arrive troisième de ce deuxième tour, après M. Macron, et l’abstention et les votes blancs”, a d’ailleurs affirmé le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon, qui n’avait pas appelé à voter Macron. A l’Elysée, François Hollande a “félicité chaleureusement” son ex-conseiller dont la “large victoire” confirme l’attachement “aux valeurs de la République” et “à l’Union européenne”.

A l’étranger, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et la chancelière allemande Angela Merkel, première dirigeante avec qui a conversé M. Macron après son élection, ont salué une bonne nouvelle pour l’Europe. Le président américain Donald Trump a félicité le vainqueur pour sa “large victoire”.

Emmanuel Macron accomplit un exploit retentissant: jamais élu auparavant, comme Charles de Gaulle; et plus jeune des 25 présidents de la République juste devant Louis Napoléon-Bonaparte (40 ans en 1848).

Natif d’Amiens, cet énarque, inspecteur des finances puis banquier d’affaires, accède à l’Elysée sans jamais avoir été parlementaire. Secrétaire général adjoint et conseiller économique du président Hollande depuis 2012, il est sorti de l’anonymat en entrant en 2014 au ministère de l’Economie où il est resté moins de deux ans.

Lire aussi : Ail Macron, 1er Gebieter du nouveau lander de Frankreich

Passation le week-end prochain

A la tête d’En Marche! créé il y a un an, avec son programme “et de droite, et de gauche”, il a écarté les deux grands partis de gouvernement, le PS et Les Républicains (LR), boutés hors de l’Elysée pour la première fois depuis 1981.

Malgré le renfort du souverainiste Nicolas Dupont-Aignan et un début d’entre-deux tours poussif de M. Macron, Marine Le Pen a lourdement buté sur la dernière marche, avec une prestation lors du duel télévisé qui a déçu jusque dans ses propres rangs. Emmanuel Macron doit désormais dévoiler son Premier ministre et la composition de son gouvernement avant de solliciter une majorité aux législatives (11-18 juin).

“Je n’aurai pas d’état de grâce”, a lui-même prévenu M. Macron vendredi.

Pour sa première apparition, dans une déclaration télévisée depuis son QG, l’air et le ton grave, M. Macron avait estimé que sa “responsabilité” serait “d’apaiser les peurs, de nous faire renouer avec l’optimisme”, promettant d’agir avec “humilité, dévouement et détermination”. Le mandat de François Hollande expire officiellement dimanche prochain et la passation aura lieu durant le week-end.

M. Macron accompagnera auparavant M. Hollande dès lundi pour les commémorations du 8 mai 1945, ainsi qu’à la Journée nationale des mémoires de l’esclavage mercredi, juste après le dernier Conseil des ministres du quinquennat Hollande. Si la presse française et internationale salue une victoire contre le “populisme”, plusieurs journaux relativisent le succès. Emmanuel Macron sera “le président dont la légitimité sortie des urnes sera, probablement, la plus rapidement remise en cause”, juge ainsi Le Monde. L’une des premières mesures annoncées est le dépôt d’une loi sur la “moralisation politique”. M. Macron souhaite par ailleurs “dès l’été” réformer le droit du travail par ordonnances, malgré l’opposition du PS, du PCF et de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.

En Marche! doit trancher cette semaine les délicates investitures pour les législatives, avec une force place promise au “renouvellement”. Principal parti de l’Assemblée sortante mais balayé de la présidentielle avec les 6% de Benoît Hamon, le PS est en grand danger, pris en tenaille entre MM. Macron et Mélenchon. Absente du second tour pour la première fois depuis 1958 après l’élimination de François Fillon, la droite tentera d’imposer à M. Macron une cohabitation, avec François Baroin comme meneur de campagne. Mais plusieurs responsables de la droite pourraient être tentés de rejoindre M. Macron, tel Bruno Le Maire, prêt à “travailler dans une majorité de gouvernement”. Si tel est le cas, il aura un adversaire LR aux législatives, a répliqué M. Baroin.

Le Front national, qui n’a que deux élus sortants dans l’Assemblée, vise a minima l’obtention d’un groupe parlementaire. Marine Le Pen a annoncé “une transformation profonde de notre mouvement afin de composer une nouvelle force politique”.

Pas d’état de grâce mais un mois sans relâche pour Macron

Un mois de tensions et de pièges en tous genres se profile pour Emmanuel Macron, élu très largement président dimanche mais qui doit transformer l’essai aux législatives mi-juin afin de pouvoir mettre en application son programme.

“On a conscience qu’il n’y aura pas d’état de grâce. Mais il n’y aura pas d’état de stress non plus”, résume Richard Ferrand, secrétaire général d’En Marche!, en assurant que M. Macron “sait parfaitement que les attentes sont fortes”.

Il n’est effectivement promis aucun répit au nouveau chef de l’Etat, déjà refroidi par l’immédiate polémique qui a suivi son dîner dans une brasserie parisienne pour fêter le résultat du premier tour.

Elu face à Marine Le Pen avec les voix composites de droite comme de gauche, après avoir engrangé 24% des suffrages au premier tour, M. Macron a été largement prévenu entre les deux tours que bulletin à son nom ne valait pas adhésion.

“Le résultat de dimanche sera un soutien à la République et non à sa politique”, a ainsi assuré mercredi le candidat socialiste Benoît Hamon, en promettant qu’il s’opposerait “sans ambiguïté” au projet de M. Macron.

Même avertissement vendredi du secrétaire général des Républicains Bernard Accoyer qui a invité M. Macron “à comprendre que son élection ne sera pas le résultat d’un débat de campagne présidentielle normal (…) et à admettre que ce sera le vote des Français aux élections législatives qui décidera démocratiquement de la majorité et donc de la politique qu’ils auront choisie pour la France”.

Quant au journaliste-réalisateur et candidat aux législatives soutenu par La France insoumise François Ruffin, il a mis en garde le nouveau président sur sa “légitimité fragile”: “Ça se respire dans l’air: vous êtes haï”, a-t-il carrément affirmé.

Cette opposition devrait descendre dans la rue dès lundi, à l’appel de sections CGT, SUD ou Unef, qui n’ont jamais accepté la fin de la bataille contre la loi travail, et veulent marquer le coup d’entrée.

Dans ce contexte, M. Macron n’aura aucun droit à l’erreur surtout qu’il vise la majorité à l’Assemblée nationale pour faire passer rapidement ses réformes, comme celle du code du travail.

Dans les jours à venir, M. Macron doit dévoiler ses candidats aux législatives, alors que 14 noms seulement sont pour l’heure connus.

Inflexion à droite

Le président-élu a longtemps été l’apôtre d’une ligne intransigeante en rejetant tout accord d’appareil, sauf avec le MoDem, et en demandant à chacun de s’inscrire sous l’étiquette “En Marche!”, afin d’assurer à son parti un maximum de subventions publiques qui sont corrélées aux résultats des législatives.

Cette position semble s’être légèrement infléchie. “Je ne demande à personne de déchirer sa carte (d’un autre parti, ndlr), parce qu’à titre personnel, les gens peuvent toujours garder des engagements”, a-t-il déclaré vendredi.

“Il est évident qu’il devra basculer vers une majorité présidentielle, une forme de coalition”, décrypte un rallié de droite de M. Macron. “Là, il est dans une posture de négociation mais je n’ai jamais cru qu’il tiendrait cette position dure”, ajoute-t-il.

M. Macron, dont l’électorat et les soutiens penchent à gauche, cherche à rééquilibrer. Un petit groupe de députés LR pourrait ainsi tendre la main à M. Macron, et rejoindre la majorité présidentielle, sans avoir à adhérer à En Marche!

“Ce n’est pas la peine qu’ils soient nombreux non plus. Ce week-end ça va se décanter. Ca négocie beaucoup”, confirme ce soutien de droite de M. Macron.

Mais cela impliquerait que ces élus n’aient pas de candidat En Marche! en face aux législatives, alors que M. Macron a juré qu’il alignerait des représentants dans les 577 circonscriptions.

M. Macron devra aussi se débrouiller avec sa promesse d’intégrer des membres de la société civile aux législatives (au moins 50%) comme dans son gouvernement de transition jusqu’aux élections, avec la part de danger que cela suppose.

“C’est un risque colossal car les erreurs, on les fait au début et on ne peut pas se le permettre en vue des législatives”, estime ce conseiller, qui attend avec impatience de voir les subtils dosages employés pour composer l’exécutif dans les prochains jours, secret bien gardé par M. Macron.

France: le monde réagit à la victoire d’Emmanuel Macron

Les responsables européens ont été parmi les premiers à réagir dimanche à l’élection du centriste Emmanuel Macron à la présidence française, saluant “une victoire” pour l’Europe.

Union européenne

Les Français ont fait le choix d’un “avenir européen”, s’est félicité le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

Le président du Conseil européen Donald Tusk a salué la décision des Français en faveur de “la Liberté, l’Egalité, la Fraternité”.

“Nous comptons sur une France au coeur de l’Europe pour changer ensemble l’Union et la rapprocher des citoyens”, a écrit sur Twitter le président du Parlement européen Antonio Tajani en félicitant Emmanuel Macron.

France

Le président français François Hollande, qui ne se représentait pas à l’issue d’un mandat de cinq ans, a appelé M. Macron pour “féliciter chaleureusement” celui qui a été son ministre de l’Economie.

Allemagne

La victoire de M. Macron est “une victoire pour une Europe forte et unie et pour l’amitié franco-allemande”, a déclaré Steffen Seibert le porte-parole de la chancelière Angela Merkel, tandis que le chef de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel a jugé que par ce vote la France restait “au coeur de l’Europe”.

Grande-Bretagne

La Première ministre britannique Theresa May “félicite chaleureusement” Emmanuel Macron, a déclaré un porte-parole, et elle “se réjouit” de travailler avec lui.

Le maire de Londres Sadiq Khan a jugé sur Twitter que “les Français ont choisi l’espoir plutôt que la peur et l’unité plutôt que la division. Félicitations @EmmanuelMacron”.

États-Unis

Le président des Etats-Unis Donald Trump a félicité dimanche Emmanuel Macron pour sa “large victoire” lors de l’élection présidentielle française.

“Félicitations à Emmanuel Macron pour sa large victoire aujourd’hui comme prochain président de la France”, a tweeté le président républicain. “Je suis impatient de travailler avec lui!”

Russie

Le président de la commission d’information de la Chambre de la Fédération, Alexeï Pouchkov, a estimé que “la déception va s’installer très vite” chez les électeurs de M. Macron, qui hérite selon lui d’un “pays scindé, divisé”.

Ukraine

Le président ukrainien Petro Porochenko a félicité M. Macron via un message en français sur Twitter, jugeant sa victoire comme un “important crédit de confiance des Français à l’Europe unie”. Il a dit compter sur “la collaboration ambitieuse de la France et l’intensification du format de Normandie”, qui regroupe Paris, Berlin, Kiev et Moscou dans le but de régler le conflit ukrainien.

Italie

“Vive Macron Président. Une espérance s’élève sur l’Europe”, a écrit le chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni sur Twitter.

Espagne

“Coopérons en France et en Espagne pour une Europe stable, prospère et plus intégrée”, a écrit le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy.

Belgique

Le Premier ministre belge Charles Michel a jugé qu’il s’agit avec l’élection de M. Macron d'”un rejet clair d’un projet de repli dangereux pour l’Europe qui triomphe ce soir”.

Dans un rare message, le Palais royal a adressé ses “félicitations” à Emmanuel Macron. “La majorité des Français s’est prononcée pour une #France dans l’#Europe”, a-t-il écrit sur Twitter.

Danemark

Le Premier ministre danois Lars Lokke Rasmussen a adressé ses félicitations à M. Macron: “Nous pouvons accomplir plus ensemble que seuls”.

Brésil

“Je félicite @EmmanuelMacron pour sa victoire lors de l’élection présidentielle française”, a écrit sur Twitter le président brésilien Michel Temer.

Guinée

Le président guinéen Alpha Condé s’est dit dans un communiqué “convaincu que les relations de coopération (franco-guinéenne) iront en se renforçant sous le magistère du président Macron”.

Plus de 4,2 millions de blancs et nuls, environ 9% des inscrits, un record

Plus de 4,2 millions des électeurs qui se sont déplacés dimanche ont mis un bulletin blanc ou nul dans l’urne, soit un record pour une élection présidentielle déjà marquée par une très forte abstention (26% des inscrits).

Selon plusieurs instituts de sondages, entre 8,8% (Ipsos-Stéria) et 9% (Elabe) des inscrits, soit environ 12% des votants et plus de 4,2 millions d’électeurs ont choisi un bulletin blanc ou nul.

Dans le détail, il y aura selon Kantar Sofres 8,4% de blancs et 3,6% de nuls parmi les votants.

C’est un record pour une élection présidentielle, le précédent record en pourcentage des votants datant du second tour de 1969, où 6,42% des votants avaient refusé de choisir entre deux candidats de droite, Georges Pompidou et Alain Poher.

Les blancs et nuls sont aussi près de deux fois plus nombreux qu’en 2012 où 2,15 millions de personnes (5,82% des votants) n’avaient pas voulu trancher entre François Hollande et Nicolas Sarkozy.

En 1995, ils avaient été 6,0% des votants dans ce cas.

C’est seulement depuis la loi de 2014 que les bulletins blancs et nuls sont comptabilisés séparément dans les résultats officiels du ministère de l’Intérieur, ce qui empêche de faire des comparaisons historiques pour les seuls bulletins blancs.

Selon un sondage Ipsos-Stéria pour France Télévisions, Radio France, LCP/Public Sénat, France24, Le Point et Le Monde sur les motivations du vote, 51% de ceux qui ont voté blanc ont refusé de choisir entre deux candidats, Emmanuel Macron et Marine Le Pen, qu’ils “rejettent totalement”.

Pour 39% d’entre eux, ce vote ne manifeste pas un rejet mais “aucun ne correspond à leurs idées”. Enfin pour 10%, un vote ne servait à rien, la victoire d’Emmanuel Macron étant certaine.

La participation et les votes blancs et nuls étaient un des enjeux de ce second tour dont étaient absents, pour la première fois sous la Ve République, les deux grands partis traditionnels, de gauche et de droite, éliminés le 23 avril.

L’association pour la reconnaissance du vote blanc milite pour que les bulletins blancs soient comptabilisés parmi les exprimés, ce qui ferait mécaniquement baisser le score du président élu.

Marine Le Pen annonce “une transformation profonde” du Front National

Marine Le Pen a annoncé dimanche, après sa défaite au second tour de l’élection présidentielle, qu’elle entendait “proposer d’engager une transformation profonde” du Front National, “afin de constituer une nouvelle force politique que de nombreux Français appellent de leurs voeux”.

“Le Front National, qui s’est engagé dans une stratégie d’alliances, doit se renouveler profondément afin d’être à la hauteur (…) des attentes des Français”, a estimé la candidate FN devant ses partisans à Paris.

Quasiment au même moment, le numéro 2 du Front National, Florian Philippot, indiquait sur le plateau de TF1 que le parti “va se transformer en une nouvelle force politique qui, par définition, n’aura plus le même nom”. “Le Front National va évoluer, il va profiter de cette dynamique de rassemblement”, a encore déclaré le vice-président du FN.

La candidate FN, qui s’est exprimée peu après 20H00 devant ses partisans dans un restaurant du Bois de Vincennes à Paris, a pour sa part appelé “tous les patriotes à nous rejoindre afin de participer au combat politique décisif qui commence dès ce soir”.

A 20H00, joie et drapeaux français chez Macron, huées chez Le Pen

A 20H00, des cris de joie et une marée de drapeaux tricolores ont accueilli l’annonce de l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, pendant que les partisans de Marine Le Pen exprimaient leur dépit par des huées.

“On a gagné!”: les partisans du candidat En marche! réunis dimanche soir sur l’esplanade du Louvre, dans le centre de Paris, sous un ciel gris, exultent lorsque les écrans affichent l’image de leur champion.

Fabien Colonna, 29 ans, salue “plutôt un très bon score… Moins ça aurait été délicat”, alors que les estimations des instituts de sondages donnent Emmanuel Macron élu président avec 65,5% à 66,1% des voix face à Marine Le En (33,9% à 34,5%).

Des sympathisants d’Emmanuel Macron, le 7 mai 2017 à Paris


“Il l’a tuée tout simplement … J’étais sûr qu’elle allait pas dépasser les 40%”, affirme Abdel Oukil, 31 ans, dans un grand sourire.

Sylvie Semet, 58 ans, elle s’inquiète du fort taux d’abstention (environ 25%) qui “veut dire que des gens ne sentent pas représentés qu’ils se sentent oubliés… Macron il a intérêt a bosser dur, les gens l’attendent au tournant”.

Sur la place, sous haute sécurité, des milliers de militants étaient rassemblés, certains portant des t-shirts aux couleurs d’En marche! et pour beaucoup très jeunes, alors que 1.800 journalistes avaient été accrédités.

“Il l’a tuée tout simplement … J’étais sûr qu’elle allait pas dépasser les 40%”, affirme Abdel Oukil, 31 ans, dans un grand sourire.

Sylvie Semet, 58 ans, elle s’inquiète du fort taux d’abstention (environ 25%) qui “veut dire que des gens ne sentent pas représentés qu’ils se sentent oubliés… Macron il a intérêt a bosser dur, les gens l’attendent au tournant”.

Des sympathisants d’Emmanuel Macron, le 7 mai 2017 à Paris

Sur la place, sous haute sécurité, des milliers de militants étaient rassemblés, certains portant des t-shirts aux couleurs d’En marche! et pour beaucoup très jeunes, alors que 1.800 journalistes avaient été accrédités.

M. Macron devait faire vers 20h45 une première déclaration depuis son QG de campagne non loin, avant de se rendre devant la célèbre pyramide.

A l’est de la capitale, au “Nouveau Chalet du Lac” dans le Bois de Vincennes, l’annonce du résultat a en revanche été accueillie par des huées par les partisans de Marine Le Pen, qui ont ensuite entonné une Marseillaise.

Le député FN Gilbert Collard (G) et des sympathisants frontistes, le 7 mai 2017 à Paris


“J’ai mal au coeur, le résultat me déçoit beaucoup”, dit Chantal, 44 ans, tandis que non loin de là, Eric, étudiant de 26 ans, se dit “très heureux de ce score historique” et certain de “faire un tabac pour les législatives”.

La candidate battue a pris la parole vers 20H10, saluant “un résultat historique et massif” pour le Front National et promettant d’être “à la tête du combat” des législatives.

Une partie de la presse était maintenue à distance, sans accès à la salle où étaient rassemblés les militants. Une quinzaine de médias ont dénoncé une “interdiction” d’assister à la soirée, entraînant un “boycott” par “solidarité”, notamment de Libération et du Monde, le FN l’expliquant pour sa part par un “manque de place”.

Macron ou Le Pen, la France élit son nouveau président

Les Français votaient dimanche pour désigner leur prochain président, au terme d’une campagne électorale tendue opposant Emmanuel Macron, un centriste pro-européen à l’ascension inattendue, à la candidate de l’extrême droite Marine Le Pen.

A la mi-journée, la participation au scrutin, niché au coeur d’un week-end de trois jours, atteignait 28,23%, un chiffre quasi-stable par rapport au premier tour mais en légère baisse par rapport au deuxième tour de 2012.

Arrivé en tête au premier tour, Emmanuel Macron, 39 ans, un ancien banquier d’affaires et ex-ministre de l’Economie du président sortant François Hollande, est donné largement favori du second tour de la présidentielle par les sondages qui le créditent de 61,5 à 63% des voix, contre 37 à 38,5% pour sa rivale Marine Le Pen, 48 ans. Celle ci espère surfer sur la vague populiste qui a provoqué la sortie de l’UE du Royaume-Uni et la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis.

Les Français votaient dimanche pour désigner leur prochain président, au terme d’une campagne électorale tendue opposant Emmanuel Macron, un centriste pro-européen à l’ascension inattendue, à la candidate de l’extrême droite Marine Le Pen.

A la mi-journée, la participation au scrutin, niché au coeur d’un week-end de trois jours, atteignait 28,23%, un chiffre quasi-stable par rapport au premier tour mais en légère baisse par rapport au deuxième tour de 2012.

Arrivé en tête au premier tour, Emmanuel Macron, 39 ans, un ancien banquier d’affaires et ex-ministre de l’Economie du président sortant François Hollande, est donné largement favori du second tour de la présidentielle par les sondages qui le créditent de 61,5 à 63% des voix, contre 37 à 38,5% pour sa rivale Marine Le Pen, 48 ans. Celle ci espère surfer sur la vague populiste qui a provoqué la sortie de l’UE du Royaume-Uni et la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis.

“Aujourd’hui, c’est la France qui est en jeu”, a déclaré Bernadette, 73 ans, qui a voté dès l’ouverture de son bureau de vote à Marseille (sud-est), soulagée d’en finir avec une campagne “assommante”. Pour la Parisienne Marie Piot, 32 ans, “le monde nous attend. Après le Brexit et Trump, c’est un peu comme si nous étions le dernier bastion des Lumières”.

Pour la première fois en près de 60 ans, les deux grands partis traditionnels de la gauche (Parti socialiste) et de la droite (Les Républicains) sont écartés du deuxième tour.

Emmanuel Macron vote, le 7 mai 2017 au Touquet

Les deux prétendants assurent incarner le renouvellement du paysage politique.

L’un, M. Macron, défend le libre-échange et veut approfondir l’intégration européenne, et l’autre, Mme Le Pen, dénonce la “mondialisation sauvage” et l’immigration et souhaite un “protectionnisme intelligent”.

Piratage de données

L’entre-deux-tours a été marqué par des ralliements en masse à M. Macron (24,01% des suffrages au premier tour le 23 avril), favori inattendu qui était quasi-inconnu il y a trois ans, pour faire barrage à Mme Le Pen (21,30%).

Pour la deuxième fois en quinze ans, l’extrême droite, qui n’a cessé d’engranger les voix aux élections intermédiaires, accède au second tour de la présidentielle. Mais contrairement à ce qui s’était passé en 2002, la mobilisation populaire a été quasi inexistante. Et dans les rangs de la gauche radicale, certains refusent de “choisir entre la peste et le choléra”.

Marine Le Pen après avoir voté à Hénin-Beaumont le 7 mai 2017


Les deux candidats ont voté en fin de matinée dans le nord de la France, M. Macron dans la station balnéaire du Touquet et Mme Le Pen dans son fief ouvrier d’Hénin-Beaumont.

La campagne de l’entre-deux-tours s’est achevée vendredi sur un nouveau soubresaut, avec la diffusion dans les réseaux sociaux de plusieurs dizaines de milliers de documents internes de l’équipe de M. Macron, abondamment relayée par l’extrême droite sur Twitter. Une opération aussitôt qualifiée de “déstabilisation” par le candidat centriste.

La Commission nationale de contrôle de la campagne a demandé aux médias de ne pas publier le contenu de ces documents, “obtenus frauduleusement” et auxquels ont été “mêlées de fausses informations”.

Les deux dernières semaines ont été particulièrement âpres, avec pour point culminant le débat télévisé de mercredi soir qui a viré au pugilat. La prestation de Mme Le Pen avait été sévèrement critiquée, y compris au sein de son propre camp.

50.000 membres des forces de l’ordre

Emmanuel Macron, qui deviendrait le plus jeune président de la République s’il était élu, a confié vendredi avoir déjà choisi le futur chef de son gouvernement, sans toutefois le nommer.

Le prochain Premier ministre sera chargé de mener la campagne des législatives des 11 et 18 juin, avec l’objectif de donner une majorité au nouveau chef de l’Etat.

Le vainqueur du scrutin a déjà été invité par M. Hollande, qui a renoncé à se représenter en raison de sa très forte impopularité, à participer à ses côtés lundi aux cérémonies de commémoration de la capitulation allemande en 1945.

Environ 47,5 millions de Français étaient appelés à voter à partir de 06h00 GMT et jusqu’à 17h00 GMT (voire 18h00 GMT à Paris et dans certaines autres grandes villes), le tout sous haute sécurité, plus de 50.000 policiers, gendarmes et militaires étant déployés pour la circonstance.

L’esplanade du musée du Louvre à Paris, où Emmanuel Macron a prévu de rassembler ses partisans en cas de victoire, a été brièvement évacuée dimanche après-midi en raison d’une alerte au colis suspect.

La France, qui vit depuis 2015 sous le régime de l’état d’urgence, a peut-être échappé à un nouvel attentat islamiste, avec l’arrestation dans la nuit de jeudi à vendredi d’un ancien militaire de 34 ans, converti à l’islam et ayant fait allégeance au groupe jihadiste Etat islamique (EI). Il a été interpellé à proximité d’une base militaire à Evreux, à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Paris, avec des armes cachées à proximité.

Le 20 avril, trois jours avant le premier tour de la présidentielle, un policier avait été tué en plein centre de la capitale, sur l’avenue des Champs-Elysées. L’attaque avait été revendiquée par l’EI, à l’origine de la plupart des attentats qui ont fait 239 morts en France depuis janvier 2015.

Investiture, nomination du premier ministre, législatives… Le calendrier des prochaines semaines

A l’agenda du vainqueur de dimanche soir pour les jours qui viennent : passation de pouvoir, nomination d’un premier ministre et d’un gouvernement… Dimanche 7 mai, les Français choisissent le successeur de François Hollande à l’Elysée. Mais l’aboutissement de la présidentielle ne signe pas encore la fin des rendez-vous électoraux et protocolaires de 2017. Voici le calendrier des échéances.

  • 10 mai : proclamation des résultats officiels

Si les premières estimations ont été publiées à 20 heures dimanche, les résultats officiels du second tour doivent être proclamés le mercredi 10 mai à 17h30.

  • 14 mai : expiration du mandat de François Hollande et date limite de passation de pouvoir

François Hollande a été investi président de la République le 15 mai 2012. Son mandat arrive à expiration cinq ans plus tard, soit le dimanche 14 mai à minuit. Le nouveau président devra donc être investi avant cette date.

La passation de pouvoir entre le président sortant et le nouveau chef de l’Etat se fait le jour de l’investiture de ce dernier. Cette journée suit un programme rodé et respecte un certain protocole. Le président élu se rend successivement à l’Elysée, sur le tombeau du Soldat inconnu au pied de l’arc de Triomphe et à la mairie de Paris.

La Constitution ne dit rien sur cette journée symbolique de passage de relais, mais courtoisie et bienséance sont traditionnellement de rigueur. Une coutume avec laquelle François Hollande s’est quelque peu accomodé en 2012. Après s’être entretenu avec Nicolas Sarkozy, le nouveau chef de l’Etat n’avait pas raccompagnéson prédécesseur à la sortie de l’Elysée, le laissant descendre, seul avec son épouse, les marches du perron et s’engouffrer dans sa voiture.

Une attitude que M. Hollande a dit regretter, dans un documentaire diffusé sur Canal + en avril 2017. « Je ne voulais surtout pas donner le sentiment d’être discourtois à l’égard de mon prédécesseur. (…) Mais si je l’ai donné, j’en ai été vraiment désolé parce que c’était pas du tout l’attitude que je voulais avoir. Et si c’est ce qu’a ressenti Nicolas Sarkozy, c’est qu’il était lui-même sûrement peiné de devoir quitter ainsi l’Elysée. »

  • Mi-mai : nomination du premier ministre et du gouvernement

Le premier ministre sera-t-il nommé dès le jour de l’investiture du nouveau chef de l’Etat ?C’est en tout cas ce qui s’est produit en 1974, 1981, 1995 et 2012 – années où, comme en 2017, un président ne se succède pas à lui-même.

Jean-Marc Ayrault a ainsi été nommé le 15 mai 2012, après que François Hollande a été officiellement investi président. Son premier gouvernement a été formé le lendemain. On y trouvait une majorité de socialistes (Laurent Fabius aux affaires étrangères, Vincent Peillon à l’éducation nationale, Pierre Moscovici à l’économie, Manuel Valls à l’intérieur…) mais aussi deux écologistes (Cécile Duflot au logement et Pascal Canfin au développement) et deux radicaux de gauche (Christiane Taubira à la justice et Sylvia Pinel au commerce et au tourisme). Ce gouvernement a été maintenu après la victoire de la gauche aux législatives, un mois plus tard, agrémenté de quelques nouveaux ministres délégués.

En revanche, en 2007, François Fillon avait été nommé à Matignon au lendemain de l’investiture de Nicolas Sarkozy. Son gouvernement, formé le 18 mai, avait été marqué par une ouverture à gauche, avec la nomination de Bernard Kouchner aux affaires étrangères, Eric Besson à l’immigration ou encore Jean-Pierre Jouyet aux affaires européennes. Un mois plus tard, le deuxième gouvernement, nommé après les législatives, avait vu partir le ministre de l’écologie Alain Juppé, défait dans sa circonscription de Gironde.

  • Premier déplacement à l’étranger

En 2012, François Hollande avait effectué son premier déplacement en Allemagne, le jour même de son investiture. Un voyage assez rocambolesque : son avion avait été touché par la foudre quelques minutes après son départ, l’obligeant à faire demi-tour et à emprunter un nouvel appareil.

Comme lui, en 2007, Nicolas Sarkozy s’était rendu en Allemagne à peine investi pour rencontrer la chancelière Angela Merkel. Qu’en sera-t-il du nouveau chef de l’Etat ?

Le 1er mai, Marine Le Pen a déclaré qu’elle n’effectuerait pas une telle visite : « J’aurai beaucoup trop de travail urgent pour effectuer une promenade médiatique entourée de courtisans », a-t-elle souligné sur France 2.

Quant à Emmanuel Macron, il a déclaré que Mme Merkel serait le premier dirigeant étranger avec qui il entrerait en contact. Mais pour le premier déplacement à l’international, « j’irai aux côtés de nos troupes à l’étranger », a-t-il souligné le 2 mai sur BFM-TV, sans préciser à quel endroit.

  • 11 juin : premier tour des élections législatives

Le scrutin a lieu dans les 577 circonscriptions françaises. Il s’agit de renouveler entièrement l’Assemblée nationale et de définir une nouvelle majorité. Pour le président qui aura été élu le 7 mai, l’enjeu est énorme : il faut s’assurer une majorité absolue (289 sièges) pour éviter d’avoir à négocier le vote des textes avec d’autres groupes parlementaires.

  • 18 juin : second tour des élections législatives

Le scrutin a lieu dans toutes les circonscriptions, à l’exception de celles qui auront élu un candidat dès le premier tour. De nombreuses triangulaires (trois candidats qualifiés), voire quadrangulaires, pourraient avoir lieu : les candidats qui, au premier tour, ont obtenu un score correspondant à au moins 12,5 % des inscrits sur les listes électorales peuvent se maintenir au second tour.

  • 19 juin : fin de la quatorzième législature

La quatorzième législature de la Ve République, le cycle parlementaire qui s’est ouvert le 20 juin 2012, prendra fin le 19 juin, au lendemain du second tour des élections législatives. La dernière journée de travaux parlementaires a cependant eu lieu le 22 février au Palais-Bourbon.