EVENEMENT – C L’info de retour à Barcelone

Ce mardi, notre reporter Franck Paillanave est revenu à Barcelone 10 jours après un premier reportage pour voir l’évolution de la situation autour de l’indépendance de la Catalogne et l’utilisation de l’article 155 de la constitution espagnol par Madrid. Il nous livre son récit à travers ce duplex enregistré mardi soir.

François Bayrou de retour à Pau comme ministre de la Justice

2 jours après sa nomination comme Ministre d’Etat, Garde des Sceaux et ministre de la Justice, François Bayrou était de retour sur ses terres paloises, pour sa première visite officielle en tant que ministre.

Le maire de Pau a rencontré au fil de la journée, le personnel palois concernant la justice.

Vers 16H45, François Bayrou s’est exprimé en conférence de presse sur les premiers dossiers à traiter, mais également sur ses affaires et sur son avenir en tant que maire de Pau.

L’intégralité de la conférence de presse est à retrouver ici :

Le débat Le Pen – Macron s’est déroulé dans un climat de tension et d’intox

Les deux finalistes de l’élection présidentielle se sont livrés mercredi soir à un débat télévisé particulièrement musclé. La candidate du FN a cherché à associer au quinquennat le leader d’En Marche, qui lui a reproché de « mentir en permanence ».

Un choc frontal. Tendu et rugueux. Une image de l’Elysée en arrière-plan, Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont ferraillé sans discontinuer ce mercredi soir, sur TF1 et France 2, lors du traditionnel débat télévisé de l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle. Et cette fois, il n’y a pas eu le moindre round d’observation entre les deux finalistes. Dès les toutes premières minutes, le duel a tourné à l’aigre. D’emblée, Marine Le Pen, cherchant à bousculer le favori du second tour, a lancé l’offensive contre « le candidat de la mondialisation sauvage, de l’ubérisation, de la précarité, de la brutalité sociale, de la guerre de tous contre tous, du saccage économique (…), du dépeçage de la France par les grands intérêts économiques, du communautarisme ».

« Je suis la candidate de la Nation qui protège », a-t-elle assuré. « Vous n’êtes pas la candidate de l’esprit de finesse (…) Ce que vous portez, c’est l’esprit de défaite », a répliqué Emmanuel Macron, disant incarner, lui, « l’esprit de conquête français » avec « des vraies réformes et des vrais changements ».

« Enfant chéri du système »

Rarement un duel d’entre-deux-tours avait jusqu’ici montré, sur le fond, un tel antagonisme. Les passes d’armes ont été incessantes, et sur tous les sujets : emploi, fiscalité, santé, retraites, immigration, lutte contre le terrorisme et, surtout, Europe. Mais elles ont souvent donné lieu à un dialogue de sourd. La présidente du Front national, qui avait opté pour la guerre d’usure, a cherché à associer l’ancien ministre de l’Economie à François Hollande et à son quinquennat, « aux résultats extrêmement mauvais », a-t-elle insisté.

« Aucune responsabilité dans les grands choix économiques ? », a ironisé Marine Le Pen, le qualifiant d’« enfant chéri du système », lui reprochant d’être prisonnier des lobbies et d’être « soumis aux exigences de l’Union européenne ». « La France sera dirigé par une femme. Ce sera moi ou madame Merkel », a-t-elle prévenu, prônant un « protectionnisme intelligent ». Un discours, assorti de la dénonciation du projet « ultra-libéral » et « à la schlague » de son rival, destiné aux classes populaires et aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon.

« Vous ne proposez rien »

Emmanuel Macron, qui a peiné à la ramener sur le détail de ses propositions, l’a accusé de dire de « grandes bêtises » (« ça ne marche pas comme ça dans la vraie vie ») et de « profiter de la détresse des gens ». « Vous mentez en permanence (…) Vous ne proposez rien (…) C’est inapplicable », a-t-il martelé, opposant son calme à la « grande brutalité » de sa rivale et cherchant à apparaître moins approximatif et plus présidentiable qu’elle — « Je suis infiniment plus crédible que vous (…) Moi je suis précis ».

Et à apparaître, aussi, plus rassurant. « La France, c’est une civilisation ouverte avec des principes généreux. Tout l’inverse de ce que vous portez », a lancé le leader d’En Marche, l’accusant de « nourrir la division » et de porter « la guerre civile ». « Ce que vous proposez, c’est la sortie de l’histoire », a-t-il assuré, voyant en elle un « parasite » qui se « nourrit de la colère ». « La France mérite mieux que cela », a-t-il lancé à plusieurs reprises.

Avance dans les sondages

Il est peu probable que le débat, mené au pas de charge et souvent brouillon, change l’issue de cette présidentielle. Marine Le Pen ne paraît en tout cas pas en mesure d’inverser la tendance, alors qu’Emmanuel Macron n’a jamais été déstabilisé et l’a souvent mise en difficulté. D’autant qu’il est nettement en tête dans les sondages. Le dernier baromètre quotidien Presitrack pour « Les Echos » et Radio classique le créditait encore mercredi de 60% des voix. Un niveau qui n’a guère bougé depuis le premier tour.

Il ne reste que deux jours de campagne officielle avec notamment, une « grande fête populaire » dans la Somme pour la présidente du Front national et un dernier meeting à Albi, dans la Tarn, pour le fondateur d’En Marche. Deux jours seulement pour tenter de convaincre le quart de l’électorat qui se réfugie encore dans l’abstention.

Des journalistes dénoncent le comportement du FN envers les médias

Les sociétés de journalistes de 28 rédactions (AFP, Alternatives Economiques, BFMTV, CAPA, Les Echos, Le Figaro, France2, France3, France 24, France Culture, France Info, France Inter, L’Humanité, Libération, le JDD, M6, Mediapart, Le Monde, L’Obs, Le Point, Premières Lignes, Quotidien, RFI, RMC, RTL, Télérama, LaTéléLibre, TF1 , La Voix du Nord), auxquelles s’associe l’équipe de C L’info, protestent dans un communiqué contre la décision du Front national de « choisir les médias autorisés à suivre Marine Le Pen ».

Après une série de cas où des journalistes se sont vu interdire l’accès à des événements où se rendait la candidate du Front national ou son équipe de campagne, les sociétés de journalistes de plusieurs médias ont signé le texte suivant :

« A l’occasion de la campagne pour le second tour de l’élection présidentielle, le Front national a décidé de choisir les médias qui sont autorisés à suivre Marine Le Pen. Plusieurs titres de presse ont ainsi vu leur représentant tenu à l’écart de toute information et de toute possibilité de suivi sur le terrain de la candidate du Front national. Ainsi, après Mediapart et Quotidien (et avant lui son prédécesseur Le Petit Journal), l’AFP, Radio France, RFI, France 24, Le Monde, Libération et Marianne, notamment ont été à un moment ou à un autre victimes de ces exclusives. Il ne s’agit donc en rien d’un recours à la pratique du “pool” de journalistes où les informations et images sont partagées.

Nous protestons de la manière la plus ferme qui soit contre cette entrave à la liberté de faire notre métier et de remplir notre devoir d’informer.

Il n’appartient pas à une formation politique, quelle qu’elle soit, de décider des médias habilités à exercer leur rôle démocratique dans notre société. »

C L’info persona non grata d’une réunion publique de Marion Maréchal-Le Pen

Le 11 avril dernier, le Front National avait organisé à Bayonne une réunion publique avec la présence de Marion Maréchal-Le Pen, afin de soutenir la candidature de sa tante à l’élection présidentielle. Notre correspondant dans le Sud Ouest, Franck Paillanave, a alors contacté par téléphone le bureau local du FN 64 afin de s’accréditer. Après plusieurs minutes de négociations avec les dirigeants de la fédération (en précisant bien ne pas avoir la carte de presse), notre reporter obtient l’autorisation pour couvrir le meeting. Il se déplace alors à Bayonne (étant basé à Pau) pour réaliser ce reportage. Mais couac à l’arrivée : finalement, impossible de rentrer, malgré de nombreuses tentatives et le déplacement (avec les frais de péage et d’essence).

 

Nous déplorons bien sûr ce choix, car nous avons souhaité, au cours de cette campagne, donné la parole à tous les partis.

Au coeur du meeting de Jean Lassalle à Marseille

Intrigué par Jean Lassalle, candidat à l’élection présidentielle 2017, j’ai décidé de me rendre à son meeting organisé à Marseille ce mercredi 12 avril, à la Boate, 35 rue de la Paix. Une rencontre en marge d’un débat citoyen organisé par le député des Pyrénées-Atlantiques qui m’a permis de me forger un avis définitif sur cet homme politique aussi singulier qu’attachant.

Le candidat de la gentillesse

Dans  le cadre de son programme « Rencontre avec les citoyens des Bouches-du-Rhône », Jean Lassalle a fait le tour de Marseille ce 12 avril. Le candidat de Résistons ! s’est en effet rendu dans les quartiers de Belsunce et Noailles avant d’aller à la rencontre des marchands du marché aux puces de Marseille, dans le quartier de la Cabucelle. Une journée riche et remplie pour le candidat indépendant qui s’est porté volontairement au jeu des serrages de mains et discussions avec les habitants de la cité phocéenne. Jean Lassalle s’est même autorisé l’audace de laisser son propre numéro de téléphone à des citoyens marseillais souhaitant échanger et débattre avec lui. « Après ils m’envoient des SMS, c’est mieux » se justifie le candidat. Jean Lassalle a ainsi affirmé sa ligne politique en s’imposant tout au long de cette journée comme le candidat « de la gentillesse », proche du peuple et de ses préoccupations. Toujours très loquasse et expansif, Jean Lassalle a alors réussi à séduire de nombreux Marseillais qui l’ont notamment découvert lors du débat télévisé organisé par BFM TV et CNews. Une journée riche également pour les équipes du candidat. Pas toujours évident à suivre, Jean Lassalle a eu énormément de mal à se conformer à l’organisation stricte de cette journée. S’arrêtant à chaque coin de rue pour discuter et échanger, entrant dans chaque établissement pour se tenir au courant des préoccupations des commerçants, n’hésitant pas à aller à la rencontre des patrons de bars et de restaurants, Jean Lassalle a alors pris un certain retard sur son emploi du temps. Ainsi, si sa conférence de presse devait débuter à 18h30 selon le programme annoncé sur le site du député des Pyrénées-Atlantiques, celle-ci n’a en réalité démarré qu’à 20h00. Entre respecter ses engagements horaires et affirmer sa position de candidat proche des préoccupations du peuple, Jean Lassalle a fait son choix.

C’est donc à 20h00 que le natif de Lourdios est arrivé à la Boate, la salle faisant également office de lieu de réception de sa conférence de presse. Devant un comité de 50 personnes, le candidat a fait une apparition très théâtralisée et excentrique, les bras levés, heureux de retrouver certaines militantes et certains membres de son équipe de campagne. Pendant une heure, le candidat va alors se prêter au jeu de la conférence de presse. Suivi par une équipe de C dans l’Air, Jean Lassalle répond à ses questions dans le cadre d’un reportage qui sera diffusé ultérieurement. Radio Catholique Française est également présente au même titre qu’une équipe de France 3. Si les journalistes sont peu nombreux, le candidat de Résistons ! répond à leur question pendant plus d’une heure. S’il se veut être proche du peuple, Jean Lassalle n’en oublie pas moins la nécessité d’être présent dans les médias nationaux. A une question sur les sondages qui l’annoncent à 1% au premier tour, Jean Lassalle répond sèchement : « Je méprise autant les sondages que eux me méprisent ». Le ton est incisif. Car le candidat est convaincu de sa présence au second tour, et même de sa victoire finale. Pendant ce temps, nous, nous attendons sagement que Jean Lassalle daigne laisser les médias. Une curieuse venue assister au meeting interpelle alors le candidat en lui rappelant qu’il se pose en candidat conscient des préoccupations des Français. « Vous voulez être proche des citoyens mais vous n’hésitez pas à nous faire poiroter pendant une heure pour répondre aux questions des journalistes qui vous méprisent et se moquent de vous ! ». Un brin mal à l’aise, Jean Lassalle s’excuse platement et donne raison à la dame qui partira quelques minutes après le début du meeting. Après ce léger incident, Jean Lassalle conclut sa conférence de presse pour laisser la place à son débat avec les citoyens.

« J’adore Marseille, cette ville qui s’engueule et qui s’aime mais qui s’aime plus qu’elle ne s’engueule »
Photo de Gaël Simon

C’est Frédéric Jeanjean, conseiller municipal de la ville de Marseille qui ouvre le meeting en rappelant les moqueries qu’il a subies lorsqu’il a annoncé son soutien à Jean Lassalle.  Celui-ci insiste néanmoins sur sa conviction de la victoire du candidat et du soutien populaire qu’il a reçu en marge de sa journée marseillaise. Il cible alors Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et François Fillon qui sont venus peu de temps avant dans la cité phocéenne mais qui n’ont eu aucun contact avec la population marseillaise. Le conseiller municipal vante alors les mérites d’un Jean Lassalle qui a échangé avec les habitants de la deuxième ville de France. « Aujourd’hui, avec toutes les personnes avec lesquelles nous avons parlé, nous avons rempli le stade Vélodrome ! ». Le conseiller municipal quelque peu enthousiasme et marqué par une légère exagération toute marseillaise, laisse sa place à Jean Lassalle. Sans note, sans fiche et sans prompteur, le candidat déclare sa flamme à une cité phocéenne qui « s’engueule et qui s’aime mais qui s’aime plus qu’elle ne s’engueule ». Jean Lassalle, dans sa fougue caractérisée, s’emporte et crie son affection pour Marseille. Le député des Pyrénées-Atlantiques valorise la ville pour mettre en avant une de ses idées fortes, retrouver une puissance maritime majeure. « La France a la seconde façade maritime, elle doit de nouveau s’ouvrir sur la mer ». Jean Lassalle veut être un Président qui relance le commerce maritime et fait de Marseille un des fers de lance de cette politique. Le centriste lance alors un film de quelques minutes réalisé par Michel Reynaud. La séquence met en scène le discours de Jean Lassalle à l’assemblée nationale au retour de sa marche vers les Français réalisée entre avril et décembre 2013. Le candidat reprend alors la parole et annonce les grandes lignes de son programme. Le centriste entend rétablir la force de la commune française, instaurer un service militaire de neuf mois, ne verser aucune subvention à l’Union Européenne pendant quatre ans, développer l’école française où tout le monde y sera accepté et créer la quatrième armée, celle d’Internet qui sera chargée de tuer dans l’œuf toute forme de radicalisation. Le discours, quelque peu désordonné, est suivi d’une nouvelle projection. Cette fois-ci, nous avons le droit à un film sur le parcours politique de Jean Lassalle. Son chant face à Nicolas Sarkozy à l’assemblée nationale en 2003, sa grève de la faim pendant 39 jours en 2006 pour éviter la délocalisation de l’usine Toyal de la vallée d’Aspe qui emploie 140 personnes et sa marche en 2013 sont ainsi évoqués et viennent insister sur son engagement personnel dans la vie politique. Après le film, le débat avec les personnes présentes dans la salle est ouvert. Jean Lassalle se prête au jeu des questions – réponses et des discussions avec les Marseillais. Le débat se prolongera tard dans la nuit et Jean Lassalle quittera Marseille pour se rendre dans les studios de RMC – BFM TV afin de répondre aux questions de Jean-Jacques Bourdin le lendemain matin.

Quant à moi, ce meeting m’a permis de me faire une opinion définitive sur un candidat qui m’intriguait et suscitait ma curiosité. Je suis désormais convaincu de la profonde humanité de Jean Lassalle et de sa sincère conscience humaine. Il ne joue pas à être le candidat de la gentillesse, il l’est naturellement. Il ne se force pas à être proche des gens, amical et jovial. Le centriste est profondément, viscéralement impliqué par les préoccupations des Français. Après cette rencontre, je suis absolument sur de la sincérité de son action, de sa passion et de son amour profond pour la France. Toute sa carrière politique ne se place pas au service de ses intérêts personnels, mais bel et bien au service de la communauté. Jean Lassalle est conscient de la vie quotidienne des Français, ses constats sont bons, et ses grandes lignes sociétales sont tout à fait justes. Malheureusement, ce meeting a également fait ressortir son absence de propositions concrètes. En tout cas, s’il en a, il n’est pas parvenu à les expliquer et à en parler de façon cohérente. Jean Lassalle est un homme politique proche du peuple, réellement convaincu de sa victoire, fier de son équipe de campagne, qui possède des valeurs humaines indéniables, mais son programme reste trop léger pour qu’il puisse se placer comme un candidat capable de convaincre une grande partie de la population au-delà de cette image de proximité. Ce meeting a surtout eu un intérêt pour moi. Il m’a permis d’aller au-delà de l’image d’un Jean Lassalle particulier, atypique, presque cocasse et drôle. Je me suis rendu compte de sa concrète implication, presque physique dans la vie politique, de la sincérité de son combat et de son action. Jean Lassalle est certainement le candidat le plus proche des préoccupations des Français, malheureusement il n’apporte pas suffisamment de réponses concrètes pour pouvoir les convaincre de voter pour lui le 23 avril prochain.

Les jeunes et la politique n°2 – Christiane Taubira

C’est une série inédite que vous propose C L’info, à l’occasion de l’élection présidentielle. Durant les semaines à venir, nous allons aller à la rencontre des candidats et de leurs porte-paroles pour connaître leurs points de vue concernant les jeunes et la politique (les projets, les intentions, les mobilisations…) Pour notre première, c’est Luc Chatel,  porte-parole de François Fillon, qui avait accepté de répondre à nos questions (Interview à retrouver ici).

Pour notre 2ème rencontre, c’est Christiane Taubira qui nous a répondu sur le thème “Les Jeunes et La Politique”, lors de sa venue à Pau le 10 avril.

Présidentielle: la campagne repart de plus belle après un débat jugé globalement réussi

La campagne présidentielle a franchi un cap supplémentaire avec le débat télévisé entre les onze candidats mardi soir, un exercice inédit jugé parfois confus mais globalement réussi du fait de l’impertinence des “petits” candidats.

Un débat “long et formaté” mais “assez fascinant” pour Le Parisien. “Le café de la République” pour le Figaro qui se demande au contraire “que diable les +grands+ candidats allaient faire dans cette galère”. Grande première de l’histoire des élections présidentielles, cette confrontation de l’ensemble des concurrents sur BFMTV et Cnews a rassemblé 6,3 millions de téléspectateurs en moyenne, selon les chiffres de Médiamétrie, contre plus de 10 millions le 20 mars pour le débat à cinq sur TF1 et LCI.

Ces près de quatre heures de débats parfois inévitablement confus ont été jugés globalement satisfaisants, y compris par les protagonistes. “Ça changeait des débats convenus”, s’est félicité Nicolas Dupont-Aignan (DLF). “C’est frustrant parce qu’on ne parle que 15 à 17 minutes” mais “ça s’est plutôt bien passé collectivement”, a jugé Benoît Hamon (PS) qui regrette cependant des sujets “absents” comme “l’écologie” et la “question sociale”. Un “débat magnifique” selon Jean Lassalle, “fils de berger” des Pyrénées et avocat lyrique des banlieues et de la ruralité. La droite est plus circonspecte, Éric Ciotti déplorant “une émission de télé-réalité” et des “candidats qui ont voulu faire des coups”. “Beaucoup de confusion”, a abondé Bruno Retailleau (LR), pour qui François Fillon “est apparu comme un chef d’État”.

Selon un sondage Elabe pour BFMTV, réalisé via internet à l’issue du débat, Jean-Luc Mélenchon a été jugé le plus convaincant par les téléspectateurs (25%) devant Emmanuel Macron (21%). Absents du premier débat le 20 mars sur TF1, les “petits” candidats, souvent très pugnaces, ont réussi à se faire entendre. Parmi les moments forts de la soirée, Philippe Poutou (NPA) a attaqué Marine Le Pen sur son refus d’honorer les convocations de la justice, mais aussi François Fillon sur l’affaire des emplois présumés fictifs de son épouse, rejoint sur ce point par Nathalie Arthaud (LO).

Je vais vous foutre un procès

“Je vais vous foutre un procès”, a fini par lâcher l’ancien Premier ministre envers Philippe Poutou, après avoir tenté une anaphore sur ce que doit être un “président exemplaire”, exercice rappelant le “moi président” de François Hollande en 2012.

Parmi les thèmes qui ont cristallisé les débats: l’Union européenne. Partisane d’une sortie de l’euro, Marine Le Pen s’est retrouvée concurrencée sur ce thème de prédilection. Nicolas Dupont-Aignan, ciblant autant Emmanuel Macron que François Fillon, a pu développer ses propositions pour un “patriotisme de bon sens”. François Asselineau a pu marteler sa volonté d’une sortie immédiate de l’UE et Jacques Cheminade la sienne de s’attaquer aux marchés financiers.

“Ce n’est pas rien d’observer combien aujourd’hui sont nombreux ceux qui ont décidé de tirer un trait sur l’Europe”, a relevé Benoît Hamon.

Les regards se tournent à présent vers le siège de France Télévisions où les représentants des candidats doivent se rencontrer mercredi après-midi pour discuter des conditions du débat prévu le 20 avril, à trois jours du premier tour. Plusieurs candidats, dont Jean-Luc Mélenchon, ont exprimé des réserves sur la date et d’autres concurrents réservent leur participation. En attendant, la campagne reprend de plus belle. Emmanuel Macron, mis “au centre du jeu” par ses adversaires, selon son porte-parole Benjamin Griveaux, passe un nouveau grand oral jeudi soir lors de “L’Émission politique” de France 2. Il se rendra ensuite un déplacement en Corse, où Marine Le Pen donnera également une réunion publique samedi. François Fillon se produira successivement mercredi à Provins, jeudi à Strasbourg et vendredi à Clermont-Ferrand avant un grand rassemblement dimanche Porte de Versailles à Paris. A gauche, Benoît Hamon se déplace jeudi à Nancy. Jean-Luc Mélenchon tient une grande réunion publique dimanche à Marseille.

Lire Aussi : Ce qu’il faut retenir du débat entre les 11 candidats

Présidentielle : ce qu’il faut retenir du débat entre les 11 candidats

Création d’emplois, maintien ou sortie de l’UE, terrorisme islamique, morale politique… C L’Info a listé les cinq points clés de la confrontation entre tous les candidats officiels à l’élection présidentielle, qui ont débattu mardi soir pendant plus de 3h30.

Les candidats étalent leurs désaccords sur l’emploi

Interrogé sur la situation économique de la France, et notamment sur la manière dont le candidat Les Républicains entend créer des emplois, François Fillon propose «de rénover le code du travail, de diminuer de 40 milliards les charges qui pèsent sur nos entreprises, de mettre en avant l’alternance, d’investir dans les nouvelles technologies, mais aussi de réformer le RSI ou de supprimer toute une série de normes qui pèsent sur l’agriculture». Tout le contraire pour Jean-Luc Mélenchon, qui veut «rétablir l’ordre public social dans notre pays.» Pour Marine Le Pen, la préférence nationale, qu’elle entend mettre en place, «va créer des emplois et rapporter de l’argent parce que cela passera par une taxe future sur les entreprises qui voudront employer des étrangers». Rapidement, le débat dérive et s’enflamme sur le statut des travailleurs détachés. «J’ai fait voter une loi qui permet de mettre des cartes d’identité dans le BTP, et c’est en train de marcher», affirme Emmanuel Macron. «C’est totalement faux», lui réplique Nicolas Dupont-Aignan. «Je voudrais dire que monsieur Macron est très clair: il veut maintenant la concurrence déloyale au coeur de notre pays. Or il faut changer les règles du jeu. Dans le cadre des traités actuels, il est impossible de créer des emplois en France. Il faut changer de cadre sinon la France crèvera à petit feu».

Des positions irréconciliables entre souverainistes et pro-européens

Si Benoit Hamon veut «continuer à faire le pari de la construction européenne», une partie de ses concurrents à l’Elysée affiche des idées contraires. «Tous les traités européens nous cadenassent dans une politique économique et sociale intenable pour les Français», estime par exemple François Asselineau, favorable à une sortie immédiate de la France de l’Union Européenne, sans passer par un référendum. Une différence notable avec Marine Le Pen, qui souhaite laisser les Français trancher ce sujet. Interrogée sur son «protectionnisme intelligent», la présidente du FN défend son projet, arguant que «l’intégralité ou presque des pays du monde protège leur propre production. Je vous rappelle que la Suisse a des droits de douane agricoles de près 55%, la Corée du Sud de 41%. Et ces pays vont très bien, beaucoup mieux que nous, il faut parler aux agriculteurs de temps en temps Monsieur Macron.» Réplique du tac au tac de la part du leader d’ «En marche!» à Marine Le Pen. «Ce que vous proposez, c’est la guerre économique, et nous ne sommes ni la Suisse ni la Corée du Sud. Ce que vous proposez, c’est le nationalisme. Le nationalisme c’est la guerre. N’oublions pas de quel côté nous venons!», lâche-t-il. «On en se présente pas comme la nouveauté quant on sort de vieilles badernes vieilles de 50 ans», lui répond-elle dans la foulée.

Pour Marine Le Pen, «la France est une université de djihadistes»

Sur la sécurité, le candidat du Nouveau parti anticapitaliste Philippe Poutou, qui veut mettre fin à l’état d’urgence et désarmer la police, apparait en grand décalage avec la tonalité de la majorité de ses adversaires. Interrogée sur la lutte contre le terrorisme, Marine Le Pen estime qu’«il faut retrouver nos frontières parce qu’un nombre important de terroristes se sont glissés parmi le flux de migrants, et certains sont responsables du massacre du Bataclan (…) Maintenant, la France est une université de djihadistes.» En entendant ces propos, Benoît Hamon sort de ses gonds: «Ça vous arrange Daech. Ça vous fait prospérer.» «Non ça ne m’arrange pas», lui rétorque la candidate, faisant ensuite référence à la soi-disant proximité entre le candidat socialiste et une frange musulmane intégriste. De son côté, François Fillon plaide pour «une alliance la plus large possible pour lutter contre ce mouvement. La France n’est pas le gendarme du monde, et elle n’a pas vocation à intervenir au Moyen-Orient. Mais elle doit s’inscrire dans une coalition internationale contre le totalitarisme islamiste».

 «Un président exemplaire», l’anaphore de François Fillon

Sujet dominant dans la campagne présidentielle, la moralisation de la vie politique donne lieu à une série de déclarations. Jean-Luc Mélenchon le clame: «Le peuple aura le droit de révoquer un élu en cours de mandat». Interpellé sur l’exemplarité des présidents, Jean Lassalle s’estime «pas trop mal». «Je n’aurais pas de mal à l’être, ça fait quarante ans qu’il n’y en a pas eu». Il veut emmener les «fonctionnaires parisiens dans les banlieues» et les campagnes. Pour Nicolas Dupont-Aignan, «un candidat doit avoir un casier vierge». Benoît Hamon souhaite lui «en finir avec les privilèges insupportables. Ce qui choque les Français, c’est le sentiment d’impunité.» Selon François Asselineau, «il faut cesser le monarchisme et cesser le showbizz». Emmanuel Macron se dit toujours favorable à la «moralisation de la vie politique». Très attendu sur ce thème, François Fillon répond par une anaphore, en déclarant, solennel: «Qu’est-ce que c’est qu’un président exemplaire? Un président exemplaire dit la vérité aux Français sur la situation de France et la réalité du monde. Un président exemplaire, c’est un président qui met en oeuvre les engagements qu’il a pris devant le peuple, quelle que soit les dififcultés. Un président exemplaire, c’est un président qui respecte le premier ministre et qui respecte l’équilibre des pouvoirs prévu par la Constitution. Un président exemplaire, c’est un président qui ne se sert pas des moyens de l’Etat pour affaiblir ses adversaires. Un président exemplaire, c’est un président qui ne confie pas à des journalistes des secrets défense. Un président exemplaire, c’est un président qui au bout de son cinq ans peut dire qu’il a amélioré la vie des Français».

Les «petits» candidats ont tenté d’exister

Placés au hasard derrière les pupitres, mais à égalité avec les favoris de l’élection présidentielle, les «six» petits candidats ont eu une occasion rêvée de mieux faire connaître leur personnalité et leurs idées devant des millions de téléspectateurs français. Comme Nicolas Dupont-Aignan, pour qui les électeurs ont le «choix»: «Soit vous continuez avec ceux qui vous ont menti, soit vous reprenez le pouvoir avec moi pour une France forte, libre et belle». Le député centriste Jean Lassalle propose lui «un avenir basé sur l’espoir et le vivre-ensemble», Jacques Cheminade promet de se battre «contre cette dictature financière qui gère tout», la candidate de Lutte ouvrière Nathalie Arthaud «veut faire entendre le camp des travailleurs», son homologue trotskiste Philippe Poutou entend «exprimer la colère des gens normaux», tandis que François Asselineau assure se positionner au-delà du clivage gauche-droite et souhaite redonner à la France sa souveraineté. D’une manière générale, chacun des «petits» candidats a souvent haussé le ton pour interpeller ou corriger ses adversaires qui dominent dans les sondages. Parfois pour créer le «buzz», comme les représentants de l’extrême gauche Philippe Poutou ou Nathalie Arthaud qui ont attaqué directement François Fillon et Marine Le Pen, visés par des enquêtes judiciaires. De quoi faire bouger les lignes? Eléments de réponse dans les prochaines enquêtes d’opinion, alors qu’il ne reste que dix-neuf jours avant le premier tour de l’élection présidentielle.

Reportage inédit dans les coulisses du Bus Europe 1

Le bus Europe 1 de la présidentielle était à Pau ce jeudi. Après les visites des auditeurs le matin, le bus accueillait l’émission “Europe Soir” de Nicolas Poincaré. Visite, coulisses et instantanés inédits ici.

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Merci aux équipes d’Europe 1, en particulier Nicolas Poincaré et Laurent Delpech, pour leurs accueils.

Les jeunes et la politique n°1 – Luc Chatel

C’est une série inédite que vous propose C L’info, à l’occasion de l’élection présidentielle. Durant les semaines à venir, nous allons aller à la rencontre des candidats et de leurs porte-paroles pour connaître leurs points de vue concernant les jeunes et la politique (les projets, les intentions, les mobilisations…)

Pour notre première, c’est Luc Chatel, tout nouveau porte-parole du candidat des Républicains, qui a accepté de répondre à nos questions.

Jean-Jacques Urvoas parle indépendance de la Justice

Le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, était à Pau ce jeudi matin, pour visiter le tribunal administratif. Avant cela, le Garde des Sceaux s’est rendu à l’université de Pau, afin de dispensé un cours magistral aux étudiants en droit, concernant l’indépendance de la justice. Un thème d’actualité, après les déclarations récentes de François Fillon. L’occasion de faire le point avec le ministre, lors d’un échange avec la presse locale ce matin.

Jean-Jacques Urvoas en vidéo

C L’info en + : Une visite qui avait une saveur un peu politique, étant donné la présence du ministre de la Justice dans la ville de François Bayrou, absent au début de la journée. Mais une surprise est une surprise : le maire de Pau apparaît en cours de visite. Néanmoins, aucune discussion entre le maire, soutien d’Emmanuel Macron, et le ministre, soutien de Benoît Hamon.

François Bayrou, à côté de Jean-Jacques Urvoas – Photo Franck Paillanave pour C L’info

 

Campagnes présidentielles: ce qui agitait les débats en mars 2007 et 2012

Parrainages, immigration, alliances: à sept semaines du premier tour du scrutin présidentiel, les campagnes de mars 2007 et 2012 étaient bien différentes de celle de 2017, focalisée sur les déboires judiciaires du candidat Fillon et leurs conséquences. 

2007: parrainages, immigration et Bayrou qui inquiète

C’est officiel: il n’ira pas. Jacques Chirac, 74 ans, annonce solennellement le 11 mars qu’il ne briguera pas un 3e mandat. Trois jours auparavant le président de l’UMP Nicolas Sarkozy, déjà candidat mais encore ministre de l’Intérieur, a reçu le soutien de poids de Simone Veil, qui a lancé en même temps l’offensive contre le centriste François Bayrou, dont les bons sondages inquiètent.

Au PS, Mme Royal reproche aux dirigeants PS de n’avoir “pas fait suffisamment bloc autour (d’elle) au début de cette campagne”.

Alors que Jean-Marie Le Pen (FN) et Olivier Besancenot (NPA) peinent à réunir leurs 500 parrainages à dix jours de la date-butoir, Nicolas Sarkozy déclare le 6 mars qu’il “se battra” pour que ses adversaires puissent concourir à l’élection, invitant implicitement les maires à leur accorder ce sésame.

M. Sarkozy donne le ton de sa campagne en annonçant le 8 mars qu’il créera un “ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale” s’il est élu. Ses adversaires dénoncent un appel du pied à l’électorat FN.

Quinze jours plus tard, la proposition de Mme Royal aux Français d’avoir tous “chez eux le drapeau tricolore” pour l’exposer aux fenêtres chaque 14 juillet provoquera une controverse dans son propre camp.

2012: viande halal, IVG, et Hollande en tête

Alors que tous les sondages placent l’emploi, le pouvoir d’achat, la santé et l’éducation en tête des préoccupations des Français, la campagne est “escamotée” sur ces sujets par la lutte que l’UMP et le FN se livrent sur le terrain de l’immigration et de la sécurité.

Affiches de campagnes des candidats François Hollande (g) et Nicolas Sarkozy le 1er mai 2012 au Raincy

Donné par les sondages largement battu face à François Hollande, le président-candidat Nicolas Sarkozy fait de la viande halal un thème récurrent de sa campagne, allant jusqu’à affirmer le 5 mars qu’il s’agit du “premier sujet de préoccupation (et) de discussion des Français”.

Le 6 mars, M. Sarkozy affirme qu’il y a “trop d’étrangers” en France lors d’une émission très suivie et au cours de laquelle il s’excuse sur sa soirée controversée au Fouquet’s lors de sa victoire de 2007.

Le lendemain, François Hollande reproche à son rival d’avoir “exhibé sa vie privée” et de s’être montré “incohérent” sur l’immigration. Il oppose à la proposition sarkozyste de créer un “impôt sur les bénéfices minimum pour les grands groupes” du CAC 40, son projet d’instituer trois taux d’impôt sur les sociétés, progressifs en fonction de leurs tailles.

A la veille de la journée internationale des femmes, la candidate FN Marine Le Pen s’attire des critiques à droite comme à gauche, en prônant la fin du remboursement de l’avortement si la situation budgétaire l’exigeait.

Nathalie Arthaud (LO) est la première à déposer ses 500 parrainages, à l’opposé de Dominique de Villepin (République solidaire) et Corinne Lepage (Cap21) qui ne parviendront jamais à les réunir.

Le 8 mars, Nicolas Sarkozy affirme qu’en cas de défaite à la présidentielle il quittera la politique.

Exclu C L’info : Entretien avec François Bayrou de retour à Pau

Le président du MODEM est revenu dans sa ville. François Bayrou avait convoqué la presse locale ce lundi pour faire le point sur des travaux en ville. L’occasion également de faire le bilan de cette semaine importante qu’a vécu le maire de Pau, en décidant de ne pas se présenter et en s’alliant à Emmanuel Macron.

François Bayrou a accepté un court entretien à ce sujet, à C L’info et nos confrères de France 3 Pau Sud Aquitaine.

Le maire de Pau a également annoncé ce lundi matin qu’Emmanuel Macron “viendra sans doute à Pau” pour faire campagne. Mais les proches de François Bayrou nous ont quand même dit que François Bayrou ne fera pas campagne pour le candidat d’En Marche.

Rugy, ex-candidat écologiste à la primaire PS, choisit Macron

François de Rugy, ex-candidat écologiste à la primaire socialiste élargie, a annoncé mercredi son soutien à la candidature d’Emmanuel Macron à la présidentielle, plutôt qu’à celle de Benoît Hamon, vainqueur du scrutin.

“Je m’engage dans cette élection présidentielle au côté d’Emmanuel Macron”, a déclaré sur franceinfo le président du Parti écologiste, qui comme tous les candidats à la primaire s’était engagé à soutenir le vainqueur du scrutin, en l’occurrence Benoît Hamon. M. Macron, lui, n’était pas engagé dans cette consultation. “Je préfère la cohérence à l’obéissance”, a justifié le député de Loire-Atlantique, également vice-président de l’Assemblée, qui a toutefois reconnu que M. Hamon était “légitime pour être le candidat du Parti socialiste”, grâce à sa large victoire à la primaire, pour laquelle M. Rugy a réuni 3,82 % des voix. “Je ne vais pas mentir aux Français. Je ne me vois pas leur dire qu’après tout ce que j’ai dit dans la primaire, (…) ça y est je suis convaincu par le projet de Benoît Hamon alors que ce n’est pas vrai”, a t-il poursuivi, citant le revenu universel et le 49-3 citoyen comme deux points de profond désaccord.

Autre grief de M. Rugy contre le candidat socialiste, la main tendue au candidat écologiste Yannick Jadot et à celui de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon en laissant de côté Emmanuel Macron.”Benoît Hamon (…) a fait un choix politique. C’est de dire (…) +Je propose une majorité gouvernementale à Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot+. Ce n’est pas du tout le rassemblement tel que je le concevais”, a-t-il expliqué. “Face à la poussée de Marine Le Pen (…) il y a une recomposition politique sur des vrais clivages structurants (…) ouverture-fermeture, progrès-régression”, a-t-il assuré, fustigeant le “vieux clivage gauche-droite”. “Les idées que j’ai défendues dans la primaire, elles sont plus proches des idées défendues par Emmanuel Macron que des idées défendues par Benoît Hamon”, a-t-il ajouté.

Le 17 janvier, M. Rugy avait pourtant critiqué Emmanuel Macron qui “n’allait pas dans le sens de l’écologie mais (…) plutôt dans le sens de l’ancien monde”. “Il a été auditionné (…) par le WWF. Il a fait évoluer ses positions”, s’est-il défendu mercredi.

Pour ce qui est du programme économique, “j’ai défendu dans la primaire l’augmentation du salaire net et la baisse du coût du travail par le transfert des cotisations vers la CSG, c’est exactement la même proposition qu’a Emmanuel Macron”, a ajouté M. de Rugy.

Mélenchon et le chiffrage de son programme

Ce dimanche, en direct de sa chaîne youtube, Jean-Luc Mélenchon le candidat à la présidentielle de la France insoumise présentait le chiffrage de son programme.

Encore une fois le candidat de l’extrême gauche n’a pas fait comme les autres. Après l’hologramme lors de son meeting du 5 février dernier qui lui avait permis à la fois d’être présent du côté de Paris et du côté de Lyon, il a cette fois utilisé sa chaîne youtube sur laquelle il compte plus de 200 000 abonnés pour réaliser en direct le chiffrage officiel de son programme présidentiel.

Durant ce direct plusieurs thèmes ont été abordés : une séquence sur l’urgence sociale, une sur la relance écologique de l’activité économique, une autre sur le progrès humain et enfin une dernière sur la révolution fiscale. Puis aux alentours de 19 heures, nous avons eu droit à un débat avec différents journalistes venus de quatre médias : BFM Business, Challenges, l’Humanité et le Figaro. Et ainsi après presque 5h30 en live tous les éléments étaient disponibles pour connaitre en profondeur les volontés de Mélenchon pour redresser économiquement le pays.

Augmentation du SMIC de 15%

Aujourd’hui situé à 1 139,81 euros net, le SMIC pourrait donc, avec une telle augmentation (près de 170 euros), passer la barre des 1300 euros. Ainsi autour de cette hausse, il estime qu’un partage équilibré de la part des ménages entre l’épargne et une réinjection au sein de l’économie permettrait une relance de l’activité de cette dernière.

Baisser le taux de chômage

Voilà l’une des grandes mesures de Jean-Luc Mélenchon : abaisser le taux de chômage. Il espère passer de 10% aujourd’hui à 6% en 2022. Cette volonté irait de pair avec une autre promesse, celle d’une croissance de la richesse nationale supérieure à 2% par an dès l’année prochaine.

La jeunesse à tout prix

Une autre volonté forte du candidat de gauche est d’investir pour la jeunesse et surtout les 18-24 ans. En effet, il souhaite proposer un service citoyen de neuf mois, une allocation d’autonomie pendant trois ans ainsi que des contrats jeunes pouvant aller jusqu’à cinq ans. Soit, au total, plus de 21 milliards d’euros d’investissement pour cette tranche de la population.

La Sécurité

En matière de sécurité, thème très présent au sein des programmes des candidats à la présidentielle, son projet est clair puisqu’il désire créer 10 000 postes d’agents (police et de gendarmerie) supplémentaires. Cette mesure qui tourne autour de 355 millions d’euros est calquée autour de différents axes. Il y a d’abord un refus de l’état d’urgence permanent, puis une volonté de remplacer l’opération Sentinelle par un travail de la police et enfin de miser sur la police de proximité. Il propose également la légalisation du cannabis.

Une relance à 100 milliards 

Enfin un dernier gros point de son programme concerne le plan de relance sur les logements sur lequel il s’appuie pour faire la différence. Ainsi sur ce total Mélenchon souhaite en investir 45 dans «l’urgence sociale» soit les logements publics, les places de crèches, les places en maisons de retraite (EHPAD) et l’accessibilité des personnes en situation de handicap. Les recettes espérées sont de l’ordre de 55 milliards de ressources fiscales supplémentaires pour l’Etat au bout de 5 ans.

Ainsi si on ajoute ces dépenses aux 173 milliards d’euros de dépenses publiques diverses, dans des infrastructures ou en dépenses sociales, sous la forme de bourses pour les étudiants notamment, on arrive à un total élevé, mais modeste par rapport à ses concurrents, de 273 milliards d’euros d’investissements au cours du quinquennat.

De quoi convaincre suffisamment les électeurs de voter pour lui le 23 avril prochain ?

Bachar al Assad est “la seule solution viable”, dit Le Pen

Le président syrien Bachar al Assad est “la seule solution viable” pour empêcher l’Etat islamique de prendre le pouvoir en Syrie, a déclaré lundi Marine Le Pen après un entretien de plus d’une heure avec le Premier ministre libanais Saad Hariri à Beyrouth.

“J’ai clairement exprimé que, dans le cadre de la politique du moindre mal, qui est une politique réaliste, il m’apparaissait que Bachar al Assad était évidemment aujourd’hui une solution bien plus rassurante pour la France que l’Etat islamique si celui ci venait à prendre la tête de la Syrie comme il a pris en partie le pouvoir en Libye après la disparition de M. Kadhafi”, a-t-elle déclaré à la presse. “J’ai exprimé à M. le Premier ministre l’analyse qui était la mienne, que j’ai exprimée depuis le début de la crise syrienne, à savoir que, en l’état, il m’apparaissait n’y avoir aucune solution viable et plausible en dehors de ce choix binaire qui est Bachar al Assad d’un côté et l’Etat islamique de l’autre”, a-t-elle ajouté.

Marine Le Pen, qui est arrivée dimanche au Liban, a rencontré le président libanais, l’ancien général chrétien Michel Aoun, et le Premier ministre sunnite, Saad Hariri, une manière de soigner sa crédibilité internationale à deux mois du premier tour de la présidentielle française. La présidente du Front national, dont toute la stratégie consiste à “dédiaboliser” son parti pour apparaître comme une présidente en puissance, n’avait encore jamais rencontré publiquement de chef d’Etat en exercice.En estimant que Bachar al Assad est pour l’instant la seule solution viable, elle contredit la position officielle de la France, qui le juge responsable de crimes de guerre.

Saad Hariri a publié à l’issue de la rencontre un communiqué dans lequel il met en garde contre tout “amalgame entre islam et terrorisme”.Le Premier ministre libanais a dit à Marine Le Pen que “les musulmans sont les premières victimes du terrorisme se réclamant de la religion, alors qu’il n’en a aucune, et que les modérés qui constituent l’écrasante majorité des musulmans dans le monde sont la cible première du terrorisme prétendu musulman car en ils sont en fait le premier rempart contre l’extrémisme”. Il a ajouté que “les Libanais et les arabes, comme la majorité du monde, considèrent que la France est la patrie des droits de l’Homme et de l’Etat républicain qui ne fait aucune distinction ethnique, religieuse ou de classe entre ses citoyens”.

 

Constitution : la désinvolture du Parlement (Le Monde)

[Revue de presse] C l’info a sélectionné pour vous un article de qualité, l’éditorial de la rédaction du Monde.

Editorial. Des députés et sénateurs ont rétabli dans le code pénal, lundi 13 février, le délit de consultation « habituelle » des sites djihadistes, une disposition législative qui avait été censurée trois jours plus tôt par le Conseil constitutionnel.
Editorial du « Monde ». Pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, lundi 13 février, des parlementaires ont défié le Conseil constitutionnel en réintroduisant dans le code pénal une disposition, dans une version légèrement amendée, qui avait été censurée trois jours plus tôt par la plus haute juridiction, chargée de veiller au respect de la loi suprême, la Constitution.

Ce n’est pas tout à fait un hasard si cette initiative d’un groupe d’élus, sept sénateurs et sept députés, réunis au sein d’une commission mixte paritaire du Sénat et de l’Assemblée nationale, a trait à la sécurité publique et à la lutte contre le terrorisme : c’est un des principaux sujets de préoccupation des Français. En pleine campagne électorale, ce n’est pas anodin.

Message de bravade antiterroriste

La loi du 3 juin 2016 renforçant la lutte contre le crime organisé et le terrorisme avait créé – contre l’avis du gouvernement – le délit de « consultation habituelle » des sites djihadistes sur Internet. Dans une décision rendue vendredi, le Conseil constitutionnel l’a censuré, estimant qu’il contrevenait à « la libre communication des pensées et des opinions » et que son caractère « nécessaire, adapté et proportionné » n’était pas suffisamment établi pour justifier une telle restriction à la liberté de communication. Il a enfin rappelé que l’abondant arsenal législatif antiterroriste en vigueur permettait déjà aux autorités de surveiller la consultation de tels sites.

La précipitation législative est une maladie contemporaine, souvent mauvaise conseillère

Ce groupe d’élus, emmené par Philippe Bas, président (LR) de la commission des lois du Sénat, avec le soutien du rapporteur socialiste pour l’Assemblée nationale, Yves Goasdoué, n’a eu cure de ces réserves, pas plus que du respect de la procédure parlementaire dont il s’est affranchi. Adresser directement à leurs électeurs, par ce geste, un message de bravade antiterroriste compte visiblement plus à leurs yeux que de participer à l’édification du droit dans le respect des règles constitutionnelles, ce qui devrait être leur première responsabilité.

La précipitation législative est une maladie contemporaine, souvent mauvaise conseillère. Les parlementaires auraient gagné à prendre davantage de temps pour réécrire ce texte. Mais, emportés sans doute par le contexte électoral, et soutenus par une opinion publique favorable à tout ce qui ressemble à un durcissement de la législation antiterroriste, ils sont passés en force, au risque de violer la procédure parlementaire et la Constitution.

Fâcheuse impression

La règle parlementaire dite de « l’entonnoir » interdit en effet de présenter un amendement après la première lecture dans chacune des assemblées, sur un sujet qui n’a pas été discuté dans le projet ou la proposition de loi. L’article 45 de la Constitution spécifie même qu’une commission mixte paritaire ne peut aborder que les dispositions encore en discussion. Or ce « délit de consultation » de sites djihadistes avait été voté dans la loi du 3 juin et nullement débattu dans le projet de loi « sécurité publique ».

Rarement le temps politique aura amené des responsables législatifs de premier plan à afficher ainsi, et aussi rapidement, leur mépris d’une décision du Conseil constitutionnel. Cela donne la fâcheuse impression que la Constitution, au lieu de protéger nos libertés et de garantir nos droits, serait une entrave. Alimenter ce climat en surfant sur les peurs des électeurs est dangereux, voire irresponsable, dans une période où l’Etat de droit doit être, au contraire, protégé et renforcé.

Crédit photo : Philippe Lopez – AFP (via lemonde.fr)

Clap de fin à l’Assemblée nationale

En posant cet après-midi sa dernière question à destination du gouvernement, le député du Nord Alain Bocquet, a décidé de quitte l’Assemblée nationale. Il rejoint ainsi la liste des députés qui ont annoncé leur volonté de ne pas briguer un nouveau mandat en juin prochain.

Alain Bocquet, 39 ans de législation

39 ans. C’est la durée qu’aura passé Alain Bocquet sur les bancs de l’Assemblée nationale. Né en 1946, il avait élu pour la première fois en 1978, commençant ainsi aux côtés de Jacques Chaban-Delmas et avait su se faire réélire à chaque élection depuis cette date. Parallèlement et ce, depuis 1995, il cumule cette fonction avec celle de maire de Saint-Arnand-les-Eaux. A 70 ans, il quitte donc l’hémicycle… mais ne lâche pas pour autant son engagement, “un combat de toujours pour l’émancipation et la dignité humaine”, selon ses propres mots.

La situation actuelle de l’Assemblée Nationale

Malgré son record de longévité avec ses 9 mandats consécutifs, Alain Boquet n’est pas le plus âgé des députés siégeant actuellement dans l’hémicycle présidé par Claude Bartolone. En effet s’il fait partie des 93 députés âgés de plus de 70, il ne fait pas partie des doyens de l’Assemblée. Il s’agit de Alfred Marie-Jeanne, élu de la 1ère circonscription de la Martinique – en fonction depuis 1997 – et de François Scellier, élu du Val d’Oise depuis 2002, tous deux âgés de 80 ans.

Les “jeunes” et l’Assemblée

Une situation qui semble témoigner d’une politique (législative) française réservée aux franges les plus âgées de la société, pouvant expliquer les difficultés pour s’adresser aux jeunes et davantage les impliquer dans la vie publique.  En effet, actuellement seule une personne de la chambre basse est âgées de moins de 30 ans, en la personne de Marion Maréchal le Pen et seulement 20 à avoir moins de 40 ans.

Parmi eux, Laurent Grandguillaume. Âge de moins 40 ans et représentant ainsi la jeunesse de l’hémicycle, il a pourtant décidé de laisser sa place à la fin de son premier mandat comme il l’expliquait à Franceinfo en septembre dernier.

Quid du renouvellement ?

Actuellement la majorité présidentielle est également majoritaire au niveau de l’Assemblée nationale. En effet, parmi les députés élus en 2012, 51,5% soit 297 étaient membres ou apparentés du groupe SRC, Socialiste, républicain et citoyen. Ils sont aujourd’hui 288 mais restent bien plus nombreux que la principale opposition. Celle-ci est formée par les députés les Républicains élus sous l’étiquette de l’Union pour un mouvement populaire et rassemblant à ce jour pas moins de 199 députés.

Franceinfo a mené l’enquête en janvier dernier pour savoir les députés actuellement en poste qui envisagent de représenter à nouveau les français à l’Assemblée pour les cinq prochaines années.  Ils étaient 486 députés sortants [à avoir] déjà fait leur choix. Parmi aux pas moins de 368 soit 64% veulent continuer quand 118 s’arrêtent.

Les prochaines élections de la chambre basse auront lieu les 11 et 18 juin prochains. 577 députés élus au scrutin uninominal majoritaire à deux tours par les citoyens français formeront ainsi la XVe législature.

Sources :

© Gregoire Quelain (@GregQuelain) – C l’Info
Directeur de Publication : Martin Arnal.

Macron veut réconcilier la France et l’Algérie par l’économie et la culture

Emmanuel Macron veut proposer à l’Algérie un approfondissement de ses relations avec la France, en s’inspirant d’initiatives franco-allemandes qui ont consolidé la paix entre les deux pays comme la création d’une chaîne télévisée sur le modèle d’Arte. Le candidat d’En marche !, actuel favori de la présidentielle selon les sondages, veut renforcer les liens dans l’éducation, avec au moins un second lycée français et plus d’échanges universitaires, citant la médecine et le journalisme.

“Je proposerai au gouvernement algérien la création d’un Office franco-algérien de la Jeunesse, à l’instar de ce qui existe entre l’Allemagne et la France, pour favoriser la mobilité entre les deux rives de la Méditerranée”, écrit-il dans une tribune publiée sur le site d’information algérien Tout sur l’Algérie, à l’occasion de sa visite dans le pays. L’ancien ministre de l’Economie souhaite des projets industriels conjoints, des initiatives pour l’innovation et insiste sur le secteur du développement durable, en soulignant que “des milliers d’emplois sont en jeu et notamment ici, en Algérie”. “Dans le solaire par exemple, l’Algérie a le plus grand potentiel au monde !”, ajoute-t-il. “Ma proposition concrète sera de créer une communauté économique franco-algérienne dans le secteur des renouvelables”, estimant possibles 4 milliards d’euros d’investissements.

Dans la culture, où il souhaite de multiples coopérations, il prend à nouveau exemple sur une initiatives franco-allemande. “Je soutiens en particulier un grand projet inspiré des liens anciens entre nos artistes et nos techniciens audiovisuels et de l’exemple européen”, écrit-il. “Nous pourrions poser les fondations d’une plateforme de diffusion franco-algérienne, pour la télévision et en ligne, en partenariat avec les chaînes existantes, à l’image de la chaîne Arte.” 

Paris et Alger peinent à surmonter la guerre qui a mené à l’indépendance de l’Algérie en 1962, une difficulté qu’il faut selon Emmanuel Macron dépasser en mettant de côté les “querelles fratricides” et les “polémiques nationales”.