Michel Field : chronique d’un échec

Cinq jours après l’annonce de l’éviction de David Pujadas du journal de 20 heures, Michel Field a décidé de quitter la direction de l’information de France Télévisions ce lundi 22 mai. Une démission, résultat de l’incapacité de Michel Field à tisser un lien suffisamment fort entre lui et sa rédaction, qui n’a surpris personne en interne. Nommé en décembre 2015, l’ancien journaliste d’Europe 1 avait enchaîné les erreurs et suscité de nombreuses tensions au sein du service de l’information de France Télévisions, tensions qui ont atteint leur paroxysme la semaine dernière. Retour sur les 17 mois d’un mandat tendu.

Nommé directeur de l’information par Delphine Ernotte en décembre 2015, il faut moins de 4 mois à Michel Field pour créer la polémique et se mettre en dos l’ensemble de ses équipes. Le 10 avril 2016, l’ancien chroniqueur de Ciel mon mardi ! est ainsi l’invité du Supplément de Canal +. Le directeur de l’information est amené à y évoquer les tensions internes au sujet de la fusion entre les rédactions de France 2 et France 3. Michel Field, prostré, d’un ton sec et glacial répond que les revendications de ses équipes rédactionnelles lui « en touchent une sans faire bouger l’autre ». Paraphrasant Jacques Chirac, le directeur de l’information fait ici la preuve d’un mépris et d’une condescendance effroyable, à un moment où il faut calmer et apaiser les inquiétudes de l’ensemble du service de l’information de France Télévisions. Toujours dans le Supplément, Michel Field répond à la question de l’avenir de Nicolas Poincaré dont la place à la tête de Complément d’Enquête est menacée selon certaines rumeurs persistantes. L’ancien animateur d’Europe 1 s’adresse alors à son journaliste : « Nicolas, si tu nous écoutes, ne te suicide pas tout de suite ». Une réponse terrible qui vient déjà sceller la rupture entre Michel Field et ses équipes. La polémique engendrée par cette interview vient ici témoigner du problème crucial du mandat de Michel Field, sa communication catastrophique. Sa rédaction lui reprochera en effet pendant 17 mois son incapacité à dialoguer avec elle. Le problème du directeur de l’information, c’est qu’il a toujours annoncé ses décisions ou affiché ses avis dans les médias avant d’en parler avec ses rédactions. En 17 mois, Michel Field n’arrivera jamais à tisser un lien solide avec ses équipes, lien pourtant primordial pour gérer une rédaction aussi dense et morcelé. La tâche de Directeur de l’information était déjà âpre, mais Michel Field se l’est rendue encore plus difficile voire impossible en enchaînant les maladresses dans les médias comme ce 10 avril 2016.

Outre cette communication déroutante et rapidement jugée désobligeante par les rédactions de France Télévisions, Michel Field rendra sa situation encore plus précaire par la manière dont il traitera ses équipes en interne. Ainsi, toujours en avril 2016, le directeur de l’information est visé par une motion de défiance par sa rédaction. Cette dernière se lève en effet contre Michel Field, jugeant déplacé son comportement à l’égard de Guilaine Chenu et Françoise Joly, présentatrices d’Envoyé Spécial depuis 2001 renvoyées par l’ancien journaliste d’Europe 1. Les journalistes du service de France Télévisions ont alors stigmatisé «le mépris, la désinvolture et parfois la grossièreté affichés par le directeur de l’information». S’attirant les foudres de sa rédaction par sa communication maladroite et déplacée, Michel Field s’est définitivement coupé de ses équipes par certaines de ses réflexions en interne. Ainsi, le directeur de l’information aurait enchaîné les réflexions sexistes, notamment à l’égard de Nathalie Saint-Cricq et Léa Salamé. Michel Field aurait en effet fait le choix d’éloigner Nathalie Saint-Cricq de la présentation de Dialogues Citoyens, interview spéciale de François Hollande, afin de favoriser la journaliste de France Inter jugée plus « virevoltante et sexy ». Toujours en marge de la préparation de cette émission spéciale, le directeur de l’information aurait été jugé trop complaisant avec les équipes de communication de François Hollande. Quelques mois plus tard, c’est son opposition à Elise Lucet qui va cristalliser les tensions en interne. Le 29 septembre 2016, Envoyé Spécial diffuse un sujet sur l’affaire Bygmalion. En interne, le sujet a engendré de nombreux débats entre Elise Lucet et son directeur de l’information qui souhaitait ne pas diffuser le reportage. L’ancienne présentatrice du 13 heures de France 2 expliquera alors quelques mois plus tard au Parisien qu’« à certains moments, on n’a pas écouté l’équipe d’Envoyé Spécial et notamment son rédacteur en chef Jean-Pierre Canet.” avant d’ajouter que “le calendrier politique a pris plus d’importance.”. En moins d’un an, Michel Field s’est ainsi mis à dos l’ensemble de ses équipes de rédaction, rendant impossible toute forme de communication interne.

Au-delà de ces tensions, c’est le comportement général de Michel Field qui aura également provoqué de nombreux étonnements au sein de l’information de France Télévisions. Trop absent, trop hautain, trop désinvolte, Michel Field aurait fait preuve d’un énorme mépris envers ses équipes tout au long de son mandat. Ainsi, le directeur de l’information n’aurait que très rarement assisté aux conférences de rédaction quotidiennes et n’aurait été que peu présent au sein de sa rédaction. Michel Field n’aurait d’autre part jamais assisté au journal de 20 heures dont il critiquait pourtant régulièrement le contenu. Comment légitimer sa position et ses avis en étant aussi peu présent ? Comment se rendre populaire auprès d’équipes pour lesquelles il n’aura affiché que du mépris ? C’est ici le fond du problème, la principale raison de l’échec de Michel Field. L’incapacité à fédérer autour de lui l’immense rédaction et les nombreuses équipes du service d’information de France Télévisions. Un directeur de l’information se doit d’être au contact de ses équipes. Agir, décider, trancher, nécessite de sentir le sentiment général des hommes qui composent un service. Or, trop absent en interne, Michel Field a pratiquement toujours pris des décisions qui allaient à contresens des sentiments et revendications de ses équipes. L’éviction de David Pujadas en est le dernier exemple. La décision a été prise sans tenir compte de l’avis d’une rédaction qui appréciait son journaliste star. Comme si le cas de David Pujadas incarnait tous les maux du mandat de Michel Field, le jour-même, la tribune du directeur de l’information dans Libération vint définitivement mettre le feu au poudre. Pour calmer les tensions, Michel Field n’eût alors d’autre choix que de démissionner.

Par sa communication catastrophique et son comportement global en interne, Michel Field a rendu sa tâche à la tête du service de l’information de France Télévisions impossible. Désinvolte, méprisant et absent en interne, Michel Field s’est coupé dès le mois d’avril 2016 de ses équipes de rédaction. Une situation qu’il n’aura jamais réussi à rétablir, peut-être même n’en ayant pas vraiment la volonté. En 17 mois, Michel Field n’a jamais pris la mesure des enjeux de sa position et des obligations que cette position engendrait. Peut-être n’était-il pas conscient de la nécessité de fédérer ses équipes autour de lui par sa présence physique au sein de la rédaction et de l’importance d’agir en fonction des opinions générales de ses équipes. Nul doute que Delphine Ernotte aura pour objectif principal de choisir un directeur de l’information capable d’apaiser les tensions d’un service qui affiche des beaux résultats d’audience à l’antenne mais qui fonctionne sur la base de clans rédactionnels qui s’affrontent violemment en interne. Appréciée par les rédactions et légitime de par son ancienneté au sein de France Télévisions, Elise Lucet pourrait être la candidate idéale pour le poste…

Eric Debray : “La cyber-sécurité, c’est aujourd’hui un élément capital à prendre en compte pour que la société évolue”

200 000 entreprises, 150 pays touchés et un préjudice financier à la hauteur d’une cyberattaque planétaire. L’arme du crime : un logiciel malveillant.  Quant au responsable, les hypothèses les plus folles circulent encore. Explications avec Éric Debray, fondateur de la société Mageli, qui conseille les entreprises sur leur stratégie digitale.

Que sont ces virus “ransomwares” ?

Les ransomwares, on en parle depuis un peu plus d’un an. Le principe, c’est d’installer de manière insinueuse un virus sur les ordinateurs d’entreprises et de particuliers. Et ce virus bloque l’ordinateur, c’est à dire que l’on a plus accès à ses données. Pour retrouver l’accès à ses données dans l’état initial, il faut verser une rançon, d’où cette appellation de ransomwares, un logiciel de rançon, puisque c’est vraiment la rançon, comme une prise d’otage qui permet de retrouver ses données. Cette mauvaise mode est médiatisée depuis plus d’un an. On l’a vu sur les particuliers, qui avaient un écran leur indiquant une absence de données. Récemment, les incidents de Wanna Cry ont mis en évidence, sur une échelle mondiale, ce type de risque. La question du paiement de la rançon, sachant que des entreprises peuvent etre paralysées totalement est importante … C’est un peu le mal du siècle, car cela met en évidence non seulement le fait qu’il faut payer des rançons, mais surtout, au-delà du fait de payer, que l’on peut paralyser des entreprises, un pays, ou des institutions mondiales. C’est vraiment, au-delà de l’aspect médiatique quelque chose qui est à prendre très très au sérieux.

Renault a mis à l’arrêt son usine de Douai dans le nord pendant plusieurs jours, et les hôpitaux britanniques ont aussi été touchées, que s’est il passé ?

Les risques sont énormes pour les entreprises. C’est une menace plus ce que l’on pousse les gens à payer une rançon peu élevée (environ 300$ ndlr). Ces pirates misent sur le nombre.  On l’a vu, le chantage permet de paralyser des services publics, les optimaux, et des services privés, une entreprise. On peut même créer des crises politiques rien avec ce virus, au niveau d’un pays, d’une région. Par ailleurs, on peut imaginer une série d’attentats, conjurés avec un piratage informatique. Tout cela est excessivement grave.

On peut imaginer une série d’attentats, conjurés avec un piratage informatique

Notre monde change : les entreprises, les institutions, les administrations, deviennent numérique ; la sensibilité des attaques à encore dupliqué. Un nouveau type d’attaque s’est développé :une attaque que l’on appelle DOS, c’est à dire qu’il y a eu des tentatives de piratage d’objets connectés de type caméras de surveillance. Ces objets ont créé du trafic supplémentaire, qui s’est propagé jusqu’aux serveurs de certaines entreprises. Tout cela montre, de manière évidente, que plus on se numérise, plus il est important de se protéger. Les pirates sont extrêmement ignorants dans le domaine. Malgré tout, un pirate, ce n’est plus seulement un geek qui s’amuse à pirater une entreprise, cela peut carrément être des nouvelles formes d’organises mafieuses, voire des Etats.

Ce sont des menaces extrêmement sérieuses. Ce n’est pas uniquement un chantage à la rançon, anecdotique mais déjà grave, mais c’est quasiment la possibilité d’agresser un pays, on l’a vu aussi avec tous les soupçons qui ont pesé sur l’élection américaine, sur les élections françaises. La démocratie peut aussi être remise ne cause lorsque l’on commence à pirater les systèmes informatiques au moment des élections. Les menaces sont multiples : financières, politiques, terroristes … Aujourd’hui, d’ailleurs on le voit avec le nouveau gouvernement, tout cela est pris au sérieux et cela rentre dans les axes que le gouvernement doit prendre en compte.

Quel type d’organisation peut être à l’origine d’une attaque d’une telle ampleur, y-aura-t-il moyen de remonter la piste pour identifier les auteurs de ces attaques ?

Ca n’est pas aussi facile que dans les séries américaines. Les attaques sont en général lancées de pays où il n’y a pas forcément d’accord, et où la démocratie n’existe pas. Il est difficile de savoir qui est réellement responsable : un individu, un organisme, un Etat. C’est un peu comme si on avait une guerre, mais qu’on ne sait pas qui est l’attaquant. Donc pour se défendre ou être attaqué c’est un peu compliqué.

Les technologies progressent, mais on est en train de faire évoluer les outils de protection. A l’époque de la pure informatique, on avait des ordinateurs qu’on arrivait à bien protéger, ave des attaques assez simple. Aujourd’hui, toutes les entreprises ont des objets connectés, les employés amènent leur propre ordinateur portable et leurs smartphones sont des relais d’informations. Il y a pleins de brèches possibles qui obligent à repenser différemment la protection informatique. De plus, les menaces se multiplient. On voit arriver des machines learning, ou des machines apprennent par elles-mêmes à détecter des failles, sans avoir à attendre le correctif du logiciel. Beaucoup d’évolutions dans l’analyse comportementale sont ainsi faites. Ensuite, il y a aussi des approches qui consistent à essayer de limiter la propagation d’une attaque et de détecter les risques et les dégâts qui vont être causés.

Les attaques sont en général lancées de pays où il n’y a pas forcément d’accord, et où la démocratie n’existe pas

D’après Brad Smith, le président de Microsoft, les gouvernements des pays détectent des failles de sécurité dans les systèmes d’exploitation pour leurs propres objectifs. Des données qui sont ensuite volées et utilisées par des hackers. Une référence toute faite à la NSA, peut-on s’attendre à un changement de politique ou de fonctionnement de la NSA suite à cet événement ?

La NSA va loin … Ils avaient essayé d’espionner les portables de nos présidents européens. Actuellement, nous tentons de mettre des barrières contre tout ça. Le problème, c’est que la NSA est extrêmement puissante, et dispose de moyens phénoménaux. Ce que fait la NSA, c’est écouter tout ce qui se passe partout dans le monde. Car en plus d’avoir des ingénieurs extrêmement compétents, la NSA à c’est d’énormes moyens financiers. La NSA cherche à surveiller, écouter, dans un contexte de légalité très complexe : jusqu’où peut on rester dans la légalité ? Après va-t-on les contraindre, c’est compliqué, du fait de leur puissance financière.

Il faut trouver des moyens de se protéger : effectivement il y a des Etats amis qui se surveillent, ce qui est très fréquent dans de pays, et puis il y a des Etats qui sont des ennemis, et qui, eux, en plus d’écouter, veulent aussi pirater et attaquer. Ce sont deux choses distinctes. La NSA peut nous surveiller pour savoir un peu ce qui se passe chez nous, action assez basique, mais qui, dans des cas extremes, peut mener à la paralysie d’un pays, suite à une attaque.

Peut on apporter une réponse mondiale à cette attaque ? Une diplomatie de l’Internet doit elle émerger ?

Il a des volontés. En tout cas, au niveau européen, il y a des volontés de travailler plus ensemble, justement parce que on s’aperçoit qu’avec internet il n’y a pas de frontières, et donc la propagation se fait à un niveau important. Déjà au niveau européen je pense qu’il y a des avancées qui vont se faire. C’est aussi le role des constructeurs, qui ont des failles dans leur système qui doivent être identifiées et corrigées rapidement. Il y a un aspect légal à définir, donc, mais il y a aussi des avancées, pas seulement sur la sécurité, mais aussi sur fameuse GDPR, la réglementation européenne sur la protection des données personnelles. Là ca n’est pas un problème de sécurité, mais un problème légal de la manière dont les données doivent être gérées.

En ce qui concerne le volet sécuritaire, il faut accepter de partager un certain nombre d’informations, et sa technologie aussi. Le FBI à eu beaucoup de mal à avoir accès au code du téléphone Apple après la fusillade produite par un terroriste l’été dernier. A cela s’ajoute aussi les messageries cryptées qui sont utilisées par les terroristes. Au final, c’est toute la difficulté entre le respect de la vie privée, de la liberté, et la volonté de pouvoir avoir de l’information pour se défendre et faire marcher la démocratie. C’est assez subtile … La protection de la technologie, c’est aussi un marché. Les cyber attaques sont un énorme marché, qui existe maintenant, et les entreprises se mettent là dessus, et vendent leurs technologies pour se protéger.

En tant que particuliers, doit-on craindre ces attaques. Par exemple, demain je serais dans une voiture autonome, est-ce que je peu avoir peur que ma voiture autonome soit contrôlée par un individu à 300 kilomètres de ma voiture, qui, sur son ordinateur prend le contrôle de l’ensemble des fonctions de mon véhicule.

Il y a eu des exemples réalisés, où des pirates avaient réussi à contrôler une voiture, mais ce sont des contestations particulières. Maintenant c’est vrai que les constructeurs doivent prendre un certain nombre de mesures pour garantir cela. Pour qu’une voiture automne puisse être considérée comme fiable, il est clair qu’ils doivent prendre des dispositions pour assurer la sécurité. Aujourd’hui, on parle de voiture connectés et plus globalement d’objets connectés. On est dans une industrie numérique. La cyber-sécurité, c’est aujourd’hui un élément capital à prendre en compte pour que la société évolue. Il est impossible de revenir en arrière. Alors, il faut prévenir, limiter les dégâts, compartimenter les actions.

La cyber-sécurité, c’est aujourd’hui un élément capital à prendre en compte pour que la société évolue

C’est un environnement, mais c’est un environnement envers lequel j’ai confiance : il y aura toujours des piratages. Il faut simplement limiter le risque au minimum. Les constructeurs vont faire cela, de manière à ce que effectivement, si jamais il y a avait un piratage, on en limite la portée.

Aujourd’hui, tout est connecté. Le particulier doit aussi apprendre à se protéger : les mot de passe, les e-mails indésirables … Il y aura aussi un peu d’éducation à faire, et il va falloir que l’on durcisse davantage les systèmes embarqués ou autonomes, et puis sans doute, pour, nous générations à venir, c’est aussi l’éducation dans le comportement numérique.

Tapie aura du mal à rembourser les 400 millions d’euros à l’Etat

Comment compte-t-il payer ? Condamné définitivement à rendre à l’Etat plus de 400 millions reçus pour mettre un terme à son bras de fer avec le Crédit lyonnais sur la revente d’Adidas, Bernard Tapie suggère un plan de remboursement qualifié d'”abracadabrantesque” par ses créanciers.

“Je crains que nous ne soyons pas près de voir la couleur de l’argent dans un avenir proche”, ironisait-on vendredi dans l’entourage du CDR, le consortium de réalisation chargé de gérer le passif de l’ancienne banque publique. La cour d’appel de Paris a condamné le 3 décembre 2015 Bernard Tapie, 74 ans, à restituer les 404 millions d’euros obtenus en 2008, estimant que l’arbitrage privé qui les lui avait accordés, également au cœur d’une enquête pénale pour escroquerie en bande organisée, était entaché de “fraude”. La Cour de cassation a confirmé jeudi que l’intégralité des sommes devaient être rendues. Le CDR, dont l’unique actionnaire est l’Etat, a promis de “poursuivre activement toutes les actions nécessaires au recouvrement”. Les sommes en jeu sont considérables: aux 404 millions s’ajoutaient environ 40 millions d’intérêts au 30 novembre 2015, d’après le CDR. Mais va-t-il régler la note?

A ce stade, il ne compte rien lâcher: “Plusieurs procédures pour contester les créances sont en cours. Parallèlement, l’arbitrage m’a obligé à abandonner toutes les actions engagées contre le Lyonnais. Maintenant qu’il est annulé, je ne suis plus tenu et certaines vont reprendre”, a-t-il déclaré à l’AFP. Dès le 2 décembre 2015, l’ancien patron de l’OM et actuel propriétaire du journal La Provence avait placé ses sociétés Groupe Bernard Tapie (GBT) et Financière Bernard Tapie (FIBT) en procédure de sauvegarde, rendant leurs actifs inaccessibles. Le 12 mai, il a soumis au tribunal de commerce de Paris un plan suggérant comment il pourrait rembourser ses dettes. Le tribunal tranchera le 6 juin: soit il décide de prolonger la procédure de sauvegarde et alors les actifs de GBT et de FIBT resteront insaisissables, soit il y met un terme et le CDR pourra alors se tourner vers les liquidateurs de l’homme d’affaires, en liquidation judiciaire à titre personnel depuis 1994. Ces derniers pourraient alors décider de vendre les actifs disponibles pour rembourser l’Etat.

Ruiné de chez ruiné

“Le plan proposé par Bernard Tapie a été refusé par les créanciers car il est totalement irréaliste: il surévalue ses actifs et minimise son passif”, estime l’avocat historique du CDR, Jean-Pierre Martel.

L’homme d’affaires, qui se disait “ruiné de chez ruiné” après l’arrêt de décembre 2015, a fait depuis volte-face. Désormais, il estime disposer de 454,8 millions d’actifs, une somme suffisante pour éponger les dettes de l’arbitrage, selon les calculs de ce plan, révélé par Mediapart et dont l’AFP a eu connaissance.

Problème: il s’appuie notamment sur des biens dont il ne dispose plus car ils ont été saisis notamment par les juges chargés de l’enquête pénale, comme une somptueuse propriété à Saint-Tropez (48 millions d’euros).

Son célèbre hôtel particulier en plein coeur du VIIe arrondissement de Paris avait aussi été mis sous séquestre, mais la justice a levé cette mesure, Bernard Tapie assurant qu’il avait besoin de disposer de ce bien comme garantie pour renflouer La Provence, rachetée en 2013. Au total, environ 90 millions d’euros sont aujourd’hui entre les mains de la justice pénale.

De grandes zones d’ombre planent sur le patrimoine de l’homme d’affaires, soupçonné d’avoir voulu organiser son insolvabilité. Une expertise a récemment été commanditée par le tribunal de commerce pour faire un état des lieux, mais elle n’a pas pu aboutir, les experts ne disposant pas d’informations suffisantes.

D’après ce plan, Bernard Tapie ne compte de toutes façons pas éponger ses dettes en vendant des actifs, mais mise notamment sur les résultats que pourrait dégager La Provence, tablant sur le fait qu’elle versera à terme “20 millions d’euros de dividendes” à ses actionnaires.

“C’est une erreur de rédaction. Il est évident que jamais La Provence ne pourra être en mesure, par les revenus qu’elle dégage, de participer au remboursement”, explique aujourd’hui l’ex-ministre, qui suggère un échelonnement des remboursements de la dette de son groupe sur six annualités.

“Je crains que nous ne soyons pas près de voir la couleur de l’argent dans un avenir proche”, ironisait-on vendredi dans l’entourage du CDR, le consortium de réalisation chargé de gérer le passif de l’ancienne banque publique.

La cour d’appel de Paris a condamné le 3 décembre 2015 Bernard Tapie, 74 ans, à restituer les 404 millions d’euros obtenus en 2008, estimant que l’arbitrage privé qui les lui avait accordés, également au cœur d’une enquête pénale pour escroquerie en bande organisée, était entaché de “fraude”. La Cour de cassation a confirmé jeudi que l’intégralité des sommes devaient être rendues.

Le CDR, dont l’unique actionnaire est l’Etat, a promis de “poursuivre activement toutes les actions nécessaires au recouvrement”.

Les sommes en jeu sont considérables: aux 404 millions s’ajoutaient environ 40 millions d’intérêts au 30 novembre 2015, d’après le CDR. Mais va-t-il régler la note?

A ce stade, il ne compte rien lâcher: “Plusieurs procédures pour contester les créances sont en cours. Parallèlement, l’arbitrage m’a obligé à abandonner toutes les actions engagées contre le Lyonnais. Maintenant qu’il est annulé, je ne suis plus tenu et certaines vont reprendre”, a-t-il déclaré à l’AFP.

Dès le 2 décembre 2015, l’ancien patron de l’OM et actuel propriétaire du journal La Provence avait placé ses sociétés Groupe Bernard Tapie (GBT) et Financière Bernard Tapie (FIBT) en procédure de sauvegarde, rendant leurs actifs inaccessibles.

Le 12 mai, il a soumis au tribunal de commerce de Paris un plan suggérant comment il pourrait rembourser ses dettes.

Le tribunal tranchera le 6 juin: soit il décide de prolonger la procédure de sauvegarde et alors les actifs de GBT et de FIBT resteront insaisissables, soit il y met un terme et le CDR pourra alors se tourner vers les liquidateurs de l’homme d’affaires, en liquidation judiciaire à titre personnel depuis 1994. Ces derniers pourraient alors décider de vendre les actifs disponibles pour rembourser l’Etat.

 

Cyberattaque mondiale: la riposte s’organise

Le spectre du “cyberchaos” redouté après la cyberattaque mondiale semblait s’éloigner lundi à mesure que s’organisait la riposte dans les quelque 150 pays touchés par cette offensive sans précédent dont les effets perduraient, malgré tout, d’un bout à l’autre de la planète.

“Le nombre de victimes semble ne pas avoir augmenté et la situation semble stable en Europe”, a déclaré à l’AFP le porte-parole d’Europol, Jan Op Gen Oorth, saluant la mise en place de nombreux correctifs de sécurité au cours du week-end.

“Il est encore un peu tôt pour dire qui est derrière tout ça mais nous travaillons sur un outil de décryptage” des fichiers affectés par le virus, a-t-il ajouté.

Cette attaque informatique, non revendiquée et dont l’ampleur a été détectée vendredi, a été lancée via un logiciel malveillant surnommé “WannaCry”, qui exploite une faille dans les systèmes d’exploitation Windows du géant américain Microsoft, touchant aussi bien des entreprises que des administrations.

En France, l’usine Renault de Douai (Nord), l’une des plus importantes du constructeur automobile dans le pays, était “préventivement” à l’arrêt lundi matin, a indiqué un porte-parole.

L’attaque informatique a également fait d’autres victimes dans le pays, a déclaré le patron de l’Agence française de la sécurité des systèmes d’informations (Anssi), Guillaume Poupart, tout en indiquant ne “pas vraiment” redouter un “cyberchaos”.

“Dans les pays qui ont recommencé à travailler, il n’y a pas de déclenchement catastrophique”, a-t-il expliqué sur la radio France Inter.

Toutefois, a-t-il mis en garde, “il faut s’attendre à avoir dans les jours, les semaines à venir, des répliques régulières”.

Poutine intervient

La cyberattaque touchait également les pays asiatiques, premiers à se réveiller lundi, et premiers à constater les conséquences de l’infection.

Au Japon, le réseau informatique du conglomérat Hitachi était “instable”, a déclaré un porte-parole. En Chine, des “centaines de milliers” d’ordinateurs et près de 30.000 institutions ont été touchés, selon Qihoo 360, fournisseur de logiciels antivirus.

Le site du service public de santé britannique (NHS), victime de la cyberattaque, le 12 mai 2017 à Londres

L’organisme national chargé de la cybersécurité, citée lundi par la presse d’Etat, a indiqué que l’attaque continuait de se propager dans le pays mais à un rythme extrêmement ralenti.

En attendant d’éventuelles nouvelles victimes, le bilan de cette cyberattaque mondiale est déjà imposant, de la Russie à l’Espagne, en passant par le Mexique et le Vietnam.

“Le dernier décompte fait état de plus de 200.000 victimes, essentiellement des entreprises, dans au moins 150 pays”, a déclaré dimanche le directeur d’Europol, Rob Wainwright, sur la chaîne ITV.

Le service public de santé britannique NHS semble avoir été l’une des premières et principales victimes avec des centaines de structures touchées, dont plusieurs contraintes d’annuler ou de reporter des interventions médicales.


Au cours du week-end, des équipes ont travaillé d’arrache-pied pour mettre à jour les ordinateurs de l’organisation, a indiqué lundi le secrétaire d’Etat à la Sécurité Ben Wallace sur la BBC, mais des perturbations étaient toujours constatées dans la journée.

L’attaque a également affecté le système bancaire russe, le groupe américain de logistique FedEx, la compagnie de télécoms espagnole Telefonica ou encore des universités en Grèce et en Italie, et provoquait son lot de remous politiques.

Alors que les hackers russes sont régulièrement pointés du doigt, le président russe Vladimir Poutine a assuré que son pays n’avait “absolument rien à voir” avec “WannaCry”.

“On cherche toujours les coupables là où il n’y en a pas”, a-t-il dit, en rappelant que même selon Microsoft “les services spéciaux américains étaient la première source de ce virus”.

L’affaire agitait aussi la classe politique britannique, en pleine campagne électorale pour les législatives du 8 juin, l’opposition travailliste accusant le gouvernement conservateur de Theresa May de négligence.

L’exécutif s’est défendu en mettant en avant le montant de son budget annuel consacré au secteur technologique: 4,2 milliards de livres, complétés par une enveloppe de 50 millions de livres dédiée à la cybersécurité.

La piste criminelle

“WannaCry”, un logiciel de rançon (“rançongiciel”) combinant pour la première fois les fonctions de logiciel malveillant et de ver informatique, verrouille les fichiers des utilisateurs et les force à payer 300 dollars (275 euros) pour en recouvrer l’usage.

La rançon est demandée en monnaie virtuelle bitcoin, particulièrement difficile à tracer.

Selon Rob Wainwright, “il y a eu étonnamment peu de paiements jusque-là”. La société de sécurité informatique Digital Shadows a fait état dimanche d’un montant total de 32.000 dollars versés.

“Payer la rançon ne garantit pas la restitution des fichiers”, a de son côté mis en garde le département américain de la Sécurité intérieure.

Si les auteurs de l’attaque n’ont pas été identifiés et étaient activement recherchés, “manifestement, on a affaire à de la criminalité”, a estimé M. Poupart.

“Certaines mafias qui avant faisaient des trafics de drogues ou différents types de trafics, aujourd’hui font de l’attaque informatique car c’est plus facile, cela coûte moins cher, c’est beaucoup moins risqué et cela rapporte énormément”.

Microsoft a mis en garde les gouvernements contre la tentation de cacher des failles informatiques qu’ils auraient repérées, comme cela a été fait dans le cas de cette attaque où la faille dans le système Windows utilisée par les pirates avait été décelée depuis longtemps par la NSA (l’agence de sécurité nationale américaine) avant de tomber dans le domaine public via des documents piratés au sein de la NSA.

Edouard Philippe, un juppéiste “brillant” et parfois “cassant”

A 46 ans, Edouard Philippe, maire apprécié du Havre peu connu du grand public est propulsé Premier ministre. Un esprit “brillant” et “moderne” de la galaxie juppéiste, mais parfois “cassant” à l’image de celui qu’il a longtemps appelé son “patron”, Alain Juppé.

Adepte de la boxe, comme Manuel Valls, il a accompagné Alain Juppé depuis la création de l’UMP en 2002 comme directeur général du parti. En 2010, il prend la succession du chiraquien Antoine Rufenacht comme maire du Havre, avant d’être élu en 2014 dans cette ville qui fut communiste jusqu’en 1995.

“Il est très attaché au Havre, son grand-père était docker”, raconte un de ses amis. Dans cette ville portuaire qui voit défiler des porte-conteneurs de 400 mètres de long, la protestation contre la loi Travail a été l’une des plus fortes.

Après la défaite d’Alain Juppé à la primaire de la droite fin novembre, le député-maire a choisi sa ville plutôt que l’Assemblée, où il n’a pas été très actif.

Celui qui a milité dans sa jeunesse pour Michel Rocard — il a d’ailleurs fait partie de la commission Rocard/Juppé sur le grand emprunt (2009) — a écrit des chroniques sur la campagne chaque semaine depuis janvier dans Libération.

Dans l’une d’elles, il explique que quand Alain Juppé a tiré “sa révérence” début mars en renonçant définitivement à briguer l’Elysée, cela lui a donné “la niaque d’être à sa hauteur”.

Dans une autre, intitulée +Ambulans+ (En Marche, en latin), il conseille à Macron de “transgresser” pour “constituer une majorité d’un nouveau type”…

Lui a un profil ultra-classique: Sciences Po, classement dans la botte à l’Ena lui permettant d’intégrer le Conseil d’Etat, mais aussi quelques années dans un cabinet d’avocats anglo-saxon et chez Areva.

Opposante communiste au Havre, Nathalie Nail voit des similitudes entre lui et le nouveau président, critiquant un “louvoiement entre la droite et la gauche”. “Ces gens là ont une formation Sciences po-ENA et après ils choisissent en fonction des opportunités”, dit-elle.

La confiance de Juppé

“Intelligent, vif d’esprit, par moment un peu braque”, décrit une petite main de LR, qui le juge “solide” mais “cassant”. “Il est assez moderne dans sa manière de travailler”, vante un de ses proches qui met aussi en avant sa “fidélité” et sa “loyauté”.

“Hyperactif et sportif”, poursuit cet ami pour compléter le portrait de ce longiligne quadra. Ses parents profs – son père est décédé – lui ont donné le goût des lettres. Avec son ami Gilles Boyer, aussi juppéiste, il a écrit deux romans policiers.

“Il n’est pas très accessible”, glisse un élu normand, qui trouve qu’il n’exprime “pas une chaleur colossale” mais qu’il est un homme “de qualité”.

“Comme beaucoup de types brillants, il a peut-être cette pointe d’arrogance”, concède un juppéiste. Une attitude qui n’est pas sans rappeler la personnalité d’Alain Juppé. Lors d’un meeting de la primaire de la droite, Edouard Philippe a raconté comment Juppé lui avait fait confiance alors qu’il avait “31 ans”, le qualifiant de “bon patron”.

Ses amis louent son humour, ses imitations de Sarkozy et Chirac, et notent sa passion pour Churchill. Comme Chirac, il fait de grandes enjambées et goûte la bière Corona.

En revanche, son inimitié avec Nicolas Sarkozy est notoire: “Ce qui est sûr c’est qu’Edouard ne baisse pas le regard face à Sarkozy”, explique un de ses amis, en guise de brevet de bravoure.

Ce germanophone, marié et père de trois enfants, se définit comme “beaucoup plus libéral qu’Alain Juppé” et confiait en 2015 s’entendre “très bien” avec “Bernard Cazeneuve, qui a le sens de l’Etat”.

Dans son livre sur Alain Juppé (“Lapins et Merveilles”), la journaliste Gaël Tchakaloff le définit ainsi: “arrogance, excès de confiance en soi et ambition démesurée”. “Un audacieux dont les ambitions étranglent la témérité”.

“Il y a un élément du pouvoir qui est central, c’est la capacité à nommer, à décider des nominations”, y déclare le maire du Havre dans “Edouard, mon pote de droite”, un documentaire réalisé par Laurent Cibien.

Elections présidentielles : renouveau démocratique pour la Corée du Sud

Seulement deux jours après l’élection présidentielle française, les Sud-Coréens ont élu à leur tour leur nouveau chef d’État. Moon Jae-in, candidat de la gauche progressiste, a largement remporté l’élection avec 41,1% des suffrages exprimés. Une élection qui suscite l’espoir au pays du Matin frais.

Une révolution démocratique

Cette élection de mai intervient au terme de la “révolution des bougies”, mobilisation citoyenne au cours de laquelle un tiers des Sud-Coréens ont manifesté contre la présidente conservatrice Park Geun-hye. En effet, l’ex-cheffe d’État est impliquée dans un nouveau scandale de corruption : Choi Soon-sil, sa confidente, aurait usé de son influence pour extorquer des dizaines de millions de dollars aux chaebols, ces grands groupes familiaux spécifiques à la péninsule coréenne, comme Samsung.

Le peuple aura eu raison de sa dirigeante. Le 9 décembre dernier, Park Geun-hye a été destituée par le Parlement, destitution validée par la Cour constitutionnelle le 10 mars. Elle est actuellement en prison en attendant d’être jugée.

L’élection présidentielle a donc été anticipée et treize candidats se sont lancés dans la course à la Maison bleue (l’équivalent de l’Élysée ou de la Maison blanche). Parmi eux, le candidat conservateur Hong Jun-pyo et le centriste Ahn Cheol-soo, principaux opposants au candidat de la gauche progressiste Moon Jae-in. Ce dernier remporte largement le scrutin, sollicité par 41,1% des électeurs, et ce, avec une participation de 77,2%, la plus élevée depuis vingt ans.

Moon Jae-in, le président de l’espoir

Favori durant toute la campagne, Moon Jae-in a su susciter l’espoir chez les Sud-Coréens et a gagné une certaine popularité, notamment en manifestant avec le peuple lors de la “révolution des bougies”. Cet homme de 64 ans, militant pour les droits de l’homme et les plus pauvres depuis une quarantaine d’années, a permis par sa victoire de tourner la page de dix ans d’un pouvoir conservateur.

Il se présente maintenant comme le “président de tous les Sud-Coréens”, “un président à portée du peuple”, souhaitant réunir le pays et le débarrasser de la corruption politique. “Je prends mes fonctions les mains vides et je les quitterai les mains vides”, a-t-il déclaré lors de la cérémonie d’investiture ce mercredi.

Le nouveau président a beaucoup promis : augmentation des allocations vieillesse et du revenu minimum, transparence dans les institutions et dans la vie politique … Autant de défis à relever dans une société où la jeunesse est désabusée et où le pessimisme est de rigueur.

Autre chantier majeur pour le nouvel élu, celui des relations diplomatiques. Ces dernières sont plus que tendues avec le voisin nord-coréen, et Moon Jae-in  s’est placé fermement en faveur d’une négociation avec Pyongyang. Il a par ailleurs déclaré qu’ “il faut savoir dire non aux Etats-Unis”. De quoi annoncer une recomposition des forces diplomatiques en Asie dans les prochains mois.

Santé des Français: longévité, inégalités, disparités

Les Français sont-ils en bonne santé? Oui, globalement, répond un rapport de référence, mais les inégalités sociales et régionales sont nombreuses et 30% des décès avant 65 ans pourraient être évités en réduisant les comportements à risques, dont la consommation de tabac et d’alcool.

La vie s’allonge

Le rapport 2017 sur l’état de santé de la population a été publié jeudi par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) et l’agence nationale Santé publique France. Et il l’assure: “Les Français sont globalement en bonne santé par rapport aux pays de niveau de richesse similaire”.

Leur espérance de vie en 2015 est de 85 ans pour les femmes (parmi les plus élevées d’Europe) et 78,9 pour les hommes (dans la moyenne européenne). En dix ans, l’espérance de vie des femmes a progressé de 1,2 an et celle des hommes de 2,2 ans, même si ce phénomène tend à se tasser.

En 2013, quelque 567.000 décès ont été enregistrés en France (métropole et outre-mer). Les cancers et les maladies cardiovasculaires sont les causes les plus fréquentes (27,6 et 25,1%), suivis par les maladies respiratoires autres que les cancers (6,6%) et les morts violentes comme les accidents ou les suicides (6,5%).

Vivre mieux pour vivre plus vieux

Sur ces 567.000 décès, 106.400 étaient des “morts prématurées”, c’est-à-dire survenues avant 65 ans. Or, près d’un tiers d’entre elles (30%, environ 32.000) aurait pu être évité en réduisant les comportements à risques (tabagisme, consommation d’alcool, mais aussi conduite routière dangereuse et suicides).

Espérance de vie : des disparités territoriales

“Identifier les comportements des Français qui contribuent le plus à cette mortalité évitable, afin de réduire son poids, constitue un enjeu majeur de santé publique”, assène le rapport de plus de 400 pages.

Au premier rang de ces dangers, le tabac, qui “entraînerait chaque année en France le décès de plus de 75.000 personnes”. Avec un motif d’inquiétude: la faible baisse du tabagisme chez les femmes, qui provoque chez elles une hausse de la mortalité associée à la consommation de tabac (+38% entre 2000 et 2013, contre -27% chez les hommes).

La consommation d’alcool, elle, diminue régulièrement (10% des 18-75 ans en consomment quotidiennement). Mais de plus en plus de gens sont concernés par le phénomène “d’alcoolisation ponctuelle importante” (API, le fameux “binge drinking”): 38% en 2014 contre 36% en 2010.

Enfin, “la moitié des adultes est en surpoids”, dont un sur six souffre d’obésité. “La consommation de fruits et légumes et l’activité physique restent insuffisantes”, déplore le rapport.

Les risques du métier

“Les classes les plus favorisées économiquement et/ou les plus diplômées bénéficient d’un meilleur état de santé”, note le rapport.

Ainsi, un homme de 35 ans qui travaille comme cadre peut espérer vivre encore 49 ans, contre moins de 43 pour un homme ouvrier (53 et moins de 50 pour les femmes).

L’état de santé dépend d’un grand nombre de paramètres: alimentation, activité physique, mode de vie (tabac, alcool…), conditions de travail… Or, “ce sont souvent les mêmes populations, les moins favorisées (faible revenu, peu diplômées), qui cumulent les expositions aux différents facteurs de risque”.

Par exemple, “le tabagisme quotidien est de 19% chez les cadres contre 42% chez les ouvriers non qualifiés”. Et en grande section de maternelle, “la proportion d’enfants souffrant d’obésité s’élève à 5,8% pour les ouvriers contre 1,3% pour les cadres”.

Où vit-on le plus vieux?

Des écarts notables existent entre les régions, largement dus à des différences sociologiques entre leurs populations.

“L’espérance de vie est en moyenne plus élevée dans la moitié sud de la France métropolitaine, en Île-de-France et, pour l’outre-mer, en Martinique. Elle est en moyenne plus basse dans les Hauts-de-France et, pour l’outre-mer, à Mayotte et en Guyane”, souligne le rapport.

En métropole, les écarts entre régions peuvent aller jusqu’à 4 ans pour les hommes (76,9 ans dans les Hauts-de-France contre 80,8 en l’Île-de-France) et 2 ans pour les femmes (83,6 ans contre 85,9 dans les mêmes régions). Outre-mer, ces écarts peuvent être de 3 ans pour les hommes et 6 ans pour les femmes.

Législatives: plusieurs personnalités investies par En marche!

Le parti d’Emmanuel Macron a investi pour les législatives plusieurs personnalités dont l’ancien juge d’instruction Eric Halphen, le mathématicien Cédric Villani ou encore la torera Marie Sara, selon le dossier d’investitures dévoilé jeudi.

Le mathématicien Cédric Villani, médaille Fields, a été investi dans la 5e circonscription de l’Essonne, qui comprend notamment le plateau de Saclay et dont la députée est actuellement la socialiste Maud Olivier. Le scientifique de 43 ans, ancien président du comité de soutien de la candidate socialiste à la mairie de Paris Anne Hidalgo et ayant dans le passé voté pour François Bayrou, avait signé le 1er mai un appel de scientifiques à voter pour M. Macron, “pour barrer la route au pire”.

Le juge Eric Halphen, qui avait annoncé son soutien au président élu en début d’année, a de son côté été investi dans la 2e circonscription du Calvados, actuellement détenue par la socialiste Laurence Dumont qui brigue un nouveau mandat.

L’ex-juge d’instruction Laurence Vichnievsky (MoDem) a, elle, été choisie pour la 3e circonscription du Puy-de-Dôme, dont la députée sortante est l’écologiste Danielle Auroi.

Plus rompu à la politique, Gaspard Gantzer, conseiller à la communication du président sortant François Hollande, a été investi dans la 2e circonscription de l’Ille-et-Vilaine, à Rennes. M. Gantzer, 37 ans, a été condisciple du président élu à l’Ecole normale d’administration (Ena, promotion Léopold Sédar Senghor 2004).

Dans la 2e circonscription du Gard, La République en marche a investi la “torera” à cheval Marie Sara, 52 ans, ex-épouse du tennisman Henri Leconte, qui dirige les arène des Saintes-Maries-de-la-Mer (Bouches-du-Rhône), commune où elle réside, et de Mont-de-Marsan (Landes). Elle sera opposée au député FN sortant Gilbert Collard, ce qu’elle a vu comme “un beau combat” à venir dans une déclaration à l’AFP.

Fifa: Infantino passe à l’offensive et dénonce les “fake news”

“Je n’accepterai pas de leçons”: La “nouvelle Fifa” est une “démocratie” a martelé jeudi son président Gianni Infantino après l’éviction critiquée des chefs de la justice interne, dénonçant aussi les “fake news” et le “Fifa bashing” en conclusion d’un Congrès de l’instance à Bahreïn.

Un peu plus d’un an après son élection à la tête d’une fédération toujours secouée par la tempête judiciaire qui a fait tomber nombre de ses membres convaincus de corruption, le successeur de Blatter se veut confiant: “la crise est finie”.

Quid de la démission récente du Cheikh koweïtien Al-Sabah, membre éminent du gouvernement de la Fifa, mis en cause par la justice américaine pour des soupçons de corruption? “Ce sont des faits qui renvoient au passé, assure-t-il. Je ne peux pas exclure que de nouvelles affaires sortent mais elles ne concerneront pas l’administration de la Fifa, car nous avons mis en place des mécanismes”.

Même s’il se défend d’être “le Monsieur propre” du football, il met en garde: “S’il y a quelqu’un dans cette salle qui veut en profiter pour s’enrichir, qu’il quitte le football maintenant”!

Et de s’en prendre sans les désigner nommément aux “experts” qui par le passé ont été “grassement payés pour réformer la Fifa”. “Mais qu’ont-ils fait? Ils ont simplement validé un système qui ne marchait pas”.

“Je n’accepterai pas de leçons de bonne gouvernance de gens qui ont échoué à protéger le football et la Fifa”, a-t-il encore asséné.

“Bruits”, “intox”…

Et Infantino de dénoncer le “Fifa-bashing” et les “fake news”, formule popularisée récemment par le président américain Donald Trump. “Beaucoup de personnes font courir des bruits, et s’adonnent à l’intox”, a-t-il explicité ensuite devant les journalistes. “Il est important que lorsque vous écrivez vos articles vous preniez en considération les faits que nous donnons. Parfois vous avez des informations fournies pour mettre à mal l’organisation”.

Avant cela, il avait fait approuver à 97% la nomination des deux nouveaux patrons de la commission d’éthique – justice interne de la Fifa – dont le Grec Vassilios Skouris, ex-président de la Cour européenne de justice. C’est ce tribunal de l’instance qui a fait tomber Sepp Blatter et Michel Platini, pour un paiement de 1,8 M EUR du premier au second.

Cette même commission avait ouvert en 2016 une enquête préliminaire à l’encontre d’Infantino sur des faits dénoncés – utilisation répétée d’avions privés notamment – par deux lanceurs d’alerte, aussitôt limogés. La procédure avait finalement été classée.

Infantino est également soupçonné d’ingérence dans l’élection récente du Malgache Ahmad à la tête de la Confédération africaine, mais la commission d’éthique a assuré qu’aucune procédure formelle n’a été ouverte, ce qui n’exclut pas l’ouverture d’une enquête préliminaire.

Infantino, Trump et Israël/Palestine

L’un des patrons évincés de la commission d’éthique, le Suisse Cornel Borbély, avait crié mercredi au “revers dans la lutte contre la corruption” et y voyait “de facto la fin des efforts de réforme de la Fifa”.

“C’est une tempête dans un verre d’eau”, a rétorqué M. Infantino, qui a rappelé que “la Fifa n’a licencié personne, ce sont des mandats qui sont arrivés à leur terme”.

M. Borbély s’inquiète en outre du suivi de “centaines de dossiers ouverts”, alors qu’aucune période de transition n’est prévue entre l’ancienne et la nouvelle commission.

Le Congrès – qui rassemble 211 fédérations affiliées – a également validé l’élargissement de la procédure de candidature pour le Mondial-2026, pour lequel le ticket USA/Canada/Mexique reste l’immense favori.

Les pays intéressés, qui ne peuvent être européens ou asiatiques, ont jusqu’au 11 août pour postuler.

Par ailleurs, malgré les protestations véhémentes du président du foot palestinien Jibril Rajoub, la Fifa a préféré de nouveau repousser à plus tard toute décision sur le différend Israël/Palestine.

Infantino a promis qu’une décision serait prise lors d’une prochaine réunion du Conseil – gouvernement de la Fifa – en octobre en Inde. “Le président Trump espère trouver une solution”, dans le conflit israélo-palestinien, a exposé Infantino. “S’il a de bonnes idées, je les prendrai en compte”.

Ordonnances: une procédure classique mais mal vue des parlementaires

La première tâche principale de l’Assemblée nationale élue en juin sera d’autoriser, ou non, le gouvernement d’Emmanuel Macron à légiférer par ordonnances, une procédure assez courante pour permettre à l’exécutif d’éviter de longs débats, mais qui reste mal vue des parlementaires.

Le recours aux ordonnances est prévu par l’article 38 de la Constitution de 1958.

Le Parlement vote d’abord une loi d’habilitation, qui précise sur quels sujets et pendant quelle période le gouvernement peut prendre des ordonnances. Celles-ci sont adoptées en Conseil des ministres, après avis (consultatif) du Conseil d’État, et signées par le président de la République.

En 1986, durant la première cohabitation, François Mitterrand avait cependant refusé de signer les ordonnances de son Premier ministre Jacques Chirac, prévoyant la privatisation de 65 groupes industriels. Ce dernier l’avait alors accusé de “s’opposer à la volonté des Français”.

Une ordonnance entre en vigueur dès sa publication au Journal officiel, mais elle doit être ensuite ratifiée par le Parlement, faute de quoi la loi devient caduque.

Même s’il ne débat pas des textes, le Parlement est donc consulté au début et à la fin de la procédure, d’où l’enjeu des élections législatives de juin pour Emmanuel Macron.

M. Macron a évolué sur le sujet au cours des derniers mois. “Je ne crois pas une seule seconde aux cent jours et à la réforme par ordonnances”, déclarait-il le 25 novembre 2016.

Mais début avril, il justifiait ce recours pour modifier “dès l’été” plusieurs points du droit du travail, y voyant le moyen “d’accélérer les débats”.

Critiqué par les syndicats et la gauche, ce recours aux ordonnances reste sensible, y compris au sein de la nouvelle majorité présidentielle, puisque François Bayrou a concédé lundi “une différence” avec Emmanuel Macron.

“Les ordonnances, c’est une méthode dans laquelle on fait le constat que les choses sont bloquées (…) Moi je suis persuadé qu’une élection comme celle-là débloque les choses”, a-t-il plaidé.

La plupart des gouvernements de la Ve République y ont eu recours, invoquant comme M. Macron l’urgence des mesures à prendre, à commencer par le général de Gaulle et son Premier ministre Michel Debré en 1960 pour maintenir l’ordre en Algérie.

En 1982, Pierre Mauroy (PS) s’en est servi pour instituer les 39 heures, la 5ème semaine de congés payés et la retraite à 60 ans, puis l’année d’après pour entériner le plan signant le tournant de la rigueur.

En août 1993, durant la deuxième cohabitation, Edouard Balladur a utilisé cette procédure pour réformer les retraites.

Alain Juppé (RPR) l’a utilisée en 1996 pour sa réforme très contestée de la Sécurité sociale, tout comme Dominique de Villepin pour son “plan d’urgence” pour l’emploi en 2005.

Plus récemment, Nicolas Sarkozy et François Hollande ont tous deux recouru aux ordonnances. “Entre 2004 et 2013 (10 années), 357 ordonnances ont été publiées sur le fondement de l’article 38, soit 2,3 fois plus que le nombre d’ordonnances publiées entre 1984 et 2003 (20 années)”, note un rapport du Sénat.

Nombre d’ordonnances servent aussi à transposer des directives européennes.

Le Prince Phillip prend sa retraite

Celui qui a occupé le plus longtemps le rôle de prince consort du Royaume-Uni est né en 1921 en Grèce. Fils du prince André de Grèce et de la princesse Alice de Battenberg, Philip Mountbatten a réussi à rendre fier le peuple britannique. Au cours de sa carrière, il a participé, seul, à plus de 22 000 événements publics et prononcé près de 5493 discours. Un honneur pour les Anglais, très attachés à la présence des membres de la famille royale lors de diverses manifestations. Son engagement, il l’a aussi prouvé grâce à sa participation au sein de 780 associations et à ses nombreuses visites à l’étranger (637 au total). Celui qui est resté deux pas derrière la reine Elizabeth II pendant plus d’un demi-siècle, n’a pas fait l’unanimité auprès des Britanniques en raison de son tempérament explosif.  Souvent critiqué dans la presse pour avoir tenu des propos xénophobes, il reste néanmoins un membre apprécié de la famille royale.

Retraite ou pas, le départ du prince Philip ne devrait pas bouleverser Buckingham Palace. “Sa Majesté [la reine Elizabeth II] va continuer à honorer le programme complet de ses engagements officiels avec le soutien d’autres membres de la famille royale“, a fait savoir son équipe dans un communiqué.

Toutes les explications avec Alexander Seale, depuis Londres

Macron élu avec 66,10% des voix contre 33,90% à Le Pen

Emmanuel Macron a été élu dimanche président de la République en France avec 66,10% des voix, contre 33,90% à Marine Le Pen, selon les résultats définitifs du second tour de l’élection présidentielle diffusés lundi par le ministère de l’Intérieur.

L’abstention s’est élevée à 25,44% des inscrits sur les listes électorales, en hausse par rapport au premier tour (22,23%).

Emmanuel Macron a recueilli 20.753.797 voix, Marine Le Pen 10.644.118 suffrages, selon les chiffres de l’Intérieur pour la France entière.

Le pourcentage des bulletins blancs, 8,51%, et nuls 2,96%, soit un total de 11,47% des votants et plus de 4 millions d’électeurs, est le plus élevé enregistré lors des scrutins présidentiels depuis le début de la Ve République.

Au premier tour, le 23 avril, Emmanuel Macron, candidat d’En Marche!, avait recueilli 24,01% des voix, la candidate du Front national Marine Le Pen 21,30%.

Les résultats définitifs du second tour doivent encore être proclamés mercredi en fin d’après-midi par le Conseil constitutionnel, après les opérations de contrôle qui lui incombent.

Ail Macron, 1er Gebieter du nouveau lander de Frankreich

20h00 c’est fait, Emmanuel Macron, l’ami qui vous veut du mal, vient d’être élu 1er Gebieter du nouveau lander de Frankreich. A 39 ans ce grand démocrate qui n’a jamais été élu à aucune élection, car passer par l’élection, déclarait-il le 28 mai 2015, est un cursus d’un ancien temps , est le plus jeune lauréat de cette élection, devant Valéry Giscard d’Estaing de 8 ans et 8 mois, et seulement le second, après Georges Pompidou a venir de la banque Rothschild..
Les politologues vont gloser sur la participations et les chiffres, mais au-delà du résultat, attendu, qui n’est une surprise pour personne car chaque candidat qui avait ses chances avait pour objectif de se retrouver au deuxième tour face à marine Le Pen, c’est la façon dont cette élection a été gagnée qui pose questions..

Comment ce pur produit du système, assistant du Philosophe Paul Ricoeur, haut fonctionnaire Inspecteur des finances. Une petite caste de moins de 300 personnes, l’aristocratie des énarques qui ont choisi de faire partie d’un corps de l’Etat qui contrôle Bercy et le secteur financier, peu enclins aux grandes remises en question, dont l’influence est un mélange de corporatisme et de conservatisme, banquier d’affaires chez Rothschild, 400 000 euros brut annuels, 2,8 millions d’euros de prime pour une opération de rachat d’une branche de Nestlé dans la branche la plus parasitaire et destructrice de valeur les fusions-acquisitions, a-t-il pu se hisser aussi haut en aussi peu de temps Et enfin secretaire general de l’Elysee et Ministre des finances.

Coup d’Etat médiatique

L’affaire Macron a commencé par le signal lancé par Jacques Attali à la presse en février 2015, en leur assurant qu’Emmanuel Macron aurait «l’étoffe d’un président de la République». Puis des journaux, des radios et les télévisions ont commencé à répéter à l’envie : « l’iconoclaste » Macron incarne le « renouveau » et la « modernité ». Cette phrase est celle que répètent aussi tous ses supporters et même ceux qui sont indécis. Un véritable bourrage de crâne. Une avec ou sans sa femme, plus de 10 000 articles, dans Libération, l’Obs, l’Express, Le Monde, Les Inrocks, Gala, Le Point et d’autres, beaucoup d’autres. Une exposition toujours sous ses meilleurs attraits, à l’inverse de son rival le plus sérieux pour le second tour, François Fillon qui voit ses problèmes s’etaler en gros dans tous les médias.

L’un commence à baisser malgré sa base assez stable de militants et l’autre le grignote jusqu’à le dépasser à quelques semaines du premier tour. Macron a gagné l’élection avec l’appui de tous les médias, grâce à la prestation ratée de Marine Le Pen qui s’est pris les pieds dans le tapis au moment ou cela comptait le plus et surtout grâce à son discours ambigu, dont il n’est jamais sorti, et double qui s’adresse à tout le monde, en s’appuyant sur le principe de l’écoute sélective. Le barrage au Front National a mieux fonctionné que prévu sans déclencher l’hystérie d’il y a 15 ans.

Quelle politique?

Libéral « de gauche » et européen convaincu comme la quasi-totalité des membres du gouvernement Hollande ; Les solutions économiques qu’il préconisait face à la crise, celles du Parti socialiste depuis 1983, n’avaient décidément rien d’original ni d’efficace. Au contraire.

La politique économique est très claire et il l’a annoncé : il va libérer toutes les entraves et réduire toutes les protections pour permettre la compétition du tous contre tous. Il veut l’Ubérisation de la société avec tout ce que cela représente de misère pour ceux qui sont en bas de la chaîne et de profits pour ceux qui sont en haut. La France va devenir un nid de start-up mais tout le monde ne deviendra pas pas Mark Zuckerberg. Loin s’en faut.

Socialement nous aurons des réformes sociétales classiques en pagaille, pour les minorités. Les homosexuels seront servis en priorité, mais aussi transexuels et les autres. Nous irons plus loin dans tout ce qui est PMA, GPA mais aussi dans toutes les expériences docteur Mabuse comme la création d’enfants in vitro avec l’ADN de leurs deux pères. Il y a beaucoup d’argent derrière toutes ces techniques qui sont presque prêtent et ne demandent qu’à avoir un marché. Monsieur Macron leur offre. Mais on sait aussi déjà qu’il y aura des problèmes avec la retraite par points et la suppression des allocations chômages. Enfin la mise en place de la nouvelle féodalité bancaire dont les banquiers centraux sont les nouveaux rois .

A l’international nous serons évidemment sur la ligne Berlin-Washington. Fidèlement. Sans devier. Macron n’a aucune idée force à l’international et sera heureux d’être un allié complaisant et docile.

La révolte étouffée jusqu’à quand?

La lutte factice contre l’extrême-droite a très bien fonctionnée et les électeurs vont communier après cette victoire en trompe-l’oeil.
Très vite trois problèmes vont se poser: L’insécurité culturelle, elle va s’aggraver avec une l’immigration illimitée voulue par Macron. L’insécurité physique va exploser avec la hausse de la criminalité due à la politique exclusivement en faveur des riches qui va faire exploser l’insécurité sociale et déclasser et paupériser de plus en plus de de gens. Avant cela les lois travail puissance 1000 qui vont passer dès le mois de juillet devrait remettre de l’huile sur le feu.

Que va devenir Marine Le Pen?

Son passage catastrophique lors du débat a très certainement pesé dans la lourde défaite de ce soir. Au dessous d’un certain seuil entre 25% et 30% elle devrait démissionner. La France vient d’abandonner à l’instant grâce aux imbéciles bien-pensants, incultes politiques, froussards manipulés et autres idiots utiles, encore eux, qui pensaient combattre le fascisme, toute forme de souveraineté. La banque a réussi son coup d’État silencieux sans violence sans coup de feu sans même le moindre questionnement des électeurs français qui ont voté pour un employé de banque,avec le sourire, et pour la fin de leur nation et sa vassalisation.

Investiture, nomination du premier ministre, législatives… Le calendrier des prochaines semaines

A l’agenda du vainqueur de dimanche soir pour les jours qui viennent : passation de pouvoir, nomination d’un premier ministre et d’un gouvernement… Dimanche 7 mai, les Français choisissent le successeur de François Hollande à l’Elysée. Mais l’aboutissement de la présidentielle ne signe pas encore la fin des rendez-vous électoraux et protocolaires de 2017. Voici le calendrier des échéances.

  • 10 mai : proclamation des résultats officiels

Si les premières estimations ont été publiées à 20 heures dimanche, les résultats officiels du second tour doivent être proclamés le mercredi 10 mai à 17h30.

  • 14 mai : expiration du mandat de François Hollande et date limite de passation de pouvoir

François Hollande a été investi président de la République le 15 mai 2012. Son mandat arrive à expiration cinq ans plus tard, soit le dimanche 14 mai à minuit. Le nouveau président devra donc être investi avant cette date.

La passation de pouvoir entre le président sortant et le nouveau chef de l’Etat se fait le jour de l’investiture de ce dernier. Cette journée suit un programme rodé et respecte un certain protocole. Le président élu se rend successivement à l’Elysée, sur le tombeau du Soldat inconnu au pied de l’arc de Triomphe et à la mairie de Paris.

La Constitution ne dit rien sur cette journée symbolique de passage de relais, mais courtoisie et bienséance sont traditionnellement de rigueur. Une coutume avec laquelle François Hollande s’est quelque peu accomodé en 2012. Après s’être entretenu avec Nicolas Sarkozy, le nouveau chef de l’Etat n’avait pas raccompagnéson prédécesseur à la sortie de l’Elysée, le laissant descendre, seul avec son épouse, les marches du perron et s’engouffrer dans sa voiture.

Une attitude que M. Hollande a dit regretter, dans un documentaire diffusé sur Canal + en avril 2017. « Je ne voulais surtout pas donner le sentiment d’être discourtois à l’égard de mon prédécesseur. (…) Mais si je l’ai donné, j’en ai été vraiment désolé parce que c’était pas du tout l’attitude que je voulais avoir. Et si c’est ce qu’a ressenti Nicolas Sarkozy, c’est qu’il était lui-même sûrement peiné de devoir quitter ainsi l’Elysée. »

  • Mi-mai : nomination du premier ministre et du gouvernement

Le premier ministre sera-t-il nommé dès le jour de l’investiture du nouveau chef de l’Etat ?C’est en tout cas ce qui s’est produit en 1974, 1981, 1995 et 2012 – années où, comme en 2017, un président ne se succède pas à lui-même.

Jean-Marc Ayrault a ainsi été nommé le 15 mai 2012, après que François Hollande a été officiellement investi président. Son premier gouvernement a été formé le lendemain. On y trouvait une majorité de socialistes (Laurent Fabius aux affaires étrangères, Vincent Peillon à l’éducation nationale, Pierre Moscovici à l’économie, Manuel Valls à l’intérieur…) mais aussi deux écologistes (Cécile Duflot au logement et Pascal Canfin au développement) et deux radicaux de gauche (Christiane Taubira à la justice et Sylvia Pinel au commerce et au tourisme). Ce gouvernement a été maintenu après la victoire de la gauche aux législatives, un mois plus tard, agrémenté de quelques nouveaux ministres délégués.

En revanche, en 2007, François Fillon avait été nommé à Matignon au lendemain de l’investiture de Nicolas Sarkozy. Son gouvernement, formé le 18 mai, avait été marqué par une ouverture à gauche, avec la nomination de Bernard Kouchner aux affaires étrangères, Eric Besson à l’immigration ou encore Jean-Pierre Jouyet aux affaires européennes. Un mois plus tard, le deuxième gouvernement, nommé après les législatives, avait vu partir le ministre de l’écologie Alain Juppé, défait dans sa circonscription de Gironde.

  • Premier déplacement à l’étranger

En 2012, François Hollande avait effectué son premier déplacement en Allemagne, le jour même de son investiture. Un voyage assez rocambolesque : son avion avait été touché par la foudre quelques minutes après son départ, l’obligeant à faire demi-tour et à emprunter un nouvel appareil.

Comme lui, en 2007, Nicolas Sarkozy s’était rendu en Allemagne à peine investi pour rencontrer la chancelière Angela Merkel. Qu’en sera-t-il du nouveau chef de l’Etat ?

Le 1er mai, Marine Le Pen a déclaré qu’elle n’effectuerait pas une telle visite : « J’aurai beaucoup trop de travail urgent pour effectuer une promenade médiatique entourée de courtisans », a-t-elle souligné sur France 2.

Quant à Emmanuel Macron, il a déclaré que Mme Merkel serait le premier dirigeant étranger avec qui il entrerait en contact. Mais pour le premier déplacement à l’international, « j’irai aux côtés de nos troupes à l’étranger », a-t-il souligné le 2 mai sur BFM-TV, sans préciser à quel endroit.

  • 11 juin : premier tour des élections législatives

Le scrutin a lieu dans les 577 circonscriptions françaises. Il s’agit de renouveler entièrement l’Assemblée nationale et de définir une nouvelle majorité. Pour le président qui aura été élu le 7 mai, l’enjeu est énorme : il faut s’assurer une majorité absolue (289 sièges) pour éviter d’avoir à négocier le vote des textes avec d’autres groupes parlementaires.

  • 18 juin : second tour des élections législatives

Le scrutin a lieu dans toutes les circonscriptions, à l’exception de celles qui auront élu un candidat dès le premier tour. De nombreuses triangulaires (trois candidats qualifiés), voire quadrangulaires, pourraient avoir lieu : les candidats qui, au premier tour, ont obtenu un score correspondant à au moins 12,5 % des inscrits sur les listes électorales peuvent se maintenir au second tour.

  • 19 juin : fin de la quatorzième législature

La quatorzième législature de la Ve République, le cycle parlementaire qui s’est ouvert le 20 juin 2012, prendra fin le 19 juin, au lendemain du second tour des élections législatives. La dernière journée de travaux parlementaires a cependant eu lieu le 22 février au Palais-Bourbon.

Tourisme en Guyane: un secteur en difficulté, mis à mal par le conflit social

Touché de plein fouet par un mois de blocage de l’économie, le secteur du tourisme en Guyane pâtit de la mauvaise image récurrente de ce territoire français d’Amérique du Sud, qui possède pourtant des atouts touristiques.

Avec un territoire recouvert dans sa quasi totalité par une forêt amazonienne propice à la découverte de la biodiversité, une culture riche de son métissage et un centre spatial de haute technologie, la Guyane aurait pu, à l’instar du Costa-Rica, attirer des cohortes de touristes.

Mais avec environ 100.000 visiteurs annuels (101.000 en 2015, 93.000 en 2016), essentiellement venus d’Europe, la Guyane est loin des chiffres de certains pays voisins. Son tourisme est surtout d’affaires (48%), en lien avec l’activité spatiale, et affinitaire (33%), lié aux nombreux fonctionnaires (gendarmes, professeurs, etc.) qui viennent assurer quelques années de service sur le territoire.

Manifestants rassemblés près du centre spatial de Kourou en Guyane, le 4 avril 2017


Et le mouvement social qui a paralysé le territoire pendant plus d’un mois pour réclamer un rattrapage économique et social avec la métropole, va pénaliser encore le secteur, déplorent les professionnels.

Selon une enquête de conjoncture du Comité de tourisme de Guyane (CTG), 86% des professionnels du tourisme ont constaté durant le conflit “une baisse importante de la fréquentation” et plus de la moitié ont enregistré “des commandes bien inférieures à la normale”.

“Pour le secteur hôtelier, déserté par le tourisme d’affaire, c’est la catastrophe. On va avoir de gros problèmes pour s’en sortir”, note Richard Gabriel, président de la CCI de Guyane. Très pessimiste, il estime que “le tourisme ne marche pas” en Guyane, car il “est trop cher et manque de main d’oeuvre qualifiée”.

Conséquences à long terme

Pour Jean-Louis Antoine, de l’agence de voyage JAL, à Cayenne, le conflit social a été synonyme d’arrêt complet de l’activité. “Tout le monde a annulé, le mois d’avril a été complètement gâché”, dit l’opérateur qui organise des circuits d’éco-tourisme, avec hébergement sur des lodges flottants, dans les marais de Kaw, à l’est de la Guyane.

Des touristes visitent la Réserve Naturelle des Marais de Kaw en Guyane, le 26 octobre 2016

Même constat pour Bruno Levessier, guide à Cacao, un village hmong au sud de Cayenne. Avec la suppression des vols directs entre Paris et Cayenne durant le conflit, “les groupes de touristes ont annulé”, tout comme les locaux, empêchés de se déplacer par les barrages.

“Cela aura des conséquences à long terme, car les fonctionnaires qui vivent en Guyane vont préférer aller en vacances en Europe et n’accueilleront pas leur famille cet été”, craint-il, d’autant plus inquiet qu’il a entendu parler de “difficultés de recrutement des prochains fonctionnaires qui doivent arriver en septembre”.

“En terme d’image, on a reculé de 10 ans”, analyse Thomas Saunier, président de la Compagnie des guides de Guyane. “Elle n’était déjà pas terrible, à cause de l’orpaillage et de l’insécurité”, déplore-t-il.

Une mauvaise image “assez ancienne”, qui remonte à l’échec de “l’expédition de Kourou” en 1763, lorsque trois quarts des 12.000 colons envoyés en Guyane y meurent, notamment de maladie, et “à 100 ans de bagne”, note Sonia Cippe, de l’antenne parisienne du Comité du tourisme de Guyane (CTG).

Des touristes visitent la Réserve Naturelle des Marais de Kaw en Guyane, le 26 octobre 2016


“La Guyane a toujours eu du mal à se vendre”, reconnait Olivier Pollet, de l’agence de voyage Excursia. “C’est parfois compliqué de trouver des prestataires, il faudrait une vraie politique d’investissement”, insiste-t-il. “Même s’il n’y a pas l’attrait du balnéaire, il y a la place pour un tourisme de nature”.

Le CTG essaye de “retravailler l’identité” de la Guyane et prépare de nouvelles campagnes de communication, explique Sonia Cippe.

“On a une très belle forêt, de nombreux fleuves, sept réserves naturelles protégées, comme celle de la Mana, où l’on peut voir la ponte des tortues marines, une biodiversité extrêmement riche”, décrit-elle, sans compter “une culture métissée” et les possibilités d’hébergement chez l’habitant, “à la rencontre des populations amérindiennes, bushinengues, créoles, etc.”.

Mais pour attirer les touristes, insiste Jean-Louis Antoine, “il faut supprimer l’obligation de vaccin contre la fièvre jaune”, qui “donne un image négative” et “n’est exigé qu’en Guyane” dans toute l’Amérique du Sud.

Saint-Emilion: avec 80% du vignoble touché par le gel, “on a la gueule de bois”

“On a la gueule de bois. Partout, c’est la désolation. Chez nous, on a 80% du vignoble touché par le gel. C’est tout le travail qui est anéanti”, constate Jean-François Galhaud, président du Conseil des vins de Saint-Emilion, devant des vignes aux feuilles grillées et toutes fripées.

Dans la nuit du 20 au 21 avril puis du 27 au 28 avril, les températures sont descendues parfois jusqu’à -5°C: plus de la moitié des vignes dans toutes les appellations du Bordelais ont été touchées. D’avis de vignerons, on n’avait pas connu un gel d’une telle ampleur depuis 1991!

Dans le Médoc, Listrac a été très frappé à près de 90%, tandis que Pauillac, Saint-Julien et Saint-Estèphe s’en sortent grâce à l’estuaire qui a limité la baisse des températures. Pomerol, Blaye, les Côtes de Bourg, l’Entre-deux-mers ou encore Sauternes sont très impactés.

Certaines parcelles sont complètement “cramées”, selon Jean-François Galhaud, représentant de 983 viticulteurs, qui ont tous connu le gel. “C’est l’hiver”, se désole-t-il, en regardant ses rangs de merlots.

Un viticulteur inspecte ses vignes endommagées par le gel à Vignonet (sud-ouest) en Gironde, le 3 mai 2017


D’autres ont réussi à sauver une partie de leur vignoble grâce aux feux, aux éoliennes ou encore aux hélicoptères pour ceux qui en avaient les moyens.

Parfois, ça n’a pas suffi comme au Château Grand Corbin-Despagne, grand cru classé Saint-Emilion, où quelque 90% du vignoble a été “très impacté” par le gel, selon le propriétaire, François Despagne, qui n’a “jamais eu un seul pied gelé en 20 ans de carrière”.

Bien développées et vertes grâce à un mois de mars particulièrement clément, certaines vignes ont été épargnées, d’autres semblent seulement l’être de loin. “On a l’impression que la vigne est belle mais quand vous vous approchez, tout est mort, il n’y a plus de fruits”, explique Jean-François Galhaud, également propriétaire du Château La Rose Brisson.

“Ce qui nous sauve, c’est qu’on a du stock”

Si les bourgeons ne repartent pas d’ici juin, la prochaine récolte sera imputée de plus de 50% en volume, soit une perte d’1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires, selon l’interprofession. Autre certitude, les vendanges seront tardives.

Des vignes endommagées par le gel à Vignonet (sud-ouest) en Gironde, le 3 mai 2017

Dans la vigne, les effets se font déjà sentir: il va falloir adapter la taille car certains bourgeons peuvent repartir, traiter contre les maladies comme le mildiou pour sauver ce qui peut encore l’être.

Une réunion de crise a eu lieu vendredi afin d’aider les viticulteurs avec une série de mesures fiscales et financières, des reports ou prises en charge de cotisations sociales… car seuls 25% des viticulteurs sont assurés. Toute la filière est concernée: des ouvriers agricoles au chômage technique jusqu’aux tonneliers aux carnets de commandes moins garnis.

“Ce qui nous sauve, c’est qu’on a du stock”, positive Laëtitia Ouspointour du Château Vieux Mougnac à Lussac, dont les vignes ont été touchées entre 80 et 100% par le gel. “On va perdre des parts de marché et on va avoir des coûts de production qui vont augmenter. On ne pourra pas fournir le vin et il sera plus cher que les autres. Fatalement, c’est l’Australie, l’Afrique du Sud… qui vont s’en charger”, prédit-elle.

Dans la vigne, les effets se font déjà sentir: il va falloir adapter la taille car certains bourgeons peuvent repartir, traiter contre les maladies comme le mildiou pour sauver ce qui peut encore l’être.

Une réunion de crise a eu lieu vendredi afin d’aider les viticulteurs avec une série de mesures fiscales et financières, des reports ou prises en charge de cotisations sociales… car seuls 25% des viticulteurs sont assurés. Toute la filière est concernée: des ouvriers agricoles au chômage technique jusqu’aux tonneliers aux carnets de commandes moins garnis.

La bonne récolte de 2016 va permettre de combler une partie du manque à gagner avec notamment le Volume complémentaire individuel (VCI), stock du dernier millésime constitué par les viticulteurs et utilisé pour le suivant en cas de catastrophe naturelle. Entre la récolte et le VCI, Bordeaux ne compte disposer qu’environ 3 millions d’hectolitres contre 5,4 en moyenne les autres années.

“Ce qui nous sauve, c’est qu’on a du stock”, positive Laëtitia Ouspointour du Château Vieux Mougnac à Lussac, dont les vignes ont été touchées entre 80 et 100% par le gel. “On va perdre des parts de marché et on va avoir des coûts de production qui vont augmenter. On ne pourra pas fournir le vin et il sera plus cher que les autres. Fatalement, c’est l’Australie, l’Afrique du Sud… qui vont s’en charger”, prédit-elle.

Les plus touchés sont les viticulteurs qui font du vin en vrac, ont vendu leur récolte 2016 et n’ont pas de stock. Après la faible récolte de 2013, le coup est rude.

Dans ce marasme reste une lueur d’espoir: Jean-François Galhaud fait ainsi référence à une autre année de gel: “Croisons les doigts pour faire du 1961, année de petite récolte et de très bonne qualité, en 2017”.

“Femmes au travail”: Ivanka Trump se pose en modèle

Qui est vraiment Ivanka Trump ? Son livre, sorti mardi en librairie, appuie la “mission” qu’elle s’est choisie de défendre les femmes jonglant entre responsabilités professionnelles et familiales, tout en révélant quelques facettes de la vie dorée de la fille préférée du président américain.

Les 243 pages de “Femmes au travail: réécrire les règles du succès”, publié chez Penguin, ont été écrites avant l’élection surprise de Donald Trump par cette ex-mannequin de 35 ans, devenue femme d’affaires et mère de trois enfants. Seule la préface a été ajoutée juste avant l’investiture par une Ivanka devenue subitement, avec son mari Jared Kushner, le centre de toutes les attentions, tant ils semblent pouvoir peser sur un président inexpérimenté et fantasque. Pour éviter d’alimenter les accusations de conflit d’intérêts qui empoisonnent le milliardaire et sa famille – elle a quitté ses fonctions à la Trump Organization et à la tête de son entreprise de vêtements, mais continue d’en tirer des revenus – une partie des recettes iront à de bonnes oeuvres. Et la sortie du livre ne s’accompagne d’aucun tapage publicitaire ni tournée promotionnelle. Quant au contenu, il s’inscrit dans la droite ligne de ses comptes Twitter et Instagram, parfaitement manucurés: conseil après conseil pour les femmes qui veulent conjuguer carrière, famille et glamour, depuis la décision de fonder ou pas une famille jusqu’aux techniques d’entretiens, en passant par le choix des loisirs (elle aime le jardinage, et a de belles propriétés à sa disposition pour s’y adonner avec ses enfants).

Femme multi-dimensionnelle

Le livre d’Ivanka Trump, “Femmes au travail: réécrire les règles du succès”, publié chez Penguin, est pris en photo dans une librairie Barnes & Nobel à New York le 2 mai 2017

Le livre déborde de références à d’autres femmes à succès, de la super-vedette des médias Oprah Winfrey à la N.2 de Facebook, Sheryl Sandberg, en passant par la papesse de la mode Anna Wintour, qui lui proposa de l’embaucher chez Vogue quand elle étudiait à la prestigieuse Wharton School de Pennsylvanie. Chiquenaude au discours anti-musulman de l’administration Trump: la “Première fille” mentionne aussi élogieusement Umber Ahmad, fille d’immigrés pakistanais aujourd’hui très glamour, qui a lancé à New York une pâtisserie aujourd’hui renommée après avoir été banquière. Ivanka, désormais conseillère officielle à la Maison Blanche, donne aussi quelques pistes sur les expériences qui l’ont formée.

Elle rend un hommage appuyé à sa mère tchèque, Ivana, première femme de Trump, qui lui a prodigué philosophie de vie tout en incarnant parfaitement “la femme multi-dimensionnelle”, capable “d’inspecter méticuleusement” la construction d’un nouvel hôtel “en talons aiguille”, alors que les femmes dans l’immobilier étaient encore rares. Elle explique aussi avoir longtemps hésité à exposer sa famille sur les réseaux sociaux, ce qu’elle fait avec un don certain pour l’auto-promotion aujourd’hui: elle craignait notamment de “saper (son) autorité aux yeux de (ses) collègues et pairs, dans un secteur dominé par les hommes”.Elle se targue d’avoir essayé, dans l’entreprise qu’elle a créée, d’avancer la cause des femmes, en autorisant des emplois du temps très souples ou en “donnant l’exemple” en amenant ses enfants au bureau ou en partant tôt pour les chercher à l’école.

Vie de princesse

Les exemples qu’elle donne reflètent néanmoins un train de vie de princesse: elle raconte notamment comment sa fille la rejoignait tous les mercredis pour déjeuner dans son bureau de Trump Tower – toute proche de son appartement de Park Avenue – où une table spécialement installée pour elle renfermait “bonbons, jouets, crayons et feutres de couleurs”. Et lorsqu’elle voyageait beaucoup sur la fin de la campagne électorale de son père, elle dit n’avoir fait que “travailler et être avec (sa) famille”, renonçant à s'”offrir des massages”. Nounou ou femme de ménage qui la secondent au quotidien sont quasi-absentes de ses exemples, même si elles sont remerciées en fin d’ouvrage avec les membres de sa famille. Ivanka, qui avait poussé son père à promettre pendant la campagne d’instaurer un congé maternité payé et des aides aux frais de garde d’enfants, revient brièvement sur cette question en fin d’ouvrage. “Nous devons nous battre pour que ça change, que ce soit via la législation ou dans les entreprises”, dit-elle sans autre précision. Même sans tapage publicitaire, le livre pourrait connaître un grand succès du fait de l’intérêt suscité par la “Première fille”. Son premier livre, paru en 2009, avait déjà été un succès de librairie.

Brexit: un minuscule village allemand, nouveau centre de l’Europe

Le drapeau de l’Union européenne flottant sur la place du minuscule village allemand de Gadheim en Bavière constitue le seul indice pour expliquer la venue de médias du monde entier dans ce coin perdu.

Une poignée de demeures sont nichées sur les collines de cette région viticole du sud de l’Allemagne, jalonnant une route bordée de champs où se dressent des éoliennes.

En 2019, à la fin prévue des négociations de sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne, les 89 habitants de Gadheim se retrouveront au centre géographique de l’UE, selon l’Institut Géographique National (IGN) à Paris.

La plupart ont appris la nouvelle à la radio, affirme Jürgen Götz, maire de Veitshöchheim, une commune proche. Gadheim est trop petit pour avoir un maire.

“Nous avons pensé à un poisson d’avril”, s’amuse l’édile, attablé à l’hôtel du village.

Mais ses habitants sont fiers du coup de projecteur donné à leur région bucolique. Et ont déjà planté un drapeau bleu foncé aux étoiles sur la place du village.

“Mon mari a toujours dit que nous étions le centre du monde”, plaisante Inge Diek, une villageoise représentant la Fédération allemande des agriculteurs.

“Il existe une légende locale selon laquelle Dieu a embrassé la Terre une seule fois, à l’endroit où se trouve Veitshöchheim. Gadheim en fait partie”, raconte Jürgen Götz.

Les habitants de Gadheim ont même lancé un groupe WhatsApp pour s’amuser de leur renommée et signaler l’endroit.

Un sentiment d’amertume

La plus surprise d’entre eux est Karin Kessler, cheveux noirs, teint buriné dans ses habits de fermière: c’est précisément dans son champ planté de colza que le futur centre post-Brexit de l’Union européenne a été localisé.

“Mais c’est dommage que cela se produise à cause du Brexit”, dit-elle, regrettant la décision des Britanniques.

Pour elle, l’un des avantages majeurs de l’UE est de traverser la frontière sans contrôle, comme lorsqu’elle se rend en France pour ses vacances.

“Et puis, mon père a fait la Seconde guerre mondiale. Il était prisonnier de guerre en France. J’ai de bonnes raisons d’apprécier” l’UE, conçue pour rassembler les ennemis héréditaires, explique-t-elle.

Karin Kessler attend avec impatience le moment où le Brexit sera définitif, histoire de montrer à son père le drapeau qui flottera alors dans son champ pour marquer le centre de l’UE.

Mais “si les Britanniques réfléchissaient à nouveau, alors je serais aussi heureuse…”, dit-elle.

Le centre se déplace

Le centre de gravité de l’Union européenne est situé en Allemagne depuis le 1er mai 2004 et le passage de 15 à 25 pays membres, selon l’IGN. Auparavant, il aura été en Belgique pendant près d’une décennie.

Mais depuis 2004, il a changé plusieurs fois de place sur le sol allemand. Quand la Croatie a rejoint l’UE en juillet 2013, c’est le village bavarois de Westerngrund, à environ 60 km au nord-ouest de Gadheim, qui a ainsi hérité de ce statut.

Il le perdra avec la sortie de la Grande-Bretagne, au grand dam de sa maire, Brigitte Heim. Car depuis que le centre est ici, “ils savent à Munich, la capitale du Land (État régional), que Westerngrund fait encore partie de la Bavière…”, dit-elle – bien que le dialecte des villageois et leur préférence pour l’Apfelwein (vin de pomme) les rattachent davantage à la Hesse voisine.

Environ 6.000 personnes issues de 93 pays – y compris l’Australie et la Mongolie – ont signé le livre d’or de la commune, conservé depuis 2013 à l’abri sur une pelouse soignée et bordée d’une rangée de drapeaux: ceux de la ville, le canton, l’État régional, l’Allemagne et l’UE.

“Nous pensions que les bus de touristes chinois déferleraient ici chaque semaine. Il n’en a rien été”, regrette toutefois le boulanger local Christoph Biebrich, qui a conçu des pains en forme d’anneau avec un “nombril de l’UE” au centre.

Il souligne que les locaux et les touristes de passage aiment pique-niquer à cet endroit, ou bien randonner à pied ou en VTT le long de la piste reliant Westerngrund… au précédent centre désigné de l’UE, situé dans la commune de Meerholz, à une quinzaine de kilomètres de là, en Hesse.

Les habitants de Westerngrund et de Gadheim font un vœu: celui que la prochaine fois, le centre de l’UE se déplace en raison de l’adhésion d’un nouveau membre et non d’un départ. “Le Brexit est un pas en arrière, ça ne peut pas continuer”, juge Brigitte Heim.

Et “bien sûr, nous espérons que la France n’empruntera pas le même chemin…”, lance-t-elle en allusion à l’élection présidentielle française, où la candidate d’extrême droite Marine Le Pen, qualifiée pour le 2e tour, prône un référendum sur l’appartenance à l’UE.

Frustré par le budget, Trump s’en prend au fonctionnement du Congrès

Frustré par le compromis budgétaire, qui ne prévoit pas le moindre dollar pour son projet emblématique de mur à la frontière avec le Mexique, Donald Trump a fait mardi une irruption inattendue dans le débat en proposant de changer les règles de fonctionnement du Congrès.

Se tournant vers son compte Twitter, son mode de communication favori pour exprimer son agacement ou sa colère, le président américain est même allé jusqu’à souhaiter “un bon shutdown” (fermeture des administrations centrales) à l’automne pour faire bouger le système. Or le sujet est particulièrement sensible au sein du parti républicain tant la spectaculaire paralysie de 2013, dont il avait été largement tenu pour responsable, a traumatisé ses élus. Les relations entre la Maison Blanche et Capitol Hill font l’objet d’une attention renouvelée ces derniers jours car la réforme du système de santé est de nouveau à l’ordre du jour. Un peu plus d’un mois après un échec cuisant, les républicains tentent de nouveau d’abroger “Obamacare”, mais l’issue du nouveau vote est très indécise. “Soit nous élisons plus de sénateurs républicains en 2018, soit nous changeons les règles immédiatement”, a tweeté le président américain, déplorant que son parti ne dispose pas des 60 voix nécessaires au Sénat pour décider seul, sans avoir à négocier avec les démocrates. “Notre pays a besoin d’une bonne +fermeture+ (des administrations) en septembre pour régler ce problème !”, a-t-il ajouté, dans une formule pour le moins inhabituelle dans la bouche du locataire de la Maison Blanche.

Au Sénat, une majorité qualifiée de 60 voix sur 100 est requise pour adopter les lois, à quelques exceptions près. Or les républicains ne disposent que de 52 sièges, ce qui les oblige à recueillir l’appui d’une partie de l’opposition démocrate pour voter chaque texte. Jusqu’à récemment, les nominations de juges de la Cour suprême étaient également soumises à la barre des 60 voix, mais face à l’obstruction démocrate, les républicains l’ont abaissée en avril à une majorité simple de 51 voix. Donald Trump s’était félicité de cette mini-révolution, et demande aujourd’hui à sa majorité de faire la même chose pour les législations.

Tweet “honteux

Quelques heures après ses tweets, il optait, lors d’une cérémonie de remise de trophée à une équipe de football américain, pour un parti pris radicalement différent, louant “la hausse massive” des dépenses de la Défense obtenue dans ce compromis du Congrès. “Nous mettons enfin un terme à des années de coupes dans les dépenses militaires et montrons notre détermination au monde entier”, se félicitait-il, tentant de mettre en valeur un compromis qu’il dénonçait le matin même.

A l’issue de plusieurs semaines de négociations, majorité républicaine et opposition démocrate ont dévoilé lundi un texte de compromis afin de financer l’Etat fédéral pour les cinq derniers mois de l’année budgétaire 2017, soit jusqu’au 30 septembre. Il devrait être adopté avant la fin de la semaine.La proposition de loi détaille 1.163 milliards de dollars de dépenses pour l’année, soit un peu moins du tiers de tout le budget fédéral. Sur ce total, la Défense en obtient 598,5, soit une augmentation de 4,5% par rapport à 2016. Mais les démocrates ont eu gain de cause sur le projet de mur à la frontière du Mexique, dont ils avaient fait leur cheval de bataille: pas le moindre dollar fédéral ne pourra être utilisé pour lancer le chantier. Si les élus républicains se montraient discrets sur les tweets présidentiels, leurs adversaires démocrates sont montés au créneau avec force. “Un bonne fermeture (des administrations)?”, s’est indigné l’élu démocrate de Virginie Gerry Connolly. “Une déclaration irréfléchie de la part de celui qui a prêté serment de protéger les États-Unis”. Le sénateur du Vermont Patrick Leahy, a déploré un tweet “honteux” au moment où s’engagent les négociations sur le budget 2018, rappelant le coût du “shutdown” d’octobre 2013, quand des centaines de milliers de fonctionnaires fédéraux avaient dû rester chez eux pendant plus de deux semaines.

Le racisme en France raconté en Amérique

Alexandre Amiel a senti l’urgence de raconter le racisme quand son fils de 11 ans lui a demandé, juste après les attentats de Charlie Hebdo et du supermarché Hyper Cacher: “Pourquoi nous détestent-ils ?”

La réponse du cinéaste a été d’aller directement poser la question aux extrémistes, à un moment où le discours de la candidate à la présidentielle du Front national, Marine Le Pen, s’est normalisé et où les actes racistes et antisémites restent à des niveaux inquiétants.

“Pourquoi nous détestent-ils ?”, qui sera projeté dimanche en première américaine au festival du film français Colcoa de Los Angeles, après être sorti en décembre en France, est un documentaire en trois parties raconté du point de vue d’un réalisateur juif, d’un Noir et d’une Arabe.

Les histoires de “trois personnes qui ne sont pas particulièrement victimes du racisme”, qui vont se confronter à ceux qui disent les détester: “Une étude sur ce qu’est le racisme aujourd’hui”, a raconté le metteur en scène de 43 ans, interrogé par l’AFP à Los Angeles, au lendemain du scrutin présidentiel qui a vu Marine Le Pen se qualifier pour le second tour, derrière le pro-européen Emmanuel Macron.

Amiel, qui se dit de gauche, déclare, sans surprise, sa préférence pour le fondateur d’En Marche!, celui en tout cas qu’il “déteste le moins”.

“Nous sommes tous racistes”

Le cinéaste Alexandre Amiel à l’ouverture du festival du film français Colcoa de Los Angeles, le 24 avril 2017

“Ici, Trump a été élu. En Angleterre, on ne croyait pas qu’ils quitteraient l’Europe et ils l’ont fait”, souligne-t-il, tout en saluant le fait que la candidate du FN ne soit pas parvenue en première place. “Peut-être qu’on a appris de ce qui s’est passé ailleurs”.

Amiel dit avoir réalisé son documentaire pour montrer que face à la montée du populisme et des attaques contre la démocratie, il faut redoubler de vigilance vis-à-vis du racisme dans la société mais aussi dans notre inconscient.

Il se refuse toutefois à condamner ceux qui votent FN: “S’il y a tant de montée des extrêmes en France, c’est parce que les partis ordinaires, de droite comme de gauche, n’ont pas fait leur travail ces dernières années alors on ne peut pas blâmer les gens qui veulent tout envoyer promener”.

“Avec ce film, j’ai voulu montrer qu’on doit réagir. Nous sommes tous racistes. (…) Ne pas être raciste, c’est une gymnastique”, assure-t-il.

Amiel, journaliste et producteur de télévision qui se définit comme un “juif culturel mais pas pratiquant”, a initialement conçu son film comme un documentaire pour le petit écran, diffusé en trois parties à l’automne.

Les extraits des échanges des cinéastes avec les extrémistes ont été visionnés plus de 20 millions de fois en ligne, déclenchant leur sortie en salle en version longue.

Epuration

La première partie est réalisée par le Martiniquais Lucien Jean-Baptiste, dont la comédie “La première étoile” (2009) était en lice pour le César du meilleur film. Il dialogue avec le dirigeant de radio et homme politique d’extrême droite Henry de Lesquen, qui veut interdire ce qu’il appelle “la musique nègre”.

Puis la comédienne et cinéaste Amelle Chahbi, d’origine marocaine, s’interroge sur l’intégration des Maghrébins de Paris et affronte un fasciste lors d’une manifestation.

“Si on ne veut plus d’Arabes ou de musulmans en France, comment on peut faire ?”, lui demande-t-elle. Ce à quoi il répond, glacial, qu’il faudrait un président “qui soit vraiment un nationaliste et qu’il fasse une épuration”.

Dans la dernière partie, Alexandre Amiel rencontre Jérôme Bourbon, éditeur du hebdomadaire antisémite Rivarol, qui affirme tout de go: “Avant, quand on était un pays catholique, on ne recevait pas un juif à sa table”.

“Billy Wilder a dit qu’il y avait deux types de juifs avant les deux guerres mondiales, les optimistes et les pessimistes. Les pessimistes sont partis à Hollywood – et ont bâti Hollywood -, les optimistes sont restés et sont morts dans les camps”, lance Alexandre Amiel.

“Le problème, c’est que je suis très optimiste et je ne veux pas changer”.

“On verra”, lors du second tour, le 7 mai, conclut-il. “Etre optimiste, ça ne vous rend pas plus intelligent mais ça vous rend plus heureux”.