Comment réagit la rédaction de TV3 face aux évènements en Catalogne – Entretien avec Lluis Caelles

Cette semaine, notre envoyé spécial à Barcelone et également spécialiste médias Franck Paillanave, s’est rendu dans les locaux de la chaîne publique catalane TV3 pour faire le point sur la situation après des inquiétudes de la part de la rédaction il y a 2 mois (voir l’article ici).

A cette occasion, nous avons pu rencontrer Lluis Caelles, journaliste au service international de TV3 et président du conseil professionnel de la chaîne.

Interview de Claire Chazal

A l’occasion de la 4ème édition des Idées mènent le Monde à Pau, notre correspondant sur place Franck Paillanave, a pu rencontrer la journaliste Claire Chazal. L’ex-présentatrice des JT de TF1 était présente pour parler de sa passion pour la danse. Dans cette interview, notre journaliste revient sur cette passion méconnue mais également sur sa carrière de journaliste.

Interview de Ruth Elkrief

A l’occasion de la 4ème édition des Idées mènent le Monde à Pau, notre correspondant sur place Franck Paillanave, a pu interviewer Ruth Elkrief. La journaliste de BFMTV était présente pour parler de sa passion pour le journalisme. L’occasion de revenir sur son aventure BFM, mais également sur son regard sur les 6 premiers mois d’Emmanuel Macron.

Interview de Philippe Meyer

A l’occasion de la 4ème édition des Idées mènent le Monde à Pau, notre correspondant sur place Franck Paillanave, a pu rencontrer Philippe Meyer, grand passionné de radio, ancien animateur de France Culture et maintenant en podcast avec “Le nouvel Esprit Public”.

Les médias catalans menacés par Madrid

Ce mercredi, les médias publiques catalans (TV3, Catalunya Radio et ACN) organisaient une conférence de presse pour parler de leurs inquiétudes avant une possible mise sous tutelle des médias catalans par Madrid, en vertu de l’article 155 de la constitution espagnol.

Notre envoyé spécial en Catalogne a pu s’entretenir avec Montserrat Besses, ancien correspondante à Paris et journaliste pour la télévision catalane.

De nombreux journalistes arboraient à cette occasion des t shirts disant que sans les médias publiques, il n’y avait pas de démocratie.

Photo Franck Paillanave pour C L’info

TV3 qui était très intéressé a même interrogé notre envoyé spécial à Barcelone et spécialiste média sur la situation.

Quel bilan pour les dimanches après-midi de France 2 ?

Très peu évoquée au moment de la rentrée médiatique, la restructuration des programmes du dimanche après-midi de France 2 était pourtant un des chantiers majeurs de Delphine Ernotte. Plus d’un mois après le début de la saison télévisuelle, voici venu le temps du premier bilan.

La saison 2016 – 2017 aura été plus que complexe pour France 2. Plombée par la faiblesse des audiences de ses après-midis, la chaîne avait même réalisé en janvier 2017 sa plus basse audience mensuelle de son histoire avec 12,3 % de part de marché. Dans ce marasme généralisé, les dimanches après-midi de la chaîne publique avaient également connu d’énormes difficultés. La rediffusion d’On n’est pas couché, sur le créneau historique de Vivement Dimanche a été abandonnée en cours de saison, faute d’audience, au même titre que l’avancée de l’horaire de Stade 2. Une situation délicate qui a donc forcé Caroline Got, directrice exécutive de France 2, à proposer une nouvelle grille pour les dimanches après-midi de la chaîne. Les Enfants de la télé, Code Promo, Stade 2, Vivement Dimanche et 19h00 le dimanche ont donc reçu la mission périlleuse de ramener le public sur cette tranche horaire sinistrée par les multiples changements de programmation. Plus d’un mois après la rentrée médiatique, y sont-ils parvenus ? Eléments de réponse.

Les Enfants de la télé : la bonne surprise

Fraichement débarqué de TF1, le programme phare qu’avait lancé Arthur en 1994 sur France 2 a été confié à Laurent Ruquier. Redynamisée par la production EndemolShine France, l’émission a trouvé son public et a fait peau neuve. France 2 a réussi à moderniser une émission qui avait perdu son public, et sa fraîcheur, depuis plusieurs années sur TF1. A sa tête, Laurent Ruquier est très bon, dans un rôle de chef d’équipe qui lui sied à merveille. Porté par une très bonne programmation des invités, le programme devient un véritable rendez-vous hebdomadaire, qui nous fait revivre avec plaisir les grandes heures de la télévision, sans pour autant tomber dans la nostalgie et le passéisme. La production a également eu la brillante idée d’ajouter une performance live en fin d’émission, conclusion parfaite à un programme qui ne manque pas de rythme et d’intensité. Côté audience, le bilan est plus que satisfaisant pour France 2. Après six émissions, Les Enfants de la télé semblent avoir attiré un public de fidèles le dimanche entre 14h20 et 15h40. Réunissant entre 1,2 millions et 1,4 millions de téléspectateurs, le programme s’est stabilisé autour de 11% de part de marché et permet à France 2 d’être devant M6 sur ce même créneau horaire. La direction a de quoi être satisfaite.

Code Promo a du mal à se lancer

C’est la nouveauté qui a été lancée le plus tard. Code Promo n’est en effet arrivé sur nos écrans que ce dimanche 1er octobre. Le principe de cette production de Catherine Barma est simple : une bande d’humoristes vient donner des conseils aux invités accueillis par Stéphane Bern pour assurer leur promotion. Si le concept et les intentions sont bons, le rendu final est plus que médiocre. Le programme casse le rythme insufflé par Les Enfants de la télé. On nous avait vendu une émission fraîche, impertinente, dynamique et novatrice, on a tout le contraire ! Le programme est empreint d’un faux rythme ambiant, que la médiocrité des sketches n’arrive pas à relancer. Stéphane Bern, sur un canapé bleu rappelant étrangement Michel Drucker, n’apporte aucune plus value et Olivier de Benoist, co-créateur de l’émission a du mal à relever le niveau. Les deux premières émissions ont en tout cas laissé un drôle de goût en bouche et le programme va devoir monter en gamme s’il veut fidéliser ses téléspectateurs. Code Promo, qui  avait réalisé une audience convenable de 1,13 millions de téléspectateurs pour 10% de part de marché pour sa première diffusion, a vu son audience chuter ce 8 octobre et passer à 1,05 millions de téléspectateurs pour 9,1% de part de marché. Sur cette tranche, M6 repasse devant France 2 avec Maison à vendre. Si l’émission veut repartir à la hausse, elle devra se montrer plus convaincante et peut-être plus irrévérencieuse.

Stade 2 n’enraye pas la chute

Stade 2 a fait peau neuve cet été. Céline Géraud évincée et nommée à la tête de Tout le Sport, en alternance avec Thomas Touroude, Matthieu Lartot a été désigné pour animer l’émission de sport mythique de France 2, en attendant que Clémentine Sarlat le rejoigne en janvier 2018. En perte de vitesse côté audience depuis plusieurs saisons, l’émission a été réduite de près de 20 minutes. Le programme, qui débute à 16h55, dure ainsi depuis la rentrée médiatique un peu moins de 55 minutes, afin de laisser la place à Michel Drucker à 18h00. Sur ce créneau, Stade 2 peine à trouver son public. Ainsi, ce dimanche, l’émission sportive à fédérer 931 000 téléspectateurs pour seulement 7,8% de part d’audience. Un creux dans les après-midi dominicales de France 2 qui peut en partie s’expliquer par la case horaire à laquelle est diffusé le magazine. En plein milieu de l’après-midi, Stade 2 doit faire face à la concurrence de nombreux évènements sportifs. Ainsi, les fans de sport, susceptibles de regarder le programme, sont sur les chaînes spécialisés au même moment. La tache sera encore plus compliquée pour Stade 2, dans la mesure où huit de ses émissions vont passer à la trappe cette saison, notamment lors des week-ends de Coupe d’Europe de rugby sur France 2. Si la saison dernière, après les rencontres de rugby, la chaîne proposait Stade 2 en lead-out, cette année, c’est Vivement Dimanche qui sera diffusé après la Coupe d’Europe. Il apparait clair que la mythique émission sportive de France 2 n’est pas la priorité de Caroline Got cette année.

Vivement Dimanche Prochain ramène du public

C’est donc à Michel Drucker que revient la tâche de ramener sur France 2 le public égaré par Code Promo et Stade 2. Et pour ce faire, le monstre sacré de la télévision française s’appuie sur son désormais classique Vivement Dimanche prochain. C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures comme on dit. Et force est de constater que la marque Vivement Dimanche a encore quelques beaux jours devant elle. Valeur sure des dimanches de France 2, le programme, diffusé à un nouveau créneau horaire (18h05 au lieu de 19h00), arrive à se stabiliser autour de 10,2% de part de marché et devrait continuer à augmenter d’ici les prochaines semaines. La recette est la même pour Michel Drucker et fonctionne plutôt bien. Pendant une heure, l’animateur reçoit des invités dans le cadre de leur promotion et accorde une place importante à ses fidèles humoristes. L’émission ramène du rythme aux après-midi de France 2 et montre chaque semaine qu’elle reste un des programmes forts de la première chaîne publique. S’il n’est plus la pierre angulaire des dimanches de la chaîne, Michel Drucker est tout de même toujours aussi essentiel à France 2 en lui permettant de retrouver une partie de l’audience perdue par Code Promo et surtout Stade 2.

Le pari risqué de Laurent Delahousse

C’est la véritable nouveauté, et le plus gros pari, de France 2. Pour succéder à Michel Drucker, Caroline Got a décidé de lancer une grande tranche d’information de 19h00 à 20h50, portée par Laurent Delahousse. Le journaliste à la mèche rebelle arrive donc cette saison avec 19h00 le dimanche. Un programme qu’il a conçu lui-même et qu’il réclamait depuis des années. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le présentateur des journaux du week-end semble prendre du plaisir à la tête de ce nouveau format. Elégant, à l’aise, parfois drôle, Laurent Delahousse se montre parfait dans cet exercice et démontre chaque dimanche soir qu’il est né pour animer ce genre de formats. L’émission est, d’autre part, portée par un cadre absolument époustouflant. Plateau immense, habillage chic et réalisation soignée, 19h00 le dimanche est un objet télévisuel épatant. Sur le fond, la tranche propose des sujets très pédagogiques, à l’image de ce que fait la chaîne France Info, mais aussi des reportages au style proche de ceux réalisés par Quotidien avec des journalistes qui se mettent eux-mêmes en scène. Petit bémol en revanche pour la partie humour qui n’arrive toujours pas à convaincre après plusieurs émissions. Au cœur d’un carrefour de l’information déjà très dense à 19h00, le nouveau format réalise des audiences inférieures à celles réalisées par Vivement Dimanche prochain sur la même case horaire les saisons précédentes. 19h00 le dimanche reste sous la barre des 9% de part de marché et tourne autour de 1,9 millions de téléspectateurs. Il faudra laisser du temps à ce programme léché et très esthétique pour trouver son public et devenir un véritable rendez-vous de la grille de France 2.

Pour relancer ses dimanches après-midi, France 2 a misé sur le contenu original et sur les émissions en plateau quand M6 enchaîne les rediffusions et TF1 les magazines ou reportages. Si les intentions sont bonnes, il ressort tout de même que le résultat est assez mitigé. Les Enfants de la télé sont incontestablement une réussite et ont déjà trouvé leur public. Code Promo va devoir monter en gamme s’il veut fidéliser son public. Le créneau horaire de Stade 2 semble plomber le magazine sportif. A 18h00, Vivement Dimanche prochain permet à France 2 de retrouver des couleurs et montre qu’il reste une marque importante de la chaîne. Magnifique produit télévisuel, 19h00 le dimanche n’est quant à lui pas assez fédérateur et France 2 va devoir lui laisser le temps de trouver son public, face à la concurrence de Sept à Huit et 66 Minutes. Caroline Got a tout de même réussi son pari et a apporté une certaine stabilité à la programmation des dimanches après-midi de France 2. Dans ce contexte plus serein, nul doute que l’audience de la chaîne va progresser et monter en puissance tout au long de la saison.

Dans les coulisses du Tour de France

A l’occasion du passage du Tour de France à Pau, nous avons pu passer une journée dans la Zone Technique afin de vous faire découvrir les coulisses d’un des évènements les plus suivis au monde grâce à notre diaporama.

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TPMP : l’émission de divertissement devenue phénomène de société

Ce jeudi soir, pour la 1000ème de son émission devenue culte, Cyril Hanouna est allé interpeller Emmanuel Macron devant la tour TF1, d’où il sortait après avoir participé à une émission politique. Amusé et visiblement complice du trublion de C8, le candidat En Marche s’est prêté au jeu de saluer l’émission et de lui souhaiter un joyeux anniversaire. Le finaliste de la Présidentielle a également appelé les téléspectateurs de l’émission à aller voter le 7 mai, mettant en avant l’idée que s’abstenir « c’est laisser les autres choisir ». Une séquence surréaliste qui au-delà d’impacter la campagne présidentielle, vient faire pénétrer Touche Pas à Mon Poste ! dans une autre ère. L’émission bascule désormais dans une nouvelle catégorie. De divertissement pur, le programme est devenu un phénomène de société que désormais la sphère politique cherche à s’accaparer. TPMP et son animateur vedette sont devenus les catalyseurs de la jeunesse populaire. Cyril Hanouna et son émission sont maintenant un moyen de parler directement aux jeunes. Après 5 ans dans le groupe Canal, TPMP semble être bien plus qu’une émission de divertissement.

 Hanouna – Macron : duo complice

Afin d’obtenir cette séquence surréaliste, Cyril Hanouna avait bien préparé son coup. L’animateur de C8 avait en effet annoncé le matin même sur Europe 1 son intention d’aller à la rencontre du candidat En Marche ! à sa sortie de la tour TF1. Ce jeudi soir, les images laissent la trace d’une improvisation totale. Cyril Hanouna, en plateau, décide subitement de partir à 23h00 pour se rendre en scooter devant les locaux de la chaîne privée, sans pour autant savoir s’il parviendra à rencontrer Emmanuel Macron. Arrivé devant la tour TF1, la sécurité de la chaîne laisse étrangement Cyril Hanouna attendre Emmanuel Macron qui arrive quelques minutes après. L’animateur interpelle alors le candidat et échange quelques mots avec lui. Mais à y regarder de plus près, la séquence semble au contraire être parfaitement organisée. La rencontre entre le candidat et Cyril Hanouna résulte d’un accord commun entre les deux parties. Cyril Hanouna obtient une séquence qui fait le buzz. Emmanuel Macron cultive son image de candidat jeune, qui bouleverse les codes. Ce moment fait définitivement basculer l’émission. Elle n’est plus un simple divertissement. Elle entre dans une stratégie politique. La séquence s’intègre parfaitement dans la plan d’Emmanuel Macron. Candidat starifié, médiatisé à outrance, Emmanuel Macron se sert presque de Cyril Hanouna pour s’attirer les faveurs de son jeune public. Le candidat à la Présidentielle vient de réaliser un énorme coup de communication. Il vient chercher les jeunes électeurs et les incite à voter pour lui en se rendant à la source même, en parlant et en se montrant proche de leur idole. Emmanuel Macron affirme son image de candidat singulier, jeune, moderne. La séquence est loin d’être improvisée. L’ancien ministre de l’Economie n’est pas surpris par l’arrivée de Cyril Hanouna. Il est parfaitement au courant de ce qu’il va se passer. Il a déjà préparé son discours. Il arrive, avec talent, à se rendre sympathique tout en rappelant l’échéance cruciale du 7 mai. La séquence a été organisée par C8 et les équipes d’Emmanuel Macron, en accord avec la direction de TF1. Hier soir, nous avons bel et bien assisté à une stratégie de communication organisée par le candidat. On est largement loin de la séquence présentée comme improvisée par Cyril Hanouna. Le moment témoigne de l’importance prise par TPMP depuis plus de 5 ans. L’émission est un phénomène de société qui dépasse désormais les cadres de la sphère médiatique. Emblème de la culture populaire et de la jeunesse, le divertissement se retrouve alors à avoir un poids politique. Emmanuel Macron l’a parfaitement compris et s’en est servi hier soir avec brio pour s’adresser directement aux jeunes. Ce jeudi, TPMP est devenu un relai, a fait le lien entre Emmanuel Macron et l’électorat jeune qu’il cherche à cibler.

 

Cinq ans de succès

Le tournant de l’histoire de TPMP, c’est son changement de chaîne. En 2012, Cyril Hanouna passe de France 4 à D8 pour prendre l’access prime-time de la nouvelle chaîne du groupe Canal. L’animateur amène avec lui Touche Pas à Mon Poste !, l’émission qu’il a lancée deux ans plus tôt sur la chaîne publique. Cinq ans plus tard, TPMP fête sa 1000ème émission et est devenu un programme culte, avec son lot de séquences mythiques et de polémiques. L’émission ne laisse personne indifférent et est un véritable phénomène de société. A l’origine de ce succès, une stratégie parfaitement maîtrisée par Cyril Hanouna et ses équipes de production. L’animateur a ainsi été le premier à comprendre l’importance que pouvait avoir Twitter. Dès les premières émissions sur France 4, TPMP a su tisser un lien très fort avec ses téléspectateurs par l’intermédiaire des réseaux sociaux. Les fans pouvaient en effet envoyer des vidéos, des messages, des photos à l’équipe de TPMP afin d’apparaitre dans l’émission. Plus qu’une émission de télévision, Touche Pas à Mon Poste ! est l’émission des réseaux sociaux. Sur D8, Cyril Hanouna a réussi à développer avec talent une énorme communauté de fans, les fanzouzes. Mettant en avant une certaine idée de proximité entre lui et ses téléspectateurs, l’animateur s’est constitué une véritable armée de fans, qui n’hésite pas à aller au front sur les réseaux sociaux dès que leur protégé et leur émission préférée sont attaqués et critiqués. Lançant des hashtags à la gloire du programme et de son animateur, live-tweetant l’émission en direct afin de la mettre en Trending Topic – sujets les plus commentés sur Twitter – retweetant et commentant chaque photo des chroniqueurs de TPMP, les fanzouzes ont réussi à développer la portée de l’émission. Une forme de passation de pouvoir. Par son excentricité, sa science du direct et son humour, Cyril Hanouna a fait le succès médiatique de TPMP. Il a ensuite transmis le relai à ses fans qui ont réussi à en faire une réussite majeure sur les réseaux sociaux. Mais au-delà de cette stratégie efficace sur Internet, TPMP puise son succès dans sa capacité à entretenir le buzz permanant. Depuis plusieurs saisons, Cyril Hanouna répond à chacune des attaques que l’on peut faire à son encontre. En répondant souvent à des personnalités plus puissantes que lui comme Alain Delon ou Brigitte Bardot, l’animateur a réussi à mettre son émission au cœur de l’actualité. C’est en accumulant les séquences volontairement trashs, en multipliant les polémiques et en répondant perpétuellement aux personnalités qui critiquent son émission que Cyril Hanouna a permis à TPMP de sortir de la sphère médiatique. L’animateur en est alors devenu le symbole assumé de la culture populaire. Les Sardines et Kendji sont devenus les hymnes de l’émission. Et l’arrivée de Quotidien sur la même case horaire en face est venue accentuer cette image. Face à l’émission de Yann Barthès, jugée bobo et branchée, TPMP est l’émission populaire par excellence. En cinq ans, Cyril Hanouna est devenu le chantre de la culture de masse, l’emblème du populaire en utilisant avec une grande maîtrise les réseaux sociaux et la science de la polémique.

Quel avenir pour Cyril Hanouna ?

Un jour la question va forcément se poser : que va bien pouvoir faire Cyril Hanouna après TPMP ? L’émission n’est pas éternelle. L’animateur ne va pas forcément tenir encore cinq ans le rythme d’un programme quotidien et particulièrement intense. Les spectateurs vont peut-être eux-mêmes se lasser de l’émission. Alors à ce moment-là, que pourra faire Cyril Hanouna ? N’est-il pas condamné à être l’animateur d’une seule émission ? N’est-il pas déjà forcé à ne connaître qu’un seul succès ? Car s’il a réussi à développer une énorme communauté de fan, le trublion de C8 a également énormément de détracteurs. Il y a autant de gens qui adulent Cyril Hanouna que de personnes qui le détestent. A ce titre, son aventure sur Europe 1 est terriblement révélatrice des difficultés que pourraient connaître Cyril Hanouna après TPMP. A la rentrée 2014, l’animateur arrive avec Les Pieds dans le Plat pour remplacer Laurent Ruquier, parti présenter Les Grosses Têtes sur RTL. Si l’émission était un succès lorsqu’elle était diffusée entre 10h30 et 12h30, elle est un échec énorme entre 16h et 18h30. Les fidèles d’On Va S’Gêner qui n’avaient pas l’intention d’aller écouter RTL n’ont pour autant pas suivi l’émission de l’animateur de C8, le jugeant bien moins fin et légitime que Laurent Ruquier pour occuper cette tranche. Cyril Hanouna n’a pas réussi à séduire les auditeurs et l’émission s’est arrêtée après deux saisons ternes. Le problème, c’est que les auditeurs d’Europe 1 ne sont pas allés écouter l’émission par manque de sympathie pour Cyril Hanouna tandis que ses fans ne l’ont pas reconnu dans cette émission et n’ont pas retrouvé l’animateur qu’ils aimaient tant dans TPMP. Il s’agit ici du risque principal pour l’animateur de C8. S’il continue encore trop longtemps Touche Pas à Mon Poste !, Cyril Hanouna se coupera définitivement des téléspectateurs qui ne le regardent pas et le jugent négativement. Ceux-ci ne le suivront ainsi pas le jour où il lancera une nouvelle émission, quelque soit la qualité de celle-ci. Mais un jour, Cyril Hanouna n’aura plus la même énergie, la même fouge, et ce sont ses fans originels qui risquent alors de s’éloigner de lui et de le délaisser. Il ne peut pas prendre le risque de s’éterniser. S’il veut continuer sa carrière à la télévision, il est peut-être temps de changer d’image. A moins que son avenir se dirige vers la production et la direction de chaîne comme il le laissait entendre il y a plusieurs semaines dans TPMP.

Ce jeudi soir, TPMP a basculé dans une nouvelle phase de son existence. En interpellant Emmanuel Macron, Cyril Hanouna est devenu l’objet de sa communication. Le candidat d’En Marche a ainsi vu en l’émission de C8 le moyen d’attirer les jeunes, de s’adresser directement à eux pour mieux les séduire. En cinq ans, le programme est devenu un véritable phénomène de société. Succès médiatique monumental, fervent représentant de la culture populaire, emblème d’une certaine jeunesse, TPMP a su maîtriser les réseaux sociaux et les polémiques afin de s’imposer comme l’émission culte des années 2010. Mais à trop chercher le buzz, à trop puiser son succès dans les polémiques, l’émission commence à perdre certains de ses fidèles originels. S’il veut conserver son impact médiatique et prolonger le succès de son émission, il est peut-être temps pour Cyril Hanouna de changer de ton et de se donner une nouvelle image.

France 2 renonce à son débat avec les 11 candidats

France 2 a renoncé à organiser un débat avec les onze candidats à la présidentielle, le 20 avril, et leur propose désormais onze interviews individuelles en direct, dont l’ordre serait déterminé par tirage au sort en début d’émission, ont indiqué les entourages de plusieurs candidats mercredi.

Mais plusieurs candidats ont émis des réserves sérieuses, ce qui donne peu de chances à l’événement de se tenir, selon ces sources. La chaîne publique a mis cette nouvelle proposition sur la table lors d’une réunion mercredi après-midi, au lendemain du débat à onze diffusé sur BFMTV et CNews. Les interviews envisagées, d’une quinzaine de minutes, seraient réalisées par les journalistes David Pujadas et Léa Salamé, après une introduction commune. “Vu hier (mardi), France 2 ne veut pas reprendre la même séquence, considérant qu’il y a un risque de débordements à 2 jours de la fin… Enfin, ça a été dit en termes plus feutrés”, a expliqué l’entourage d’un candidat. Jean-Luc Mélenchon, qui avait soulevé un problème d’agenda le 20 avril, a toujours cette difficulté. “Pour nous c’est un problème de date, on voudrait que ce soit enregistré”, a confirmé l’entourage du leader de La France insoumise, tout en validant le nouveau format proposé. D’autres candidats ont émis des réserves sur la question du tirage au sort, qui les contraindraient à attendre dans leur loge qu’arrive leur tour. Certains jugeraient par ailleurs les journalistes désignés par la chaîne “trop abrasifs”.

France Télévisions a confirmé mercredi avoir fait “une nouvelle proposition” aux candidats, sans en préciser la forme mais en indiquant seulement que l’émission n’aurait “lieu que si les 11 candidats acceptent tous d’y participer”. Les candidats doivent donner leur réponse avant la fin de la semaine. En Marche! a donné son “accord sur la forme et la date, tout en tenant compte des réserves des autres candidats qui nous paraissent légitimes”, a déclaré un proche d’Emmanuel Macron. Interrogé en marge d’un déplacement dans l’est de la France, Benoît Hamon (PS) a dit regretter que “le service public audiovisuel ait cédé a la pression”. “Ce n’est pas bon pour la démocratie”, a jugé M. Hamon, égratignant ceux pour qui “la démocratie, c’est quand ça les arrange”. “Je déplore que les caprices de certains candidats privent les Français du dernier débat auquel ils ont droit”, a tweeté le secrétaire national d’EELV David Cormand.

Présidentielle: la campagne repart de plus belle après un débat jugé globalement réussi

La campagne présidentielle a franchi un cap supplémentaire avec le débat télévisé entre les onze candidats mardi soir, un exercice inédit jugé parfois confus mais globalement réussi du fait de l’impertinence des “petits” candidats.

Un débat “long et formaté” mais “assez fascinant” pour Le Parisien. “Le café de la République” pour le Figaro qui se demande au contraire “que diable les +grands+ candidats allaient faire dans cette galère”. Grande première de l’histoire des élections présidentielles, cette confrontation de l’ensemble des concurrents sur BFMTV et Cnews a rassemblé 6,3 millions de téléspectateurs en moyenne, selon les chiffres de Médiamétrie, contre plus de 10 millions le 20 mars pour le débat à cinq sur TF1 et LCI.

Ces près de quatre heures de débats parfois inévitablement confus ont été jugés globalement satisfaisants, y compris par les protagonistes. “Ça changeait des débats convenus”, s’est félicité Nicolas Dupont-Aignan (DLF). “C’est frustrant parce qu’on ne parle que 15 à 17 minutes” mais “ça s’est plutôt bien passé collectivement”, a jugé Benoît Hamon (PS) qui regrette cependant des sujets “absents” comme “l’écologie” et la “question sociale”. Un “débat magnifique” selon Jean Lassalle, “fils de berger” des Pyrénées et avocat lyrique des banlieues et de la ruralité. La droite est plus circonspecte, Éric Ciotti déplorant “une émission de télé-réalité” et des “candidats qui ont voulu faire des coups”. “Beaucoup de confusion”, a abondé Bruno Retailleau (LR), pour qui François Fillon “est apparu comme un chef d’État”.

Selon un sondage Elabe pour BFMTV, réalisé via internet à l’issue du débat, Jean-Luc Mélenchon a été jugé le plus convaincant par les téléspectateurs (25%) devant Emmanuel Macron (21%). Absents du premier débat le 20 mars sur TF1, les “petits” candidats, souvent très pugnaces, ont réussi à se faire entendre. Parmi les moments forts de la soirée, Philippe Poutou (NPA) a attaqué Marine Le Pen sur son refus d’honorer les convocations de la justice, mais aussi François Fillon sur l’affaire des emplois présumés fictifs de son épouse, rejoint sur ce point par Nathalie Arthaud (LO).

Je vais vous foutre un procès

“Je vais vous foutre un procès”, a fini par lâcher l’ancien Premier ministre envers Philippe Poutou, après avoir tenté une anaphore sur ce que doit être un “président exemplaire”, exercice rappelant le “moi président” de François Hollande en 2012.

Parmi les thèmes qui ont cristallisé les débats: l’Union européenne. Partisane d’une sortie de l’euro, Marine Le Pen s’est retrouvée concurrencée sur ce thème de prédilection. Nicolas Dupont-Aignan, ciblant autant Emmanuel Macron que François Fillon, a pu développer ses propositions pour un “patriotisme de bon sens”. François Asselineau a pu marteler sa volonté d’une sortie immédiate de l’UE et Jacques Cheminade la sienne de s’attaquer aux marchés financiers.

“Ce n’est pas rien d’observer combien aujourd’hui sont nombreux ceux qui ont décidé de tirer un trait sur l’Europe”, a relevé Benoît Hamon.

Les regards se tournent à présent vers le siège de France Télévisions où les représentants des candidats doivent se rencontrer mercredi après-midi pour discuter des conditions du débat prévu le 20 avril, à trois jours du premier tour. Plusieurs candidats, dont Jean-Luc Mélenchon, ont exprimé des réserves sur la date et d’autres concurrents réservent leur participation. En attendant, la campagne reprend de plus belle. Emmanuel Macron, mis “au centre du jeu” par ses adversaires, selon son porte-parole Benjamin Griveaux, passe un nouveau grand oral jeudi soir lors de “L’Émission politique” de France 2. Il se rendra ensuite un déplacement en Corse, où Marine Le Pen donnera également une réunion publique samedi. François Fillon se produira successivement mercredi à Provins, jeudi à Strasbourg et vendredi à Clermont-Ferrand avant un grand rassemblement dimanche Porte de Versailles à Paris. A gauche, Benoît Hamon se déplace jeudi à Nancy. Jean-Luc Mélenchon tient une grande réunion publique dimanche à Marseille.

Lire Aussi : Ce qu’il faut retenir du débat entre les 11 candidats

Reportage inédit dans les coulisses du Bus Europe 1

Le bus Europe 1 de la présidentielle était à Pau ce jeudi. Après les visites des auditeurs le matin, le bus accueillait l’émission “Europe Soir” de Nicolas Poincaré. Visite, coulisses et instantanés inédits ici.

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Merci aux équipes d’Europe 1, en particulier Nicolas Poincaré et Laurent Delpech, pour leurs accueils.

Delphine Ernotte a-t-elle jeté le discrédit sur France 2 ?

Ce lundi 13 mars, alors que l’arrivée de leur pastille humoristique était annoncée pour 20h40 sur France 2, Thomas VDB et Mathieu Madénian ont appris que leur chronique ne serait pas diffusée par la chaîne. Une annonce tardive et surprenante, qui résulte de la décision de Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, qui aurait posé son véto après avoir visionné le sketch des deux humoristes. Si la manière semble manquer de tact et de respect, l’affaire vient surtout pointer du doigt le fonctionnement interne de la première chaine publique de France et sème le doute sur la gestion stratégique de Delphine Ernotte.

Selon un membre de l’équipe de production de la pastille humoristique, “Deux heures avant, la direction a découvert que Thomas et Mathieu pouvaient y parler politique. Delphine Ernotte, qui ne connaissait pas le programme et ne l’avait jamais vu, a mis son veto après visionnage du premier numéro. Elle ne veut pas de problème quelques semaines avant le premier tour de la présidentielle“. Le déroulement de l’affaire jette évidemment l’opprobre dans un premier temps sur l’organisation interne de France Télévisions. Comment est-il possible que la Présidente de France 2 n’ait pu être consultée au moment de choisir un programme destiné à occuper l’une des cases les plus stratégiques de la journée, celle de l’après 20 heures ? D’autre part, comment cette même Présidente a-t-elle pu avoir la possibilité de passer outre la validation de la chronique par Xavier Couture, directeur des programmes de France 2 et Caroline Got, directrice de la chaîne ?  Si Delphine Ernotte fait le choix de déléguer la responsabilité de la programmation à ses directeurs de programmes et directeurs de chaînes, ce qui explique alors qu’elle n’ait pas été consultée au moment de valider la programmation de la pastille humoristique de Mathieu Madénian et Thomas VDB, elle ne peut donc annuler au dernier moment la décision prise par les personnes qu’elle a elle-même désigner pour cette tâche. Par la suppression de la chronique, Delphine Ernotte a fait preuve d’un terrible despotisme. Qu’elle délègue certaines décisions n’est pas un problème, mais qu’elle fasse le choix, seule et sans consulter personne, de supprimer une séquence validée par toutes ses équipes relève de l’autoritarisme. Soit la présidente participe à toutes les prises de décision sur la programmation des chaînes dont elle a la responsabilité. Soit elle laisse une totale liberté et accorde une confiance pleine à ses directeurs de chaîne. Mais elle ne peut adopter une posture intermédiaire. En supprimant la pastille de Mathieu Madénian et Thomas VDB, c’est tous les responsables de France 2 que Delphine Ernotte discrédite. C’est leur capacité à choisir selon les intérêts et besoins de la chaîne qu’elle remet en question. Au-delà de manquer de respect aux deux humoristes, la décision de supprimer la pastille est un terrible coup envoyé à la direction de la programmation de France 2.

Toujours ce lundi 13 mars, Mathieu Madénian et Thomas VDB interpellent Delphine Ernotte sur Twitter. La présidente de France Télévisions s’est alors fendue d’une réponse cinglante quelques minutes après.  « Hello messieurs, très sympa votre message et je vous dois la vérité : vous ne me faîtes pas rire… ». Un tacle sans appel qui confirme définitivement que la décision a été prise par la présidence du groupe et repose essentiellement sur ses goûts personnels. Le problème ici n’est pas que Delphine Ernotte ne trouve pas la rubrique drôle. Elle en a tout à fait le droit. La pastille a d’ailleurs eu seulement le mérite de survoler et de briller dans une émission globalement plate qui n’a jamais su trouver son public. Le concept, original, s’est assez vite essoufflé, certainement à cause du rythme quotidien de sa diffusion. Mais il a su néanmoins trouver son public, notamment sur Internet. Si la direction de la chaîne avait validé sa programmation à 20h40, c’est que France 2 pouvait y trouver son compte. La programmation d’une chaîne ne peut reposer sur les gouts de sa présidente. France 2 doit établir sa grille selon ses intérêts stratégiques, et non sur la base des goûts de Delphine Ernotte. Dans cette affaire, il apparaît essentiel d’observer que la présidente du groupe n’a pas entrevu les bienfaits positifs qu’aurait pu apporter la diffusion de la pastille de Thomas VDB et Mathieu Madénian. La chronique aurait pu être une excellente contre-programmation à C Canteloup sur TF1 qui surfe également sur le registre de l’humour politique. A 20h40, après le Journal Télévisé, le programme aurait pu parfaitement trouver sa place. France 2 aurait pu enfin trouver le programme irrévérencieux qui lui manque tant. Rappelons qu’à son arrivée, Delphine Ernotte avait voulu récupérer Les Guignols de l’Info. Surprenant de la voir quelques mois plus tard opposer son véto à un programme lui-aussi marqué par son impertinence et son ton provocateur.

Le vrai fond de l’affaire, c’est la peur caractérisée de la présidente de créer toute forme de polémique politique avant l’élection présidentielle. Ainsi, selon certaines sources, la chaîne subit d’énormes pressions et la Delphine Ernotte a fait le choix de la suppression du programme pour éviter la colère de certains candidats. La sortie de François Fillon dans L’Emission Politique suite à la chronique de Charline Vanhoenacker a en effet laissé des traces dans l’esprit de la responsabe de France Télévisions. Le candidat des Républicains s’était alors offusqué de la présence d’une séquence humoristique au cœur d’une émission politique. Dans la même ligne, plusieurs invités politiques refusent également de se rendre à On n’est pas Couché, étant gênés par le mélange entre émission de divertissement et débats politiques. Dans une période présidentielle où  chaque annonce et chaque interview peut avoir son importance et représente l’occasion pour une chaîne de fédérer du monde devant la télévision, Delphine Ernotte veut à tout prix éviter de se mettre à dos les candidats. Jugé trop sulfureux pour France 2, le programme humoristique de Thomas VDB et Mathieu Madénian a donc été victime de la politique de la présidente du groupe. Alors que 80 numéros de la chronique avaient été commandés par la chaîne et que 3 sketches avaient déjà été tournés, France 2 a fait le choix d’annuler le projet et de supprimer le programme. « Delphine Ernotte préfère une polémique médiatique à une polémique politique » estime un proche des deux humoristes. La volonté de la Présidente est tout à fait compréhensible. Mais le fait que le programme ait été validé en interne, montre une divergence d’opinion au sein de l’organisme de direction de France Télévisions, ou bien un manque total de coordination. Les têtes pensantes de France 2 ont donc lancé un projet qui ne collait pas du tout à la politique prônée par la Présidente ? Les directeurs de la chaîne étaient-ils au courant de la stratégie de la chaîne ? Une nouvelle fois, c’est le crédit général de la chaîne qui est mis en péril par cette affaire.

Si le choix de Delphine Ernotte a provoqué une polémique médiatique énorme, notamment sur les réseaux sociaux, il vient surtout discréditer le système interne de France Télévisions. L’affaire témoigne en effet d’un manque général de coordination du groupe. D’autre part, la suppression de la pastille vient mettre en évidence la politique d’une Delphine Ernotte qui souhaite avant tout éviter la polémique politique juste avant les échéances présidentielles. Pour le duo humoristique, l’avenir semble se situer loin de France 2. You Tube, réseau sur lequel la pastille connait un réel succès, pourrait être le format idéal pour accueillir Mathieu Madénian et Thomas VDB. Les deux comiques peuvent également très bien faire le choix d’aller sur une autre chaîne. TMC qui cherche à développer son offre pourrait être ainsi un très bon point de chute. Le programme court peut très bien s’ancrer dans la politique de la chaîne et pourrait venir prolonger le travail amorcé par les équipes de Quotidien depuis la rentrée médiatique. Affaire à suivre.

La “com'” de Mélenchon, singulière et inédite

De longues harangues sur les places publiques, un hologramme, YouTube: la communication de Jean-Luc Mélenchon est un alliage inédit d’innovation technologique et de tradition rhétorique, dont l’efficacité reste à prouver.

Confiée à Sophia Chikirou, 37 ans, la stratégie de communication du candidat de La France insoumise a été pensée sur deux axes: contourner les médias traditionnels et s’organiser hors parti. “En 2012, on avait privilégié une stratégie de bruit et de fureur qui consistait à prendre frontalement les médias. Là, on les contourne”, argumente la jeune femme, qui a suivi sur le terrain les campagnes de Podemos en Espagne et de Bernie Sanders aux Etats-Unis. “Depuis les révolutions arabes, on sait que les réseaux sociaux peuvent jouer ce rôle, donc on a mis ça en place assez tôt, notamment dans l’organisation même du mouvement, c’est une force d’appui en permanence”, poursuit-elle.

Jean-Luc Melenchon le 28 février 2017 à Brest

De fait, La France insoumise n’a d’autre réalité concrète qu’un site internet et des “groupes d’appui” militants, sur le terrain. Fondée sur le principe de la plateforme Nationbuilder qui permet de combiner un site web avec documentation et vidéos en ligne, une base de données de contacts, et un outil de collecte de dons. Plus de 280.000 personnes se sont inscrites sur le site jlm2017.fr depuis un an.

M. Mélenchon s’est ainsi constitué une “communauté internet” très étoffée. Ainsi les jeunes de la communauté “discorde” – 3.000 personnes dont 700 actives selon Mme Chikirou -, sur le forum 18-25 ans Jeuxvideo.com, ont conçu et réalisé un site internet dédié au programme, L’Avenir en commun.

Mais la communicante se défend de vouloir rajeunir la personnalité d’un candidat qui est, à 65 ans, jusqu’à présent le plus âgé dans la course à l’Elysée. “Cette rhétorique de l’innovation est faite pour parler aux jeunes et pour casser son image assez vieillissante”, estime pourtant Anaïs Theviot, chercheuse en Sciences politiques à Rennes 1. “Il s’appuie sur quelque chose de réel, un réseau de web militant qui est beaucoup plus important que dans les autres partis, à part peut-être le Front national”, complète Pierre-Emmanuel Guigo, enseignant-chercheur en communication politique à Créteil. Selon lui, ça permet de jouer sur la “viralité”: “dès qu’apparaît un message, il est commenté, partagé, retweeté, liké…”.

Un homme suit sur YouTube un discours de Jean-Luc Mélenchon le 19 février 2017 à Paris

Éducation populaire

Des membres de cette communauté ont également décidé par exemple de publier une bande dessinée, “L’Avenir en commun?”, d’autres s’apprêtent à sortir un jeu vidéo. Mais ces techniques seront-elles payantes électoralement ? L’équipe Mélenchon “développe une théorie de contournement des médias traditionnels, mais l’hologramme, par exemple, était fait pour les attirer et on a davantage parlé du gadget que du fond”, constate Mme Théviot, pour qui “ça ne fait pas le résultat d’une élection”.

Jean-Luc Melenchon en meeting le 28 février 2017 à Brest

M. Guigo rappelle que “l’essentiel d’une campagne se fait à la télévision”, en voulant pour preuve le rôle déterminant des débats dans le choix des vainqueurs des différentes primaires entre octobre et janvier. “Contourner les médias (traditionnels) se retrouve dans tous les mouvements radicaux et contestataires, ça concourt à l’image d’un candidat à la marge, qui conteste le système”, explique-t-il. M. Mélenchon ne se prive en effet pas de commenter, sur sa chaîne Youtube, les émissions télé ou radio qui lui auraient déplu.

Mais malgré tout, avec ses meetings bondés, où les gens sont prêts à rester debout dehors, devant un écran, cet orateur hors pair reprend “l’héritage de la gauche d’éducation populaire, une tradition du socialisme et du communisme”, précise le chercheur. “Notre campagne a pour objectif, pour ambition, d’être éducative et de fabriquer des événements qui donnent à penser, qui encouragent à se regrouper”, expliquait d’ailleurs le candidat, le 28 février à Brest. Moqué dans ses choix “à la Chavez” ou “à la Castro” de discours et autres formats longs, comme les plus de cinq heures d’émission sur YouTube pour détailler le chiffrage de son programme il y a quelques semaines, Jean-Luc Mélenchon assume, reprochant aux “Solfériniens” leurs critiques. Entre 20 et 30.000 personnes sont restées connectées en permanence durant cette émission sur le web, a fait remarquer son équipe.

Mediapart en excellente santé financière après neuf ans d’existence

Mediapart a continué de grandir en 2016, franchissant la barre des 130.000 abonnés et affichant de solides résultats financiers, a annoncé le site d’information jeudi, lors de la présentation de ses comptes.

Le site n’a jamais été aussi rentable: neuf ans après sa création, il affichait fin 2016 un bénéfice net de près de 1,9 million d’euros, contre 716.000 euros sur l’exercice 2015.  Mediapart comptait plus de 136.000 abonnés fin février, contre 118.000 début 2016, malgré une légère augmentation de son tarif pour les nouveaux abonnés, à 11 euros par mois. Sa Revue du Crieur, un trimestriel papier édité avec les éditions La découverte, se vend autour de 8.500 exemplaires.

Cette bonne santé financière lui a permis de recruter neuf nouveaux salariés en CDI l’année dernière, dont quatre journalistes. Mediapart compte aujourd’hui 74 salariés, dont 45 journalistes. Le site a également pu investir dans la production d’émissions diffusées sur le web et dans des enquêtes comme les “Football leaks”, une immense fuite de données sur les dessous financiers du football européen, publiée en collaboration avec des médias membres du réseau European Investigative Collaborations. Mediapart est détenu en majorité par ses fondateurs, les Amis de Mediapart et ses salariés, qui ont racheté conjointement une partie du capital en 2016 pour un montant de 1,36 million d’euros. 38% du journal reste encore détenu par les sociétés Doxa et Ecofinance, qui ont soutenu le site à ses débuts. “Nous avons poursuivi notre croissance et renforcé notre indépendance”, s’est félicitée la directrice générale du site, Marie-Hélène Smiejan. “Ce sera un échec si nous ne rendons pas cette indépendance solide”, a ajouté Edwy Plenel, directeur de la publication, dont l’objectif à terme avec les autres fondateurs est de transmettre la propriété du site à l’équipe du journal. “Il y aura un +après-moustache+ à Mediapart”, a assuré le journaliste moustachu.

Mediapart a réglé début 2016 l’intégralité de ce qu’il devait au fisc pour s’être auto-appliqué un taux réduit de TVA, soit près de 2,5 millions d’euros. Restent à régler des pénalités, que le site souhaite contester devant la justice européenne. Les fondateurs ont également indiqué que Mediapart avait 25 dossiers en cours devant la justice relatif à ses enquêtes. Depuis sa création, 97 dossiers judiciaires ont été ouverts contre lui pour trois condamnations. Il consacre environ 150.000 euros par an à sa défense.

En novembre 2016, le site a lancé sur les réseaux sociaux une tranche vidéo hebdomadaire, “En direct de Mediapart”, pour enrichir sa couverture de l’élection présidentielle. Le site a confié des pastilles à des chercheurs, des rappeurs, et aux youtubeurs Usul et “Osons causer”, dont le portrait d’Emmanuel Macron a dépassé les 8 millions de vues sur Facebook.

I>Télé est mort, vive CNEWS ?

Ce lundi matin à 6 heures, I>Télé devient officiellement CNEWS. Initialement prévu en octobre, le lancement de la chaîne d’information du groupe CANAL+ a dû être reporté suite à la grève historique qui aura vu partir près de 100 journalistes . Retour sur une disparition marquante et une naissance difficile.

I>Télé (4 novembre 1999 – 27 février 2017)

“L’information, c’est noble. L’information, c’est un service. L’information, c’est un devoir. L’information, c’est l’un des éléments dynamiques clé de la vie démocratique. Notre réponse, c’est i>Télévision. C’est l’heure, l’heure de l’information. L’heure d’i>Télévision”. Nous sommes le 4 novembre 1999 à midi, c’est Pierre Lescure, président de Canal +, qui ouvre l’antenne par ces mots.  A cette époque-là, on s’informait via les journauxpapier, la radio, les journaux de 13 et 20 heures des grandes chaînes, ou via la chaîne info de TF1, LCI. A ses débuts, la chaîne est moquée car sa rédaction est composée de jeunes journalistes, face à LCI qui peut compter sur l’expérience de la rédaction de TF1.

2005 marque un tournant pour la chaîne. Après qu’i>Télévision soit devenu I>Télé le 9 septembre 2002, le groupe Canal + obtient une fréquence sur la toute jeune TNT pour diffuser son programme d’information gratuitement au niveau national. Mais l’arrivée d’une autre chaîne va venir bouleverser le paysage des chaînes d’info. Son nom : BFMTV. La chaîne du groupe NextRadioTV passe rapidement à la 1ère place. I>Télé campera à la 2ème place.

Le correspondant d’I>Télé dans le Sud-Ouest Vincent Hénin, à quelques instants d’un direct – Photo Franck Paillanave

Le déclin d’I>Télé coïncidera avec l’arrivée d’LCI sur la TNT gratuite, mais également avec l’arrivée de Vincent Bolloré. Le nouveau président du groupe Canal qui décide de mettre à la tête de la chaîne un de ces proches, Serge Nadjar. Malgré cette nomination, la rédaction se plaint de devoir s’autogérer, devant l’absence de stratégie de la part de la direction de la chaîne. Le 10 juin 2016, la rédaction d’I>Télé vote à 89,5% une motion de défiance à l’égard de la direction. 15 jours plus tard, les équipes se mettent en grève une première fois pour protester contre les suppressions de postes prévus.

La fin de la chaîne est digne du Titanic. En octobre 2016, la rédaction se remet en grève. Cette grève de 31 jours sera la plus longue d’un média privé en France. Parmi les revendications de l’équipe : l’absence de ligne éditoriale, la réduction des moyens, l’indépendance de la rédaction, ou encore la mise à l’antenne de Jean-Marc Morandini. La grève se finit par le départ de 100 journalistes (sur 120 initialement), empêchant la chaîne de fonctionner correctement pendant plusieurs semaines. Une cinquantaine d’anciens d’I>Télé ont décidé de créer en début d’année le média web Explicite.

CNEWS : Et maintenant ?

CNews devrait être recentrée sur le sport, la culture et le cinéma, regroupant ainsi les marques fortes du groupe Canal. Un nouveau habillage devrait être mis à l’antenne, avec un nouveau logo, une nouvelle grille des programmes et de nouveaux visages. Quant à Jean-Marc Morandini, il ne devrait arriver sur la chaîne qu’au mois de juin pour animer son émission sur les médias.

Rendez-vous donc lundi à 6 heures pour découvrir CNEWS.

 

Emmanuel Macron, «candidat des médias» : autopsie d’un choix implicite (Libération)

[Revue de presse] C-linfo a sélectionné pour vous un article de qualité, la chronique de Daniel Schneidermann publiée sur Libération.

On pourra faire adopter les plus vertueux statuts de la presse, faire voter toutes les lois anticoncentration, le journaliste vibrera toujours pour le neuf, pour le jeune, pour le moderne, pour l’inédit.

Partons cette semaine, chers lecteurs, en enquête d’immersion dans la fabrication d’un «candidat des médias». Quelles sont ses méthodes ? Comment et par qui est-il désigné ? Voici un cas d’école. Le week-end dernier, quatre gros meetings se partageaient l’actualité politique. Benoît Hamon était investi à Paris, tandis qu’Emmanuel Macron, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon tenaient des réunions publiques à Lyon. Seuls deux de ces quatre candidats virent leurs réunions retransmises en direct et en intégralité par les quatre chaînes d’info en continu (BFM-TV, i-Télé, France Info et LCI). Lesquels ? Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Les deux autres (Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon, donc) durent se contenter des miettes, dans le grand festin du live.

Est-ce à dire, comme le conclurent immédiatement de nombreux internautes, que «les médias» ont choisi leurs deux candidats, et le second tour de leurs rêves ? Les médias votent-ils pour un duel Macron – Le Pen ? Il faut disjoindre les deux cas. Leurs différences montrent qu’il existe plusieurs filières d’accès au titre envié (mais redoutable) de «candidat des médias». Prenons Marine Le Pen. Si les médias, tout au long des dernières années, ont assuré la promotion de Marine Le Pen, et crédibilisé sa «dédiabolisation» de façade (le programme du FN n’ayant pas changé sur les points essentiels), c’est bien malgré eux. Sans doute peu de patrons et d’actionnaires de la presse ont-ils des sympathies pour le programme du FN (préférence nationale et sortie possible de l’UE, ce dernier point provoquant même sans doute une sorte de panique). Pour ne pas parler des journalistes, chez qui le vote FN est ultra-marginal. Mais, dans la surexposition de Le Pen, et de ses satellites phillipotoïdes, ont sans doute été déterminants à la fois les sondages et les scores d’audience des émissions où ils étaient invités, les uns se nourrissant des autres, dans une interaction aussi bien connue que mystérieuse.

S’agissant de Macron, c’est exactement l’inverse. Xavier Niel et Pierre Bergé, copropriétaires du groupe le Monde, lui ont plus ou moins publiquement déclaré leur flamme. Rien, dans ce que l’on sait de lui, et du peu que l’on sait de son programme, n’est de nature à effaroucher MM. Dassault, Arnault, Pinault, Lagardère, Bolloré ou Drahi. Ce qui ne signifie pas que les oligarques français soient pendus au téléphone chaque matin pour commanditer des unes, des éditos, ou des sondages favorables. Simplement, par capillarité intellectuelle, ils ont nommé à la tête des rédactions de «leurs» médias des journalistes macrono-compatibles, éventuellement macrono-indifférents, en tout cas jamais macrono-opposés, encore moins macrono-hostiles.

Ce qui, en soi, ne suffirait d’ailleurs pas. Ce terrain favorable, soigneusement aménagé «d’en haut», doit nécessairement être ensemencé par une logique fondamentale de la presse : l’intérêt pour la nouveauté. On pourra faire tout ce qu’on voudra, faire adopter les plus vertueux statuts de la presse, faire voter toutes les lois anticoncentration, le journaliste vibrera toujours pour le neuf, pour le jeune, pour le moderne, pour l’inédit.

Si en plus cet inédit a un joli sourire et les dents du bonheur, la cause est entendue et le lourd arsenal peut commencer à se déployer : sondages incohérents testant sa performance au second tour (alors même que selon les mêmes sondages, il ne franchit pas le premier tour) ; éditos assurant qu’il n’est pas le candidat des médias ; éditos tout aussi savants assurant qu’il terrasserait à coup sûr Le Pen au second tour ; échos saluant «l’humour» et la maestria avec lesquels il a déminé les rumeurs sur sa vie privée : la bulle grossit, grossit. Les ennemis se flinguent tout seuls. François Fillon est victime d’un accident industriel. Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon sont bien partis pour s’entre-neutraliser ingénieusement. Et, cerise sur la friandise, Macron révèle d’insoupçonnées facultés de cogneur.

Pas de programme ? Mais enfin, pourquoi, donc un programme ? Ses discours scintillants de vacuité pourraient avoir été écrits par le maire de Champignac, dans Spirou ? Mais il les prononce si bien. Voilà pourquoi, à l’insu de leur plein gré, «les médias» ont manifestement fait de Macron leur favori. Position périlleuse, d’ailleurs, on ne le dira jamais assez.

Daniel Schneidermann           

Canal+ met fin à son Grand Journal

Après plus de 12 ans d’existence, et 16 ans après la dernière de son ancêtre “Nulle Part Ailleurs”, la chaîne Canal+ a annoncé aujourd’hui la fin de son émission phare, diffusée en semaine de 19h10 à 20h25. Retour sur cette émission historique de la chaîne cryptée.

Un début timide

Michel Denisot sur le plateau du Grand Journal – Photo Canal+

Le 30 août 2004 à 19h, c’est la première fois que le logo du Grand Journal apparaît sur les écrans de télévision. C’est un historique de Canal qui présente cette émission : Michel Denisot. A ce moment là, l’émission ne dure que 50 minutes, de 19h05 à 19h55, suivi de l’autre émission du soir de la chaîne, 20h10 pétantes.

Le succès est au rendez-vous, et au bout d’un an, l’émission prend quasiment toute la plage en clair du soir, avec une émission divisée en deux blocs, qui dure désormais plus d’une heure 30, allant jusqu’à 20h40.

Une émission qui marquera la télévision des années 2000/2010, avec de nombreux rendez-vous comme le SAV des émissions, Bref., Le Petit Journal, …

La lente agonie des soirées de Canal

Après 9 ans à la présentation de l’émission, Michel Denisot décide de quitter la présentation. C’est un autre historique de la chaîne et ancien présentateur de “Nulle Part Ailleurs” qui est choisi pour présenter Le Grand Journal : Antoine de Caunes. Mais après avoir présenté l’émission durant deux ans, Antoine de Caunes, qui avait confirmé son retour pour une troisième année, termine la onzième saison de l’émission. Le 3 juillet 2015, Rodolphe Belmer, directeur des programmes de la chaine, est viré et remplacé par Maxime Saada, un proche de Vincent Bolloré, le tout nouveau patron de Canal+. L’émission est alors menacée de disparition en raison d’un coût de production trop élevé et des audiences en baisse. Le producteur de l’émission Renaud Le Van Kim est poussé vers la sortie.

Maitena Biraben à l’animation du Grand Journal – Photo Canal+

Nouveau changement à la rentrée 2015 à la tête de l’émission. C’est Maitena Biraben qui est choisi pour présenter l’émission. La production change également, dorénavant assurée par Flab Prod, propriété de Vivendi. Mais les audiences continuent de chuter, ne dépassant jamais 1 million de téléspectateurs, allant même sous la barre des 500 000, l’animatrice est remplacée à l’issue de la saison, à la suite de tensions avec les dirigeants, par Victor Robert avec une nouvelle formule.

En septembre 2016, l’émission est d’abord diffusé en crypté puis en clair. Mais rapidement, face à l’effondrement des audiences (l’émission ne dépasse même pas les 200 000 téléspectateurs), Le Grand journal reprend sa programmation habituelle, avec deux parties entre 19 h 10 et 20 h 10. Mais là encore, les derniers téléspectateurs fuissent la catastrophe industrielle, l’émission réunissant à peine 100 000 téléspectateurs en moyenne. Au début du mois de février, face aux audiences catastrophiques (le 7 février, seulement 73 000 téléspectateurs suivent l’émission), une rumeur court dans la presse que l’émission pourrait s’arrêter en mars ou en avril, et que Canal+ travaille déjà à la nouvelle grille. Ce 13 février, Canal+ annonce officiellement la fin de l’émission, le 3 mars prochain.

Le plateau du Grand Journal – Photo Télérama

 

Et maintenant?

Canal + a décidé de supprimer également la diffusion du “Tonight Show” afin de rajouter une nouvelle case de diffusion pour le cinéma, entre 17h35 et 19h30. Les programmes en clair commenceront à 19h30, avec la diffusion du Journal du Cinéma, le Gros Journal, le Petit Journal, Catherine et Liliane et des Guignols. Canal+ avait mis près de 4 ans à trouver un successeur à “Nulle Part Ailleurs”. Combien de temps mettra Canal+ à trouver un successeur au “Grand Journal”?

Soirée politique : Qui dirige le monde de la communication ?

TF1 et France 2, les deux premières chaînes de télévision française avaient prévu ce dimanche un allongement de leur journal du 20H pour couvrir en direct les résultats ainsi que les réactions des deux candidats la primaire de gauche… Cependant tout n’a pas fonctionné hier.

La fin du règne de l’information ?

Premier problème de la soirée : la publicité plutôt que l’information. Tel a été le choix de TF1 hier soir coupant le discours du perdant du soir Manuel Valls en pleine intervention. De même France 2 interrompt son édition spéciale à 21h05, en plein discours de Benoît Hamon.

Le respect de la grille est programmes est la principale raison avancée par les deux chaînes. Mais pour TF1 au-delà de la question de la grille des programmes se pose la question de la publicité. Car le problème est bien là, plutôt que de proposer un contenu, une information attendue, la chaîne choisit l’argent que rapporte une dizaine de minutes de  publicité. Une situation qui met en avant le problème de l’équilibre à trouver entre information et publicité, entre information et argent.

Cela soulève une interrogation plus globale, celle de la déontologie journalistique, de la conscience des médias, omniprésente ces derniers temps notamment du fait de la relation entre la presse la présidence Trump outre-Atlantique.

Voir aussi : ExpliciteJA : le journalisme autrement

Alors s’agit-il d’un problème de relation des médias à l’information ou bien s’agit-il seulement des “aléas des soirées électorales” comme le dit E. Demumieux de France Télévisions à BFM TV ?

Priorité au direct ?

Deuxième problème : le temps des discours. En effet le discours du vainqueur Benoît Hamon a débuté
avant même la fin de l’intervention de l’ancien Premier ministre… 1er couac de campagne pour certains, en tout cas cela a entrainé une coupure du discours de Manuel Valls au profit de B. Hamon sur toutes les chaînes.

Priorité au direct. Comme le montre le tweet du reporter de l’émission Quotidien, le choix de zapper semble s’imposer de fait aux chaînes. Plutôt que d’enregistrer la deuxième intervention et de laisser terminer Manuel Valls, toutes les chaînes aussi bien LCI que BFM TV ont basculé vers le QG de Benoît Hamon.

Si les commentateurs s’intéressent à analyser le couac du vainqueur de la primaire du PS, ce dernier se justifiant comme voulant retourner le plus vite possible au PS et ne sachant que Manuel Valls s’exprimait en même temps. D’un point de vue des analyses médiatiques, la gestion du direct pose à nouveau question.

L’info en +

Ayant développé des chaînes secondaires sur la TNT, la direction de TF1 comme celle de France 2, justifie cette gestion en affirmant que l’information était disponible ces autres canaux. Ainsi LCI et FranceInfo prenant le relai des journaux de 20h, des éditions spéciales des deux premières chaînes. Cependant les téléspectateurs sont loin d’avoir tous choisi de basculer, de “zapper” vers une autre chaîne. Ainsi le traitement de l’information pour le plus grand nombre reste incomplet…

Alors faut-il prolonger les éditions spéciales, ne pas couper les discours diffusés en direct ou bien respecter à tout prix la grille de programme et les temps de publicité ? La question reste ouverte.

Sources :

BFM TV – Primaire à gauche : couacs en série lors des prises de parole de Hamon et de Valls
TF1 – Le Journal du week-end
Europe 1 – Benoît Hamon n’attend pas la fin du discours de Manuel Valls pour s’exprimer (et s’accapare donc toute l’attention médiatique)

© Gregoire Quelain (@GregQuelain) – C l’Info
Directeur de Publication : Martin Arnal.

ExpliciteJA : le journalisme autrement

Defend a free Press ! Ils sont une cinquantaine, journalistes et clament haut et fort leur indépendance et leur liberté. Ils créent aujourd’hui un nouveau média social “à l’écoute des gens” pour mieux informer dans un contexte politique international particulier. Focus sur Explicite et les Journalistes Associés.

“Une aventure collective” (O. Ravanello)

Des journalistes associés ? Les Journalistes Associés est une association née autour d’anciens journalistes d’I-Télé qui, après une grève longue de 31 jours, ont finalement quitté leur rédaction… pour cause de conscience professionnelle ! Aujourd’hui ils sont une cinquantaine dont la plupart étaient présentateurs, rédacteurs, reporters à I-télé et se rassemblent pour créer un nouveau media sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter et YouTube) pour informer les gens différemment.

L’équipe d’Explicite avait donné rendez-vous à 14h30 pour une conférence de presse afin d’expliquer le projet en direct sur Twitter et Facebook. Pendant près d’une heure et demi, Olivier Ravanello, ancien directeur adjoint de la rédaction d’I-Télé a ainsi détaille le projet, lequel se construit autour de certaines valeurs : “humilité, écoute et faire notre métier [de journaliste] en étant au service des gens”. Offrir une nouvelle offre de journalisme plus “à l’écoute des gens”, voilà dont le sens de ce projet.

Rendre au journalisme toute sa noblesse

Explicite constitue aussi une réponse au besoin d’information lié à un moment politique particulier. Ainsi, l’association commencera à produite du contenu à partir de vendredi…. soit le jour de l’investiture du nouveau président américain, c’est-à-dire du début de la présidence Trump. Explicite veut replacer la politique au cœur des débats et de l’information et non pas chercher à surfer sur les “buzz” médiatique et à la course à l’instantanéité de l’information.

La volonté annoncée est basée sur la déontologie journalistique en voulant avant tout informer librement. Et pour cela, les journalistes sont près à travailler bénévolement. La priorité des Journalistes Associés n’est pas le superflu mais bien le contenu. Reportages, échanges, analyses, Explicite veut créer du contenu “qui aide les gens à comprendre le monde”. Une équipe soudée qui veut aller sur le terrain, revenir aux bases du métier de journaliste, plutôt que de se rassembler obligatoirement au sein d’un studio précise O. Ravanello en réponse à une question posée au cours de la conférence de presse.

“Une chaine d’info à la demande”

Pour se différencier des autres formats, Explicite proposera son contenu exclusivement sur les réseaux sociaux. Un moyen de permettre au spectateur de choisir librement le sujet à propos duquel il souhaite être informé et laisse la possibilité de le voir à volonté et à n’importe quel moment. En outre, cela possède l’avantage pour les journalistes de passer outre les contraintes de temps ou de format, les reportages seront publiés à des heures différentes, les durées seront variées et l’angle différent de celui proposé actuellement par les autres médias assure Olivier Ravanello. Un projet ambitieux qui permet “d’aller vers l’information qui [nous] intéresse”.

Informer avant tout le public et à l’approche de l’élection présidentielle Explicite compte bien inviter les différents candidats pour échanger avec eux sur leurs programmes, passer au crible les mesures essentielles afin non pas de chercher la “punchline” ou la petite phrase qui fera le buzz sur internet mais bien de “comparer les démarches politiques des candidats” pour permettre aux Français de faire leur choix le 27 avril prochain (puis le 7 mai pour le deuxième tour).

Un media qui tient compte de l’évolution de la société et du journalisme

Les réseaux sociaux qui constituent un nouveau mode de consommation de l’information amène à

Une conférence de presse en direct sur les réseaux sociaux / Capture d’écran

repenser l’offre médiatique. Explicite se base ainsi sur ces réseaux et tient compte du fait qu’au cours des dernières années les gens délaissent la télévision au profit du numérique pour s’informer. Investir les réseaux et proposer des contenus uniquement sur ce type de support semble donc une proposition intéressante qui renouvelle le genre journalistique pour se concentrer sur le contenu.

Un moyen pour mieux informer la population francophone ? L’avenir nous le dira. En tout cas, une chose est sûre, ce nouveau média répond à une demande forte. En effet, la conférence de presse a été suivit a en direct par près de 1800 personnes en cumulant les live Facebook et Twitter. De plus et en moins d’une journée Explicite compte déjà plus de 16 000 followers  et 6700 “j’aime”. La question sera donc, outre la qualité des programmes proposées, celle de la durabilité pour ce nouveau média qui fait appelle au crowdfounding pour financer le matériel et les déplacements de ses journalistes.

© Gregoire Quelain (@GregQuelain) – C l’Info
Directeur de Publication : Martin Arnal.