François Bayrou de retour à Pau comme ministre de la Justice

2 jours après sa nomination comme Ministre d’Etat, Garde des Sceaux et ministre de la Justice, François Bayrou était de retour sur ses terres paloises, pour sa première visite officielle en tant que ministre.

Le maire de Pau a rencontré au fil de la journée, le personnel palois concernant la justice.

Vers 16H45, François Bayrou s’est exprimé en conférence de presse sur les premiers dossiers à traiter, mais également sur ses affaires et sur son avenir en tant que maire de Pau.

L’intégralité de la conférence de presse est à retrouver ici :

Le renseignement, clé de voûte de la lutte antiterroriste, selon Macron

Le renforcement et une meilleure coordination des services de renseignement constituent la clé de voûte du programme d’Emmanuel Macron en matière de lutte antiterroriste, un défi auquel il sera confronté comme son prédécesseur à l’Élysée, alors que la menace jihadiste n’a jamais été aussi élevée.

Si les questions de sécurité ne constituent pas le cœur du projet présidentiel de l’ex-ministre de l’Économie, M. Macron a promis de faire de la lutte contre le jihadisme une “priorité pour les prochaines années” lors du débat télévisé l’opposant à Marine Le Pen mercredi. Le mandat de François Hollande a été marqué par une vague d’attentats jihadistes sans précédent, faisant 239 morts depuis janvier 2015. Face à ces attentats, François Hollande a endossé le rôle de père de la nation et de chef de guerre, donnant plus de moyens aux services antiterroristes et notamment de renseignement.

Emmanuel Macron, novice sur ces questions, a choisi de s’inscrire dans la continuité avec l’idée-maîtresse d’améliorer le renseignement et son organisation. “Sans bouleverser les structures, et en garantissant aux services la stabilité indispensable à l’amélioration constante des compétences et des expertises, je souhaite offrir aux services de renseignement les moyens nécessaires à l’augmentation et à la diversification de leur recrutement ainsi qu’à l’amélioration des échanges d’information, y compris avec la justice”, a-t-il écrit dans une lettre adressée aux policiers durant l’entre-deux tours.

Le leader d’En Marche ! a régulièrement mis en avant la création d’une future “task-force anti-Daesh”, une cellule chargée de la coordination des services de renseignement, placée auprès du Président de la République et composée de 50 à 100 agents.

La mesure laisse cependant perplexe un enquêteur antiterroriste : “C’est contre tout ordre institutionnel. Normalement la sécurité intérieure revient au Premier ministre. En plus cela expose politiquement le président de la République en cas d’attentat. Ensuite, ajouter une structure de coordination supplémentaire ne servirait à rien. Au niveau opérationnel et spécialement concernant la lutte contre les filières, il y a déjà la cellule Allat”, animée par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Centres d’accueil fermés

M. Macron entend également améliorer la circulation de l’information et du renseignement en incluant le ministère de la Justice.

Concrètement, il veut permettre l’accès aux données des instructions en cours lorsqu’elles peuvent aider à la prévention d’actions et à la recherche de terroristes, une mesure très attendue mais déjà prévue par la récente loi “sécurité publique” de février 2017.

Au niveau opérationnel, M. Macron ne propose pas de changement de doctrine sur la politique extérieure de la France (“Nous maintiendrons et amplifierons notre stratégie à l’extérieur”). Il envisage toutefois de créer un “état-major permanent qui permettra de planifier les opérations de sécurité intérieure”, qui pourra associer outre les services et états-majors des ministères de l’Intérieur et de la Défense, ceux des Transports, de la Santé et de l’Industrie.

Le candidat Macron veut mettre en place “une véritable programmation” sur 4 à 5 ans pour la modernisation des moyens de la sécurité intérieure.

Sur la question des “revenants” – 700 Français sont actuellement en Syrie -, M. Macron souhaite la création de centres d’accueil fermés. “Nous devons être offensifs sur ce sujet. Dans ces centres, on mettra en place des moyens d’accompagnement avec des aumôniers et un suivi psychologique important”, a affirmé l’un des porte-paroles d’En Marche !, Christophe Castaner.

“La déradicalisation est un incontournable des programmes politiques mais force est de constater que le centre de déradicalisation mis en place par le gouvernement à Pontourny (Indre-et-Loire), qui s’adressait à des personnes en milieu ouvert, a été suspendu faute de pensionnaires”, fait remarquer un enquêteur antiterroriste.

Enfin, sur l’épineuse question du maintien de l’état d’urgence qui a été prolongé jusqu’au 15 juillet, M. Macron, hostile à la déchéance de nationalité, ne ferme aucune porte : “s’il est avéré que ce que permet l’état d’urgence, à savoir les perquisitions administratives, se justifie compte tenu de la menace et du niveau de risque, je le maintiendrai, s’il est avéré qu’il ne sert plus à rien (….) je le suspendrai”, a-t-il déclaré à Mediapart, vendredi.

Vent porteur pour les réformes économiques de Macron avant des législatives à risques

Le futur président français Emmanuel Macron bénéficie d’une conjoncture économique plutôt favorable et d’un a priori positif des milieux d’affaires, mais ses marges de manoeuvre restent floues vues les incertitudes qui planent sur les prochaines élections législatives.

Même si elle souffre toujours des mêmes maux, l’économie française bénéfice depuis quelques mois d’une légère embellie: la croissance est sur une pente ascendante, l’activité du secteur privé est en expansion, le moral des ménages est plutôt positif, et même le chômage suit une tendance générale à la baisse, malgré une hausse en mars.

Avec un programme qui prévoit notamment des suppressions d’emplois publics, des allègements de charge, des baisses d’impôt pour les entreprises ou encore un détricotage des règles du dialogue social, M. Macron est une bénédiction pour les défenseurs du libéralisme économique, du libre-échangisme, de l’intégration européenne.

Les “Macronomics”

Les “+Macronomics+ commencent”, estiment les analystes de la banque américaine Morgan Stanley, contractant “Macron” et “économie” pour désigner l’agenda “pro-marché”, “modéré et progressif” et “pro-européen” du nouveau président, soulignant que son projet de réforme du marché du travail était crucial selon eux.

Pour autant, Emmanuel Macron est un président relativement mal élu, qui n’a pas fait le plein de voix face à son adversaire populiste Marine Le Pen, qui va diriger un pays divisé et ne dispose pas pour l’instant d’un embryon de majorité parlementaire. “C’est dire le peu de motivation malgré le score net du nouveau président”, pointent les analystes de Mirabaud Securities Genève.

“Alors que la classe politique européenne pousse un soupir de soulagement, cela ne cache pas l’insatisfaction des Français, vu que près de la moitié des électeurs ont tout de même voté pour des partis anti-mondialisation”, relève Michael Hewson, chef économiste de CMC Markets.

“C’est une chose de vouloir supprimer 120.000 emplois publics, de tailler 60 milliards d’euros de dépense publique et de ramener le chômage à 7%, ce sera une autre paire de manches de faire avaler cela au Parlement français”, estime-t-il.

“Son programme peut remettre la France sur la voie d’une croissance plus forte, mais il est possible qu’il n’obtienne qu’une courte majorité en juin. Point positif: les derniers développements suggèrent que Les Républicains (la droite traditionnelle, ndlr) vont soutenir la plupart de ses initiatives”, selon Marion Amiot, d’Oxford Economics.

Le test de viabilité des “Macronomics” aura donc lieu les 11 et 18 juin, lors d’élections législatives qui se tiendront dans une configuration inédite.

Les deux grandes familles qui dominaient la vie politique française depuis des décennies, les socialistes et la droite traditionnelle ont été balayées lors de la présidentielle et nombre de ses cadres ont rallié Emmanuel Macron.

Le tout jeune mouvement de ce dernier, En Marche!, n’a pas encore fait les preuves de sa capacité à remporter une élection législative, et le Front national de Marine Le Pen, qui ne dispose pas d’un socle parlementaire à la mesure du nombre de ses électeurs à cause du mode de scrutin, va tenter de s’imposer comme parti d’opposition.

Législatives cruciales

Dans ce contexte de recomposition, “ce vote est crucial, il va déterminer la capacité du nouveau président à mettre en œuvre son programme”, analyse Kit Nicholl, du cabinet IHS Markit.

“Pour gouverner efficacement, Macron a besoin d’une majorité parlementaire (289 sièges ou plus à l’Assemblée nationale), mais la probabilité que son mouvement y parvienne, en démarrant de zéro, est faible”, selon elle.

Laurence Boone, responsable de la Recherche et de la Stratégie d’Investissement d’AXA Investment Managers, qui a été conseillère économique du président sortant Français Hollande, tout comme M. Macron, estime toutefois que le nouveau président a de bonnes chances d’arriver à bâtir une majorité.

“Malgré le caractère très inhabituel de cette élection présidentielle (…), les Français ont une tendance historique à favoriser le parti du président élu”, rappelle-t-elle, bâtissant trois principaux scénarios: majorité absolue pour En Marche!, majorité relative pour En Marche! qui conserverait la maîtrise de son agenda, majorité pour Les Républicains, qui imposeraient alors leur agenda.

Dans tous les cas, “pour les investisseurs internationaux, les trois scénarios sont relativement positifs parce qu’ils devraient générer des réformes structurelles renforçant la croissance potentielle”.

Mailly: il y aura “problème” si Macron persiste à vouloir légiférer par ordonnance

Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière (FO), a prévenu lundi qu'”il y aura problème” si le président élu Emmanuel Macron persiste à vouloir légiférer par ordonnances cet été sur le droit du travail.

“S’il persiste dans l’idée de faire des ordonnances au mois de juillet, ça veut dire qu’il va balayer le dialogue social et la concertation: il y aura problème d’une manière ou d’une autre, donc on attend de voir”, a prévenu M. Mailly sur France Info.

“Je ne vois pas quelle est l’organisation syndicale, quelle qu’elle soit aujourd’hui, sans parler du fond, qui peut accepter que ça passe à la schlague avec des ordonnances”.

Comme les autres centrales nationales, FO ne participera cependant pas au rassemblement organisé par le collectif “Front social”, ce lundi à 14H00 Place de la République à Paris.

“Chaque chose en son temps”, a souligné M. Mailly. “Pour le moment, il est à peine élu, on va regarder ce que ça donne”, et notamment “est-ce qu’il veut faire une loi El Khomri puissance XXL?”.

Il faut voir si Emmanuel Macron “va rester rigide sur ce qu’il a dit sur le plan social pendant la campagne électorale”, ou “est-ce qu’il élargit, a un peu de souplesse dans la réflexion, accepte de véritablement dialoguer”.

Parmi les points d’inquiétude, le responsable syndical a cité la volonté de M. Macron de “remettre en cause à nouveau la hiérarchie des normes, c’est-à-dire les négociations au niveau des branches”.

“Je le dis clairement: remettre en cause le niveau national de négociations, c’est pas républicain”.

Macron élu avec 66,10% des voix contre 33,90% à Le Pen

Emmanuel Macron a été élu dimanche président de la République en France avec 66,10% des voix, contre 33,90% à Marine Le Pen, selon les résultats définitifs du second tour de l’élection présidentielle diffusés lundi par le ministère de l’Intérieur.

L’abstention s’est élevée à 25,44% des inscrits sur les listes électorales, en hausse par rapport au premier tour (22,23%).

Emmanuel Macron a recueilli 20.753.797 voix, Marine Le Pen 10.644.118 suffrages, selon les chiffres de l’Intérieur pour la France entière.

Le pourcentage des bulletins blancs, 8,51%, et nuls 2,96%, soit un total de 11,47% des votants et plus de 4 millions d’électeurs, est le plus élevé enregistré lors des scrutins présidentiels depuis le début de la Ve République.

Au premier tour, le 23 avril, Emmanuel Macron, candidat d’En Marche!, avait recueilli 24,01% des voix, la candidate du Front national Marine Le Pen 21,30%.

Les résultats définitifs du second tour doivent encore être proclamés mercredi en fin d’après-midi par le Conseil constitutionnel, après les opérations de contrôle qui lui incombent.

Macron élu président avec près de deux tiers des voix face à Le Pen

Emmanuel Macron a été élu dimanche président de la République en battant largement Marine Le Pen lors d’un second tour marqué par une forte abstention, mais de nombreux défis attendent cet homme jeune à l’ascension fulgurante, à commencer par l’obtention d’une majorité à l’Assemblée.

Le candidat centriste, 39 ans, va devenir le huitième président de la Ve République, le plus jeune de l’Histoire, en obtenant près de 65,7% des voix face à la candidate d’extrême droite (34,3%), selon les estimations actualisées dimanche soir. En fin de soirée, M. Macron a retrouvé ses partisans, qui s’étaient massés par milliers devant la pyramide du Louvre, après une traversée solennelle de la cour de l’ancien palais royal, sous les notes de l’hymne européen. Emmanuel Macron a été élu dimanche président de la République en battant largement Marine Le Pen lors d’un second tour marqué par une forte abstention, mais de nombreux défis attendent cet homme jeune à l’ascension fulgurante, à commencer par l’obtention d’une majorité à l’Assemblée. Le candidat centriste, 39 ans, va devenir le huitième président de la Ve République, le plus jeune de l’Histoire, en obtenant près de 65,7% des voix face à la candidate d’extrême droite (34,3%), selon les estimations actualisées dimanche soir. En fin de soirée, M. Macron a retrouvé ses partisans, qui s’étaient massés par milliers devant la pyramide du Louvre, après une traversée solennelle de la cour de l’ancien palais royal, sous les notes de l’hymne européen.

“Ce que nous avons fait (…) tout le monde nous disait que c’était impossible, mais ils ne connaissaient pas la France!”, a-t-il jubilé.

Mais le candidat a reconnu que sa large victoire n’était pas “un blanc-seing”, disant qu’il ferait “tout pour” qu’il n’y ait plus “aucune raison de voter pour les extrêmes”.

“La tâche est immense (…) je vous servirai!”, a-t-il martelé, avant d’être rejoint sur scène par son épouse Brigitte, de 24 ans son aînée.

En début de soirée, devant ses propres partisans réunis dans le bois de Vincennes, Marine Le Pen s’était réjouie, malgré la nette défaite, de son “résultat historique et massif” pour un parti “devenu la première force d’opposition”. Elle devrait totaliser plus de 10 millions de voix, dépassant largement son record du premier tour (plus de 7,6 millions de voix). Son père Jean-Marie Le Pen, lui, avait peu progressé face à Jacques Chirac entre les deux tours en 2002.

Le second tour a été marqué par la plus forte abstention depuis 1969 (plus de 25% selon les sondeurs). Contrairement à 2002 où la présence du Front national avait mobilisé, l’abstention augmente nettement par rapport au 1er tour (22,23%). En début de soirée, devant ses propres partisans réunis dans le bois de Vincennes, Marine Le Pen s’était réjouie, malgré la nette défaite, de son “résultat historique et massif” pour un parti “devenu la première force d’opposition”. Elle devrait totaliser plus de 10 millions de voix, dépassant largement son record du premier tour (plus de 7,6 millions de voix). Son père Jean-Marie Le Pen, lui, avait peu progressé face à Jacques Chirac entre les deux tours en 2002.

Le second tour a été marqué par la plus forte abstention depuis 1969 (plus de 25% selon les sondeurs). Contrairement à 2002 où la présence du Front national avait mobilisé, l’abstention augmente nettement par rapport au 1er tour (22,23%). Les blancs et nuls approchent les 9% des inscrits (plus de 4,2 millions), un record pour une présidentielle. Entre l’abstention, les votes blancs et nuls, plus d’un Français sur trois a refusé de choisir dimanche entre les deux candidats. “Marine Le Pen arrive troisième de ce deuxième tour, après M. Macron, et l’abstention et les votes blancs”, a d’ailleurs affirmé le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon, qui n’avait pas appelé à voter Macron. A l’Elysée, François Hollande a “félicité chaleureusement” son ex-conseiller dont la “large victoire” confirme l’attachement “aux valeurs de la République” et “à l’Union européenne”.

A l’étranger, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et la chancelière allemande Angela Merkel, première dirigeante avec qui a conversé M. Macron après son élection, ont salué une bonne nouvelle pour l’Europe. Le président américain Donald Trump a félicité le vainqueur pour sa “large victoire”.

Emmanuel Macron accomplit un exploit retentissant: jamais élu auparavant, comme Charles de Gaulle; et plus jeune des 25 présidents de la République juste devant Louis Napoléon-Bonaparte (40 ans en 1848).

Natif d’Amiens, cet énarque, inspecteur des finances puis banquier d’affaires, accède à l’Elysée sans jamais avoir été parlementaire. Secrétaire général adjoint et conseiller économique du président Hollande depuis 2012, il est sorti de l’anonymat en entrant en 2014 au ministère de l’Economie où il est resté moins de deux ans.

Lire aussi : Ail Macron, 1er Gebieter du nouveau lander de Frankreich

Passation le week-end prochain

A la tête d’En Marche! créé il y a un an, avec son programme “et de droite, et de gauche”, il a écarté les deux grands partis de gouvernement, le PS et Les Républicains (LR), boutés hors de l’Elysée pour la première fois depuis 1981.

Malgré le renfort du souverainiste Nicolas Dupont-Aignan et un début d’entre-deux tours poussif de M. Macron, Marine Le Pen a lourdement buté sur la dernière marche, avec une prestation lors du duel télévisé qui a déçu jusque dans ses propres rangs. Emmanuel Macron doit désormais dévoiler son Premier ministre et la composition de son gouvernement avant de solliciter une majorité aux législatives (11-18 juin).

“Je n’aurai pas d’état de grâce”, a lui-même prévenu M. Macron vendredi.

Pour sa première apparition, dans une déclaration télévisée depuis son QG, l’air et le ton grave, M. Macron avait estimé que sa “responsabilité” serait “d’apaiser les peurs, de nous faire renouer avec l’optimisme”, promettant d’agir avec “humilité, dévouement et détermination”. Le mandat de François Hollande expire officiellement dimanche prochain et la passation aura lieu durant le week-end.

M. Macron accompagnera auparavant M. Hollande dès lundi pour les commémorations du 8 mai 1945, ainsi qu’à la Journée nationale des mémoires de l’esclavage mercredi, juste après le dernier Conseil des ministres du quinquennat Hollande. Si la presse française et internationale salue une victoire contre le “populisme”, plusieurs journaux relativisent le succès. Emmanuel Macron sera “le président dont la légitimité sortie des urnes sera, probablement, la plus rapidement remise en cause”, juge ainsi Le Monde. L’une des premières mesures annoncées est le dépôt d’une loi sur la “moralisation politique”. M. Macron souhaite par ailleurs “dès l’été” réformer le droit du travail par ordonnances, malgré l’opposition du PS, du PCF et de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.

En Marche! doit trancher cette semaine les délicates investitures pour les législatives, avec une force place promise au “renouvellement”. Principal parti de l’Assemblée sortante mais balayé de la présidentielle avec les 6% de Benoît Hamon, le PS est en grand danger, pris en tenaille entre MM. Macron et Mélenchon. Absente du second tour pour la première fois depuis 1958 après l’élimination de François Fillon, la droite tentera d’imposer à M. Macron une cohabitation, avec François Baroin comme meneur de campagne. Mais plusieurs responsables de la droite pourraient être tentés de rejoindre M. Macron, tel Bruno Le Maire, prêt à “travailler dans une majorité de gouvernement”. Si tel est le cas, il aura un adversaire LR aux législatives, a répliqué M. Baroin.

Le Front national, qui n’a que deux élus sortants dans l’Assemblée, vise a minima l’obtention d’un groupe parlementaire. Marine Le Pen a annoncé “une transformation profonde de notre mouvement afin de composer une nouvelle force politique”.

Pas d’état de grâce mais un mois sans relâche pour Macron

Un mois de tensions et de pièges en tous genres se profile pour Emmanuel Macron, élu très largement président dimanche mais qui doit transformer l’essai aux législatives mi-juin afin de pouvoir mettre en application son programme.

“On a conscience qu’il n’y aura pas d’état de grâce. Mais il n’y aura pas d’état de stress non plus”, résume Richard Ferrand, secrétaire général d’En Marche!, en assurant que M. Macron “sait parfaitement que les attentes sont fortes”.

Il n’est effectivement promis aucun répit au nouveau chef de l’Etat, déjà refroidi par l’immédiate polémique qui a suivi son dîner dans une brasserie parisienne pour fêter le résultat du premier tour.

Elu face à Marine Le Pen avec les voix composites de droite comme de gauche, après avoir engrangé 24% des suffrages au premier tour, M. Macron a été largement prévenu entre les deux tours que bulletin à son nom ne valait pas adhésion.

“Le résultat de dimanche sera un soutien à la République et non à sa politique”, a ainsi assuré mercredi le candidat socialiste Benoît Hamon, en promettant qu’il s’opposerait “sans ambiguïté” au projet de M. Macron.

Même avertissement vendredi du secrétaire général des Républicains Bernard Accoyer qui a invité M. Macron “à comprendre que son élection ne sera pas le résultat d’un débat de campagne présidentielle normal (…) et à admettre que ce sera le vote des Français aux élections législatives qui décidera démocratiquement de la majorité et donc de la politique qu’ils auront choisie pour la France”.

Quant au journaliste-réalisateur et candidat aux législatives soutenu par La France insoumise François Ruffin, il a mis en garde le nouveau président sur sa “légitimité fragile”: “Ça se respire dans l’air: vous êtes haï”, a-t-il carrément affirmé.

Cette opposition devrait descendre dans la rue dès lundi, à l’appel de sections CGT, SUD ou Unef, qui n’ont jamais accepté la fin de la bataille contre la loi travail, et veulent marquer le coup d’entrée.

Dans ce contexte, M. Macron n’aura aucun droit à l’erreur surtout qu’il vise la majorité à l’Assemblée nationale pour faire passer rapidement ses réformes, comme celle du code du travail.

Dans les jours à venir, M. Macron doit dévoiler ses candidats aux législatives, alors que 14 noms seulement sont pour l’heure connus.

Inflexion à droite

Le président-élu a longtemps été l’apôtre d’une ligne intransigeante en rejetant tout accord d’appareil, sauf avec le MoDem, et en demandant à chacun de s’inscrire sous l’étiquette “En Marche!”, afin d’assurer à son parti un maximum de subventions publiques qui sont corrélées aux résultats des législatives.

Cette position semble s’être légèrement infléchie. “Je ne demande à personne de déchirer sa carte (d’un autre parti, ndlr), parce qu’à titre personnel, les gens peuvent toujours garder des engagements”, a-t-il déclaré vendredi.

“Il est évident qu’il devra basculer vers une majorité présidentielle, une forme de coalition”, décrypte un rallié de droite de M. Macron. “Là, il est dans une posture de négociation mais je n’ai jamais cru qu’il tiendrait cette position dure”, ajoute-t-il.

M. Macron, dont l’électorat et les soutiens penchent à gauche, cherche à rééquilibrer. Un petit groupe de députés LR pourrait ainsi tendre la main à M. Macron, et rejoindre la majorité présidentielle, sans avoir à adhérer à En Marche!

“Ce n’est pas la peine qu’ils soient nombreux non plus. Ce week-end ça va se décanter. Ca négocie beaucoup”, confirme ce soutien de droite de M. Macron.

Mais cela impliquerait que ces élus n’aient pas de candidat En Marche! en face aux législatives, alors que M. Macron a juré qu’il alignerait des représentants dans les 577 circonscriptions.

M. Macron devra aussi se débrouiller avec sa promesse d’intégrer des membres de la société civile aux législatives (au moins 50%) comme dans son gouvernement de transition jusqu’aux élections, avec la part de danger que cela suppose.

“C’est un risque colossal car les erreurs, on les fait au début et on ne peut pas se le permettre en vue des législatives”, estime ce conseiller, qui attend avec impatience de voir les subtils dosages employés pour composer l’exécutif dans les prochains jours, secret bien gardé par M. Macron.

Les premières mesures du quinquennat Macron

De son arrivée à l’Elysée à la fin de l’année 2017, voici les premières mesures que prévoit de prendre Emmanuel Macron.

Avant les législatives des 11 et 18 juin

– Dès l’entrée en fonction, audit sur les finances publiques “afin de disposer à la mi-juin des résultats de la gestion en cours”.

– Présentation d’une feuille de route pour chaque ministre, avec des objectifs “clairs”.

– Projet de loi sur la moralisation politique, qui interdira entre autre le népotisme pour les parlementaires, “mis sur la table du Conseil des ministres avant les législatives” de juin, afin d’être voté ultérieurement.

Été: session parlementaire et ordonnances

– Demander au Parlement, lors d’une session parlementaire extraordinaire, l’autorisation de légiférer par ordonnances.

– “Simplifier” par ordonnances le droit du travail en donnant la priorité à l’accord d’entreprise pour fixer la durée du travail, et en encadrant le montant des dommages et intérêts accordés par les prud’hommes pour licenciement.

– Établir par ordonnances un droit à l’erreur pour tous face aux administrations, notamment en matière fiscale, et supprimer les normes européennes “surtransposées” dans le droit français.

– Débat parlementaire sur la prolongation de l’état d’urgence.

– Création d’un état-major permanent des opérations de sécurité intérieure, de renseignement et de lutte contre le terrorisme, ainsi que d’une cellule spéciale du renseignement dédiée au groupe Etat islamique (EI).

– Tour des capitales européennes pour proposer une feuille de route quinquennale afin de doter la zone euro d’un “vrai budget”.

– États généraux de l’alimentation pour améliorer la rémunération des producteurs et moderniser l’agriculture, assises de l’outre-mer et conférence des territoires avec les collectivités locales.

Septembre: réformes pour la rentrée scolaire

– Education: limitation à 12 du nombre d’élèves par classe en zone d’éducation prioritaire et “retour” des classes bilangues, supprimées en partie par la réforme du collège

– Nouvelle session exceptionnelle du Parlement en septembre.

– Projet de loi sur la mobilité et le logement pour créer un “choc de logement” dans les zones tendues.

D’ici la fin de l’année

– Texte quinquennal de finances publiques à l’automne (pas de loi de finances rectificative à l’été) et projet de loi de finances 2018 lors de la session ordinaire du Parlement (à partir du 1er octobre).

– Instaurer une dose de proportionnelle à l’Assemblée nationale et la réduction d’un tiers du nombre de parlementaires, réforme qui entrera en vigueur aux élections législatives suivantes (en principe en 2022).

– Renouveler les principaux postes de hauts fonctionnaires.

– Proposer des conventions démocratiques dans l’UE à propos “du contenu de l’action de l’Union” et sur “ses priorités”.

Ail Macron, 1er Gebieter du nouveau lander de Frankreich

20h00 c’est fait, Emmanuel Macron, l’ami qui vous veut du mal, vient d’être élu 1er Gebieter du nouveau lander de Frankreich. A 39 ans ce grand démocrate qui n’a jamais été élu à aucune élection, car passer par l’élection, déclarait-il le 28 mai 2015, est un cursus d’un ancien temps , est le plus jeune lauréat de cette élection, devant Valéry Giscard d’Estaing de 8 ans et 8 mois, et seulement le second, après Georges Pompidou a venir de la banque Rothschild..
Les politologues vont gloser sur la participations et les chiffres, mais au-delà du résultat, attendu, qui n’est une surprise pour personne car chaque candidat qui avait ses chances avait pour objectif de se retrouver au deuxième tour face à marine Le Pen, c’est la façon dont cette élection a été gagnée qui pose questions..

Comment ce pur produit du système, assistant du Philosophe Paul Ricoeur, haut fonctionnaire Inspecteur des finances. Une petite caste de moins de 300 personnes, l’aristocratie des énarques qui ont choisi de faire partie d’un corps de l’Etat qui contrôle Bercy et le secteur financier, peu enclins aux grandes remises en question, dont l’influence est un mélange de corporatisme et de conservatisme, banquier d’affaires chez Rothschild, 400 000 euros brut annuels, 2,8 millions d’euros de prime pour une opération de rachat d’une branche de Nestlé dans la branche la plus parasitaire et destructrice de valeur les fusions-acquisitions, a-t-il pu se hisser aussi haut en aussi peu de temps Et enfin secretaire general de l’Elysee et Ministre des finances.

Coup d’Etat médiatique

L’affaire Macron a commencé par le signal lancé par Jacques Attali à la presse en février 2015, en leur assurant qu’Emmanuel Macron aurait «l’étoffe d’un président de la République». Puis des journaux, des radios et les télévisions ont commencé à répéter à l’envie : « l’iconoclaste » Macron incarne le « renouveau » et la « modernité ». Cette phrase est celle que répètent aussi tous ses supporters et même ceux qui sont indécis. Un véritable bourrage de crâne. Une avec ou sans sa femme, plus de 10 000 articles, dans Libération, l’Obs, l’Express, Le Monde, Les Inrocks, Gala, Le Point et d’autres, beaucoup d’autres. Une exposition toujours sous ses meilleurs attraits, à l’inverse de son rival le plus sérieux pour le second tour, François Fillon qui voit ses problèmes s’etaler en gros dans tous les médias.

L’un commence à baisser malgré sa base assez stable de militants et l’autre le grignote jusqu’à le dépasser à quelques semaines du premier tour. Macron a gagné l’élection avec l’appui de tous les médias, grâce à la prestation ratée de Marine Le Pen qui s’est pris les pieds dans le tapis au moment ou cela comptait le plus et surtout grâce à son discours ambigu, dont il n’est jamais sorti, et double qui s’adresse à tout le monde, en s’appuyant sur le principe de l’écoute sélective. Le barrage au Front National a mieux fonctionné que prévu sans déclencher l’hystérie d’il y a 15 ans.

Quelle politique?

Libéral « de gauche » et européen convaincu comme la quasi-totalité des membres du gouvernement Hollande ; Les solutions économiques qu’il préconisait face à la crise, celles du Parti socialiste depuis 1983, n’avaient décidément rien d’original ni d’efficace. Au contraire.

La politique économique est très claire et il l’a annoncé : il va libérer toutes les entraves et réduire toutes les protections pour permettre la compétition du tous contre tous. Il veut l’Ubérisation de la société avec tout ce que cela représente de misère pour ceux qui sont en bas de la chaîne et de profits pour ceux qui sont en haut. La France va devenir un nid de start-up mais tout le monde ne deviendra pas pas Mark Zuckerberg. Loin s’en faut.

Socialement nous aurons des réformes sociétales classiques en pagaille, pour les minorités. Les homosexuels seront servis en priorité, mais aussi transexuels et les autres. Nous irons plus loin dans tout ce qui est PMA, GPA mais aussi dans toutes les expériences docteur Mabuse comme la création d’enfants in vitro avec l’ADN de leurs deux pères. Il y a beaucoup d’argent derrière toutes ces techniques qui sont presque prêtent et ne demandent qu’à avoir un marché. Monsieur Macron leur offre. Mais on sait aussi déjà qu’il y aura des problèmes avec la retraite par points et la suppression des allocations chômages. Enfin la mise en place de la nouvelle féodalité bancaire dont les banquiers centraux sont les nouveaux rois .

A l’international nous serons évidemment sur la ligne Berlin-Washington. Fidèlement. Sans devier. Macron n’a aucune idée force à l’international et sera heureux d’être un allié complaisant et docile.

La révolte étouffée jusqu’à quand?

La lutte factice contre l’extrême-droite a très bien fonctionnée et les électeurs vont communier après cette victoire en trompe-l’oeil.
Très vite trois problèmes vont se poser: L’insécurité culturelle, elle va s’aggraver avec une l’immigration illimitée voulue par Macron. L’insécurité physique va exploser avec la hausse de la criminalité due à la politique exclusivement en faveur des riches qui va faire exploser l’insécurité sociale et déclasser et paupériser de plus en plus de de gens. Avant cela les lois travail puissance 1000 qui vont passer dès le mois de juillet devrait remettre de l’huile sur le feu.

Que va devenir Marine Le Pen?

Son passage catastrophique lors du débat a très certainement pesé dans la lourde défaite de ce soir. Au dessous d’un certain seuil entre 25% et 30% elle devrait démissionner. La France vient d’abandonner à l’instant grâce aux imbéciles bien-pensants, incultes politiques, froussards manipulés et autres idiots utiles, encore eux, qui pensaient combattre le fascisme, toute forme de souveraineté. La banque a réussi son coup d’État silencieux sans violence sans coup de feu sans même le moindre questionnement des électeurs français qui ont voté pour un employé de banque,avec le sourire, et pour la fin de leur nation et sa vassalisation.

Le débat Le Pen – Macron s’est déroulé dans un climat de tension et d’intox

Les deux finalistes de l’élection présidentielle se sont livrés mercredi soir à un débat télévisé particulièrement musclé. La candidate du FN a cherché à associer au quinquennat le leader d’En Marche, qui lui a reproché de « mentir en permanence ».

Un choc frontal. Tendu et rugueux. Une image de l’Elysée en arrière-plan, Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont ferraillé sans discontinuer ce mercredi soir, sur TF1 et France 2, lors du traditionnel débat télévisé de l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle. Et cette fois, il n’y a pas eu le moindre round d’observation entre les deux finalistes. Dès les toutes premières minutes, le duel a tourné à l’aigre. D’emblée, Marine Le Pen, cherchant à bousculer le favori du second tour, a lancé l’offensive contre « le candidat de la mondialisation sauvage, de l’ubérisation, de la précarité, de la brutalité sociale, de la guerre de tous contre tous, du saccage économique (…), du dépeçage de la France par les grands intérêts économiques, du communautarisme ».

« Je suis la candidate de la Nation qui protège », a-t-elle assuré. « Vous n’êtes pas la candidate de l’esprit de finesse (…) Ce que vous portez, c’est l’esprit de défaite », a répliqué Emmanuel Macron, disant incarner, lui, « l’esprit de conquête français » avec « des vraies réformes et des vrais changements ».

« Enfant chéri du système »

Rarement un duel d’entre-deux-tours avait jusqu’ici montré, sur le fond, un tel antagonisme. Les passes d’armes ont été incessantes, et sur tous les sujets : emploi, fiscalité, santé, retraites, immigration, lutte contre le terrorisme et, surtout, Europe. Mais elles ont souvent donné lieu à un dialogue de sourd. La présidente du Front national, qui avait opté pour la guerre d’usure, a cherché à associer l’ancien ministre de l’Economie à François Hollande et à son quinquennat, « aux résultats extrêmement mauvais », a-t-elle insisté.

« Aucune responsabilité dans les grands choix économiques ? », a ironisé Marine Le Pen, le qualifiant d’« enfant chéri du système », lui reprochant d’être prisonnier des lobbies et d’être « soumis aux exigences de l’Union européenne ». « La France sera dirigé par une femme. Ce sera moi ou madame Merkel », a-t-elle prévenu, prônant un « protectionnisme intelligent ». Un discours, assorti de la dénonciation du projet « ultra-libéral » et « à la schlague » de son rival, destiné aux classes populaires et aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon.

« Vous ne proposez rien »

Emmanuel Macron, qui a peiné à la ramener sur le détail de ses propositions, l’a accusé de dire de « grandes bêtises » (« ça ne marche pas comme ça dans la vraie vie ») et de « profiter de la détresse des gens ». « Vous mentez en permanence (…) Vous ne proposez rien (…) C’est inapplicable », a-t-il martelé, opposant son calme à la « grande brutalité » de sa rivale et cherchant à apparaître moins approximatif et plus présidentiable qu’elle — « Je suis infiniment plus crédible que vous (…) Moi je suis précis ».

Et à apparaître, aussi, plus rassurant. « La France, c’est une civilisation ouverte avec des principes généreux. Tout l’inverse de ce que vous portez », a lancé le leader d’En Marche, l’accusant de « nourrir la division » et de porter « la guerre civile ». « Ce que vous proposez, c’est la sortie de l’histoire », a-t-il assuré, voyant en elle un « parasite » qui se « nourrit de la colère ». « La France mérite mieux que cela », a-t-il lancé à plusieurs reprises.

Avance dans les sondages

Il est peu probable que le débat, mené au pas de charge et souvent brouillon, change l’issue de cette présidentielle. Marine Le Pen ne paraît en tout cas pas en mesure d’inverser la tendance, alors qu’Emmanuel Macron n’a jamais été déstabilisé et l’a souvent mise en difficulté. D’autant qu’il est nettement en tête dans les sondages. Le dernier baromètre quotidien Presitrack pour « Les Echos » et Radio classique le créditait encore mercredi de 60% des voix. Un niveau qui n’a guère bougé depuis le premier tour.

Il ne reste que deux jours de campagne officielle avec notamment, une « grande fête populaire » dans la Somme pour la présidente du Front national et un dernier meeting à Albi, dans la Tarn, pour le fondateur d’En Marche. Deux jours seulement pour tenter de convaincre le quart de l’électorat qui se réfugie encore dans l’abstention.

La France insoumise boude Macron, les candidats concentrés sur le débat

Abstention ou vote blanc plutôt qu’Emmanuel Macron: deux militants de La France insoumise sur trois ont boudé le candidat d’En Marche! selon les résultats de la consultation dévoilés mardi, à la veille du crucial débat télévisé entre les deux postulants à l’Elysée.

Alors qu’Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont montrés discrets mardi, occupés à préparer leur face-à-face, l’attention s’est portée sur les 430.000 adhérents de La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, qui étaient appelés à s’exprimer sur la conduite à tenir au second tour de l’élection présidentielle.

Parmi quelque 243.000 votants, 36,12% ont choisi le vote blanc ou nul et 29,05% l’abstention. Seuls 34,83% des militants ont opté pour le vote Emmanuel Macron. Le vote en faveur de Mme Le Pen, qualifié de “terrible erreur” par M. Mélenchon dimanche, n’était pas une option de cette consultation.

Les Insoumis ont-ils été refroidis par la fin de non-recevoir opposée par M. Macron à leur leader ?

Dimanche, Jean-Luc Mélenchon, qui avait réuni près de 20% des voix au premier tour et avait refusé de donner une consigne de vote, a effectivement demandé un “geste” en faveur de ses électeurs. Mais M. Macron a refusé notamment d’abandonner son projet de réforme du droit du travail par ordonnances.

“Je ne vais pas modifier mon projet pour aller convaincre des électeurs qui n’ont pas voté pour moi au premier tour”, a expliqué M. Macron sur RMC et BFMTV mardi matin. Il a toutefois promis de mener ses réformes “en considérant cette part des inquiets, des perdants, de ceux qui, aujourd’hui, n’y trouvent pas leur compte”.

L’ancien ministre a poursuivi mardi ses clins d’oeil à la France anti-FN: il a rencontré mardi matin le résistant Daniel Cordier, secrétaire de Jean Moulin pendant l’Occupation allemande.

Et il continue en outre d’engranger des soutiens, parfois symboliques, comme celui, appuyé, de l’ancien ministre grec (du gouvernement de la gauche radicale Alexis Tspiras) Yanis Varoufakis, ou de Christiane Taubira, dans Le Monde.

Le Premier ministre Bernard Cazeneuve participait lui mardi soir à un meeting pro-Macron à Dijon aux côtés du maire PS François Rebsamen et du porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll, qui a exprimé son “incompréhension” face au choix des “Insoumis”, une “erreur” selon lui.

Combat de boue

Tous ces appuis sont sans doute bienvenus alors que l’ancien locataire de Bercy est en recul dans les sondages, tout en restant assez largement favori.

Un sondage Ispos-Sopra-Steria le donne vainqueur à 60%, mais en recul de deux points par rapport à la précédente enquête de cet institut, réalisée au soir du premier tour. Une enquête Elabe le crédite de 59% des voix, en recul de cinq points en une semaine.

Ce tassement pimente le débat diffusé mercredi à 21H00 sur TF1 et France 2, le duel étant lancé dès mardi par un tweet de défiance de Marine Le Pen. Si M. Macron “ne se sent pas à l’aise” dans le débat, “il peut toujours demander à François Hollande de venir lui tenir la main”, a écrit la candidate du Front national, invitée mardi soir du 20h00 de TF1 puis du Collectif des Africains, un mouvement citoyen des Africains de France.

“Notre but est de ne pas se laisser entraîner dans le combat de boue”, prévient-on en retour dans l’entourage de M. Macron.

En début de journée, les principaux soutiens de Mme Le Pen s’étaient employés à démentir tout plagiat alors que le discours de leur candidate lundi à Villepinte reprenait, mot pour mot, des passages entiers d’un discours mi-avril de François Fillon.

“Ce n’est pas un plagiat”, “c’est totalement assumé, un clin d’oeil assumé” envers les électeurs de droite, a affirmé l’eurodéputé FN Nicolas Bay. Marine Le Pen savait-elle qu’elle employait des mots de M. Fillon ? “Vous lui poserez la question, mais oui”, a-t-il assuré.

“Je pense qu’avec une partie de la droite, on a exactement la même vision de l’identité de la Nation et de l’indépendance nationale”, a abondé le vice-président du FN et compagnon de la candidate, Louis Aliot.

Un 1er mai de duel Macron/Le Pen par rassemblements et médias interposés

Les finalistes de la présidentielle, Marine Le Pen et Emmanuel Macron, s’affrontent lundi par rassemblements militants et médias interposés à l’occasion d’un 1er mai marqué aussi par ses traditionnels défilés, dont l’un avec Jean-Luc Mélenchon à Paris.

Journée habituellement chargée pour le Front national, ce 1er mai 2017 revêt une plus grande importance encore cette année pour l’extrême droite alors que Marine Le Pen, 15 ans après son père, s’est hissée au second tour de la présidentielle.

Réunissant ses partisans au Parc des Expositions de Villepinte (Seine-Saint-Denis), Mme Le Pen a attaqué très vivement son adversaire, en affirmant que “sa philosophie, c’est En marche ou crève !”

Marine Le Pen au Parc des Expositions de Villepinte, le 1er mai 2017


“Emmanuel Macron, c’est François Hollande qui veut rester et s’accroche au pouvoir comme une bernique”, a-t-elle ironisé avant de détourner la formule restée célèbre du candidat Hollande en 2012 -“mon adversaire, c’est le monde de la finance”- en lançant: “Faites barrage à la finance”, qui “a cette fois un nom”, Macron.

Elle a réaffirmé que, si elle était élue, elle nommerait Nicolas Dupont-Aignan Premier ministre. Prenant la parole juste avant elle, ce dernier, vivement critiqué pour son ralliement dans son parti et dans son fief de l’Essonne, avait jugé que le choix du 7 mai consistait entre “la finance” de M. Macron et “la France” de Mme Le Pen.

Avant ce meeting, Marion Maréchal-Le Pen, le vice-président du parti Florian Philippot et les cadres du FN ont déposé dans la matinée une gerbe au pied d’une statue de Jeanne d’Arc dans le XIIIe arrondissement de Paris, mais en l’absence de la candidate.

Emmanuel Macron vient fleurir la plaque en mémoire de Brahim Bouarram, un jeune Marocain tué dans la Seine par des militants proches de l’extrême droite en 1995, le 1er mai 2017

Au même moment, Emmanuel Macron était lui venu fleurir la plaque en mémoire de Brahim Bouarram, un jeune Marocain tué dans la Seine par des militants proches de l’extrême droite en 1995 en marge d’un rassemblement politique de Jean-Marie Le Pen.

Après son déplacement vendredi dans le village martyr d’Ouradour-sur-Glane (Haute-Vienne) et au Mémorial de la Shoah dimanche, le candidat d’En Marche continue d’enchaîner des commémorations sur le thème de la lutte contre l’extrémisme.

Accompagné de l’ex-maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, il a affirmé qu’il “n’oubliait rien” du passé frontiste de sa rivale, dont les “racines” extrémistes sont “vivaces”.

Jean-Luc Mélenchon lors d’une cérémonie en mémoire de Brahim Bouarram, un jeune Marocain tué dans la Seine par des militants proches de l’extrême droite en 1995, le 1er mai 2017


Jean-Luc Mélenchon a lui aussi rendu hommage, un peu plus tard, au jeune Marocain, poussé dans la Seine par un petit groupe de skinheads depuis le pont du Carroussel. Le leader de La France insoumise, qui a mis en garde la veille contre la “terrible erreur” d’un vote FN sans donner pour autant de consigne de vote, se joindra dans l’après-midi à l’un des défilés du 1er mai.

Macron en meeting à La Villette

Il a par ailleurs exhorté M. Macron à faire un geste envers les “insoumis” en retirant son projet de réforme du code du travail qu’il envisage de faire par ordonnances.

“Le 1er mai, c’est un visage de la mondialisation qui protège les travailleurs. C’est une construction, un acquis des grandes luttes sociales pour défendre les droits des travailleurs. La mondialisation, ça n’est pas que le visage de ceux qui oppriment, c’est aussi le visage des droits créés pour tous à certains moments”, avait déclaré dimanche M. Macron.

Pour sa part, comme chaque année, Jean-Marie Le Pen, co-fondateur du FN, dont il est aujourd’hui exclu, s’est rendu près de la statue de Jeanne d’Arc, place des Pyramides. Interrogé sur l’adversaire de sa fille, il a lâché: “M. Macron fait la tournée des cimetières, c’est un mauvais présage pour lui”.

Interrogé sur le fait de savoir s’il avait été bluffé par sa fille, il a rétorqué: “bluffé, non! Je l’avais fait moi-même, c’est vous dire que c’est possible. La situation étant bien meilleure sur le plan politique qu’elle ne l’était en 2002. Les petits ruisseaux font les grandes rivières”, a-t-il confié. Avant de dire à la tribune qu’il voulait lui “offrir le muguet de la victoire” face à “un énarque pantouflard fabriqué” et “ancien banquier”.

Dans l’après-midi, Emmanuel Macron devait répondre à Marine Le Pen depuis un grand meeting parisien de ses soutiens, réunis à La Villette (XIXe).

Les deux candidats s’affronteront ensuite dans la soirée par journaux télévisés, Marine Le Pen étant l’invitée du 20H00 de France 2 et Emmanuel Macron de celui de TF1.

TPMP : l’émission de divertissement devenue phénomène de société

Ce jeudi soir, pour la 1000ème de son émission devenue culte, Cyril Hanouna est allé interpeller Emmanuel Macron devant la tour TF1, d’où il sortait après avoir participé à une émission politique. Amusé et visiblement complice du trublion de C8, le candidat En Marche s’est prêté au jeu de saluer l’émission et de lui souhaiter un joyeux anniversaire. Le finaliste de la Présidentielle a également appelé les téléspectateurs de l’émission à aller voter le 7 mai, mettant en avant l’idée que s’abstenir « c’est laisser les autres choisir ». Une séquence surréaliste qui au-delà d’impacter la campagne présidentielle, vient faire pénétrer Touche Pas à Mon Poste ! dans une autre ère. L’émission bascule désormais dans une nouvelle catégorie. De divertissement pur, le programme est devenu un phénomène de société que désormais la sphère politique cherche à s’accaparer. TPMP et son animateur vedette sont devenus les catalyseurs de la jeunesse populaire. Cyril Hanouna et son émission sont maintenant un moyen de parler directement aux jeunes. Après 5 ans dans le groupe Canal, TPMP semble être bien plus qu’une émission de divertissement.

 Hanouna – Macron : duo complice

Afin d’obtenir cette séquence surréaliste, Cyril Hanouna avait bien préparé son coup. L’animateur de C8 avait en effet annoncé le matin même sur Europe 1 son intention d’aller à la rencontre du candidat En Marche ! à sa sortie de la tour TF1. Ce jeudi soir, les images laissent la trace d’une improvisation totale. Cyril Hanouna, en plateau, décide subitement de partir à 23h00 pour se rendre en scooter devant les locaux de la chaîne privée, sans pour autant savoir s’il parviendra à rencontrer Emmanuel Macron. Arrivé devant la tour TF1, la sécurité de la chaîne laisse étrangement Cyril Hanouna attendre Emmanuel Macron qui arrive quelques minutes après. L’animateur interpelle alors le candidat et échange quelques mots avec lui. Mais à y regarder de plus près, la séquence semble au contraire être parfaitement organisée. La rencontre entre le candidat et Cyril Hanouna résulte d’un accord commun entre les deux parties. Cyril Hanouna obtient une séquence qui fait le buzz. Emmanuel Macron cultive son image de candidat jeune, qui bouleverse les codes. Ce moment fait définitivement basculer l’émission. Elle n’est plus un simple divertissement. Elle entre dans une stratégie politique. La séquence s’intègre parfaitement dans la plan d’Emmanuel Macron. Candidat starifié, médiatisé à outrance, Emmanuel Macron se sert presque de Cyril Hanouna pour s’attirer les faveurs de son jeune public. Le candidat à la Présidentielle vient de réaliser un énorme coup de communication. Il vient chercher les jeunes électeurs et les incite à voter pour lui en se rendant à la source même, en parlant et en se montrant proche de leur idole. Emmanuel Macron affirme son image de candidat singulier, jeune, moderne. La séquence est loin d’être improvisée. L’ancien ministre de l’Economie n’est pas surpris par l’arrivée de Cyril Hanouna. Il est parfaitement au courant de ce qu’il va se passer. Il a déjà préparé son discours. Il arrive, avec talent, à se rendre sympathique tout en rappelant l’échéance cruciale du 7 mai. La séquence a été organisée par C8 et les équipes d’Emmanuel Macron, en accord avec la direction de TF1. Hier soir, nous avons bel et bien assisté à une stratégie de communication organisée par le candidat. On est largement loin de la séquence présentée comme improvisée par Cyril Hanouna. Le moment témoigne de l’importance prise par TPMP depuis plus de 5 ans. L’émission est un phénomène de société qui dépasse désormais les cadres de la sphère médiatique. Emblème de la culture populaire et de la jeunesse, le divertissement se retrouve alors à avoir un poids politique. Emmanuel Macron l’a parfaitement compris et s’en est servi hier soir avec brio pour s’adresser directement aux jeunes. Ce jeudi, TPMP est devenu un relai, a fait le lien entre Emmanuel Macron et l’électorat jeune qu’il cherche à cibler.

 

Cinq ans de succès

Le tournant de l’histoire de TPMP, c’est son changement de chaîne. En 2012, Cyril Hanouna passe de France 4 à D8 pour prendre l’access prime-time de la nouvelle chaîne du groupe Canal. L’animateur amène avec lui Touche Pas à Mon Poste !, l’émission qu’il a lancée deux ans plus tôt sur la chaîne publique. Cinq ans plus tard, TPMP fête sa 1000ème émission et est devenu un programme culte, avec son lot de séquences mythiques et de polémiques. L’émission ne laisse personne indifférent et est un véritable phénomène de société. A l’origine de ce succès, une stratégie parfaitement maîtrisée par Cyril Hanouna et ses équipes de production. L’animateur a ainsi été le premier à comprendre l’importance que pouvait avoir Twitter. Dès les premières émissions sur France 4, TPMP a su tisser un lien très fort avec ses téléspectateurs par l’intermédiaire des réseaux sociaux. Les fans pouvaient en effet envoyer des vidéos, des messages, des photos à l’équipe de TPMP afin d’apparaitre dans l’émission. Plus qu’une émission de télévision, Touche Pas à Mon Poste ! est l’émission des réseaux sociaux. Sur D8, Cyril Hanouna a réussi à développer avec talent une énorme communauté de fans, les fanzouzes. Mettant en avant une certaine idée de proximité entre lui et ses téléspectateurs, l’animateur s’est constitué une véritable armée de fans, qui n’hésite pas à aller au front sur les réseaux sociaux dès que leur protégé et leur émission préférée sont attaqués et critiqués. Lançant des hashtags à la gloire du programme et de son animateur, live-tweetant l’émission en direct afin de la mettre en Trending Topic – sujets les plus commentés sur Twitter – retweetant et commentant chaque photo des chroniqueurs de TPMP, les fanzouzes ont réussi à développer la portée de l’émission. Une forme de passation de pouvoir. Par son excentricité, sa science du direct et son humour, Cyril Hanouna a fait le succès médiatique de TPMP. Il a ensuite transmis le relai à ses fans qui ont réussi à en faire une réussite majeure sur les réseaux sociaux. Mais au-delà de cette stratégie efficace sur Internet, TPMP puise son succès dans sa capacité à entretenir le buzz permanant. Depuis plusieurs saisons, Cyril Hanouna répond à chacune des attaques que l’on peut faire à son encontre. En répondant souvent à des personnalités plus puissantes que lui comme Alain Delon ou Brigitte Bardot, l’animateur a réussi à mettre son émission au cœur de l’actualité. C’est en accumulant les séquences volontairement trashs, en multipliant les polémiques et en répondant perpétuellement aux personnalités qui critiquent son émission que Cyril Hanouna a permis à TPMP de sortir de la sphère médiatique. L’animateur en est alors devenu le symbole assumé de la culture populaire. Les Sardines et Kendji sont devenus les hymnes de l’émission. Et l’arrivée de Quotidien sur la même case horaire en face est venue accentuer cette image. Face à l’émission de Yann Barthès, jugée bobo et branchée, TPMP est l’émission populaire par excellence. En cinq ans, Cyril Hanouna est devenu le chantre de la culture de masse, l’emblème du populaire en utilisant avec une grande maîtrise les réseaux sociaux et la science de la polémique.

Quel avenir pour Cyril Hanouna ?

Un jour la question va forcément se poser : que va bien pouvoir faire Cyril Hanouna après TPMP ? L’émission n’est pas éternelle. L’animateur ne va pas forcément tenir encore cinq ans le rythme d’un programme quotidien et particulièrement intense. Les spectateurs vont peut-être eux-mêmes se lasser de l’émission. Alors à ce moment-là, que pourra faire Cyril Hanouna ? N’est-il pas condamné à être l’animateur d’une seule émission ? N’est-il pas déjà forcé à ne connaître qu’un seul succès ? Car s’il a réussi à développer une énorme communauté de fan, le trublion de C8 a également énormément de détracteurs. Il y a autant de gens qui adulent Cyril Hanouna que de personnes qui le détestent. A ce titre, son aventure sur Europe 1 est terriblement révélatrice des difficultés que pourraient connaître Cyril Hanouna après TPMP. A la rentrée 2014, l’animateur arrive avec Les Pieds dans le Plat pour remplacer Laurent Ruquier, parti présenter Les Grosses Têtes sur RTL. Si l’émission était un succès lorsqu’elle était diffusée entre 10h30 et 12h30, elle est un échec énorme entre 16h et 18h30. Les fidèles d’On Va S’Gêner qui n’avaient pas l’intention d’aller écouter RTL n’ont pour autant pas suivi l’émission de l’animateur de C8, le jugeant bien moins fin et légitime que Laurent Ruquier pour occuper cette tranche. Cyril Hanouna n’a pas réussi à séduire les auditeurs et l’émission s’est arrêtée après deux saisons ternes. Le problème, c’est que les auditeurs d’Europe 1 ne sont pas allés écouter l’émission par manque de sympathie pour Cyril Hanouna tandis que ses fans ne l’ont pas reconnu dans cette émission et n’ont pas retrouvé l’animateur qu’ils aimaient tant dans TPMP. Il s’agit ici du risque principal pour l’animateur de C8. S’il continue encore trop longtemps Touche Pas à Mon Poste !, Cyril Hanouna se coupera définitivement des téléspectateurs qui ne le regardent pas et le jugent négativement. Ceux-ci ne le suivront ainsi pas le jour où il lancera une nouvelle émission, quelque soit la qualité de celle-ci. Mais un jour, Cyril Hanouna n’aura plus la même énergie, la même fouge, et ce sont ses fans originels qui risquent alors de s’éloigner de lui et de le délaisser. Il ne peut pas prendre le risque de s’éterniser. S’il veut continuer sa carrière à la télévision, il est peut-être temps de changer d’image. A moins que son avenir se dirige vers la production et la direction de chaîne comme il le laissait entendre il y a plusieurs semaines dans TPMP.

Ce jeudi soir, TPMP a basculé dans une nouvelle phase de son existence. En interpellant Emmanuel Macron, Cyril Hanouna est devenu l’objet de sa communication. Le candidat d’En Marche a ainsi vu en l’émission de C8 le moyen d’attirer les jeunes, de s’adresser directement à eux pour mieux les séduire. En cinq ans, le programme est devenu un véritable phénomène de société. Succès médiatique monumental, fervent représentant de la culture populaire, emblème d’une certaine jeunesse, TPMP a su maîtriser les réseaux sociaux et les polémiques afin de s’imposer comme l’émission culte des années 2010. Mais à trop chercher le buzz, à trop puiser son succès dans les polémiques, l’émission commence à perdre certains de ses fidèles originels. S’il veut conserver son impact médiatique et prolonger le succès de son émission, il est peut-être temps pour Cyril Hanouna de changer de ton et de se donner une nouvelle image.

Le Pen à l’attaque sur le terrain, mise en garde de Hollande

François Hollande a averti mardi que “rien n’est fait” dans la bataille pour le second tour de l’élection présidentielle, pendant que Marine Le Pen accentuait les œillades aux électeurs de François Fillon et Jean-Luc Mélenchon.

Cible des attaques de sa rivale, Emmanuel Macron devrait répliquer mardi soir au JT de France 2, après un déplacement à l’hôpital de Garches, en région parisienne, sur le thème de “la prise en charge des patients en situation de handicap”.

“La campagne reprend ses droits”, a confirmé sur BFM TV Arnaud Leroy, porte-parole d’Emmanuel Macron.

“L’enjeu, c’est que le Front national soit le plus faible possible” le 7 mai, a affirmé le chef de l’État depuis Laval, déplorant qu'”il n’y a pas eu de prise de conscience de ce qui s’est passé dimanche”, avec la qualification au premier tour de Marine Le Pen derrière Emmanuel Macron.

“Je pense qu’il convient d’être extrêmement sérieux et mobilisé, de penser que rien n’est fait parce qu’un vote ça se mérite, ça se conquiert”, a averti François Hollande, qui a appelé lundi à voter pour son ancien conseiller et ministre.

Le chef de l’État François Hollande à Laval, le 25 avril 2017

La candidate du Front national s’est rendue tôt mardi au marché de gros de Rungis (Val-de-Marne), avec l’objectif affiché de rallier des voix sur sa droite et sa gauche.

A défaut d’obtenir des soutiens d’élus LR, Marine Le Pen a eu “une pensée pour les électeurs de François Fillon”, victimes selon elle d’une “trahison” du candidat qui a appelé dès dimanche soir à voter pour le candidat d’En Marche!

A destination des électeurs du leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, qui n’a pas pris position pour le second tour, elle s’est posée en candidate de la “régulation”, contre Emmanuel Macron, partisan “du libre-échange total”.

Emmanuel Macron à Paris lors de l’hommage national mardi 25 avril 2017 à Xavier Jugelé, le policier tué lors de l’attentat sur les Champs-Elysées jeudi 20 avril 2017

Invitée sur TF1 mardi soir, Marine Le Pen tiendra jeudi soir un meeting à Nice, bastion de la droite qui a placé François Fillon devant elle, puis au Parc des Expositions de Villepinte pour un grand meeting à l’occasion du traditionnel 1er-Mai frontiste.

Cette stratégie de forte présence sur le terrain contraste avec celle d’Emmanuel Macron, qui a annoncé à la dernière minute sa visite à Garches et prévoit mercredi un déplacement dans la Somme, où se rendra à l’usine Whirlpool d’Amiens, menacée de fermeture, avant un meeting dans le Pas-de-Calais à Arras, deux départements où Marine Le Pen est arrivée en tête dimanche.

Le temps des explications

L’attitude du candidat d’En Marche!, qui consacre son début de semaine à des consultations en vue d’une future majorité au risque de donner l’impression d'”enjamber” le second tour, a été critiquée par le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis. Pour lui, Emmanuel Macron a pensé “à tort” dimanche soir “que c’était fait alors que ce n’est pas fait”.

“Nous n’allons pas faire l’économie du combat face à Marine Le Pen”, a assuré mardi le secrétaire général d’En Marche! Richard Ferrand.

Les deux finalistes se sont retrouvés mardi dans la cour de la préfecture de police à Paris, à l’invitation de François Hollande, lors de l’hommage national au policier tué jeudi dernier dans un attentat sur les Champs-Élysées.

A droite, le président du Sénat Gérard Larcher s’est félicité que Les Républicains soient restés unis dans la perspective des législatives des 11 et 18 juin.

Cependant le débat est lancé en coulisses. Des proches d’Alain Juppé doivent se retrouver mardi soir à Paris autour du maire de Bordeaux, qui a jugé nécessaire de “revoir la ligne politique” de LR.

Le bureau politique du parti a avalisé lundi un texte de compromis appelant à “voter contre Marine Le Pen pour la faire battre au second tour”, sans appeler à voter Macron.

Ce compromis masque des divergences entre un Laurent Wauquiez qui exclut de participer à une coalition autour d’Emmanuel Macron et un Bruno Le Maire qui n’aurait “aucune hésitation” à intégrer le gouvernement si le leader d’En Marche! se retrouvait sans majorité claire à l’Assemblée.

Pour sa part, Nicolas Sarkozy va annoncer qu’il votera en faveur de l’ex-ministre de l’Économie, selon des sources LR concordantes.

Au PS, après la déroute de Benoît Hamon, M. Cambadélis a promis que “le temps des explications aurait lieu” mais “après les législatives”.

Macron répond aux critiques et affirme que “rien n’est gagné”

Emmanuel Macron a assuré mardi que “rien n’est gagné” dans la bataille du second tour de la présidentielle face à Marine Le Pen, répondant à un avertissement de François Hollande, pour qui le score du FN au premier tour ne doit pas être sous-estimé.

Très offensive, la candidate du Front national, arrivée dimanche deuxième derrière Emmanuel Macron avec un record de voix historique pour son parti,multipliait pendant ce temps les œillades aux électeurs de François Fillon et Jean-Luc Mélenchon.

“L’enjeu, c’est que le Front national soit le plus faible possible” le 7 mai, a affirmé le chef de l’État depuis Laval, estimant qu'”il n’y a pas eu de prise de conscience de ce qui s’est passé dimanche”.

“Je pense qu’il convient d’être extrêmement sérieux et mobilisé, de penser que rien n’est fait parce qu’un vote ça se mérite, ça se conquiert”, a averti François Hollande, qui avait appelé lundi à voter pour son ancien conseiller et ministre.

En marge d’une visite à l’hôpital de Garches (Hauts-de-Seine), Emmanuel Macron lui a répondu en affirmant que “rien n’est jamais gagné, il faut se battre”.

Le candidat d’En Marche! a aussi assuré n’avoir “aucun regret” d’avoir célébré dimanche sa première place à la brasserie parisienne La Rotonde. “C’était sincère et je l’assume totalement”, a-t-il rétorqué sur France 2, ajoutant “ne pas avoir de leçon à recevoir”.

Le candidat d’En Marche! Emmanuel Macron (3eD) lors d’une visite de l’hôpital de Garches (Hauts-de-Seine), en compagnie du Dr Patrick Pelloux (2eD), syndicaliste et médecin urgentiste

Deux stratégies

Marine Le Pen avait commencé la journée au marché de gros de Rungis (Val-de-Marne). A défaut d’obtenir des soutiens d’élus LR, elle a eu “une pensée pour les électeurs de François Fillon”, victimes selon elle d’une “trahison” du candidat qui a appelé dès dimanche soir à voter Emmanuel Macron.

A destination des électeurs du leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, qui n’a pas pris position pour le second tour, elle s’est posée en candidate de la “régulation”, contre Emmanuel Macron, partisan “du libre-échange total”.

Le candidat d’En Marche! a fait un signe aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon, se disant sur France 2 “triste” pour eux. “Je pense qu’ils valent beaucoup mieux que ce qu’il leur a dit dimanche soir”, a-t-il déclaré.

Marine Le Pen tiendra jeudi soir un meeting à Nice, bastion de la droite qui a placé François Fillon devant elle, puis au Parc des Expositions de Villepinte pour un grand meeting à l’occasion du traditionnel 1er mai frontiste.

Cette stratégie de forte présence sur le terrain contraste avec celle d’Emmanuel Macron, qui a annoncé à la dernière minute sa visite à Garches et prévoit mercredi un déplacement dans la Somme. Il se rendra à l’usine Whirlpool d’Amiens, menacée de fermeture, avant un meeting dans le Pas-de-Calais à Arras, deux départements où Marine Le Pen est arrivée en tête dimanche.

L’attitude du candidat, qui a consacré son début de semaine à des consultations en vue d’une future majorité au risque de donner l’impression d'”enjamber” le second tour, a été critiquée par le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis.

Divergences à droite

Les deux finalistes se sont retrouvés mardi dans la cour de la préfecture de police à Paris, à l’invitation de François Hollande, lors de l’hommage national au policier tué jeudi dernier dans un attentat sur les Champs-Élysées.

A droite, le débat est lancé en coulisses. Des proches d’Alain Juppé devaient se retrouver mardi soir à Paris autour du maire de Bordeaux, qui a jugé nécessaire de “revoir la ligne politique” de LR.

Le bureau politique du parti a avalisé lundi un texte de compromis appelant à “voter contre Marine Le Pen pour la faire battre au second tour”, sans appeler à voter Macron.

Ce compromis masque des divergences entre un Laurent Wauquiez qui exclut de participer à une coalition autour d’Emmanuel Macron et un Bruno Le Maire qui n’aurait “aucune hésitation” à intégrer le gouvernement si le leader d’En Marche! se retrouvait sans majorité claire à l’Assemblée.

Pour sa part, Nicolas Sarkozy va annoncer qu’il votera en faveur de l’ex-ministre de l’Économie, selon des sources LR concordantes.

Au PS aussi, les tensions sont vives après la cinquième place de Benoît Hamon et les doutes sur la stratégie à suivre avant les élections législatives. Manuel Valls, partisan d’un rapprochement avec En Marche! dans le cadre d’une future majorité, a ainsi prévenu devant ses proches que “personne ne peut nous exclure du PS” à cause du soutien à M. Macron.

Présidentielle: Hollande appelle à voter Macron

La campagne du second tour de l’élection présidentielle s’est ouverte lundi avec une journée de “négociations politiques” pour le favori Emmanuel Macron, pour qui François Hollande a solennellement appelé à voter, tandis que Marine Le Pen est repartie sur le terrain dans le Pas-de-Calais.

“La présence de l’extrême droite fait une nouvelle fois courir un risque pour notre pays (…) Face à un tel risque, la mobilisation s’impose et la clarté des choix. Pour ma part, je voterai Emmanuel Macron”, a déclaré le chef de l’État dans une allocution télévisée à l’Élysée.

Selon les “résultats globaux”, hors Français de l’étranger, communiqués par le ministère de l’Intérieur, M. Macron est arrivé en tête du premier tour avec 23,75% des suffrages devant la présidente du Front national (21,53%). François Fillon est arrivé troisième avec 19,91% des voix, devant Jean-Luc Mélenchon, à 19,64%.

Les deux finalistes, invités par le chef de l’État à participer mardi à l’hommage national au policier tué dans un attentat sur les Champs-Élysées, préparent désormais le traditionnel débat télévisé de l’entre-deux-tours, prévu le 3 mai.

Leurs entourages ont indiqué qu’ils avaient chacun l’intention d’y participer, alors qu’en 2002 le président sortant, Jacques Chirac, avait refusé d’affronter Jean-Marie Le Pen.

On est challengeur, clairement

En attendant, Emmanuel Macron, tout en se préparant pour remporter le second tour, devait selon son entourage consacrer les journées de lundi et mardi aux “négociations politiques” dans le but de former une majorité, en prévision des législatives des 11 et 18 juin.

Critiqué pour avoir fêté le résultat du premier tour à La Rotonde, une brasserie du quartier de Montparnasse, le candidat d’En Marche! pourrait tenir un meeting dans sa ville natale d’Amiens avant le 7 mai.

De son côté, Marine Le Pen est repartie dans son fief électoral du Pas-de-Calais pour arpenter les allées du marché de Rouvroy.

Alors que les ralliements à M. Macron se sont multipliés dès dimanche soir, de Benoît Hamon à François Fillon, la présidente du FN a brocardé devant la presse “le vieux front républicain tout pourri, dont plus personne ne veut” qui “essaie de se coaliser” contre elle.

Pour ce deuxième tour, “on est challengeur, clairement”, a jugé le vice-président du FN Florian Philippot, qui a demandé à Nicolas Dupont-Aignan d’être “cohérent” en appelant à voter pour Marine Le Pen. Le président de Debout la France (4,75% des suffrages), réunissait lundi les instances de son parti et devrait se prononcer dans les prochains jours.

Selon deux sondages réalisés dimanche soir, Emmanuel Macron battrait largement Marine Le Pen, à 62%-38% selon Ipsos Sopra Steria, à 64%-36% selon Harris Interactive.

La présidente du FN tiendra jeudi un meeting d’entre-deux-tours à Nice.

La journée était agitée chez Les Républicains: avec l’élimination de François Fillon, la droite est absente du second tour pour la première fois sous la Ve République.

Lors d’un comité politique en matinée, les principaux responsables LR ont laissé éclater leurs divergences sur un appel explicite à voter pour Emmanuel Macron, optant finalement pour un compromis qui exclut l’abstention au second tour. Un bureau politique était prévu à 17h00.

A l’issue d’une réunion de son bureau national, le PS a pour sa part appelé “à battre l’extrême droite” et donc “à voter” pour Emmanuel Macron.

“Cette prise de position a été unanime au sein du bureau national du PS et c’est suffisamment rare pour que ce soit souligné”, a déclaré le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, appelant les socialistes à “s’engager dans la bataille”, après le score historiquement faible de Benoît Hamon (6,35%).

La fin d’un cycle

Le scrutin de dimanche a vu l’élimination des deux partis dominant la vie politique depuis quarante ans: le parti gaulliste, aujourd’hui Les Républicains, et le Parti socialiste. Deux partis ayant organisé une primaire ouverte.

A droite, Jean-Pierre Raffarin, ex-soutien d’Alain Juppé, a jugé “trop facile de trouver un bouc-émissaire” en la personne de François Fillon.

“Défaite personnelle” d’une “droite recroquevillée” sur “ses seules bases bourgeoises et conservatrices”, estime le maire de Tourcoing Gérald Darmanin, ex-soutien de Nicolas Sarkozy.

Au PS, Manuel Valls a analysé “la fin d’un cycle”. “Ceux qui ne partagent pas les mêmes idées, qui sont en désaccord notamment sur l’Europe, sur l’économie, sur l’entreprise, sur les questions de sécurité, peuvent-ils encore être dans la même famille politique ? Personnellement je ne le crois pas. Donc doit venir le temps, enfin, de la clarification”, a prôné l’ancien Premier ministre, soutien de Macron dès avant le premier tour.

Le Parti radical de gauche (PRG) a appelé à voter Macron et proposé de “bâtir avec lui une coalition large de gouvernement”.

A gauche, Jean-Luc Mélenchon, le candidat de la France insoumise n’a pas donné de consignes de vote, expliquant s’en remettre à l’avis des 450.000 soutiens de sa plateforme internet.

A l’étranger, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a souhaité “bon courage pour la suite” à Emmanuel Macron. Le gouvernement allemand a apporté son soutien en saluant “sa position pour une UE forte et une économie sociale de marché”.

La Bourse de Paris, galvanisée par l’anticipation d’une victoire de l’ancien ministre de l’Économie, voyait les valeurs bancaires bondir pour certaines de quelque 10%.

Les catholiques et la présidentielle: entre séduction, déception et tentation

“Déception Fillon, tentation Le Pen, séduction Macron”: un prêtre du diocèse de Rennes résume ainsi le dur dilemme auquel est confronté avant la présidentielle l’électorat catholique divisé sur son candidat phare François Fillon, les débats sociétaux et l’accueil des migrants exigé par le pape François.

Pour les catholiques, qui penchent majoritairement à droite, cette campagne brouille les cartes. En décembre à Rennes, ils avaient voté massivement à la primaire pour un candidat réputé pour sa droiture et son honnêteté. Ils sont souvent échaudés, amers. Les “cathos de gauche” sont eux aussi perplexes face aux divisions du camp socialiste. A la messe à la paroisse Saint-Augustin où beaucoup se retrouvent, l’appel à refuser le vote Le Pen et toute xénophobie est ferme. Mais les autres candidats ne séduisent pas pour autant le diacre de la paroisse, Paul Bosse-Platière: “Mélenchon? on ne va pas faire du Chavez en France ! Hamon est trop irréaliste ! Macron on ne le sent pas ! Fillon c’est donner aux riches”.

Dans une autre paroisse, Germain Bertrand, qui se situe à gauche, milite pour les migrants et fait partie en même temps des Veilleurs, mouvement actif dans la Manif pour tous, s’inquiète: “J’ai vu craquer les barrages face à Le Pen, j’ai vu se fendre les résistances”. Alain Mignot, professeur de math à la retraite, engagé au Secours catholique dans l’aide aux migrants, confirme: “Le Pen tient un discours de plus en plus social. J’en connais, ils le disent en petit comité, qui vont voter le Pen, ça ne leur pose pas de problèmes”. Un catholique engagé à la Manif pour tous, qui a requis l’anonymat, avait voté Jean-Frédéric Poisson à la primaire et voit en Fillon “un imposteur”. Il ne sait pas encore pour qui voter.

On ne peut être franc-mac et chrétien

“On espérait de nouvelles têtes, mais, après le meeting du Trocadéro, ils sont revenus, les François Baroin, les Luc Chatel, ce même Chatel qui a introduit la théorie du genre à l’école”, dit-il. “On ne peut être franc-mac et chrétien!”

Beaucoup de catholiques, selon lui, vont voter pour Fillon malgré leur déception: “Fillon, c’est le meilleur programme économique, le seul à avoir potentiellement la capacité d’avoir une chambre des députés avec lui”. Et, ses ennuis judiciaires, “ça finit par se retourner en sa faveur, à cause de l’acharnement” des médias, qui leur donne l’impression d’être impulsé par le pouvoir socialiste.

Et l’inconnue Emmanuel Macron ? Antoine Cressard, catholique pratiquant, juppéiste, conseiller municipal du groupe “Alternance 2020” à Rennes, qui rejette les extrêmes, estime que le report des voix sur le candidat d’En Marche! sera faible: “La base du programme de la droite, aussi défendue par Alain Juppé, est la seule qui peut rétablir la situation du pays. Ceux qui ont soutenu Fillon, je ne pense pas qu’ils iront chez Macron au premier tour. Ils ne veulent plus du hollandisme. Macron est vu comme l’héritier du hollandisme”.

“Ceux qui sont déçus de Fillon pourraient s’abstenir”, juge-t-il.

Écologie intégrale

Camille Rodriguez, étudiante à Sciences-Po, est séduite par le candidat de 39 ans et son désir de surmonter le clivage droite-gauche: “Macron défend la valeur travail, sans restrictions budgétaires à outrance”. Que les catholiques aient des priorités différentes, le social d’abord, ou bien la famille et la vie, c’est bien normal, mais pas le “renvoi des étrangers” préconisé par Marine Le Pen, inacceptable pour un catholique, juge-t-elle.

Elle renvoie dos à dos François Fillon et Benoît Hamon: “l’un veut rayer de la carte l’acquis en matière de sécurité sociale”, l’autre veut “détruire la valeur travail, au cœur des valeurs catholiques” avec son revenu universel.

Pour un curé des environs de Rennes, le critère de jugement du catholique doit être “l’écologie intégrale, au centre duquel est l’être humain, prônée par le pape François”. Pas question donc selon lui de voter pour Benoît Hamon ou Jean-Luc Mélenchon qui veulent inscrire l’euthanasie et l’avortement dans la Constitution.

“On assiste, fait-il valoir, à une dérégulation non seulement économique mais aussi sociétale et morale” que les catholiques ne devraient pas accepter.

Un an plus tard, En Marche! vise le développement durable

“Start-up” désormais florissante, En Marche !, le mouvement d’Emmanuel Macron, a bousculé en un an le paysage politique et espère désormais s’ancrer de manière pérenne à l’occasion des élections.

François Patriat est l’un des participants de la première heure de l’aventure. Dans son téléphone portable, une photo de la cathédrale d’Amiens où il a déposé un cierge le 6 avril 2016, jour du lancement du mouvement qui pourrait propulser Emmanuel Macron au pouvoir. “J’y suis allé car je savais que ce serait un moment politique historique”, s’enflamme le sénateur (PS) de Côte-d’Or, avec l’enthousiasme d’une “groupie” qui s'”assume”.

M. Patriat rembobine volontiers le fil de l’histoire : la réunion des réformateurs du PS à Pessac-Léognan fin août 2015 où “Emmanuel a fait un tabac”; “l’idée du mouvement qui germe à l’automne 2015” entre M. Macron et quelques parlementaires (François Patriat, Richard Ferrand, Arnaud Leroy, Corinne Erhel, Christophe Castaner et Stéphane Travert), “jusqu’à ce qu’Emmanuel dise autour de Noël: +Ok, on lance quelque chose+”; puis la recherche de la bonne fenêtre de tir, au printemps, en pleines manifestations contre la loi travail dont M. Macron est un inspirateur. “Emmanuel pensait à une ville emblématique de la gauche, industrielle, comme Le Creusot, avant de choisir lui-même Amiens, sa ville natale”, explique encore M. Patriat, admiratif des “intuitions” gagnantes de son cadet, rapidement conscient qu’il aurait un coup à jouer lors de l’élection présidentielle. “La force de Macron c’est qu’il a compris beaucoup plus tôt que Manuel Valls que François Hollande ne serait pas en situation de se représenter”, confirme un conseiller de l’ombre.

En dessinant son propre mouvement siglé de ses propres initiales (EM), M. Macron a suscité selon les sensibilités scepticisme, moquerie et intérêt. “Macron a eu le courage de monter son truc quand personne n’y croyait. Il lui a fallu rompre tout le temps. C’est exceptionnel”, vantait cette semaine un membre du gouvernement, tout proche d’apporter son soutien à l’ancien ministre de l’Economie.

Hypercroissance

A l’automne, d’autres se montraient bien plus dubitatifs. Macron c’est “le renouvellement, le fait qu’il n’est pas dans un parti traditionnel. Mais on voit bien que ça ne suffit pas (…) Si l’idée c’est de dire que c’est une offre de plus, ce n’est pas de nature à faire gagner”, estimait en petit comité François Hollande.”Pour moi, Macron c’est anecdotique, du pur opportunisme. C’est un créateur de start-up hors pair, mais le problème en France, c’est que les start-up ne grossissent pas”, persiflait un ministre. Pourtant, En Marche ! n’a cessé de prendre de l’ampleur. Initialement installée “sans un rond, dans un boui-boui rue des Plantes, un local avec une seule personne” dixit Richard Ferrand, la structure s’est étoffée avec le départ de M. Macron de Bercy le 30 août, qui a drainé plusieurs proches.

Désormais, En Marche ! revendique 80 salariés et voit défiler environ “150 bénévoles” dans ses vastes bureaux du XVe arrondissement de Paris, selon Sylvain Fort, le directeur de la communication du candidat. Revers de cette “hypercroissance”, selon le terme employé par la députée Corinne Erhel, la difficulté parfois “de savoir qui fait quoi, quels sont les interlocuteurs”, souligne un soutien centriste. “C’est monstrueux ce qui a été accompli en quelques mois. Mais il manque d’un patron qui fait tourner la boutique, ça reste très spontané”, avance un rallié de droite. “Quand tu passes de 12 à 80 salariés en 6 mois, ton organigramme explose toutes les semaines”, plaide M. Fort, en mettant plutôt en avant l’organisation “par pôles, horizontale, peu hiérarchique”. “Le climat de campagne créé beaucoup de cohésion et cet esprit de start-up va durer au-delà des élections”, prophétise-t-il, en assurant que “tout est disposé pour que la structure soit pérenne”. Pour cela, il faudra impérativement réussir les élections législatives, alors que certains au PS prédisent à l’inverse un affaissement rapide en cas d’échec à la présidentielle.

Briller dans les 577 circonscriptions conditionne les subventions publiques. Or, En Marche ! fonctionne pour l’instant avec les dons et le prêt de 8 millions d’euros contracté par M. Macron, 39 ans, un autre pari d’avenir.