Le Duplex de C L’info depuis les Idées Mènent le Monde 2017 à Pau

Cette semaine, le Duplex de C L’info est à Pau pour la 4ème édition des Idées Mènent le Monde. A cette occasion, notre journaliste Franck Paillanave a pu interroger Robert Badinter, Claire Chazal, Ruth Elkrief, Alex Taylor, Philippe Meyer et Patrick Pelloux sur divers sujets.

L’intégralité du Duplex est disponible ici :

Le Duplex de C L’Info depuis Barcelone

Pour la 3ème semaine de suite, notre reporter et envoyé spécial en Catalogne Franck Paillanave, fait le point sur la situation depuis Barcelone après la mise en détention d’ex-ministres catalans et le mandat d’arrêt demandé contre le président de la Catalogne, Carles Puigdemont.

Les Français mobilisés pour une élection incertaine

Les Français votaient en nombre dimanche, sous haute surveillance en raison de la menace terroriste, pour le premier tour d’une élection présidentielle à l’issue imprévisible et cruciale pour l’avenir de l’Union européenne.

Trois heures avant la fermeture des derniers bureaux de vote à 18H00 GMT, la participation s’élevait à 69,42%, en légère baisse par rapport au premier tour de 2012 (70,59%) mais à un des meilleurs niveaux depuis quarante ans, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.

Le niveau de mobilisation des 47 millions d’électeurs est l’une des clés du scrutin, alors qu’un sur quatre se disait encore indécis avant le premier tour.

Les Français votaient en nombre dimanche, sous haute surveillance en raison de la menace terroriste, pour le premier tour d’une élection présidentielle à l’issue imprévisible et cruciale pour l’avenir de l’Union européenne.

Trois heures avant la fermeture des derniers bureaux de vote à 18H00 GMT, la participation s’élevait à 69,42%, en légère baisse par rapport au premier tour de 2012 (70,59%) mais à un des meilleurs niveaux depuis quarante ans, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.

Le niveau de mobilisation des 47 millions d’électeurs est l’une des clés du scrutin, alors qu’un sur quatre se disait encore indécis avant le premier tour.

Karim Mahmoud, électeur de 42 ans à Lyon (sud-est) admettait s’être décidé “hier soir”. “Et jusque là c’était assez flou”, reconnaissait-il.

Sur les onze concurrents, un quatuor de favoris se détache, mené par le jeune centriste de 39 ans Emmanuel Macron et la candidate d’extrême droite Marine Le Pen, au coude à coude. Ils sont talonnés par le conservateur François Fillon et le tribun de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon. Le socialiste Benoît Hamon est largement distancé dans toutes les enquêtes.

Trois jours après une attaque revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique sur l’avenue parisienne des Champs-Elysées, qui a coûté la vie à un policier, 50.000 policiers et 7.000 militaires ont été déployés pour assurer la sécurité du scrutin.

Démocratie

Le président socialiste François Hollande, qui ne se représente pas après cinq ans au pouvoir et un bilan critiqué jusque dans son camp, a appelé les électeurs à “montrer que la démocratie est plus forte que tout”.

Visée depuis janvier 2015 par une série d’attaques jihadistes qui ont fait 239 morts, la France vit sous la menace du terrorisme et cette présidentielle se déroule pour la première fois sous le régime de l’état d’urgence.

“Les attentats n’ont aucun impact sur mon vote. Les extrémistes n’attendent que ça”, a estimé Samba Bathily, fonctionnaire parisien de 41 ans.

Après l’attentat sur les Champs Elysées, Mme Le Pen a été accusée par le gouvernement d’instrumentaliser l’attaque.

A 48 ans, la présidente du Front national espère profiter de la vague populiste qui a porté Donald Trump à la Maison Blanche et conduit la Grande-Bretagne à voter pour la sortie de l’Union européenne.

Celle qui se définit comme une “patriote” veut en finir avec l’euro et la libre circulation dans l’espace européen de Schengen. Un programme qui pourrait donner le coup de grâce à une UE déjà fragilisée par le Brexit, selon les observateurs.

A l’inverse, Emmanuel Macron, qui se présente pour la première fois à une élection, a mené campagne sur une ligne pro-européenne et un programme libéral, tant en économie que sur les questions de société.

Ovni de la campagne, cet ex-ministre de l’Economie (2014-2016) a construit la popularité de son mouvement “En Marche!”, qui se veut “et-de-droite-et-de-gauche”, sur le rejet des partis traditionnels et le désir de renouvellement exprimés par les Français.

Les candidats à la présidentielle aux urnes, le 23 avril 2017

Jeu de massacre

Au fil d’une campagne riche en coups de théâtre, les ténors qui occupaient la scène politique depuis une décennie sont tombés les uns après les autres, tel l’ancien président Nicolas Sarkozy, sèchement éliminé de la primaire de la droite.

Affaibli par une impopularité record, le président sortant François Hollande a créé la surprise en renonçant à se représenter, une première en France depuis plus de soixante ans. Son Premier ministre, Manuel Valls, a échoué à prendre le relais, éliminé de la primaire du parti socialiste par un candidat ancré plus à gauche, Benoît Hamon.

Forts des leçons de ce qui a été décrit dans la presse comme un “jeu de massacre”, tous les candidats ont ensuite affirmé vouloir en finir “avec les vieilles recettes”, vantent leurs programmes “radicaux”, “innovants”, ou “antisystème”.

Mais les affaires se sont invitées dans la campagne, éclipsant pendant des mois les débats.

Le conservateur François Fillon – favori après sa large victoire à la primaire de son camp – a ainsi dévissé dans les sondages après la révélation fin janvier de soupçons d’emplois fictifs au Parlement au bénéfice de sa femme et de ses enfants.

Malgré son inculpation pour détournement de fonds publics en mars, cet admirateur de Margaret Thatcher, âgé de 63 ans, a refusé de retirer sa candidature, et continué à défendre âprement son programme “radical” de réduction des dépenses publiques.

Ultime surprise, il s’est vu rattrapé dans la dernière ligne droite par un autre candidat “hors parti”, Jean-Luc Mélenchon, 65 ans, ex-socialiste devenu le champion de la gauche radicale sous le slogan de la “France insoumise”.

La percée dans les sondages de ce tribun enflammé, prêt à claquer la porte de l’UE si cette dernière refuse de se réformer, a renforcé l’incertitude sur l’issue du scrutin, suivi de très près à l’étranger.

Les deux candidats en tête dimanche soir s’affronteront le 7 mai.

Lire aussi : Présidentielle: une campagne aux multiples rebondissements

Hollande a voté à Tulle: “la démocratie est plus forte que tout”

François Hollande a voté dimanche à Tulle, son ancien fief électoral, pour le premier tour de l’élection présidentielle, appelant les Français “à montrer que la démocratie est plus forte que tout”.

Comme à son habitude mais sous très haute sécurité, le président a serré les mains et claqué la bise à ses anciens administrés, demandant des nouvelles de chacun, dans cette ville dont il fut le maire de 2001 à 2008.

Applaudi à sa sortie du bureau de vote et devant de nombreux objectifs, il a improvisé ensuite sous un soleil radieux une petite tournée d’autres bureaux et des rues de tulle, à peu près désertes en ce dimanche d’élection. Il doit regagner Paris dans la journée.

Il s’est aussi attardé à la mairie de Laguenne, dans la périphérie de Tulle, où il partage traditionnellement un verre avec les élus les jours d’élections.

Comme on lui demandait s’il ressentait un petit pincement au cœur, François Hollande, dans une situation inédite puisqu’il est le premier président de la Ve République à ne pas se représenter, a d’abord éludé: “un petit (comme) chaque fois qu’il y a un scrutin…”

Avant de concéder: “Surtout quand on n’est pas dans le scrutin, ça c’est vrai… mais il faut bien qu’il y ait d’autres” candidats.

“Il faut vivre sans nostalgie, il faut vivre toujours avec de l’espoir et de la volonté”, a-t-il encore observé, pensif.

Interrogé sur la menace terroriste, il a assuré que “toutes les mesures ont été prises”, prônant la “vigilance” pour “assurer aux Français toutes les conditions leur permettant d’exercer ce droit fondamental qu’est celui de choisir leur avenir”.

Il s’agit de “mobiliser beaucoup de moyens”, tout particulièrement pour la présidentielle et les législatives de juin, a-t-il poursuivi, enchaînant: “Et pour les Français, je pense que le meilleur message qu’ils peuvent adresser, c’est de montrer que la démocratie est plus forte que tout”.

Le chef de l’Etat avait déjà appelé jeudi “tous les Français à aller voter” alors que les abstentionnistes pourraient être l’une des clefs du scrutin. Sans livrer sa préférence, il avait assuré qu’il ne figurait pas parmi les “indécis” qui représentent une autre clef de ce premier tour.

François Hollande a multiplié ces dernières semaines les déplacements en province, le plus souvent dans des usines, pour appeler à mots à peine couverts le monde ouvrier à ne pas porter ses voix sur Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

Au cours de son mandat, le président sortant a effectué une trentaine de visites en Corrèze, ce département qui l’a fait roi, la précédente remontant à la mi-mars quand il s’était rendu à Meymac, ancien fief de Jacques Chirac.

“J’étais Corrézien avant d’être président, je suis resté Corrézien pendant ma présidence (…) et je serai toujours Corrézien”, avait-il assuré en juin dernier, soulignant son “affection pour la population de ce territoire et ses paysages”.

Le chef de l’État avait débuté sa carrière politique en Corrèze par une défaite face à Jacques Chirac qu’il avait défié aux législatives de 1981, à 27 ans, frais émoulu de l’ENA. Député de la première circonscription de Corrèze de 1988 à 1993 puis de 1997 à 2012, il a été aussi président de son Conseil général de 2008 à 2012.

Cette année-là, la Corrèze l’avait plébiscité face à Nicolas Sarkozy, lui accordant 64,86% de ses suffrages.

Le Front national s’est hissé à 22,4% en Corrèze lors des élections européennes de 2014 et le département a basculé à droite en avril 2015.

Présidentielle: 69,42% de participation à 17H00

Le taux de participation atteignait 69,42% dimanche à 17H00 en métropole, pour le premier tour de l’élection présidentielle, selon le ministère de l’Intérieur, en légère baisse par rapport au premier tour de 2012 (70,59%) mais l’un des meilleurs depuis 40 ans.

Le taux de participation final avait été de 79,48% au premier tour de 2012. Les Français de métropole ont jusqu’à 19H00 ou 20H00 (soit au moins une heure de plus qu’en 2012 où les votes étaient clos à 18H00 dans de nombreuses communes) pour accomplir leur devoir électoral, une grande partie de l’outremer ayant déjà voté samedi.

De Washington à Londres, les Français votent massivement

De l’Europe au continent américain, les Français de l’étranger se sont massivement rendus aux urnes, à commencer par ceux vivant aux Etats-Unis, qui ont voté 24 heures avant la métropole pour le premier tour de la présidentielle, endeuillée par l’attentat des Champs-Elysées.

Aux Etats-Unis, au Canada et en Amérique du Sud, les centaines de milliers de ressortissants français étaient appelés aux urnes dès samedi, décalage horaire oblige, pour départager les onze candidats d’une élection dominée par l’indécision massive des électeurs.

“C’est notre devoir de citoyen qu’on continue ici”, estime Adrien Gontier, flanqué d’un béret noir, à la sortie de l’ambassade de France à Washington, transformée en bureau de vote.

Sur place, tous les candidats ont leur affiche, à l’exception de Marine Le Pen.

Des bulletins de vote cochés à l’ambassade de France à Washington, le 22 avril 2017

Selon le ministère des Affaires étrangères, les affiches de la présidente du Front national n’ont pas pu être installées dans les bureaux de vote à l’étranger, faute d’avoir été fournies dans les délais légaux.

Exactement 119.773 électeurs français sont inscrits aux Etats-Unis, dont 11.242 à Washington, soit 30% d’électeurs de plus que pour le premier tour de la présidentielle en 2012, selon les chiffres de l’ambassade.

Les mesures de sécurité ont été “renforcées” sur les 69 bureaux de votes à travers les Etats-Unis, compte-tenu du “contexte actuel”, précise-t-elle, notamment avec l’appui de sociétés de sécurité privées et “des polices locales informées de la tenue des scrutins”.

A New York, le consulat de France, où se tenait le vote, a été brièvement évacué samedi après-midi suite à une alerte à la bombe, avant que tout ne rentre dans l’ordre.

Longues files d’attente à Londres

Au Royaume-Uni, de Belfast à Edimbourg et de Bristol à Manchester, les Français votaient dimanche dans 54 bureaux de vote, dont 42 à Londres, la capitale où 72.000 électeurs étaient inscrits.

Avant même l’ouverture des bureaux de vote, des centaines de personnes faisaient la queue sur les deux sites de vote londoniens, au Lycée international Winston-Churchill à Wembley et au Lycée français Charles-de-Gaulle à South Kensington, a constaté l’AFP. L’attente dépassait facilement les deux heures.

“J’aurais aimé pouvoir faire le vote électronique mais si ce n’est pas possible, eh bien on fait notre devoir de citoyen, on se lève tôt et on fait la queue”, a déclaré à l’AFPTV Magalie Belmo, employée marketing, qui votait à South Kensington.

“Je pense que sur le site de Londres on s’attend peut-être à 50.000 électeurs. Donc une journée très chargée”, a commenté Edouard de Guitaut, président d’un bureau de vote au Lycée français Charles-de-Gaulle.

L’affluence était également notable devant l’ambassade de France à Berlin, où environ 12.000 Français sont inscrits.

La file d’attente s’étendait sur 200 mètres à l’extérieur à la mi-journée, selon un journaliste de l’AFP.

Pour entrer, les électeurs devaient passer par un détecteur de métal et leurs sacs étaient passés au rayons X.

Les attentats mobilisent

A Montréal, où 57.762 électeurs français sont inscrits, des milliers de personnes ont également dû patienter, parfois excédées, pendant près de trois heures pour pouvoir exercer leur droit de vote.

“Je suis revenu quatre fois”, en vain, a affirmé à l’AFP Paul Hamel, un trentenaire en colère.

Pour Catherine Feuillet, consule générale de France, “le dispositif a été adapté tout au long de la journée, qui a été dense”.

De la côte atlantique au Pacifique, ce sont 83.016 français qui sont inscrits sur les listes électorales au Canada. L’attente a été de 2 à 3 heures à Toronto, selon les médias locaux. Le vote a été plus fluide à Ottawa, Calgary, Moncton ou à Vancouver.

A Buenos Aires, le premier étage du majestueux palais Ortiz Basualdo, siège de l’ambassade de France, s’est aussi transformé en bureau de vote pour recueillir les suffrages des 15.000 Français installés en Argentine.

“Il y a beaucoup de monde qui vient voter, je crois que les attentats mobilisent”, avance Noémie Nabel, 75 ans, en référence au drame jeudi soir des Champs-Elysées.

Parmi les électeurs, beaucoup d’hésitation et peu de conviction

Certains ont hésité jusqu’à la dernière minute. D’autres ont voulu faire barrage. Parmi des électeurs interrogés dimanche matin par l’AFP, rares sont ceux qui se disent pleinement convaincus par l’un ou l’autre des candidats en lice au premier tour de la présidentielle.

“J’ai eu des hésitations. Je me suis posé des questions, mais je suis revenue à mon candidat” même si aucun des onze “ne porte toutes mes valeurs”, assure Catherine Burnier, enseignante-chercheur de 46 ans, venue en trottinette avec son fils.

Karim Mahmoud, Lyonnais de 42 admet s’être décidé “hier soir”. “Et jusque là c’était assez flou”, reconnaît-il.

A Grenoble, Adèle Trouvé, interne en médecine de 27 ans, reconnaît avoir “changé d’avis ce matin” pour “voter utile”. Cette soirée me fait peur!”, reconnaît-elle.

“Mon choix est arrêté depuis longtemps entre deux candidats, mais la décision s’est faite dans l’isoloir, à mon grand regret”, renchérit Renan Danerol, un comptable de 36 ans habitant la même ville.

André Pouilly, retraité calaisien de 67 ans, juge “important de voter”. “Mais bon, on n’a pas beaucoup de bons choix, donc j’ai voté pour le moins mauvais”.

Dans un bureau de vote d’Ecully, banlieue huppée de Lyon, une longue file d’attente s’est formée dès 08H00 : “Ca ne désemplit pas, on n’a même pas eu le temps de prendre un café”, glisse un assesseur.

Jacques M., fonctionnaire de 51 ans, “a hésité jusqu’à la semaine dernière entre deux candidats”. Ce qui l’a finalement décidé “ce n’est pas une relecture du programme”, mais “un vote à l’intuition”.

A Clermont-Ferrand, Gabriel, 75 ans, s’est décidé “dans l’isoloir” et a “presque voté au hasard, pour un petit candidat”. Pour lui, “les choses sérieuses commencent au deuxième tour”.

Dans un bureau de vote de Lille, Marie, un médecin de 51 ans qui ne souhaite pas donner son nom, ignore encore quel bulletin elle va mettre dans l’urne. “J’y vais juste pour éliminer, parce que personne ne représente mes idées”.

Dans le 1er arrondissement de Lyon, Brigitte Alcoy, retraitée des Postes de 64 ans, est, elle, sûre de son choix, qui “n’a pas changé depuis deux mois”, même si c’est “faute de mieux”. Elle attend du prochain président qu'”on ne reste pas toujours dans le même ronron, qu’on s’occupe de nos jeunes et qu’on ne quitte pas l’Europe”.

Catalin Badea, formateur de 55 ans, voudrait, lui, “un président qui s’en tienne à son programme” et “ne change pas d’avis en chemin, comme c’était à peu près le cas du dernier mandat”. Il a fait son “choix final il y a trois jours”.

“Un sens de l’égalité”, les “questions sociales” figurent aussi parmi les attentes des électeurs.

Anne-Sophie Huchard, 34 ans, professeur des écoles à Lyon, voudrait ainsi que le prochain président “remette en vigueur des droits qui petit à petit disparaissent”.

Pas influencés par les attentats

Pour Philippe, commercial au chômage de 39 ans, fi des programmes! “Ce sont les personnalités qui comptent”, car “on est dans un pays qui tombe en lambeaux”. A ses yeux, “personne ne sort du lot par rapport aux perspectives d’avenir sauf un, mon candidat”.

A de rares exceptions, les électeurs interrogés assurent que l’attentat des Champs-Elysées n’a “pas influencé” leur choix.

Ils s’accordent à dire que “maintenant on doit vivre avec, ce n’est plus aussi exceptionnel”. Même s’ils estiment que “ça peut avoir une influence sur les Français” et “que le discours sécuritaire peut marcher”.

Les “questions de sécurité” ont toutefois “guidé le vote” à Trappes (Yvelines) de Guy Belkechout, 79 ans. “Avec tout ce qu’on voit, les attentats… Il faut que notre système de sécurité soit renforcé”, assène celui qui a fait son choix “il y a longtemps”.

A Pantin (Seine-Saint-Denis), Rita, 61 ans, hébergée par le Samu social, n’avait pas voté “depuis Giscard”, en 1974. Cette fois, elle s’est passionnée pour la campagne, et pour son candidat. “Tout m’a plu chez lui : son propos, ses sentiments, ses états d’âme”, s’enflamme cette dame frêle, bonnet vissé sur la tête, qui “y croit”.

Présidentielle : ce qu’il faut retenir du débat entre les 11 candidats

Création d’emplois, maintien ou sortie de l’UE, terrorisme islamique, morale politique… C L’Info a listé les cinq points clés de la confrontation entre tous les candidats officiels à l’élection présidentielle, qui ont débattu mardi soir pendant plus de 3h30.

Les candidats étalent leurs désaccords sur l’emploi

Interrogé sur la situation économique de la France, et notamment sur la manière dont le candidat Les Républicains entend créer des emplois, François Fillon propose «de rénover le code du travail, de diminuer de 40 milliards les charges qui pèsent sur nos entreprises, de mettre en avant l’alternance, d’investir dans les nouvelles technologies, mais aussi de réformer le RSI ou de supprimer toute une série de normes qui pèsent sur l’agriculture». Tout le contraire pour Jean-Luc Mélenchon, qui veut «rétablir l’ordre public social dans notre pays.» Pour Marine Le Pen, la préférence nationale, qu’elle entend mettre en place, «va créer des emplois et rapporter de l’argent parce que cela passera par une taxe future sur les entreprises qui voudront employer des étrangers». Rapidement, le débat dérive et s’enflamme sur le statut des travailleurs détachés. «J’ai fait voter une loi qui permet de mettre des cartes d’identité dans le BTP, et c’est en train de marcher», affirme Emmanuel Macron. «C’est totalement faux», lui réplique Nicolas Dupont-Aignan. «Je voudrais dire que monsieur Macron est très clair: il veut maintenant la concurrence déloyale au coeur de notre pays. Or il faut changer les règles du jeu. Dans le cadre des traités actuels, il est impossible de créer des emplois en France. Il faut changer de cadre sinon la France crèvera à petit feu».

Des positions irréconciliables entre souverainistes et pro-européens

Si Benoit Hamon veut «continuer à faire le pari de la construction européenne», une partie de ses concurrents à l’Elysée affiche des idées contraires. «Tous les traités européens nous cadenassent dans une politique économique et sociale intenable pour les Français», estime par exemple François Asselineau, favorable à une sortie immédiate de la France de l’Union Européenne, sans passer par un référendum. Une différence notable avec Marine Le Pen, qui souhaite laisser les Français trancher ce sujet. Interrogée sur son «protectionnisme intelligent», la présidente du FN défend son projet, arguant que «l’intégralité ou presque des pays du monde protège leur propre production. Je vous rappelle que la Suisse a des droits de douane agricoles de près 55%, la Corée du Sud de 41%. Et ces pays vont très bien, beaucoup mieux que nous, il faut parler aux agriculteurs de temps en temps Monsieur Macron.» Réplique du tac au tac de la part du leader d’ «En marche!» à Marine Le Pen. «Ce que vous proposez, c’est la guerre économique, et nous ne sommes ni la Suisse ni la Corée du Sud. Ce que vous proposez, c’est le nationalisme. Le nationalisme c’est la guerre. N’oublions pas de quel côté nous venons!», lâche-t-il. «On en se présente pas comme la nouveauté quant on sort de vieilles badernes vieilles de 50 ans», lui répond-elle dans la foulée.

Pour Marine Le Pen, «la France est une université de djihadistes»

Sur la sécurité, le candidat du Nouveau parti anticapitaliste Philippe Poutou, qui veut mettre fin à l’état d’urgence et désarmer la police, apparait en grand décalage avec la tonalité de la majorité de ses adversaires. Interrogée sur la lutte contre le terrorisme, Marine Le Pen estime qu’«il faut retrouver nos frontières parce qu’un nombre important de terroristes se sont glissés parmi le flux de migrants, et certains sont responsables du massacre du Bataclan (…) Maintenant, la France est une université de djihadistes.» En entendant ces propos, Benoît Hamon sort de ses gonds: «Ça vous arrange Daech. Ça vous fait prospérer.» «Non ça ne m’arrange pas», lui rétorque la candidate, faisant ensuite référence à la soi-disant proximité entre le candidat socialiste et une frange musulmane intégriste. De son côté, François Fillon plaide pour «une alliance la plus large possible pour lutter contre ce mouvement. La France n’est pas le gendarme du monde, et elle n’a pas vocation à intervenir au Moyen-Orient. Mais elle doit s’inscrire dans une coalition internationale contre le totalitarisme islamiste».

 «Un président exemplaire», l’anaphore de François Fillon

Sujet dominant dans la campagne présidentielle, la moralisation de la vie politique donne lieu à une série de déclarations. Jean-Luc Mélenchon le clame: «Le peuple aura le droit de révoquer un élu en cours de mandat». Interpellé sur l’exemplarité des présidents, Jean Lassalle s’estime «pas trop mal». «Je n’aurais pas de mal à l’être, ça fait quarante ans qu’il n’y en a pas eu». Il veut emmener les «fonctionnaires parisiens dans les banlieues» et les campagnes. Pour Nicolas Dupont-Aignan, «un candidat doit avoir un casier vierge». Benoît Hamon souhaite lui «en finir avec les privilèges insupportables. Ce qui choque les Français, c’est le sentiment d’impunité.» Selon François Asselineau, «il faut cesser le monarchisme et cesser le showbizz». Emmanuel Macron se dit toujours favorable à la «moralisation de la vie politique». Très attendu sur ce thème, François Fillon répond par une anaphore, en déclarant, solennel: «Qu’est-ce que c’est qu’un président exemplaire? Un président exemplaire dit la vérité aux Français sur la situation de France et la réalité du monde. Un président exemplaire, c’est un président qui met en oeuvre les engagements qu’il a pris devant le peuple, quelle que soit les dififcultés. Un président exemplaire, c’est un président qui respecte le premier ministre et qui respecte l’équilibre des pouvoirs prévu par la Constitution. Un président exemplaire, c’est un président qui ne se sert pas des moyens de l’Etat pour affaiblir ses adversaires. Un président exemplaire, c’est un président qui ne confie pas à des journalistes des secrets défense. Un président exemplaire, c’est un président qui au bout de son cinq ans peut dire qu’il a amélioré la vie des Français».

Les «petits» candidats ont tenté d’exister

Placés au hasard derrière les pupitres, mais à égalité avec les favoris de l’élection présidentielle, les «six» petits candidats ont eu une occasion rêvée de mieux faire connaître leur personnalité et leurs idées devant des millions de téléspectateurs français. Comme Nicolas Dupont-Aignan, pour qui les électeurs ont le «choix»: «Soit vous continuez avec ceux qui vous ont menti, soit vous reprenez le pouvoir avec moi pour une France forte, libre et belle». Le député centriste Jean Lassalle propose lui «un avenir basé sur l’espoir et le vivre-ensemble», Jacques Cheminade promet de se battre «contre cette dictature financière qui gère tout», la candidate de Lutte ouvrière Nathalie Arthaud «veut faire entendre le camp des travailleurs», son homologue trotskiste Philippe Poutou entend «exprimer la colère des gens normaux», tandis que François Asselineau assure se positionner au-delà du clivage gauche-droite et souhaite redonner à la France sa souveraineté. D’une manière générale, chacun des «petits» candidats a souvent haussé le ton pour interpeller ou corriger ses adversaires qui dominent dans les sondages. Parfois pour créer le «buzz», comme les représentants de l’extrême gauche Philippe Poutou ou Nathalie Arthaud qui ont attaqué directement François Fillon et Marine Le Pen, visés par des enquêtes judiciaires. De quoi faire bouger les lignes? Eléments de réponse dans les prochaines enquêtes d’opinion, alors qu’il ne reste que dix-neuf jours avant le premier tour de l’élection présidentielle.