Le débat Le Pen – Macron s’est déroulé dans un climat de tension et d’intox

Les deux finalistes de l’élection présidentielle se sont livrés mercredi soir à un débat télévisé particulièrement musclé. La candidate du FN a cherché à associer au quinquennat le leader d’En Marche, qui lui a reproché de « mentir en permanence ».

Un choc frontal. Tendu et rugueux. Une image de l’Elysée en arrière-plan, Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont ferraillé sans discontinuer ce mercredi soir, sur TF1 et France 2, lors du traditionnel débat télévisé de l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle. Et cette fois, il n’y a pas eu le moindre round d’observation entre les deux finalistes. Dès les toutes premières minutes, le duel a tourné à l’aigre. D’emblée, Marine Le Pen, cherchant à bousculer le favori du second tour, a lancé l’offensive contre « le candidat de la mondialisation sauvage, de l’ubérisation, de la précarité, de la brutalité sociale, de la guerre de tous contre tous, du saccage économique (…), du dépeçage de la France par les grands intérêts économiques, du communautarisme ».

« Je suis la candidate de la Nation qui protège », a-t-elle assuré. « Vous n’êtes pas la candidate de l’esprit de finesse (…) Ce que vous portez, c’est l’esprit de défaite », a répliqué Emmanuel Macron, disant incarner, lui, « l’esprit de conquête français » avec « des vraies réformes et des vrais changements ».

« Enfant chéri du système »

Rarement un duel d’entre-deux-tours avait jusqu’ici montré, sur le fond, un tel antagonisme. Les passes d’armes ont été incessantes, et sur tous les sujets : emploi, fiscalité, santé, retraites, immigration, lutte contre le terrorisme et, surtout, Europe. Mais elles ont souvent donné lieu à un dialogue de sourd. La présidente du Front national, qui avait opté pour la guerre d’usure, a cherché à associer l’ancien ministre de l’Economie à François Hollande et à son quinquennat, « aux résultats extrêmement mauvais », a-t-elle insisté.

« Aucune responsabilité dans les grands choix économiques ? », a ironisé Marine Le Pen, le qualifiant d’« enfant chéri du système », lui reprochant d’être prisonnier des lobbies et d’être « soumis aux exigences de l’Union européenne ». « La France sera dirigé par une femme. Ce sera moi ou madame Merkel », a-t-elle prévenu, prônant un « protectionnisme intelligent ». Un discours, assorti de la dénonciation du projet « ultra-libéral » et « à la schlague » de son rival, destiné aux classes populaires et aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon.

« Vous ne proposez rien »

Emmanuel Macron, qui a peiné à la ramener sur le détail de ses propositions, l’a accusé de dire de « grandes bêtises » (« ça ne marche pas comme ça dans la vraie vie ») et de « profiter de la détresse des gens ». « Vous mentez en permanence (…) Vous ne proposez rien (…) C’est inapplicable », a-t-il martelé, opposant son calme à la « grande brutalité » de sa rivale et cherchant à apparaître moins approximatif et plus présidentiable qu’elle — « Je suis infiniment plus crédible que vous (…) Moi je suis précis ».

Et à apparaître, aussi, plus rassurant. « La France, c’est une civilisation ouverte avec des principes généreux. Tout l’inverse de ce que vous portez », a lancé le leader d’En Marche, l’accusant de « nourrir la division » et de porter « la guerre civile ». « Ce que vous proposez, c’est la sortie de l’histoire », a-t-il assuré, voyant en elle un « parasite » qui se « nourrit de la colère ». « La France mérite mieux que cela », a-t-il lancé à plusieurs reprises.

Avance dans les sondages

Il est peu probable que le débat, mené au pas de charge et souvent brouillon, change l’issue de cette présidentielle. Marine Le Pen ne paraît en tout cas pas en mesure d’inverser la tendance, alors qu’Emmanuel Macron n’a jamais été déstabilisé et l’a souvent mise en difficulté. D’autant qu’il est nettement en tête dans les sondages. Le dernier baromètre quotidien Presitrack pour « Les Echos » et Radio classique le créditait encore mercredi de 60% des voix. Un niveau qui n’a guère bougé depuis le premier tour.

Il ne reste que deux jours de campagne officielle avec notamment, une « grande fête populaire » dans la Somme pour la présidente du Front national et un dernier meeting à Albi, dans la Tarn, pour le fondateur d’En Marche. Deux jours seulement pour tenter de convaincre le quart de l’électorat qui se réfugie encore dans l’abstention.

Un 1er mai de duel Macron/Le Pen par rassemblements et médias interposés

Les finalistes de la présidentielle, Marine Le Pen et Emmanuel Macron, s’affrontent lundi par rassemblements militants et médias interposés à l’occasion d’un 1er mai marqué aussi par ses traditionnels défilés, dont l’un avec Jean-Luc Mélenchon à Paris.

Journée habituellement chargée pour le Front national, ce 1er mai 2017 revêt une plus grande importance encore cette année pour l’extrême droite alors que Marine Le Pen, 15 ans après son père, s’est hissée au second tour de la présidentielle.

Réunissant ses partisans au Parc des Expositions de Villepinte (Seine-Saint-Denis), Mme Le Pen a attaqué très vivement son adversaire, en affirmant que “sa philosophie, c’est En marche ou crève !”

Marine Le Pen au Parc des Expositions de Villepinte, le 1er mai 2017


“Emmanuel Macron, c’est François Hollande qui veut rester et s’accroche au pouvoir comme une bernique”, a-t-elle ironisé avant de détourner la formule restée célèbre du candidat Hollande en 2012 -“mon adversaire, c’est le monde de la finance”- en lançant: “Faites barrage à la finance”, qui “a cette fois un nom”, Macron.

Elle a réaffirmé que, si elle était élue, elle nommerait Nicolas Dupont-Aignan Premier ministre. Prenant la parole juste avant elle, ce dernier, vivement critiqué pour son ralliement dans son parti et dans son fief de l’Essonne, avait jugé que le choix du 7 mai consistait entre “la finance” de M. Macron et “la France” de Mme Le Pen.

Avant ce meeting, Marion Maréchal-Le Pen, le vice-président du parti Florian Philippot et les cadres du FN ont déposé dans la matinée une gerbe au pied d’une statue de Jeanne d’Arc dans le XIIIe arrondissement de Paris, mais en l’absence de la candidate.

Emmanuel Macron vient fleurir la plaque en mémoire de Brahim Bouarram, un jeune Marocain tué dans la Seine par des militants proches de l’extrême droite en 1995, le 1er mai 2017

Au même moment, Emmanuel Macron était lui venu fleurir la plaque en mémoire de Brahim Bouarram, un jeune Marocain tué dans la Seine par des militants proches de l’extrême droite en 1995 en marge d’un rassemblement politique de Jean-Marie Le Pen.

Après son déplacement vendredi dans le village martyr d’Ouradour-sur-Glane (Haute-Vienne) et au Mémorial de la Shoah dimanche, le candidat d’En Marche continue d’enchaîner des commémorations sur le thème de la lutte contre l’extrémisme.

Accompagné de l’ex-maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, il a affirmé qu’il “n’oubliait rien” du passé frontiste de sa rivale, dont les “racines” extrémistes sont “vivaces”.

Jean-Luc Mélenchon lors d’une cérémonie en mémoire de Brahim Bouarram, un jeune Marocain tué dans la Seine par des militants proches de l’extrême droite en 1995, le 1er mai 2017


Jean-Luc Mélenchon a lui aussi rendu hommage, un peu plus tard, au jeune Marocain, poussé dans la Seine par un petit groupe de skinheads depuis le pont du Carroussel. Le leader de La France insoumise, qui a mis en garde la veille contre la “terrible erreur” d’un vote FN sans donner pour autant de consigne de vote, se joindra dans l’après-midi à l’un des défilés du 1er mai.

Macron en meeting à La Villette

Il a par ailleurs exhorté M. Macron à faire un geste envers les “insoumis” en retirant son projet de réforme du code du travail qu’il envisage de faire par ordonnances.

“Le 1er mai, c’est un visage de la mondialisation qui protège les travailleurs. C’est une construction, un acquis des grandes luttes sociales pour défendre les droits des travailleurs. La mondialisation, ça n’est pas que le visage de ceux qui oppriment, c’est aussi le visage des droits créés pour tous à certains moments”, avait déclaré dimanche M. Macron.

Pour sa part, comme chaque année, Jean-Marie Le Pen, co-fondateur du FN, dont il est aujourd’hui exclu, s’est rendu près de la statue de Jeanne d’Arc, place des Pyramides. Interrogé sur l’adversaire de sa fille, il a lâché: “M. Macron fait la tournée des cimetières, c’est un mauvais présage pour lui”.

Interrogé sur le fait de savoir s’il avait été bluffé par sa fille, il a rétorqué: “bluffé, non! Je l’avais fait moi-même, c’est vous dire que c’est possible. La situation étant bien meilleure sur le plan politique qu’elle ne l’était en 2002. Les petits ruisseaux font les grandes rivières”, a-t-il confié. Avant de dire à la tribune qu’il voulait lui “offrir le muguet de la victoire” face à “un énarque pantouflard fabriqué” et “ancien banquier”.

Dans l’après-midi, Emmanuel Macron devait répondre à Marine Le Pen depuis un grand meeting parisien de ses soutiens, réunis à La Villette (XIXe).

Les deux candidats s’affronteront ensuite dans la soirée par journaux télévisés, Marine Le Pen étant l’invitée du 20H00 de France 2 et Emmanuel Macron de celui de TF1.

Marine Le Pen rend un hommage discret aux victimes de la déportation

Marine Le Pen, candidate FN au second tour de la présidentielle, a déposé dimanche matin, sans convier la presse, une gerbe devant une stèle à Marseille pour la journée nationale du souvenir des victimes de la déportation, selon le tweet d’un de ses proches.

“Marseille, Marine Le Pen et Stéphane Ravier déposent une gerbe pour la journée nationale du souvenir des victimes de la déportation” a écrit dans un tweet accompagné de photos Kevin Pfeffer, conseiller régional FN Grand Est et membre de l’équipe de campagne.

Interrogé par l’AFP, le Front national a indiqué que Mme Le Pen et le sénateur-maire FN du 7e secteur de Marseille avaient déposé cette gerbe devant une stèle commémorant l’arrestation de trente enfants juifs et de leurs mères par la Gestapo le 20 octobre 1943, alors que ces enfants se croyaient à l’abri dans une bastide de Marseille, le château de La Verdière, dans les quartiers Nord. Marine Le Pen a également effectué dimanche matin une visite surprise sur le site de l’usine Altéo à Gardanne.

Le dépôt de gerbe intervient à quelques heures de la visite du candidat d’En Marche! Emmanuel Macron au mémorial de la Shoah à Paris, et après plusieurs polémiques pendant cette campagne présidentielle autour du FN sur la mémoire de la Seconde Guerre mondiale.

Mme Le Pen s’est mise lundi “en congé” de la présidence du FN, laissant la place au premier vice-président du FN, Jean-François Jalkh. Ce dernier a dû céder le poste dès vendredi à Steeve Briois, après avoir été accusé d’avoir mis en cause la réalité et l’ampleur de chambres à gaz pendant la Seconde Guerre mondiale lors d’un entretien avec une chercheuse.

M. Jalkh a démenti ces propos et annoncé une plainte, la chercheuse maintenant pour sa part cette retranscription et assurant en avoir les enregistrements.

La candidate du FN elle-même a été au coeur d’une vive polémique après avoir dit le 9 avril que la France n’était “pas responsable” de la rafle du Vel d’Hiv.

Enfin, deux de ses très proches et membres de son équipe de campagne, Frédéric Chatillon, chargé de la logistique, et Axel Loustau, conseiller régional FN francilien et co-responsable des finances de campagne, ont été accusés d’antisémitisme ou de négationnisme par plusieurs témoignages ce que les deux intéressés démentent vigoureusement.

Des journalistes dénoncent le comportement du FN envers les médias

Les sociétés de journalistes de 28 rédactions (AFP, Alternatives Economiques, BFMTV, CAPA, Les Echos, Le Figaro, France2, France3, France 24, France Culture, France Info, France Inter, L’Humanité, Libération, le JDD, M6, Mediapart, Le Monde, L’Obs, Le Point, Premières Lignes, Quotidien, RFI, RMC, RTL, Télérama, LaTéléLibre, TF1 , La Voix du Nord), auxquelles s’associe l’équipe de C L’info, protestent dans un communiqué contre la décision du Front national de « choisir les médias autorisés à suivre Marine Le Pen ».

Après une série de cas où des journalistes se sont vu interdire l’accès à des événements où se rendait la candidate du Front national ou son équipe de campagne, les sociétés de journalistes de plusieurs médias ont signé le texte suivant :

« A l’occasion de la campagne pour le second tour de l’élection présidentielle, le Front national a décidé de choisir les médias qui sont autorisés à suivre Marine Le Pen. Plusieurs titres de presse ont ainsi vu leur représentant tenu à l’écart de toute information et de toute possibilité de suivi sur le terrain de la candidate du Front national. Ainsi, après Mediapart et Quotidien (et avant lui son prédécesseur Le Petit Journal), l’AFP, Radio France, RFI, France 24, Le Monde, Libération et Marianne, notamment ont été à un moment ou à un autre victimes de ces exclusives. Il ne s’agit donc en rien d’un recours à la pratique du “pool” de journalistes où les informations et images sont partagées.

Nous protestons de la manière la plus ferme qui soit contre cette entrave à la liberté de faire notre métier et de remplir notre devoir d’informer.

Il n’appartient pas à une formation politique, quelle qu’elle soit, de décider des médias habilités à exercer leur rôle démocratique dans notre société. »

C L’info persona non grata d’une réunion publique de Marion Maréchal-Le Pen

Le 11 avril dernier, le Front National avait organisé à Bayonne une réunion publique avec la présence de Marion Maréchal-Le Pen, afin de soutenir la candidature de sa tante à l’élection présidentielle. Notre correspondant dans le Sud Ouest, Franck Paillanave, a alors contacté par téléphone le bureau local du FN 64 afin de s’accréditer. Après plusieurs minutes de négociations avec les dirigeants de la fédération (en précisant bien ne pas avoir la carte de presse), notre reporter obtient l’autorisation pour couvrir le meeting. Il se déplace alors à Bayonne (étant basé à Pau) pour réaliser ce reportage. Mais couac à l’arrivée : finalement, impossible de rentrer, malgré de nombreuses tentatives et le déplacement (avec les frais de péage et d’essence).

 

Nous déplorons bien sûr ce choix, car nous avons souhaité, au cours de cette campagne, donné la parole à tous les partis.

Le Pen à l’attaque sur le terrain, mise en garde de Hollande

François Hollande a averti mardi que “rien n’est fait” dans la bataille pour le second tour de l’élection présidentielle, pendant que Marine Le Pen accentuait les œillades aux électeurs de François Fillon et Jean-Luc Mélenchon.

Cible des attaques de sa rivale, Emmanuel Macron devrait répliquer mardi soir au JT de France 2, après un déplacement à l’hôpital de Garches, en région parisienne, sur le thème de “la prise en charge des patients en situation de handicap”.

“La campagne reprend ses droits”, a confirmé sur BFM TV Arnaud Leroy, porte-parole d’Emmanuel Macron.

“L’enjeu, c’est que le Front national soit le plus faible possible” le 7 mai, a affirmé le chef de l’État depuis Laval, déplorant qu'”il n’y a pas eu de prise de conscience de ce qui s’est passé dimanche”, avec la qualification au premier tour de Marine Le Pen derrière Emmanuel Macron.

“Je pense qu’il convient d’être extrêmement sérieux et mobilisé, de penser que rien n’est fait parce qu’un vote ça se mérite, ça se conquiert”, a averti François Hollande, qui a appelé lundi à voter pour son ancien conseiller et ministre.

Le chef de l’État François Hollande à Laval, le 25 avril 2017

La candidate du Front national s’est rendue tôt mardi au marché de gros de Rungis (Val-de-Marne), avec l’objectif affiché de rallier des voix sur sa droite et sa gauche.

A défaut d’obtenir des soutiens d’élus LR, Marine Le Pen a eu “une pensée pour les électeurs de François Fillon”, victimes selon elle d’une “trahison” du candidat qui a appelé dès dimanche soir à voter pour le candidat d’En Marche!

A destination des électeurs du leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, qui n’a pas pris position pour le second tour, elle s’est posée en candidate de la “régulation”, contre Emmanuel Macron, partisan “du libre-échange total”.

Emmanuel Macron à Paris lors de l’hommage national mardi 25 avril 2017 à Xavier Jugelé, le policier tué lors de l’attentat sur les Champs-Elysées jeudi 20 avril 2017

Invitée sur TF1 mardi soir, Marine Le Pen tiendra jeudi soir un meeting à Nice, bastion de la droite qui a placé François Fillon devant elle, puis au Parc des Expositions de Villepinte pour un grand meeting à l’occasion du traditionnel 1er-Mai frontiste.

Cette stratégie de forte présence sur le terrain contraste avec celle d’Emmanuel Macron, qui a annoncé à la dernière minute sa visite à Garches et prévoit mercredi un déplacement dans la Somme, où se rendra à l’usine Whirlpool d’Amiens, menacée de fermeture, avant un meeting dans le Pas-de-Calais à Arras, deux départements où Marine Le Pen est arrivée en tête dimanche.

Le temps des explications

L’attitude du candidat d’En Marche!, qui consacre son début de semaine à des consultations en vue d’une future majorité au risque de donner l’impression d'”enjamber” le second tour, a été critiquée par le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis. Pour lui, Emmanuel Macron a pensé “à tort” dimanche soir “que c’était fait alors que ce n’est pas fait”.

“Nous n’allons pas faire l’économie du combat face à Marine Le Pen”, a assuré mardi le secrétaire général d’En Marche! Richard Ferrand.

Les deux finalistes se sont retrouvés mardi dans la cour de la préfecture de police à Paris, à l’invitation de François Hollande, lors de l’hommage national au policier tué jeudi dernier dans un attentat sur les Champs-Élysées.

A droite, le président du Sénat Gérard Larcher s’est félicité que Les Républicains soient restés unis dans la perspective des législatives des 11 et 18 juin.

Cependant le débat est lancé en coulisses. Des proches d’Alain Juppé doivent se retrouver mardi soir à Paris autour du maire de Bordeaux, qui a jugé nécessaire de “revoir la ligne politique” de LR.

Le bureau politique du parti a avalisé lundi un texte de compromis appelant à “voter contre Marine Le Pen pour la faire battre au second tour”, sans appeler à voter Macron.

Ce compromis masque des divergences entre un Laurent Wauquiez qui exclut de participer à une coalition autour d’Emmanuel Macron et un Bruno Le Maire qui n’aurait “aucune hésitation” à intégrer le gouvernement si le leader d’En Marche! se retrouvait sans majorité claire à l’Assemblée.

Pour sa part, Nicolas Sarkozy va annoncer qu’il votera en faveur de l’ex-ministre de l’Économie, selon des sources LR concordantes.

Au PS, après la déroute de Benoît Hamon, M. Cambadélis a promis que “le temps des explications aurait lieu” mais “après les législatives”.

Le syndicat policier Alliance invite à voter contre le FN

Le syndicat policier Alliance “invite à voter contre la candidate du Front national” au second tour de l’élection présidentielle, dans un communiqué diffusé lundi.

“Aujourd’hui, si chaque policier est libre de son choix, Alliance Police Nationale, syndicat majoritaire, invite à voter contre la candidate du Front national”, écrit l’organisation majoritaire chez les gardiens de la paix.

“Alliance a une responsabilité par rapport à des valeurs, par rapport à cette démocratie sociale à laquelle nous croyons, et moi je crois, mais c’est aussi le choix de l’organisation, que certains positionnements du FN sont incompatibles avec ceux que nous défendons”, a déclaré à l’AFP son secrétaire général Jean-Claude Delage.

Le syndicat avait déjà appelé à “faire barrage” à Jean-Marie Le Pen, père de la candidate FN, lors du scrutin présidentiel de 2002.

Alliance “attend du candidat républicain et son gouvernement, une fois élus, des mesures fortes pour les policiers et en faveur de la sécurité de nos concitoyens et se tient prêt à apporter son expertise sans compromission”, ajoute le syndicat dans le communiqué.

Marine Le Pen a réussi une percée inédite dans les outre-mer

Marine Le Pen a réussi une percée inédite dans les outre-mer, où elle arrive même en tête en nombre de voix, sur fond d’abstention massive, plus de la moitié des électeurs ultramarins ne s’étant pas rendus aux urnes.

Si elle n’est arrivée en tête dans aucun des 11 territoires habités, la candidate du Front national est en deuxième position dans la majorité d’entre eux, et totalise le plus grand nombre de voix sur l’ensemble des outre-mer, devant Jean-Luc Mélenchon et François Fillon. Emmanuel Macron n’arrive qu’en quatrième position.

Marine Le Pen a d’ailleurs salué dès dimanche soir “nos compatriotes d’outre-mer qui ont exprimé à mon égard une confiance qui m’honore”.

Longtemps absent des territoires ultramarins, le FN a réussi à s’implanter progressivement. Aux européennes de 2010, il avait obtenu plus de 10% des voix en moyenne.

Dimanche soir, Marine Le Pen a recueilli plus de 32% des voix en Polynésie et 29% en Nouvelle-Calédonie, derrière François Fillon. Elle a aussi réalisé 27% des suffrages à Mayotte, 24% en Guyane et 23,5% à La Réunion.

“Désormais, les outre-mer ne sont plus des digues pour le FN”, note Patrick Karam, ancien délégué interministériel à l’Outre-mer.

Une poussée du FN qui ne surprend pas Yves Combeau, universitaire et politologue à La Réunion, où en 5 ans, Marine Le Pen a “plus que doublé son score”. “Ce vote était perceptible dans les conversations”, explique-t-il, le mettant en corrélation avec une abstention elle aussi très élevée.

La candidate du FN à Saint-Pierre-et-Miquelon le 24 mars 2016

Cibler les territoires

“Ils expriment un désengagement très fort, une colère sur les questions sociales et les sujets du quotidien”, estime M. Combeau, mais aussi “une déception par rapport aux élus, et le fait que les outre-mer ne sont pas entendus”.

Pour la ministre des Outre-mer Erika Bareigts, il y a dans ce vote “un rejet des partis traditionnels. Je l’interprète également comme une volonté de changement profond de la relation des outre-mer à l’Hexagone”.

Durant la campagne, la dirigeante frontiste a accordé une attention particulière aux ultramarins, avec un programme spécifique. “Elle était la seule candidate à avoir presque systématiquement parlé des outre-mer dans ses discours et ses interventions médiatiques”, note M. Karam.

Marine Le Pen sur un marché de Cayenne en Guyane le 16 décembre 2016
L’ancien président de Polynésie, Gaston Flosse, pris en photo à Papeete le 25 février 2016, avait appelé à voter pour Marine Le Pen

“Elle a stratégiquement travaillé”, confirme Christiane Rafidinarivo, politiste et chercheuse invitée au Centre de recherches politiques (CEVIPOF-Sciences Po). “Elle a présenté une politique outre-mer axée sur le développement maritime”, et “elle a pris la peine de faire campagne”, “en adaptant ses thèmes” et “en ciblant les territoires”, note la chercheuse, citant l’exemple de Mayotte, où la candidate a dénoncé la forte pression migratoire venant des îles voisines des Comores et défendu l’exaspération des villageois mahorais.

La candidate du FN s’était aussi rendue à Saint-Pierre-et-Miquelon, à La Réunion et en Guyane.

Ce dernier territoire, marqué par un long conflit social avant l’élection pour dénoncer “un retard structurel par rapport à la métropole”, a également prêté une oreille plus attentive à son discours sur l’immigration ou, comme d’autres territoires qui se sentent délaissés par la métropole, à sa volonté de “développer le patriotisme économique sur les produits ultramarins”.

La leader frontiste peine encore à se rendre aux Antilles, où elle est, comme son père avant elle, empêchée d’atterrir par des militants de gauche hostiles.

Mais l’image des Antilles imperméables au FN n’est plus de mise. Marine Le Pen a réalisé une hausse historique de 8 points en Guadeloupe (13,51% des voix), et de 6 points en Martinique (11%).

Depuis la dernière présidentielle, la candidate frontiste a “travaillé ses relais locaux” dans les territoires, sur le plan politique, en ouvrant des antennes du FN, mais surtout dans la société civile, analyse Mme Rafidinarivo.

En Nouvelle-Calédonie, où le FN n’a pourtant aucun élu territorial, c’est l’approche du référendum d’autodétermination et la radicalisation du discours de la frange la plus à droite des non-indépendantistes qui a profité à Marine Le Pen.

En Polynésie, où 20 élus lui ont accordé leur parrainage, elle a bénéficié du soutien de l’ancien président du territoire, Gaston Flosse, qui a appelé à voter pour elle, et reste très populaire malgré ses condamnations.

Présidentielle: Hollande appelle à voter Macron

La campagne du second tour de l’élection présidentielle s’est ouverte lundi avec une journée de “négociations politiques” pour le favori Emmanuel Macron, pour qui François Hollande a solennellement appelé à voter, tandis que Marine Le Pen est repartie sur le terrain dans le Pas-de-Calais.

“La présence de l’extrême droite fait une nouvelle fois courir un risque pour notre pays (…) Face à un tel risque, la mobilisation s’impose et la clarté des choix. Pour ma part, je voterai Emmanuel Macron”, a déclaré le chef de l’État dans une allocution télévisée à l’Élysée.

Selon les “résultats globaux”, hors Français de l’étranger, communiqués par le ministère de l’Intérieur, M. Macron est arrivé en tête du premier tour avec 23,75% des suffrages devant la présidente du Front national (21,53%). François Fillon est arrivé troisième avec 19,91% des voix, devant Jean-Luc Mélenchon, à 19,64%.

Les deux finalistes, invités par le chef de l’État à participer mardi à l’hommage national au policier tué dans un attentat sur les Champs-Élysées, préparent désormais le traditionnel débat télévisé de l’entre-deux-tours, prévu le 3 mai.

Leurs entourages ont indiqué qu’ils avaient chacun l’intention d’y participer, alors qu’en 2002 le président sortant, Jacques Chirac, avait refusé d’affronter Jean-Marie Le Pen.

On est challengeur, clairement

En attendant, Emmanuel Macron, tout en se préparant pour remporter le second tour, devait selon son entourage consacrer les journées de lundi et mardi aux “négociations politiques” dans le but de former une majorité, en prévision des législatives des 11 et 18 juin.

Critiqué pour avoir fêté le résultat du premier tour à La Rotonde, une brasserie du quartier de Montparnasse, le candidat d’En Marche! pourrait tenir un meeting dans sa ville natale d’Amiens avant le 7 mai.

De son côté, Marine Le Pen est repartie dans son fief électoral du Pas-de-Calais pour arpenter les allées du marché de Rouvroy.

Alors que les ralliements à M. Macron se sont multipliés dès dimanche soir, de Benoît Hamon à François Fillon, la présidente du FN a brocardé devant la presse “le vieux front républicain tout pourri, dont plus personne ne veut” qui “essaie de se coaliser” contre elle.

Pour ce deuxième tour, “on est challengeur, clairement”, a jugé le vice-président du FN Florian Philippot, qui a demandé à Nicolas Dupont-Aignan d’être “cohérent” en appelant à voter pour Marine Le Pen. Le président de Debout la France (4,75% des suffrages), réunissait lundi les instances de son parti et devrait se prononcer dans les prochains jours.

Selon deux sondages réalisés dimanche soir, Emmanuel Macron battrait largement Marine Le Pen, à 62%-38% selon Ipsos Sopra Steria, à 64%-36% selon Harris Interactive.

La présidente du FN tiendra jeudi un meeting d’entre-deux-tours à Nice.

La journée était agitée chez Les Républicains: avec l’élimination de François Fillon, la droite est absente du second tour pour la première fois sous la Ve République.

Lors d’un comité politique en matinée, les principaux responsables LR ont laissé éclater leurs divergences sur un appel explicite à voter pour Emmanuel Macron, optant finalement pour un compromis qui exclut l’abstention au second tour. Un bureau politique était prévu à 17h00.

A l’issue d’une réunion de son bureau national, le PS a pour sa part appelé “à battre l’extrême droite” et donc “à voter” pour Emmanuel Macron.

“Cette prise de position a été unanime au sein du bureau national du PS et c’est suffisamment rare pour que ce soit souligné”, a déclaré le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, appelant les socialistes à “s’engager dans la bataille”, après le score historiquement faible de Benoît Hamon (6,35%).

La fin d’un cycle

Le scrutin de dimanche a vu l’élimination des deux partis dominant la vie politique depuis quarante ans: le parti gaulliste, aujourd’hui Les Républicains, et le Parti socialiste. Deux partis ayant organisé une primaire ouverte.

A droite, Jean-Pierre Raffarin, ex-soutien d’Alain Juppé, a jugé “trop facile de trouver un bouc-émissaire” en la personne de François Fillon.

“Défaite personnelle” d’une “droite recroquevillée” sur “ses seules bases bourgeoises et conservatrices”, estime le maire de Tourcoing Gérald Darmanin, ex-soutien de Nicolas Sarkozy.

Au PS, Manuel Valls a analysé “la fin d’un cycle”. “Ceux qui ne partagent pas les mêmes idées, qui sont en désaccord notamment sur l’Europe, sur l’économie, sur l’entreprise, sur les questions de sécurité, peuvent-ils encore être dans la même famille politique ? Personnellement je ne le crois pas. Donc doit venir le temps, enfin, de la clarification”, a prôné l’ancien Premier ministre, soutien de Macron dès avant le premier tour.

Le Parti radical de gauche (PRG) a appelé à voter Macron et proposé de “bâtir avec lui une coalition large de gouvernement”.

A gauche, Jean-Luc Mélenchon, le candidat de la France insoumise n’a pas donné de consignes de vote, expliquant s’en remettre à l’avis des 450.000 soutiens de sa plateforme internet.

A l’étranger, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a souhaité “bon courage pour la suite” à Emmanuel Macron. Le gouvernement allemand a apporté son soutien en saluant “sa position pour une UE forte et une économie sociale de marché”.

La Bourse de Paris, galvanisée par l’anticipation d’une victoire de l’ancien ministre de l’Économie, voyait les valeurs bancaires bondir pour certaines de quelque 10%.

Le Pen: “Ce résultat est historique, la première étape est franchie”

Marine Le Pen, qualifiée pour le second tour de l’élection présidentielle face à Emmanuel Macron, a jugé dimanche le résultat du premier tour “historique”, indiquant qu’une “première étape est franchie”.

Le second tour sera le choix entre “la grande alternance” et “la dérégulation”, a-t-elle affirmé dans une déclaration de moins de cinq minutes prononcée depuis son fief d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais).

Selon les estimations de plusieurs instituts de sondages, Emmanuel Macron est arrivé en tête (23-24%) devant la candidate FN (21,6-23%).

“Vous avez reposé sur moi désormais la responsabilité immense de la défense de la nation française, de son unité, de sa sécurité, de sa culture, de sa prospérité et de son indépendance”, a encore affirmé Mme Le Pen, exprimant sa “plus profonde gratitude” à ses électeurs.

Selon elle, les Français devront désormais choisir entre “une dérégulation totale, sans frontières et sans protections”, et “la France, des frontières qui protègent nos emplois, notre pouvoir d’achat, notre sécurité, notre identité nationale”.

La “grande alternance” qu’elle propose est celle qui mettra au pouvoir “d’autres politiques, d’autres visages”, a-t-elle encore affirmé.

Attaquant Emmanuel Macron, elle a estimé que “ce n’est évidemment pas avec l’héritier de François Hollande et de tous les échecs de ce quinquennat catastrophique que cette alternance tant attendue viendra”.

La candidate du Front national a lancé “un appel” aux “patriotes sincères” pour “sortir des querelles périmées, des a priori et des ressentiments”.

Les catholiques et la présidentielle: entre séduction, déception et tentation

“Déception Fillon, tentation Le Pen, séduction Macron”: un prêtre du diocèse de Rennes résume ainsi le dur dilemme auquel est confronté avant la présidentielle l’électorat catholique divisé sur son candidat phare François Fillon, les débats sociétaux et l’accueil des migrants exigé par le pape François.

Pour les catholiques, qui penchent majoritairement à droite, cette campagne brouille les cartes. En décembre à Rennes, ils avaient voté massivement à la primaire pour un candidat réputé pour sa droiture et son honnêteté. Ils sont souvent échaudés, amers. Les “cathos de gauche” sont eux aussi perplexes face aux divisions du camp socialiste. A la messe à la paroisse Saint-Augustin où beaucoup se retrouvent, l’appel à refuser le vote Le Pen et toute xénophobie est ferme. Mais les autres candidats ne séduisent pas pour autant le diacre de la paroisse, Paul Bosse-Platière: “Mélenchon? on ne va pas faire du Chavez en France ! Hamon est trop irréaliste ! Macron on ne le sent pas ! Fillon c’est donner aux riches”.

Dans une autre paroisse, Germain Bertrand, qui se situe à gauche, milite pour les migrants et fait partie en même temps des Veilleurs, mouvement actif dans la Manif pour tous, s’inquiète: “J’ai vu craquer les barrages face à Le Pen, j’ai vu se fendre les résistances”. Alain Mignot, professeur de math à la retraite, engagé au Secours catholique dans l’aide aux migrants, confirme: “Le Pen tient un discours de plus en plus social. J’en connais, ils le disent en petit comité, qui vont voter le Pen, ça ne leur pose pas de problèmes”. Un catholique engagé à la Manif pour tous, qui a requis l’anonymat, avait voté Jean-Frédéric Poisson à la primaire et voit en Fillon “un imposteur”. Il ne sait pas encore pour qui voter.

On ne peut être franc-mac et chrétien

“On espérait de nouvelles têtes, mais, après le meeting du Trocadéro, ils sont revenus, les François Baroin, les Luc Chatel, ce même Chatel qui a introduit la théorie du genre à l’école”, dit-il. “On ne peut être franc-mac et chrétien!”

Beaucoup de catholiques, selon lui, vont voter pour Fillon malgré leur déception: “Fillon, c’est le meilleur programme économique, le seul à avoir potentiellement la capacité d’avoir une chambre des députés avec lui”. Et, ses ennuis judiciaires, “ça finit par se retourner en sa faveur, à cause de l’acharnement” des médias, qui leur donne l’impression d’être impulsé par le pouvoir socialiste.

Et l’inconnue Emmanuel Macron ? Antoine Cressard, catholique pratiquant, juppéiste, conseiller municipal du groupe “Alternance 2020” à Rennes, qui rejette les extrêmes, estime que le report des voix sur le candidat d’En Marche! sera faible: “La base du programme de la droite, aussi défendue par Alain Juppé, est la seule qui peut rétablir la situation du pays. Ceux qui ont soutenu Fillon, je ne pense pas qu’ils iront chez Macron au premier tour. Ils ne veulent plus du hollandisme. Macron est vu comme l’héritier du hollandisme”.

“Ceux qui sont déçus de Fillon pourraient s’abstenir”, juge-t-il.

Écologie intégrale

Camille Rodriguez, étudiante à Sciences-Po, est séduite par le candidat de 39 ans et son désir de surmonter le clivage droite-gauche: “Macron défend la valeur travail, sans restrictions budgétaires à outrance”. Que les catholiques aient des priorités différentes, le social d’abord, ou bien la famille et la vie, c’est bien normal, mais pas le “renvoi des étrangers” préconisé par Marine Le Pen, inacceptable pour un catholique, juge-t-elle.

Elle renvoie dos à dos François Fillon et Benoît Hamon: “l’un veut rayer de la carte l’acquis en matière de sécurité sociale”, l’autre veut “détruire la valeur travail, au cœur des valeurs catholiques” avec son revenu universel.

Pour un curé des environs de Rennes, le critère de jugement du catholique doit être “l’écologie intégrale, au centre duquel est l’être humain, prônée par le pape François”. Pas question donc selon lui de voter pour Benoît Hamon ou Jean-Luc Mélenchon qui veulent inscrire l’euthanasie et l’avortement dans la Constitution.

“On assiste, fait-il valoir, à une dérégulation non seulement économique mais aussi sociétale et morale” que les catholiques ne devraient pas accepter.

Campagnes présidentielles: ce qui agitait les débats en mars 2007 et 2012

Parrainages, immigration, alliances: à sept semaines du premier tour du scrutin présidentiel, les campagnes de mars 2007 et 2012 étaient bien différentes de celle de 2017, focalisée sur les déboires judiciaires du candidat Fillon et leurs conséquences. 

2007: parrainages, immigration et Bayrou qui inquiète

C’est officiel: il n’ira pas. Jacques Chirac, 74 ans, annonce solennellement le 11 mars qu’il ne briguera pas un 3e mandat. Trois jours auparavant le président de l’UMP Nicolas Sarkozy, déjà candidat mais encore ministre de l’Intérieur, a reçu le soutien de poids de Simone Veil, qui a lancé en même temps l’offensive contre le centriste François Bayrou, dont les bons sondages inquiètent.

Au PS, Mme Royal reproche aux dirigeants PS de n’avoir “pas fait suffisamment bloc autour (d’elle) au début de cette campagne”.

Alors que Jean-Marie Le Pen (FN) et Olivier Besancenot (NPA) peinent à réunir leurs 500 parrainages à dix jours de la date-butoir, Nicolas Sarkozy déclare le 6 mars qu’il “se battra” pour que ses adversaires puissent concourir à l’élection, invitant implicitement les maires à leur accorder ce sésame.

M. Sarkozy donne le ton de sa campagne en annonçant le 8 mars qu’il créera un “ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale” s’il est élu. Ses adversaires dénoncent un appel du pied à l’électorat FN.

Quinze jours plus tard, la proposition de Mme Royal aux Français d’avoir tous “chez eux le drapeau tricolore” pour l’exposer aux fenêtres chaque 14 juillet provoquera une controverse dans son propre camp.

2012: viande halal, IVG, et Hollande en tête

Alors que tous les sondages placent l’emploi, le pouvoir d’achat, la santé et l’éducation en tête des préoccupations des Français, la campagne est “escamotée” sur ces sujets par la lutte que l’UMP et le FN se livrent sur le terrain de l’immigration et de la sécurité.

Affiches de campagnes des candidats François Hollande (g) et Nicolas Sarkozy le 1er mai 2012 au Raincy

Donné par les sondages largement battu face à François Hollande, le président-candidat Nicolas Sarkozy fait de la viande halal un thème récurrent de sa campagne, allant jusqu’à affirmer le 5 mars qu’il s’agit du “premier sujet de préoccupation (et) de discussion des Français”.

Le 6 mars, M. Sarkozy affirme qu’il y a “trop d’étrangers” en France lors d’une émission très suivie et au cours de laquelle il s’excuse sur sa soirée controversée au Fouquet’s lors de sa victoire de 2007.

Le lendemain, François Hollande reproche à son rival d’avoir “exhibé sa vie privée” et de s’être montré “incohérent” sur l’immigration. Il oppose à la proposition sarkozyste de créer un “impôt sur les bénéfices minimum pour les grands groupes” du CAC 40, son projet d’instituer trois taux d’impôt sur les sociétés, progressifs en fonction de leurs tailles.

A la veille de la journée internationale des femmes, la candidate FN Marine Le Pen s’attire des critiques à droite comme à gauche, en prônant la fin du remboursement de l’avortement si la situation budgétaire l’exigeait.

Nathalie Arthaud (LO) est la première à déposer ses 500 parrainages, à l’opposé de Dominique de Villepin (République solidaire) et Corinne Lepage (Cap21) qui ne parviendront jamais à les réunir.

Le 8 mars, Nicolas Sarkozy affirme qu’en cas de défaite à la présidentielle il quittera la politique.

Haro sur les médias ou quand la campagne présidentielle se “trumpise”

De Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon en passant par François Fillon, les charges anti-médias, facilitées par les réseaux sociaux, se multiplient dans la campagne présidentielle, stratégie qui fait écho à celle du président américain Donald Trump.

La candidate du Front national, qui proteste régulièrement contre un traitement médiatique jugé “militant”, a intensifié ses attaques contre le quatrième pouvoir ces dernières semaines, sur fond d’affaires. En meeting à Nantes dimanche, elle a accusé les journalistes de faire campagne “de manière hystérique pour leur poulain”, Emmanuel Macron, s’en prenant notamment à Pierre Bergé, un des propriétaires du Monde.

A l’autre bout du spectre politique, Jean-Luc Mélenchon, qui avait parlé dès 2010 de “métier pourri”, assume son aversion des médias. Le candidat de La France insoumise, qui a lancé sa chaîne YouTube pour contourner les “médias traditionnels”, a notamment accusé dernièrement France Inter de “déloyauté” ou l’AFP d’avoir fait “deux fausses dépêches” concernant ses positions sur la Syrie. En novembre 2016, il s’en était aussi pris nommément à une journaliste du Monde, évoquant “les pauvres rubricards (qui) restent accrochés à leur sujet comme les moules à leur rocher”.

Pour l’historien des médias Patrick Eveno, “les attaques contre les journalistes ne sont pas nouvelles: on peut en retrouver dans les années 30 et de la part de De Gaulle, Pompidou, ou Mitterrand qui avait comparé les médias à des +chiens+ contre Pierre Bérégovoy”, le jour de ses obsèques. Mais “la situation est beaucoup plus violente”, observe-t-il. “Les politiques sont de moins en moins bien considérés, les journalistes aussi, chacun se renvoie la balle face à l’opinion.”

Un “climat nauséabond”

Début février, le candidat de la droite François Fillon a accusé les médias d’en avoir “trop fait” pour le “lyncher” sur des présumés emplois fictifs de sa femme. Et ciblé Mediapart: “Moi, je n’ai jamais eu de redressement fiscal.” Reporters sans frontières s’était alors inquiété d’un “climat nauséabond”.

Pour Dominique Wolton, spécialiste en communication politique au CNRS, l’étape, “bien symbolisée par Trump”, ce sont des politiques qui “essayent de faire une alliance avec l’opinion publique contre les médias” dans une forme de “revanche”.

Aux Etats-Unis, Donald Trump a fait des attaques anti-médias sa marque de fabrique, classant certains comme “ennemis du peuple”. Son administration a même privé plusieurs titres phares (New York Times, CNN, ou Politico) du briefing de la Maison Blanche. En France, Mediapart et “Quotidien” (TMC) se sont notamment vu refuser des accréditations pour des meetings FN. Récemment, le vice-président du parti Florian Philippot a aussi repris une formule du président américain pour qualifier l’AFP de “fake news” concernant une infographie sur les programmes des candidats.

La directrice de l’information de l’AFP Michèle Léridon relève que “depuis l’élection de Trump, la critique, voire le harcèlement des médias, est devenue une stratégie pour certains politiques”. “Ils utilisent le terme +fake news+ pour des informations exactes, mais qui n’ont pas l’heur de leur plaire. Nous ne répondons pas au coup par coup pour ne pas participer à cette partie de ping-pong virtuelle et malsaine. Notre meilleure réponse, c’est d’être le plus rigoureux possible”, dit-elle.

Pour le patron de Mediapart, Edwy Plenel, “cette surenchère, cette haine, cette violence (…) sont le témoignage d’une immense crise démocratique”. Mais, sans information “rigoureuse”, “documentée” ou “loyale”, “je peux voter en étant aveugle, donc voter pour mon pire malheur”. Jérôme Fenoglio, directeur du Monde, souligne que “pour donner l’impression d’être anti-système, le plus simple est de taper sur les médias” et que la nouveauté de l’interpellation directe par des politiques “dans des blogs ou sur Twitter” crée autour des journalistes “un climat de tension”. Directeur de BFMTV, Hervé Beroud note aussi que les attaques “commencent plus tôt et plus fort qu’avant”, même si, “déjà pour la campagne de 2012, lorsque le camp Sarkozy sentait venir la défaite, les relations (…) dans les meetings étaient très compliquées”.

Selon un récent sondage Odoxa, si les Français doutent de l’impartialité des journalistes, 74% pensent que les critiques des politiques sont le plus souvent “un moyen d’éviter des questions qui les gênent”.

Et si… Obama était la solution #1

C l’info vous propose une mini-série autour des Présidentielles 2017 et évoque la possibilité de voir le pays se redresser autour de solutions plus ou moins crédible. Dans cette période de grande instabilité politique en france, le peuple est partagé entre des candidats dont personne n’est sur de leur réussite. Ainsi pourquoi pas proposer à quelqu’un d’autre de reprendre le pays en main. On commence avec le grand Barack Obama.

Et oui, le dimanche 7 mai prochain le pays aura un nouveau chef d’Etat qui remplacera François Hollande et son bilan sans mots. Les prétendants à sa succession sont nombreux : Le Pen, Macron, Fillon, Hamon ou encore Mélenchon. Mais ces candidats ont les connat et beaucoup doutes qu’ils seront capables de remettre la France d’aplomb.

Pourquoi Obama ?

Alors pourquoi faire appel à une pointure. Comme vous le savez outre-atlantique le controversé Donald Trump a remplacé le si aimé (au moins chez nous) Barack Obama. Avec ses discours et son style, il a su conquérir l’Amérique et le monde lors de ses deux mandats, bien que lors des derniers mois ce soit devenue plus compliqué. Mais vu l’aura qu’il dégage, son charisme et sa réputation, il n’aurait aucun mal à se faire respecter. Notre pays, aujourd’hui, a besoin de ça pour retrouver son statut de grande puissance internationale. La Ve République engagée avec le Général de Gaulle, a vu des figures comme Giscard d’Estaing ou Jacques Chirac la gouverner de main de maître, mais depuis beaucoup estime que l’on a pas retrouvé quelqu’un capable d’enfiler ce costume de leader.

Et bien cette possibilité de revivre l’illustre période politique française, au travers de Barack Obama est le rêve un peu fou du site obama2017.fr qui met en avant la possibilité de le voir se présenter à l’élection en avril prochain. Ce site explique que “Les Français sont prêts à faire des choix radicaux. Ça tombe bien car nous avons une idée radicale à leur proposer”. “Nous souhaitons frapper un grand coup en élisant un président étranger à la tête de notre beau pays. Barack Obama a achevé son deuxième mandat de Président des États-Unis le 21 janvier dernier, pourquoi ne pas l’embaucher comme Président pour la France ?” rajoute-t-il.

Comment faire ?

Pour convaincre les gens que cela représente une option fiable ils avancent les arguments suivants : “Barack Obama a le meilleur CV au monde pour le job” ; “Parce qu’il est encore possible de voter pour un Président et non pas contre un candidat” et “Parce qu’à l’heure où la France s’apprête à voter massivement pour l’extrême droite, nous pouvons encore donner une leçon de démocratie à la planète en élisant un Président Français, étranger”.

Ainsi dans le but de concrétiser cela le site propose aux internautes de signer une pétition en ligne qui doit recueillir “1 million de promesses de vote avant le 15 mars prochain pour convaincre l’ex-président américain de se présenter à l’élection présidentielle”.

La bombe est posée reste à savoir si maintenant l’objectif sera atteint et surtout si cela convaincra Barack Obama de se remettre en selle.

 

Bachar al Assad est “la seule solution viable”, dit Le Pen

Le président syrien Bachar al Assad est “la seule solution viable” pour empêcher l’Etat islamique de prendre le pouvoir en Syrie, a déclaré lundi Marine Le Pen après un entretien de plus d’une heure avec le Premier ministre libanais Saad Hariri à Beyrouth.

“J’ai clairement exprimé que, dans le cadre de la politique du moindre mal, qui est une politique réaliste, il m’apparaissait que Bachar al Assad était évidemment aujourd’hui une solution bien plus rassurante pour la France que l’Etat islamique si celui ci venait à prendre la tête de la Syrie comme il a pris en partie le pouvoir en Libye après la disparition de M. Kadhafi”, a-t-elle déclaré à la presse. “J’ai exprimé à M. le Premier ministre l’analyse qui était la mienne, que j’ai exprimée depuis le début de la crise syrienne, à savoir que, en l’état, il m’apparaissait n’y avoir aucune solution viable et plausible en dehors de ce choix binaire qui est Bachar al Assad d’un côté et l’Etat islamique de l’autre”, a-t-elle ajouté.

Marine Le Pen, qui est arrivée dimanche au Liban, a rencontré le président libanais, l’ancien général chrétien Michel Aoun, et le Premier ministre sunnite, Saad Hariri, une manière de soigner sa crédibilité internationale à deux mois du premier tour de la présidentielle française. La présidente du Front national, dont toute la stratégie consiste à “dédiaboliser” son parti pour apparaître comme une présidente en puissance, n’avait encore jamais rencontré publiquement de chef d’Etat en exercice.En estimant que Bachar al Assad est pour l’instant la seule solution viable, elle contredit la position officielle de la France, qui le juge responsable de crimes de guerre.

Saad Hariri a publié à l’issue de la rencontre un communiqué dans lequel il met en garde contre tout “amalgame entre islam et terrorisme”.Le Premier ministre libanais a dit à Marine Le Pen que “les musulmans sont les premières victimes du terrorisme se réclamant de la religion, alors qu’il n’en a aucune, et que les modérés qui constituent l’écrasante majorité des musulmans dans le monde sont la cible première du terrorisme prétendu musulman car en ils sont en fait le premier rempart contre l’extrémisme”. Il a ajouté que “les Libanais et les arabes, comme la majorité du monde, considèrent que la France est la patrie des droits de l’Homme et de l’Etat républicain qui ne fait aucune distinction ethnique, religieuse ou de classe entre ses citoyens”.