Présidentielle: les affiches Marine Le Pen absentes des bureaux de vote à l’étranger

Les affiches de Marine Le Pen n’ont pas pu être affichées dans les bureaux de vote à l’étranger, faute d’avoir été fournies dans les délais légaux, selon le gouvernement.

« Les affiches sont imprimées par les candidats eux-mêmes et il leur revient de les déposer auprès de la commission électorale avant la date limite », dans ce cas le lundi 10 avril, a-t-on expliqué au ministère des Affaires étrangères.

Selon le ministère, « seuls 10 candidats ont livré ces affiches à la commission électorale dans les délais impartis. Leurs affiches figurent donc sur les panneaux électoraux des bureaux de vote ».

« L’affiche de la candidate Marine Le Pen n’ayant pas été fournie, le panneau correspondant restera donc vide », a-t-on ajouté.

Environ 1,3 million de Français sont inscrits sur les listes consulaires, soit 2% du corps électoral.

Les Français se pressaient dimanche dans les bureaux de vote, sous haute surveillance après un nouvel attentat à Paris, pour participer au premier tour d’une élection présidentielle à l’issue imprévisible.

Présidentielle: une campagne aux multiples rebondissements

Des têtes d’affiche éliminées, l’extrême droite en force, le renouveau du centre, la percée de la gauche radicale, le candidat conservateur plombé par les affaires: jamais une campagne présidentielle française n’a été aussi riche en rebondissements, jusqu’au sprint final marqué par un suspense inédit.

Un président impopulaire qui renonce

Le 1er décembre 2016, François Hollande renonce à briguer un second mandat. Très impopulaire, le chef d’Etat explique vouloir éviter une déroute de la gauche face à la droite et l’extrême droite. C’est la première fois depuis 1958 que le président sortant ne brigue pas un second mandat.

Le Président François Hollande annonce à la télévision le 1er décembre 2016 qu’il ne briguera pas un second mandat

Les favoris éliminés des primaires à droite et à gauche

Le 27 novembre 2016, l’ancien Premier ministre François Fillon remporte contre toute attente la primaire à droite avec un programme d’austérité économique et de restriction de l’immigration. Un autre ex-Premier ministre, Alain Juppé, favori des sondages depuis des mois, rate son pari d’ouverture au centre. L’ex-président Nicolas Sarkozy fut éliminé dès le premier tour.

Deux mois plus tard, le « frondeur » Benoît Hamon bat haut la main l’ex-Premier ministre Manuel Valls à la primaire socialiste, avec un discours résolument à gauche. Mais les derniers sondages le relèguent à moins de 8% des intentions de vote, le pire niveau pour un candidat socialiste depuis un demi-siècle.

François Fillon remporte de façon inattendue la primaire de la droite et du centre le 27 novembre 2016

Le conservateur Fillon déstabilisé par les affaires

Le 24 janvier 2017, l’hebdomadaire Le Canard enchaîné révèle que l’épouse de François Fillon, Penelope, a été rémunérée pendant plusieurs années comme attachée parlementaire auprès de son mari ou de son suppléant, alors que cette mère au foyer a toujours dit ne jouer aucun rôle politique auprès de lui. Les soupçons d’emplois fictifs détrônent le candidat de sa position de favori.

François Fillon présente ses « excuses » aux Français, mais affirme que « tous les faits évoqués » étaient légaux. L’enquête s’élargit à des soupçons d’emplois fictifs au profit de ses enfants, puis à des costumes de luxe offerts par un avocat à la réputation sulfureuse. Contesté au sein de son propre camp mais conforté par un immense rassemblement de ses partisans à Paris, il poursuit sa campagne en dénonçant un complot. Il a été inculpé le 14 mars, notamment pour détournement de fonds publics, une première pour un candidat majeur à la présidentielle.

François Fillon et sa femme Penelope à Aubervilliers le 20 mars 2017

Une étoile montante au centre

Ancien ministre de l’Economie de François Hollande pendant deux ans, repositionné au centre, l’ancien gérant de portefeuilles de la banque d’affaires Rothschild Emmanuel Macron a surgi dans la campagne sans expérience et sans parti. D’abord accueilli avec une certaine condescendance par des professionnels de la politique, raillé pour le flou de son projet, le benjamin des candidats, 39 ans, a progressivement grimpé dans les sondages, contredisant ceux qui le décrivaient comme une « bulle » médiatique. Jusqu’à se hisser en tête des sondages avec la candidate d’extrême droite Marine Le Pen.

Celui qui n’a jamais eu aucun mandat électif a reçu le ralliement de personnalités clés, tel le centriste historique François Bayrou ou le ministre socialiste de la Défense Jean-Yves Le Drian.

Emmanuel Macron lors d’un meeting de campagne à Nantes le 19 avril 2017

L’extrême droite conquérante

Au plus haut des sondages depuis des mois, la fille du sulfureux fondateur du parti d’extrême droite Front national, Jean-Marie Le Pen, est donnée largement qualifiée au premier tour le 23 avril, mais battue au second tour le 7 mai du fait d’un report présumé insuffisant des voix.

Capitalisant sur le ras-le-bol exprimé par nombre de Français sur les « élites », le chômage ou l’immigration, Marine Le Pen, qui s’est efforcée d’adoucir l’image du Front National, espère tirer profit de la vague nationaliste, eurosceptique et anti-mondialisation en Europe et aux Etats-Unis.

Marine Le Pen lors d’un meeting de campagne à Paris le 17 avril 2017

La percée de Jean-Luc Mélenchon

Parti en campagne à l’été 2016 avec son programme radical -rupture avec les traités européens de l’Europe « libérale », sortie de l’Otan, fin de la « monarchie présidentielle française »- le tribun de la gauche radicale a réussi à se hisser au coude à coude avec le candidat de la droite François Fillon, derrière le duo de tête constitué par Marine Le Pen et Emmanuel Macron.

Fort du succès populaire de ses meetings -avec ou sans son désormais célèbre hologramme -, très actif sur les réseaux sociaux, le chef de la « France insoumise » a décollé dans les sondages depuis le premier grand débat télévisé du 20 mars.

Montage de photos créé le 18 avril 2017 de Jean-Luc Mélenchon et de ses hologrammes

Menace jihadiste et attentats

Photo non datée de Xavier Jugelé, le policier tué sur les Champs Elysées, le 20 avril 2017, fournie par sa famille le 22 avril 2017

« Jamais le risque terroriste n’a été aussi haut », selon le ministre français de l’Intérieur. Trois jours avant le premier tour du scrutin, une attaque revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique (EI) a coûté la vie à un policier, sur la prestigieuse avenue des Champs-Elysées à Paris.

Cet attentat, survenu après plusieurs tentatives déjouées, a durci la campagne et replacé les débats sur la lutte antiterroriste au coeur de l’élection, alors que la France a subi en 2015 et 2016 une vague sans précédent d’attentats meurtriers qui ont fait 239 morts.

Présidentielle: les Français aux urnes pour un premier tour sous tension et incertain

Les Français, pour certains encore hésitants à la dernière minute, ont commencé dimanche à voter en métropole pour le premier tour de l’élection présidentielle, un scrutin à l’issue totalement incertaine et dans un contexte inédit de menace terroriste.

A midi, la participation était de 28,54%, stable par rapport à 2012, selon les informations du ministère de l’Intérieur.

Pour assurer la sécurité des près de 47 millions d’électeurs, plus de 50.000 policiers et gendarmes, avec le concours de 7.000 militaires de l’opération Sentinelle, sont mobilisés, trois jours après l’attentat ayant coûté la vie à un policier sur les Champs-Elysées.

Parmi les onze candidats en lice, le socialiste Benoît Hamon, a voté en milieu de matinée à Trappes (Yvelines) et le leader d’En Marche! Emmanuel Macron, au Touquet (Pas-de-Calais). La présidente du Front National, Marine Le Pen, a fait de même à Hénin-Beaumont.

Le candidat du « Frexit » François Asselineau et Philippe Poutou (NPA) ont fait leur devoir électoral à Paris et Bordeaux. Dès 9H00, le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan et la figure de Lutte ouvrière Nathalie Arthaud avaient glissé leur bulletin dans l’urne, respectivement à Yerres (Essonne) et Pantin (Seine-Saint-Denis).

Le président sortant François Hollande, qui n’a adoubé aucun candidat, a voté à Tulle, son ancien fief électoral.

Certains électeurs semblaient encore indécis dimanche matin. Ainsi Marie, médecin de 51 ans, s’apprêtait à voter à Lille, « sans trop savoir pour qui ». « J’y vais juste pour éliminer, parce que personne ne représente mes idées », a-t-elle dit à l’AFP.

A Pantin (Seine-Saint-Denis), Rita, qui à 61 ans n’avait pas voté « depuis Giscard » en 1974, estimait que « tout est possible », se référant à la victoire surprise de Donald Trump aux Etats-Unis. Benoît, vendeur de 43 ans, jugeait que les attentats n’ont pas forcément changé la donne car « on vit avec » désormais.

En métropole, le scrutin a débuté à 08h00 dans les 66.546 bureaux de vote de métropole. Ils resteront ouverts jusqu’à 19h00, une heure de plus que lors des présidentielles précédentes, et 20h00 dans les grandes villes. Cet horaire plus tardif rend incertaine, en cas de résultats serrés, la traditionnelle image télévisée affichée à 20h00 tapantes des deux finalistes.

– ‘Votez!’ –

Dans le Journal du dimanche, des personnalités ont lancé un appel anti-abstention: l’ex-animateur Nicolas Hulot, la chanteuse Carla Bruni-Sarkozy, la patronne du FMI Christine Lagarde, l’écrivain Jean d’Ormesson et l’ancienne présidente du Medef Laurence Parisot.

Rendez-vous majeur de la vie politique française, la présidentielle suscite habituellement une participation d’environ 80% (79,5% en 2012). Exception notable: le 21 avril 2002, avec un record d’abstention (28,4%) et la qualification inédite au second tour du candidat du Front national, Jean-Marie Le Pen.

Cette 10e élection présidentielle au suffrage universel de la Ve République est hors norme à plus d’un titre: absence du président sortant François Hollande, une première depuis la mort en fonction de Georges Pompidou en 1974; qualification au second tour de la candidate d’extrême droite donnée pour sûre dans toutes les enquêtes depuis 2013; contexte de menace terroriste, avec un scrutin sous le régime de l’état d’urgence instauré après les attentats de novembre 2015.

La mort jeudi soir d’un policier tué sur les Champs-Elysées porte à 239 le nombre de victimes d’attentats en France depuis l’attaque contre Charlie Hebdo en janvier 2015.

Rendez-vous majeur de la vie politique française, la présidentielle suscite habituellement une participation d’environ 80% (79,5% en 2012). Exception notable: le 21 avril 2002, avec un record d’abstention (28,4%) et la qualification inédite au second tour du candidat du Front national, Jean-Marie Le Pen.

Quinze ans plus tard, sa fille Marine Le Pen fait la course en tête dans les sondages avec Emmanuel Macron, suivis de deux poursuivants au coude à coude, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon. Benoît Hamon est largement distancé dans toutes les enquêtes. La fin de campagne a viré au duel Macron-Fillon. L’ancien ministre de François Hollande s’est lancé dans un audacieux pari avec la création d’En Marche! et sa philosophie « et de droite, et de gauche », rallié par certains hiérarques socialistes – à commencer par Manuel Valls et le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian -, par des anciens ministres chiraquiens et le centriste historique François Bayrou.

Vainqueur triomphal de la primaire de droite, M. Fillon a été grandement fragilisé par les affaires judiciaires, après la révélation fin janvier par Le Canard enchaîné de l’emploi soupçonné fictif de son épouse comme collaboratrice parlementaire, pour lequel la justice l’a mis en examen.

AFP / MEHDI FEDOUACHPhilippe Poutou vote à Bordeaux, le 23 avril 2017

Quatrième homme en 2012, Jean-Luc Mélenchon a vu sa cote nettement progresser, principalement au détriment de Benoît Hamon, frondeur socialiste désigné lors d’une primaire face à M. Valls. Le PS craint le pire score de son histoire après l’élimination de Lionel Jospin au même stade en 2002.

Cette 10e élection présidentielle au suffrage universel de la Ve République est hors norme à plus d’un titre: absence du président sortant François Hollande, une première depuis la mort en fonction de Georges Pompidou en 1974; qualification au second tour de la candidate d’extrême droite donnée pour sûre dans toutes les enquêtes depuis 2013; contexte de menace terroriste, avec un scrutin sous le régime de l’état d’urgence instauré après les attentats de novembre 2015.

La mort jeudi soir d’un policier tué sur les Champs-Elysées porte à 239 le nombre de victimes d’attentats en France depuis l’attaque contre Charlie Hebdo en janvier 2015.

Cet attentat a bouleversé la fin de la campagne, la plupart des candidats annulant leurs derniers déplacements. Un hommage national au policier assassiné aura lieu mardi.

Cette 10e élection présidentielle au suffrage universel de la Ve République est hors norme à plus d’un titre: absence du président sortant François Hollande, une première depuis la mort en fonction de Georges Pompidou en 1974; qualification au second tour de la candidate d’extrême droite donnée pour sûre dans toutes les enquêtes depuis 2013; contexte de menace terroriste, avec un scrutin sous le régime de l’état d’urgence instauré après les attentats de novembre 2015.

FAMILY HANDOUT/AFP / FAMILY HANDOUT Photo non datée de Xavier Jugelé, le policier tué sur les Champs Elysées, le 20 avril 2017, fournie par sa famille le 22 avril 2017

La mort jeudi soir d’un policier tué sur les Champs-Elysées porte à 239 le nombre de victimes d’attentats en France depuis l’attaque contre Charlie Hebdo en janvier 2015.

Cet attentat a bouleversé la fin de la campagne, la plupart des candidats annulant leurs derniers déplacements. Un hommage national au policier assassiné aura lieu mardi.

La loi interdit la publication de résultats, hormis ceux concernant la participation, avant dimanche soir.

Le second tour aura lieu le 7 mai.

Onze candidats en piste pour l’Elysée

Les onze candidats qui disputeront le premier tour de l’élection présidentielle le 23 avril: Nathalie Arthaud, Francois Asselineau, Jacques Cheminade, Nicolas Dupont-Aignan, Francois Fillon, Benoit Hamon, Jean Lassalle, Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Melenchon et Philippe Poutou

Onze candidats disputeront le premier tour de l’élection présidentielle le 23 avril, a annoncé samedi le Conseil constitutionnel après validation de la liste complète des parrainages.

Trois candidats – Philippe Poutou, Jean Lassalle et Jacques Cheminade – se sont qualifiés in extremis et rejoignent les huit premiers à avoir franchi le cap des 500 signatures: François Fillon, Benoît Hamon, Emmanuel Macron, Nicolas Dupont-Aignan, Jean-Luc Mélenchon, Nathalie Arthaud, Marine Le Pen et François Asselineau.

S’ils sont désormais onze lancés dans la bataille, ils ne seront que cinq à s’affronter lundi sur le plateau de TF1 pour le premier grand débat télévisé de la campagne, la chaîne ayant choisi cette formule réunissant les seuls « grands » candidats favoris des sondages: Le Pen, Macron, Fillon, Hamon et Mélenchon.

Après la fin de la période de dépôt des candidatures, vendredi à 18 heures, les dossiers des onze candidats – ils étaient dix en 2012 – ont été validés, la répartition des « parrains » respectant des critères de diversité géographique. Ces parrainages sont complétés par une déclaration de candidature et une déclaration de patrimoine.

Parmi un vivier de 42.000 élus, 14.586 ont apporté leur parrainage à un candidat, dont 14.296 ont été validés, a annoncé le président du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius.

La surprise Asselineau

François Asselineau, à Paris le 10 mars 2017

Le candidat de droite François Fillon a obtenu 3.635 signatures, profitant malgré ses démêlés judiciaires du solide réseau de soutien des Républicains.

Derrière viennent le socialiste Benoît Hamon (2.039), l’ex-ministre de l’Economie Emmanuel Macron (1.829), le candidat de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon (805), le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan (707), Nathalie Arthaud pour Lutte ouvrière (637) et la présidente du Front national Marine Le Pen (627).

Invité surprise de cette élection, François Asselineau s’est qualifié grâce à une campagne menée tambour battant par voie d’affiches et via les réseaux sociaux. Souverainiste et europhobe, il obtient 587 parrainages, après une vaine tentative en 2012.

Le candidat de droite François Fillon a obtenu 3.635 signatures, profitant malgré ses démêlés judiciaires du solide réseau de soutien des Républicains.

Derrière viennent le socialiste Benoît Hamon (2.039), l’ex-ministre de l’Economie Emmanuel Macron (1.829), le candidat de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon (805), le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan (707), Nathalie Arthaud pour Lutte ouvrière (637) et la présidente du Front national Marine Le Pen (627).

Invité surprise de cette élection, François Asselineau s’est qualifié grâce à une campagne menée tambour battant par voie d’affiches et via les réseaux sociaux. Souverainiste et europhobe, il obtient 587 parrainages, après une vaine tentative en 2012.

A l’époque, « l’idée même de sortir de l’Union européenne paraissait farfelue, extrémiste ». « Cinq ans plus tard, la crise de l’euro avec la Grèce, le Brexit, ont donné raison à ce que je dis depuis neuf ans », témoignait-il.

Parrainages validés par le Conseil constitutionnel pour les onze candidats à la présidentielle

Incertains jusqu’au bout

Trois autres se sont qualifiés sur le fil, à l’issue d’une difficile campagne de terrain, souvent auprès de maires de communes rurales – les élus communaux fournissant les trois quarts des parrainages: Jacques Cheminade, déjà candidat en 1995 et 2012 avec un résultat symbolique, Jean Lassalle, député centriste des Pyrénées-Atlantiques et Philippe Poutou, qui porte le flambeau du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA).

Cet ouvrier de l’usine Ford de Blanquefort, en Gironde, qui avait recueilli 1,15% des voix en 2012, a totalisé 573 parrainages.

Jean Lassalle a fait mieux avec 708 signatures. « Je me suis tapé tous les déserts, je viens de sortir de celui de Sibérie. Ca a été très difficile », racontait samedi le candidat béarnais, à la voix rocailleuse et au fort accent. En 2014, il avait effectué un tour de France à pied pour rencontrer les Français.

Trois autres se sont qualifiés sur le fil, à l’issue d’une difficile campagne de terrain, souvent auprès de maires de communes rurales – les élus communaux fournissant les trois quarts des parrainages: Jacques Cheminade, déjà candidat en 1995 et 2012 avec un résultat symbolique, Jean Lassalle, député centriste des Pyrénées-Atlantiques et Philippe Poutou, qui porte le flambeau du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA).

Cet ouvrier de l’usine Ford de Blanquefort, en Gironde, qui avait recueilli 1,15% des voix en 2012, a totalisé 573 parrainages.

Jean Lassalle a fait mieux avec 708 signatures. « Je me suis tapé tous les déserts, je viens de sortir de celui de Sibérie. Ca a été très difficile », racontait samedi le candidat béarnais, à la voix rocailleuse et au fort accent. En 2014, il avait effectué un tour de France à pied pour rencontrer les Français.

Quant à Jacques Cheminade, il dépasse de justesse le seuil légal, avec 528 signatures. « Le système de verrouillage de l’élection présidentielle mis en place par le régime des partis n’a pas fonctionné », s’est-t-il félicité.

Une loi d’avril 2016 sur la transparence imposait en effet de nouvelles contraintes à la campagne des parrainages, notamment la publication des noms des parrains, vue d’un mauvais oeil par les « petits » candidats qui ont dénoncé des « pressions » exercées sur les maires ruraux par les grands partis.

Parmi les recalés, l’ancienne ministre Rama Yade n’atteint que 353 signatures. D’autres ont reçu des soutiens sans même être candidat: Alain Juppé, un moment envisagé comme recours à droite si François Fillon renonçait, a suscité 313 parrainages et François Baroin 45.

Dans cette élection décidément atypique, certains parrainages témoignaient de l’éclatement des forces politiques: Emmanuel Macron, revendiqué « ni de gauche, ni de droite », donné gagnant au second tour par les sondages, a ainsi obtenu un peu moins de la moitié de ses signatures à gauche, environ 11% au centre, 16% à droite et un peu moins d’un quart auprès d’élus « divers » ou sans étiquette.

Les onze candidats à l’élection présidentielle en France, dont les parrainages ont été validés par le Conseil constitutionnel