Trump face-à-face avec Xi, le grand rival chinois

Donald Trump, qui n’a pas ménagé la Chine avant son élection, va se retrouver jeudi face-à-face avec le chef du pays le plus peuplé du monde, dans le cadre décontracté de Mar-a-Lago, la luxueuse résidence que possède le président-milliardaire américain en Floride.

L’homme fort du régime communiste arrive avec « du grain à tweeter » pour le président américain, selon des sources diplomatiques à Pékin, qui évoquent des concessions chinoises en matière de commerce et d’investissement, avec à la clé des créations d’emplois aux Etats-Unis. En échange, il attend de l’exubérant milliardaire des garanties par lesquelles Washington renoncerait à un contrat d’armement avec Taïwan… au moins temporairement.

Donald Trump, qui n’a pas ménagé la Chine avant son élection, va se retrouver jeudi face-à-face avec le chef du pays le plus peuplé du monde, dans le cadre décontracté de Mar-a-Lago, la luxueuse résidence que possède le président-milliardaire américain en Floride. Le président chinois Xi Jinping s’est jusqu’à présent montré mesuré dans ses réactions aux provocations de Donald Trump, qui s’en est pris peu diplomatiquement à la Chine depuis son arrivée à la Maison Blanche fin janvier, l’accusant tour à tour de concurrence commerciale déloyale ou de mollesse face à la menace nucléaire nord-coréenne.

Le président républicain de 70 ans, dont le positionnement diplomatique vis-à-vis du géant asiatique reste flou, aura l’occasion de fournir une première indication de l’orientation qu’il entend donner à la relation sino-américaine. Il a en tout cas dit s’attendre à une rencontre « très difficile » avec l’homme fort de Pékin. En échange, il attend de l’exubérant milliardaire des garanties par lesquelles Washington renoncerait à un contrat d’armement avec Taïwan… au moins temporairement. Peu d’éléments ont filtré sur le programme exact de cette rencontre, si ce n’est que les présidents des deux premières puissances économiques mondiales doivent dîner ensemble jeudi avec leurs épouses, avant une série d’entretiens vendredi. Car le magnat de l’immobilier n’avait pas hésité, en campagne, à ériger la Chine en principale rivale des Etats-Unis, notamment dans le domaine du commerce international. Il avait accusé Pékin de « manipuler » sa monnaie.

Contrôle des banques

Au premier rang des différends géopolitiques entre les deux puissances du Pacifique figure l’épineux dossier de la Corée du Nord, qui a de nouveau défié cette semaine Washington et la communauté internationale en tirant un nouveau missile. Quelques heures avant de recevoir Xi Jinping, Donald Trump a assuré au Premier ministre japonais Shinzo Abe, lors d’un entretien téléphonique, que les Etats-Unis allaient « continuer de renforcer » leurs capacités militaires « face à la menace sérieuse que la Corée du Nord continue de poser ».

Depuis plusieurs semaines, Washington exhorte Pékin à faire pression sur son allié pour qu’il renonce à son programme nucléaire. Dans un entretien publié dimanche, le 45e président des Etats-Unis a laissé planer la menace d’une intervention militaire, se disant prêt à « régler » seul le problème si la Chine continue à tergiverser. Selon des sources diplomatiques dans la capitale chinoise, M. Xi, qui a déjà stoppé les importations de charbon nord-coréen, conformément aux sanctions de l’ONU, pourrait offrir à Donald Trump de renforcer le contrôle des banques chinoises qui travaillent avec le régime de Kim Jong-Un. Il pourrait exiger en échange de son hôte qu’il renonce à un important contrat d’armement à destination de Taïwan, l’île que Pékin considère comme une province destinée à être réunifiée à la mère patrie. Au moins d’ici au prochain congrès du Parti communiste à l’automne, lors duquel M. Xi doit décrocher un nouveau mandat de cinq ans à la tête du pays.

Accès aux marchés

Autre question brûlante qui devrait être évoquée en Floride, le commerce. L’homme d’affaires new-yorkais reconverti dans la politique veut aborder le sujet délicat du déficit des Etats-Unis avec la Chine, qui s’est élevé à près de 350 milliards de dollars en 2016. La Maison Blanche a promis des paroles « franches » sur ce thème. Avec pour objectif de « réduire les barrières à l’investissement et aux échanges créées par les Chinois », selon les termes d’un responsable américain. M. Xi pourrait offrir une ouverture accrue du marché chinois dans les secteurs de l’automobile et de l’agriculture, selon des sources diplomatiques. En échange, il demanderait à son hôte que les Etats-Unis adhèrent à la BAII, la banque asiatique de développement des infrastructures que Pékin a mise en place pour concurrencer des institutions comme la Banque mondiale, jugées par trop sous influence des Occidentaux. M. Xi réclamerait aussi des assouplissements des contrôles à l’exportation vers la Chine dans les secteurs des biotechnologies et du traitement des eaux.

La Chine abaisse son objectif de croissance

La Chine a abaissé dimanche son objectif de croissance économique pour 2017, prenant acte de l’envolée de sa dette et d’une conjoncture mondiale morose, mais le régime communiste entend se donner les moyens de stabiliser l’activité avant un remaniement politique crucial à l’automne.

Pékin révise ses ambitions, après avoir visé en 2016 une croissance « entre 6,5% et 7% ». Le PIB de la deuxième économie mondiale avait finalement progressé de 6,7%, sa pire performance depuis 26 ans.

En ouvrant la grand-messe annuelle de la chambre d’enregistrement du régime, sous les ors du Palais du peuple, M. Li a joué les équilibristes, alternant l’énumération de « graves difficultés » et celle des réformes économiques.

La Chine a abaissé dimanche son objectif de croissance économique pour 2017, prenant acte de l’envolée de sa dette et d’une conjoncture mondiale morose, mais le régime communiste entend se donner les moyens de stabiliser l’activité avant un remaniement politique crucial à l’automne.

« On attend une croissance d’environ 6,5%, même si nous nous efforcerons de faire mieux », a déclaré le Premier ministre Li Keqiang devant les près de 3.000 membres du Parlement chinois (ANP).

Pékin révise ses ambitions, après avoir visé en 2016 une croissance « entre 6,5% et 7% ». Le PIB de la deuxième économie mondiale avait finalement progressé de 6,7%, sa pire performance depuis 26 ans.

En ouvrant la grand-messe annuelle de la chambre d’enregistrement du régime, sous les ors du Palais du peuple, M. Li a joué les équilibristes, alternant l’énumération de « graves difficultés » et celle des réformes économiques.

De fait, Pékin est sur la corde raide: prônant un douloureux rééquilibrage vers les services et la consommation intérieure, mais également soucieux de préserver la stabilité sociale et l’emploi.

Quitte pour ce faire à maintenir à flot des groupes étatiques structurellement déficitaires et à gonfler les dépenses publiques dans de colossaux chantiers d’infrastructures.

Ouverture de la session annuelle du Parlement chinois au Palais du Peuple, le 5 mars 2017 à Pékin

Li Keqiang a certes déploré le « marasme de l’économie mondiale » et reconnu les épées de Damoclès suspendues au dessus du système financier chinois: une dette dépassant 270% du PIB, l’envol des créances douteuses des entreprises, l’essor d’une « finance de l’ombre » non-régulée.

Ciel bleu

En abaissant considérablement le coût du crédit depuis 2014, Pékin voulait doper l’activité mais ces énormes liquidités ont surtout alimenté la spéculation et une énorme bulle dans l’immobilier, que les autorités s’efforcent désormais de dégonfler –comme l’a admis M. Li.

Le Premier ministre Li Keqiang fait une déclaration à l’ouverture de la session annuelle du Parlement chinois au Palais du Peuple, le 5 mars 2017 à Pékin

Cependant, le Premier ministre s’est empressé de rassurer: « Les fondamentaux économiques sont robustes. Nous avons les capacités de maîtriser les risques systémiques », a-t-il martelé, rappelant que le désendettement des entreprises, particulièrement les groupes d’Etat, était « une priorité ».

Les banques –qui ferment leurs portes aux firmes privées pour privilégier les groupes publics et les placements spéculatifs– doivent « se concentrer » sur le financement de « l’économie réelle », a tonné M. Li.

Avant de retrouver ses accents réformistes de 2013: les « pouvoirs discrétionnaires » de l’Etat seront réduits pour « offrir au marché des marges de manœuvre accrues », a-t-il affirmé, promettant des simplifications administratives et « un environnement fiscal transparent et plus équitable ».

De fait, l’abaissement de l’objectif de croissance « laisse de l’espace pour poursuivre les réformes structurelles », celles qui visent les mastodontes mal gérés et les « zombies » du secteur étatique, a indiqué à l’AFP Wendy Chen, économiste de Nomura.

De quoi pouvoir, également, continuer de sabrer les colossales surcapacités de production dans la sidérurgie et le charbon, note-t-elle.

Le pays réduira de 150 millions de tonnes les capacités annuelles du secteur du charbon (une baisse de 800 millions est visée d’ici 2020), a assuré M. Li, se faisant fort de « mener une guerre sans merci » pour rendre à la Chine « un ciel bleu ».

Le charbon assure toujours quelque 60% de l’électricité chinoise, alimentant la pollution qui embrume les métropoles du pays.

Consolider son pouvoir-

En revanche, Pékin n’entend aucunement retirer ses « béquilles » très dirigistes à l’économie, quitte à laisser filer son déficit: il investira cette année 355 milliards d’euros dans des projets ferroviaires, d’autoroutes et voies fluviales.

Le président Xi Jinping paraît tenté de s’en remettre aux recettes traditionnelles pour maintenir l’économie à un niveau acceptable, tout en s’attachant à mieux encadrer les dérives du secteur financier, à travers une chasse très médiatisée aux « crocodiles » de la Bourse.

Objectif: préserver la stabilité, avant le remplacement attendu à l’automne d’une majorité des sept membres du Comité permanent du bureau politique du Parti communiste, l’organe tout puissant du régime.

« Li Keqiang donnait l’impression de vouloir préparer les esprits » à l’éclatement d’une crise financière, observe le politologue Jean-Pierre Cabestan, de l’Université baptiste de Hong Kong. « Mais les risques économiques n’empêcheront pas Xi de consolider son pouvoir et de placer ses hommes au sommet ».

Tout schuss, la Chine se met au ski… avec ou sans neige

Des moniteurs tout jeunes qui n’ont jamais skié et des stations qui poussent comme des champignons sous une neige artificielle: la Chine se met aux sports d’hiver, pour le plus grand plaisir de sa nouvelle classe moyenne.

« J’ai commencé ma formation le 28 novembre, je n’avais jamais fait de ski avant. Depuis fin janvier, je suis moniteur », raconte Hao Rui, un garçon de 17 ans, à bord de la télécabine qui monte vers le sommet d’une des stations du secteur de Zhangjiakou (au nord-ouest de Pékin), qui accueillera en 2022 les épreuves de descente des Jeux olympiques d’hiver de Pékin. Objectif: 300 millions de Chinois sur les pistes – un ordre du Parti communiste. Et à l’approche de l’échéance olympique, cruciale pour le prestige du pays, Pékin met le paquet pour développer un secteur économiquement prometteur.

Pour l’instant, on ne dénombre « que » 5 ou 6 millions de pratiquants et quelque 200 stations de sports d’hiver. Mais seule une grosse dizaine d’entre elles ont des domaines skiables comparables à ceux qu’on trouverait en Europe dans des stations de moyenne taille. Et rien de similaire à de grands domaines des Alpes françaises tels que ceux de Tignes-Val d’Isère ou des Trois Vallées. Futur cadre des JO, les monts Yan culminent péniblement à 2.000 mètres et n’ont reçu cette année que quelques flocons de neige naturelle. Qu’à cela ne tienne: des centaines de canons à neige dernier cri s’alignent le long des pistes, donnant sous les spatules une piste un peu dure mais où l’on peut skier avec une étonnante fluidité. « Le temps est sec et constamment froid pendant tout l’hiver: la neige reste bonne », explique Bertrand Camus, un moniteur de la station française de Courchevel, venu participer au boom du ski que connaît la Chine depuis deux ou trois ans, le choix de Pékin pour les JO 2022 en 2015 ayant servi d’accélérateur. « Ce n’est pas comme dans les Alpes où la neige fond et regèle en permanence », dit le Français.

L’air est pur

Pour accueillir une clientèle majoritairement débutante, les stations n’ont pas pris de risques: les pistes sont larges comme des autoroutes, en pente douce, bien aplanies et damées. On se prend facilement pour un as du slalom sans risquer trop de bobo – malgré deux accidents mortels en début d’année. La recette fonctionne et les stations sont envahies le week-end de skieurs venus le plus souvent de Pékin, la capitale située à 200 km de là.

« Avec le développement économique, beaucoup de Chinois ont gagné plein d’argent. Ces gens-là sont passionnés de nouveauté », observe Wang, un fondu de ski qui vient une fois par semaine à Wanlong, la plus grande station du domaine avec une vingtaine de kilomètres de pistes et sept remontées mécaniques. A seulement 30 ans, ce célibataire s’est offert un appartement à la montagne, dont il profite quand il le peut dès l’ouverture du domaine en novembre jusqu’à la fin de la saison début avril. « On est bien mieux ici qu’à Pékin, l’air est pur », explique-t-il, désignant le ciel bleu alors que la capitale suffoque une fois de plus sous un nuage de pollution. « Le ski, c’est l’un des seuls sports que l’on peut faire l’hiver au lieu de rester enfermé chez soi. Les citadins apprécient », observe Liu Yang, la première monitrice chinoise à avoir obtenu le diplôme français de moniteur.

Du ski pour les riches, en anglais

Mais le plaisir de la glisse reste réservé à ceux qui peuvent dépenser sans compter dans ces montagnes chauves aux stations sans grand charme, où le froid est vif.

Dans un pays où le salaire moyen tourne autour de 7.000 yuans (960 euros), le budget pour faire du ski est considérable: à Wanlong, il faut compter au minimum 450 yuans (60 euros) pour le forfait de remontées mécaniques à la journée, et plutôt 100 euros avec la location du matériel. Et les prix s’envolent le week-end et en période de vacances: la nuit dans les rares hôtels de la station y revient facilement à 1.500 yuans (environ 200 euros). Si les plus riches vont skier au Japon, aux Etats-Unis ou en Europe, beaucoup de Chinois apprécient de retrouver dans leurs montagnes un peu d’exotisme, avec des moniteurs étrangers qui leur enseigneront le ski… en anglais.

La station de Thaiwoo, qui compte 28 pistes, a embauché ainsi 16 étrangers dans son équipe de 60 moniteurs formés par Thierry Nilo, directeur de l’école de ski de la station, où il est mis à disposition par l’école française Evolution 2. « Les cours sont principalement individuels », souligne-t-il. Au pays de Mao Tsé-toung où le tout collectif a longtemps été la règle, les cours en groupe n’ont pas vraiment la cote pour l’instant.

Nicolas Baverez – « La France est depuis longtemps l’homme malade de l’Europe »

Nicolas Baverez est invité de C L’Info. Avocat, Historien et Essayiste Français, il est l’auteur de
« Chronique du Déni Français » aux éditions Albin Michel. Son ouvrage est une sélection des édito hebdomadaires du Point et du Figaro.


Vous avez toujours été négatif sur votre système en France comment évolue t-il aujourd’hui selon vous ?
La France, incontestablement continue et accélère même son déclin. Plusieurs éléments doivent être pris en compte. D’abord, l’accélération de la crise économique et sociale. Aujourd’hui, notre pays a décroché, y compris face à la zone euro. La Zone euro ne va pas si mal qu’on le dit : elle a cru de 1,8% l’an dernier, le chomage a diminué de 12,2% à 9,8% en 2 ans, elle dégage un excédent commercial de 250 milliards d’euros, le déficit public est revenu à 1,8% et la dette est stabilisée à 90% du PIB. En revanche, les performances sont bien moindres pour la France. La croissance, comme vous le savez plafonne à 1,1%. 6,6 millions de nos concitoyens sont touchés par le chomage, le déficit commercial continue à représenter plus de 2,2% du PIB et par ailleurs, la dette ressort à 98% du PIB. Ainsi, lorsque nous regardons ces grands indicateurs, on voit très bien que macro-économiquement, la France à raté la reprise des pays dévloppés qui s’est affirmée à partir de 2010. Deuxième réalité à prendre en compte, c’est le fait que, sous le quinquennat de Francois Hollande, se sont passées deux choses nouvelles. La première, c’est que la paix civile est désormais menacée. La France est, depuis janvier 2015 le troisième pays le plus touché par des actes de terrorisme en dehors des zones de guerre avec plus de 230 morts et près de 800 blessés graves. Nous voyons bien que la socéitéé française est maintenant extrêmement fracturée, dans une sorte de guerre civile froide. La deuxième, qui ne relève pas de nous, c’est la dégradation de l’environnement et la montée des risques. D’un coté le djiadisme et les démocratures mais surtout, ce qui est le grand evenement de 2016 c’est la fragilisation du coeur des démocraties avec le Brexit qui fragilise la zone euro, et avec l’éléction de Donald Trump, qui fait que le système mondial, en particulier le camp occidental n’est plus assuré par les États-Unis, qui sont en train d’être embarqués dans une dérive à la fois nationaliste protecionniste et xénophobe. C’est ainsi que nous vivons un moment extrêmement critique dans l’histoire de notre pays. La crise économique et sociale est devenue une crise profondément nationale avec les problèmes de paix civiles, et une crise politique, en témoigne la désintégration du système poltiique lors de la présidentielle, et puis, de l’autre coté, ce qui étaient les cadres qui nous assuraient un peu stabilité, c’est à dire l’Union européenne et l’organisation de l’occident, avec en clé de voute les États-Unis.

Nous vivons un moment extrêmement critique dans l’histoire de notre pays

Dans votre livre, vous n’hésitez pas à décrier le mandat de Francois Hollande que vous qualifiez de « naufrage ». Est ce que l’élection présidentielle de mai 2017 va permettre de faire émerger un chef de l’Etat capable de redresser le pays ? Ces candidats sont-ils ancrés dans le réel ?
Nul ne sait ce qui va arriver ! En France comme dans toutes les démocraties nous savons maintenant que tout es possible. Ce qui est vrai, c’est qu’après le Brexit et l’élection de Trump, l’Europe va affronter une série de scrutins très importants en 2017. N’oublions pas qu’il y a des élection générales aux Pays Bas en Allemagne et très probablement en Italie (depuis que la cour constitutionelle à censuré la réforme du mode de scrutin, notamment le scrutin à deux tours). Dans ces élections, l’enjeu véritable va se faire entre les réformistes et les populistes. En France, nous voyons aujourd’hui que cette élection, d’abord parfaitement écrite comme une revanche de 2012 entre Francois Hollande, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen., s’est ensuite apparemment jouée lors du deuxième tour de la primaire à droite. Tout cela était évidemment faux. Nous nous retrouvons maintenant avec cette opposition populiste réformiste, quatre grands blocs qui aujourd’hui sont à peu près à égalité au départ de cette campagne contre toute attente. Un bloc d’extreme gauche, avec Jean-Luc Mélenchon et le Parti socialiste dans sa version Benoit Hamon. Un bloc d’extreme droite avec Marine le Pen, pour les populistes. Et de l’autre coté pour les réformistes, Emmanuel Macron, incarnant désormais la social démocratie, et Francois Fillon qui lui, représente la droite libérale avec un projet de redressement fort, mais un candidat aujourd’hui affaibli.

Quelles sont vos réformes à vous pour redresser le pays ?
Je crois qu’il faut partir de trois paradoxes. Le premier, c’est que la France est depuis longtemps l’homme malade de l’Europe, et du monde développé. Le pays a là, un choix exceptionnel, si elle choisit le réformisme, de donner un coup d’arrêt aux populistes et de changer le regard que l’Europe et le reste du monde pose sur elle. La deuxième chose, c’est que, lorsqu’on regarde les autres pays qui se sont réformés, il n’y pas de modèle. Il faut inventer un modèle original qui tienne compte de la situation, mais aussi de l’histoire de notre pays, de sa structure démographique, sociologique … Il ne s’agit d’imiter ni le Royaume Uni, ni l’Allemagne, la Suède ou tels autres pays. Il faut partir des atouts français, qui existent. On a, à la fois une main d’oeuvre, pour une partie très bien formée et un capital humain parfois exceptionnel comme on le voit avec la Fench Tech. Nous avons des pôles d’excellences dans le secteur public et privé, des infrastructures, des services publiques, une diplomatie, une culture, une gastronomie, un mode de vie, une civilisation qui ont peu d’équivalents dans le monde et qui font que la France est un pays ou l’on peut faire à la fois de l’agriculture, du tourisme, de l’immobilier, du service et de la finance. Il faut donc utiliser ces atouts pour reconstruire un modèle économique qui soit adapté au monde du 21e siècle. A partir de là, il y a une toute une série de grands pactes que l’on devrait nouer.
Un pacte productif car il faut absolument remettre en route la prouction pour créer des emplois et permettre de dégager la dette public. Il faut donc libérer les entreprises du carcan fiscal dans lesquelles elles ont été engagées. Il faut aussi un pacte dans le travail autour de la flexi-sécurité, l’idée étant de réformer la protection sociale pour moins protéger les emplois mais plus protéger les travailleurs. Donc d’un coté plus flexibilité sur le marché du travail et de l’autre, un suivi, une accompagnement plus individuel qui permettrait de lutter contre la pauvreté et l’exclusion.

Il faut aussi un pacte dans le travail autour de la flexi-sécurité, l’idée étant de réformer la protection sociale pour moins protéger les emplois mais plus protéger les travailleurs

Il faut absolument faire un effort sur l’éducation. Notre enseignement supérieur est comme notre pays, écartelé entre des institutions au meilleur niveau mondial, mais un niveau moyen qui décline. Quatrième effort, cette fois-ci dans les finances publiques avec des efforts de coupes dans les dépenses improductives mais, en revanche, une réorientation vers l’investissement. Enfin, un pacte sécuritaire. Il faut se souvenir que la sécurité c’est évidemment fondamental pour la liberté, pour la démocratie et pour le développement économique, comme on le voit avec le tourisme. Le tourisme c’est 8% du PIB et l’an dernier il a régressé de près de 10% car la France et Paris sont devenues des zones extrêmement peu sûres.
Si l’on fait ces cinq grands pactes, à ce moment là on pourra conclure le sixième qui est un pacte avec l’Allemagne pour relancer l’Union européenne, à la fois conforter ses acquis qui sont formidables : le grand marché, l’état de droit, la monnaie unique, des acquis qui vont être de plus en plus appréciés par le reste du monde, quand on voit le grand trouble qui s’est emparé des États-Unis et du Royaume Uni. Parallèlement à cela, il faut compléter ceci par une Union européenne de la sécurité, avec trois missions : la lutte contre le terrorisme, la protection des infrastructures et le contrôle des frontières. Il faut transformer Frontex en une véritable police des frontières à l’extérieur de l’union. De l’autre coté, il faut que nous harmonisions nos règles en matière d’asile et d’immigration. L’Europe ne doit pas être un continent fermé.

« La France ne fait des réformes qu’à l’occasion des révolutions » déclaration du Général de Gaulle que vous avez repris dans votre bouquin …
Je pense que cette phrase décrit très bien le choix fondamental entre réformisme et populisme. Si nous ne faisons aucune réforme, nous aurons la révolution, et il se trouve que dans un moment qui ressemble aux années 30 avec la déflation, les risques de sécurité intérieure et extérieure et par ailleurs la division des démocraties et leur affaiblissement, la révolution elle à basculé à l’extreme droite, une catastrophe pour notre pays.

Les Français seront ils un jour prêt à accepter la réforme ?
Ce qui ne faut pas oublier sur les réformes, c’est que celles-ci sont difficiles à faire dans toutes les démocraties. Ce sont des régimes conservateurs. Comment fait-on les réformes ? Avec un vrai projet, des leaders, mais surtout de la pédagogie vis à vis des citoyens. C’est ce qui s’est passé en Suède et au Canada dans les années 90, en Allemagne au début des années 2000, plus récemment au Portugal, en Espagne ou en Italie. Et c’est donc la dessus que nous devons travailler. Il n’y a pas de fatalité à ce que la France soit réformée. C’est simplement un pays qui alterne des phases brillantes de redressement, tel la belle époque, les années 20 et les trente glorieuses, et les phases de décrochage, les années 30 et malheureusement le cycle dans lequel nous sommes enfermés depuis le début des annes 1980. C’est ça qui faut arriver à changer mais, par le passé, la France à montré qu’elle savait se réformer. Simplement, elle se réforme par des grands changements. C’est pour ça qu’on ne peut pas faire de réformes partielles, progressives, ou sausiconnés. En France il n’y a que la thérapie de choc qui fonctionne, comme on l’a vu en 1958.

En France il n’y a que la thérapie de choc qui fonctionne

Est ce que l’année 2016 n’a pas remis en cause une certaine forme d’équilibre du monde, que l’on connait depuis 1991, mais plus largement depuis 1945 ?
C’est très juste, finalement depuis 1945 il y a bien sûr eu 1989-1991, avec la chute du mur, l’effondrement de l’URSS et la réunification de l’Europe. Il est vrai que 2016 est une sorte de grand tournant des démocraties, avec d’un coté le Brexit, qui remet en question l’Union européenne, et de l’autre côté l’election de Donald Trump qui est devenu président des États-Unis, à travers le slogan America first. Un slogan qui, en réalité risque bien d’être China First et d’offrir par ailleurs au djihadistes de nouvelle perspectives d’expansion. On constate que ce tournant nationaliste et xénophobe remet en cause tous les cadres et les règles qu’on avait essayé d’installer pour donner un mimimum de stabilité au monde. Ces règles, c’était les traités d’alliances, les traités de libre échange, le fonctionnement des institutions multi-latérales, qu’il s’agisse de la Banque Mondiale ou du FMI. Le fait d’affaiblir voire de supprimer ces cadres va renforcer la dangerosité du monde. Compte tenu de ces événements, c’est la dernière chance de réformer la France de manière pacifique et démocratique. Il faut nous remettre à niveau. L’Europe s’est construire dans les années 1950 autour de la résistance contre le communisme, de la garantie de sécurité et de l’unité des américains, du droit et du couple franco allemand. Tout ceci à volé en éclat. Il faut refonder cette Europe et il faut la refonder en lui permettant d’être beaucoup plus souveraine. Il faut avant tout se mettre en position d’assurer sa sécrurité, ce qui suppose un effort massif de réarmement des politiques globales parce que la sécurité n’est jamais que sécurité. Il faut avoir des politiques globales qui articulent le militaire, le policier, l’économique, le social, le diplomatique et l’aide au développement. Et il faut reconstruire un cadre avec une Europe beaucoup plus souveraine beaucoup plus orientée vers le régalien et qui finalement soit recentrée sur ce qu’est sa raison d’être c’est à dire la réassurance des grands risques globaux du 21e siècle sur lesquels nos pays séparés comptent peu. Seul l’Allemagne comptera dans les 10 premières puissance sécomiques du monde en 2030. On voit bien que face à Poutine, Erdogan, Trump, si nous voulons jouer séparés, nous comptons peu. A l’inverse, si nous voulons nous grouper, avec le grand marché, la monnaie unique, une vraie capacité à assurer notre sécurité, à ce moment là nous pouvons compter dans le monde du 21e siècle et nous pouvons gérer ces risques et en tout cas nous comporter de manière souveraine dans la gestion de l’Amérique.

 Le fait d’affaiblir voire de supprimer ces cadres va renforcer la dangerosité du monde

Le décret Trump, mesure assez symbolique il n’est finalement effectif « que » 90 jours, qu’en pensez vous ? Assez peu de réactions internationales depuis l’élection de Trump ?
Ce décret n’est pas symbolique il a une portée politique très forte et il appelle précisément des réactions très fortes des européens pour interdire qu’il puisse y avoir quelque fore de discrimination que ce soit contre leurs citoyens. Pourquoi est ce que ce décret est tout à fait négatif ? Parce qu’il introduit d’abord une discrimination qui vise exclusivement les musulmans. Donc finalement, il laisse entendre que les États-Unis sont en train de conduire une guerre de religion contre l’islam. C’est exactement le signal qu’attend l’Etat Islamique, qui conforte tous les jihadistes du monde, en leur affirmant que le monde occidental est en guerre contre l’islam. Ensuite, au sein même du monde musulman, on crée des discriminations en fonction de l’intérêt commercial puisque l’Arabie Saoudite est exclue de ce décret, alors que 35 des 39 terroristes qui ont perpétrés les attentats du 11 septembre 2001 étaient de nationalité saoudienne. On laisse entendre finalement que, les principes des démocraties obéissent simplement à des critères économiques et commerciaux. Ainsi, le résultat de ce décret, c’est d’abord de diviser profondément la société américaine, de diviser évidemment les démocraties, de laisser entendre que leurs valeurs sont en fait à géométrie variable en fonction de leurs intérêts commerciaux et, par ailleurs de faire le jeu de tous les extrémistes et du djihadisme.
Je pense que cette initiative est extemement négative. La seule bonne nouvelle, c’est que les contre pouvoirs américains fonctionnent : plusieurs états ont attaqué cette mesure, il y a également un certain nombre d’actions juridiques qui ont été conduites par des associations ou par des gens qui se sont vu arrêter à la frontière. Ce que l’on peut souhaiter c’est que le système judiciaire américain bloquera très vite l’application de ce décret.

La seule bonne nouvelle, c’est que les contre pouvoirs américains fonctionnent

On a parlé de l’Europe, des États-Unis, et la Chine dans tout cela, Xi Jinping défend le libre échange, Trump défend le protectionnisme, monde à l’envers ou mise en avant du nouveau monde, et d’un nouvel ordre mondial ?
C’est malheureusement un peu les deux. Nous vivons une grande inversion. C’est vrai que nous avons vu Xi Jinping, noyau dur du Parti communiste chinois défendre le libre échange, la mondialisation, au moment même ou Donald Trump, nouvellement élu déchirai les traités de libre échange et introduisait des discriminations contre les musulmans et fragilisait tous les cadres et toutes les règles qui font de ce qui peur exister d’ordre mondial. Par ailleurs, coté chinois, même si Xi Jinping plaide pour le libre échange, la Chine est loin d’en respecter les règles, notamment en matière de réciprocité sur l’accueil des investissements étrangers, ou encore les formes de contrôle d’échange ou de contrôle des participations, sans même parler du fonctionnement de l’Etat de Droit. Il faut faire attention … Les mots sont toujours importants en politique, parce que la politique est beaucoup faite de mots et de symboles, mais elle est aussi faite de réalités : il existe quand même un grand écart en Chine entre les positions de Xi Jinping et la réalité de la politique Chinoise.
En revanche, c’est vrai, nous changeons bel et bien de monde. Nous changeons de monde parce que c’est un monde qui devient beaoucp plus dangereux, avec une très grande instabilité, une volatilité des acteurs. Il suffit de voir ce qui se passe aujourd’hui au Royaume Uni ou Theresa May est en train de défaire la régulation qui avait quand même été imaginée par Mme Tatcher. C’est aussi vrai aux États-Unis, ou Donald Trump remet en cause toute une série d’équilibres fondamentaux de la société américaine et de l’ordre mondial qu’avait pensé réassuré les États-Unis depuis 1945.

Nous changeons de monde parce que c’est un monde qui devient beaucoup plus dangereux, avec une très grande instabilité, une volatilité des acteurs

Des acteurs qui sont volatiles, des situations qui sont aussi extrêmement dangereuses, et des cadres qui s’affaiblissent, que ce soit des cadres commerciaux, stratégiques, de sécurité. Et donc, incontestablement, la nécessité pour la France et pour l’Europe de tenir compte de ces mouvements, et de travailler très fortement à leur sécurité, mais comme je l’ai dit, travailler à la sécurité, c’est bien sur se réarmer, c’est moderniser les forces de polices, coopérer beaucoup mieux entre nous, mais c’est aussi coordonner toutes les formes d’action publique, y compris en matière économique et sociale ou en matière d’aide au développement.

« Chronique du Déni Français » c’est quoi le « déni » en quelques mots pour conclure Nicolas Baverez ?
Le déni c’est le refus de la réalité. Et en France il y a un double déni des dirigeants.
Déni du décrochage du pays. On continue à expliquer tout va bien et que la France est une grande puissance, il suffit de voir les réactions de Michel Sapin en face d’une croissance extrêmement faible (1,1%), le ministre des finances explique que la croissance à été forte. On est là dans un vrai déni du réel et on est là dans un moment où les mots divergent d’avec les choses et avec les faits, et ça c’est extrêmement dangereux pour les démocraties.
Le deuxième déni, c’est le fait que le monde est en train de changer à très vive allure, et malheureusement pas dans un sens agréable. C’est un monde qui, par coté ressemble aux années 1930 avec des formes de déflation, avec une forme de déstabilisation des classes moyennes, avec la montée des risques intérieurs et extérieurs et avec des démocraties qui se défont et se désunissent. Il faut donc qu’il y ait un grand ressaisissement des démocraties, que nous réformions nos pays et que nous ayons le courage de rappeler cette chose fondamentale : uni, nous sommes forts, désuni, nous sommes faibles. Nous sommes faibles notamment face au djihadistes, et face au démocratures. Aujourd’hui, après les illusions de la fin de l’histoire, on est obligé de reconnaitre qu’il existe de nouveau une alternative à la démocratie. Ca s’appelle des démocratures, des régimes avec des hommes forts, le contrôle de l’économie, de la société, et des médias, avec des politiques extérieures agressives, un investissement très important en matière d’armement. Ces pays s’appellent la Chine de Xi Jinping, la Russie de Poutine, la Turquie d’Erdogan. Nous devons impérativement nous mettre en situation de dialogue stratégique avec ces pays. Pour avoir ce dialogue, il faut soit même être fort, donc il faut se développer, consolider la société, et aussi être uni et savoir coopérer entre deux coups.

Uni, nous sommes forts, désuni, nous sommes faibles

On voit bien qu’à travers ce confit, entre les démocraties, l’extrémisme musulman et les démocratures, ce qui se joue, c’est le sort de la liberté politique. Thucydide face à l’écroulement d’Athènes dans le guerre du Péloponnèse avait dit : se reposer ou être libre il faut choisir. Il faut absolument que nous nous remettions au travail pour rester libre.

AREVA, condamné à mort par l’Etat Français

C’est un petit séisme dans les relations franco-chinoises. CNNC ne participera pas à l’augmentation de capital d’Areva, expliquent plusieurs sources proches du groupe français. « On n’a pas réussi à se mettre d’accord, reconnaît l’une d’entre elles. Les Chinois n’étaient pas prêts à entrer au capital aux conditions fixées par l’État français ». Vendredi se tiendra l’assemblée générale des actionnaires qui entérinera une augmentation de capital de 5 milliards d’euros dont 500 millions seront apportés par les groupes japonais Mitsubishi et JNFL. L’État se chargera de verser le solde de 4,5 milliards d’euros. Contactés, Areva et Bercy n’ont pas souhaité commenter.

Le contexte

Cela fait plusieurs mois que les discussions subsistaient entre les parties, mais ces dernières se sont tendues au cours des deux derniers mois. L’Etat français avait imposé à tous les investisseurs des exigences fortes en terme de gouvernance. Par exemple, il refusait que leur représentant ne siège au conseil d’administration d’AREVA. « La réalité est que Bercy ne voulait pas de Chinois au conseil », souligne un proche de CNNC, l’actionnaire chinois. La France souhaitait également que les investisseurs chinois et japonais détiennent la même participation au capital d’Areva, soit 10%. En face, CNNC demandait à être le premier actionnaire derrière l’Etat français. Un point due crispation très fort lorsque l’on connait les relations diplomatiques, peu joviales, qu’entretiennent les deux pays. « Les Chinois en demandaient trop » estime un proche d’Areva. Mi-janvier, le président d’Areva, Philippe Varin, et son directeur général, Philippe Knoche, se sont rendus en Chine pour tenter de trouver un ultime compris. Ils sont revenus bredouilles.

Dans le cadre du sauvetage d’Areva en quasi-faillite, l’Etat a décidé qu’EDF reprendrait la fabrication des réacteurs et les services (Areva NP). Le reste du groupe sera scindé en deux : les activités à risques (EPR finlandais…) seront cantonnées dans Areva SA et bénéficieront d’une augmentation de capital de 2 milliards d’euros à la seule charge de l’Etat ; le cycle du combustible, regroupé dans Areva NewCo, aura pour sa part 3 milliards, une augmentation de capital (acceptée par Bruxelles) ouverte à des partenaires étrangers.

Qui est CNNC ?

CNNC (Compagnie Nucléaire Nationale Chinoise) est une entreprise publique regroupant de trèsnombreuses activités (recherche, production d’électricité, fabrication d’équipements, gestion des déchets…) soit l’équivalent Français du Commissariat à l’énergie atomique d’EDF et d’Areva. C’est avec elle qu’Areva négocie depuis dix ans la construction en Chine d’une usine de recyclage des combustibles usés comme celle de La Hague (Manche) pour un coût de plus de 10 milliards d’euros.

 

Outre CNNC, la Chine compte un autre géant public, China General Nuclear Power Corporation (CGNPC). Partenaire historique d’EDF, il achève la construction de deux réacteurs EPR à Taïshan (province de Guangdong) et participe à la relance du nucléaire au Royaume-Uni, CGNPC finançant un tiers des 22 milliards d’euros des EPR d’Hinkley Point construits par EDF. Pour l’Etat patron chinois chapeautant CNNC et CGNPC, pas d’investissement financier sans investissement industriel. A terme, c’est en effet sa technologie, notamment son réacteur de troisième génération, qu’il veut vendre en Europe.

Une erreur qui va coûter cher …

Mettre Chinois et Japonais au même niveau à été une erreur, c’est indéniable ! La relation entre la France et la Chine se détériore à cause de cet échec, alors même que notre pays à besoin d’IDE (investissements directs) Chinois … Nombreux sont les investisseurs qui s’étonnent de la stratégie française qui à favorisé le nucléaire japonais. Faut-il rappeler à l’état major d’AREVA que sur les 54 réacteurs de l’ile nippone, seuls trois fonctionnent depuis la catastrophe de Fukushima. Faut-il également rappeler que la Chine construira 100 réacteurs dans les quinze prochaines années, soit 40% à 50% des nouvelles tranches en projet dans le monde. Elle a aussi le plus grand marché intérieur du monde, des salaires encore bas, une monnaie faible et manipulable. Ces atouts rendront son industrie nucléaire extrêmement compétitive dans les années à venir. En tout cas chez Areva, c’est le politiquement correct qui prime. On souligne que les relations commerciales avec la Chine « ne sont pas rompues », et qu’il faut les dissocier de l’augmentation de capital …

Dans le domaine du nucléaire, l’échec de ces négociations est un véritable tournant dans les relations franco-chinoises. Cela fait un an et demi qu’AREVA discutait avec CNNC d’une éventuelle

Michel Sapin et Ma Kai

entrée à son capital. En juin 2015 le premier ministre Chinois et Manuel Valls avaient signé un partenariat entre les deux pays. Quatre mois plus tard, le premier ministre français s’était rendu au Japon pour dérouler le tapis rouge à Mitsubishi. L’affront était trop fort pour Pékin. Les discussions semblaient s’être améliorées lorsqu’en novembre dernier, le vice-premier ministre chinois Ma Kai s’étaient rendu en France pour rencontrer le ministre de l’Économie Michel Sapin et le secrétaire d’État à l’Industrie, Christophe Sirugue. Mais le double jeu français a fini par crisper les Chinois qui ont préféré jeter l’éponge.

L’avenir s’assombrit pour le couple franco-chinois dans le nucléaire. Les craintes se concentrent déjà sur la Grande-Bretagne et les répercussions sur le chantier pharaonique des EPR. « Rien n’est acquis, même pour Hinkley Point. Les Chinois ont besoin d’une vision industrielle et de construire des centrales chinoises en Europe, explique un proche d’EDF. Un investissement seulement financier ne les intéresse pas. Ils ne se sont pas retirés du projet mais la question pourrait se poser ». La menace est claire.

La Chine célèbre son coq

En Chine, le nouvel à commencé le 28 janvier. L’année du singe va laisser la place à celle du coq. L’évènement est le plus important de l’année en république populaire, qui apparait comme une fête populaire, qui entraine, tous les ans, une énorme migration humaine dans tout le pays.

过年好 ! «Guònián hao». «Bonne année !» ont pu se dire, comme chaque année, 1,4 milliard de citoyens le week-end dernier. Appelée fête du printemps, cette dernière célèbre le Nouvel an lunaire, le premier jour de l’année du Coq. Selon une légende, «seuls douze animaux avaient répondu présent à l’invitation de l’Empereur de Jade pour que le Nouvel An donne son origine au Zodiaque chinois : pour les remercier, chacun se vit attribuer une année», explique le site de l’hebdomadaire féminin Cosmopolitan.

Une couleur domine la période : le rouge. Des lanternes rouges sont ainsi accrochées partout dans les lieux publics. L’évènement est synonyme de rencontres familiales, de repas fastueux (notamment de raviolis) et d’un tumulte assourdissant de feux d’artifices et de pétards. La soirée festive «est l’occasion de s’offrir des petites enveloppes rouges (hongbao) contenant des sommes d’argent, en gage de prospérité et de bonne étoile», rapporte L’Express.

Selon les statistiques officielles, quelque 282 millions de Chinois des campagnes ont migré vers les métropoles prospères de l’est et du sud de la Chine, où ils occupent des emplois pénibles et mal rémunérés. Pour beaucoup, le Nouvel an lunaire est donc le seul moment de l’année où ils pourront retrouver leurs proches, notamment leur enfant unique resté à la garde de ses grands-parents. Aux dires mêmes des autorités, quelque 61 millions d’enfants se trouveraient ainsi dans cette situation.

Répercussion économiques

La fête a des répercussions mondiales, tant la Chine pèse désormais sur l’économie de la planète. Des répercussions parois imprévues. Par exemple… sur le chiffre d’affaires du groupe français de spiritueux Rémy Cointreau. Celui-ci a ainsi vu sa croissance atteindre 9% au cours du trimestre clos le 31 décembre, à 323,3 millions d’euros. Motif : une forte accélération en Chine grâce à d’excellentes ventes pour le Nouvel an, plus précoce en 2017 (en 2016, il a été célébré le 8 février). Preuve que la consommation d’alcool augmente fortement pendant les fêtes! Pour autant, pendant cette période, l’économie chinoise, dans son ensemble, tourne au ralenti, ce qui entraîne une baisse des exportations. Notamment parce que les travailleurs migrants désertent leurs entreprises pendant une longue durée.

Ce ralentissement a notamment un impact sur le secteur international des transports de matières

Performance d’un dragon lors du Nouvel an chinois à Hong Kong

premières sèches, «l’approche des vacances du Nouvel an chinois a été le sujet de préoccupation numéro un des marchés cette semaine. Si certains espéraient une avalanche de commandes avant les vacances, il est plus probable que l’activité ralentisse», soulignaient, le 23 janvier, les analystes du Baltic Briefing, site d’information du Baltic Exchange, une référence en la matière.

L’année du Coq, l’année de Trump ?

Au-delà de ces sujets un peu arides, le Nouvel an est aussi  un évènement symbolique. Ainsi, aux dires des géomanciens de Hong Kong, agressivité et volatilité seront les maîtres mots de la nouvelle année.

Volatilité comme volatile, le coq combatif du calendrier lunaire chinois ? Toujours est-il que pendant cette période, le nouveau président américain, Donald Trump, se trouvera totalement dans son élément, estiment ces maîtres respectés. Le caractère brusque et changeant du gallinacée, associé à l’élément «feu», laisse présager de temps mouvementés, en particulier dans le monde occidental, précisent-ils. «Le coq aime se battre, il adore les joutes verbales, il est combatif», explique Mme Thierry Chow, qui pratique la divination dans l’ancienne colonie britannique. Combatif comme Donald Trump.

Alors 2017 … l’année de tous les changements, et de la redéfinition d’un nouvel ordre mondial ?