Soleil couchant … (5/6)

C L’Info vous propose une série de six épisodes, répartis sur six semaines autour de l’oeuvre de Stefan Zweig Le Monde d’Hier. Écrivain, dramaturge, biographe, Stefan Zweig, né en 1881 à Vienne, aura vu glisser sa ville et sa vie de l’élévation spirituelle et culturelle la plus haute à la décadence morale et à l’échec. Zweig fuit le nazisme et s’exile à Londres dès 1934, puis au Brésil en 1941. Il commence alors la rédaction du “Monde d’Hier, souvenirs d’un Européen”, livre nostalgique, mais d’une nostalgie active, c’est un “cri de papier”. Livre-Testament d’un monde qui n’est plus, celui de la sécurité et du “Progrès” ; Livre-Témoignage sidéré d’un européen face à ce qu’il appelle “l’échec de la civilisation”. En 1942, Stefan Zweig se suicide, précisément au lendemain d’avoir posté le manuscrit du “Monde d’hier” à son éditeur. “Le Monde d’Hier” sera publié en 1944.

La période allant de 1924 à 1933 fut une époque de tranquillité relative, avant qu’un seul homme boulversé une nouvelle fois notre monde, justement parce qu’il avait souffert des troubles de là générations de paix relative. Le principal sentiment de cette période était de rattraper ce que les mauvaises années de guerre et d’après-guerre avaient volées à à vie. On travaillait davantage, on voyageait et l’on découvrait le monde en pleine liberté. Zweig aussi, voyageai beaucoup, mais c’était, pour lui, un autre temps de voyage, car partout, l’auteur retrouvait des amis, connaissances et rencontres. L’auteur pensait ainsi qu’il avait accès au grand monde, avec l’agrément et la facilité de n’avoir  importuner personne.

Un voyage qui marqua l’auteur fut son périple Russe, en 1914, quelques semaines avant la guerre. La Russie, par l’expérience du bolchevisme  devenue pour tous les hommes le pays le plus fascinant de l’après-guerre, et suscitait de nombreuses admirations enthousiastes, aussi bien que des haines fanatiques. C’est ainsi qu’au printemps 1928, Zweig retourna en Russie, après qu’une invitation pour assister aux fêtes du centième anniversaire de la naissance de Léon Tolstoï lui fut parvenue. Les quinze jours passés en Russie Soviétique s’écoulèrent ainsi dans un état constant de haute tension, où l’on voyait, entendait, admirait et s’enthousiasmait pour de nombreuses choses. La ville de Moscou en elle-même avait déjà deux visages, la place Rogue et ses murailles et ses traditions byzantines, à côté d’une horde  de géants américains, de gratte-ciel modernes qui rendait un paysage mouvementé. Moscou donnait l’impression d’être bondé, surpeuplé et dans un  de confusion indescriptible, dans une ville où partout, les gens se pressaient dans les théâtres, magasins … Cependant, bien des choses magnifiques persistaient. Leningrad avant tout, cette ville génialement conçue par des princes audacieux, avec ses larges perspectives, ses palais immenses. Après quinze jours en Russie, Zweig fut comblé par le voyage, mais il resta consterné par la cordialité impulsive des hommes, persuadés qu’il participaient à une oeuvre formidable qui intéressait l’humanité entière.

Il faisait bon voyager dans ce dernières années d’accalmie, mais il était aussi agréable de retourner chez sois. La petite ville de Salzbourg, forte de ses 40 000 habitants que Zweig avait choisi pour son isolement s’était transformée d’une manière surprenante, devenue la capitale artistique du monde entier. C’est ainsi que dans sa propre ville, Zweig vivait tout  coup au centre de l’Europe, au milieu d’un destin comblé. Ainsi, les années passaient et Zweig continuait à travailler, à voyager, jusqu’au matin de Novembre 1931, où il arrivait à ses 50 ans. Le cinquantième anniversaire de l’auteur fut ainsi inscrit dans les journaux Européens, l’auteur ayant grandit depuis …

18 ans, Etudiant en première année de relations internationales, passionné par l’actualité depuis le plus jeune âge.
Créateur de C L’Info

Laisser un commentaire