« Salvator Mundi »: l’identité de l’acheteur révélée

Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, serait l'acquéreur du tableau du peintre italien Léonard de Vinci, vendu 450 millions de dollars mi-novembre, rapporte jeudi 7 décembre le Wall Street Journal. "MBS", son surnom, aurait eu recours à un intermédiaire pour acheter ce tableau du Christ intitulé "Salvator mundi" (Sauveur du monde), selon le site du quotidien économique, qui cite des rapports du renseignement américain, lequel s'intéresse de très près au jeune trentenaire. Le fils du roi Salmane consolide progressivement son pouvoir et symbolise l'évolution récente du royaume ultra-conservateur vers davantage d'ouverture.

Il est vu comme le principal artisan de la purge sans précédent, présentée comme une opération anti-corruption, qui a eu lieu début novembre en Arabie saoudite. Elle s'est traduite par l'interpellation de dizaines de personnalités du monde politique et des affaires. Selon le site du quotidien, l'intermédiaire du prince héritier est bien le prince Bader ben Abdullah ben Mohammed ben Farhan Al-Saud, cité mercredi par le New York Times, qui aurait passé les ordres auprès de la maison d'enchères Christie's qui a organisé la vente.

Mercredi, le Louvre Abu Dhabi, tout nouveau musée inauguré début novembre, avait annoncé que le tableau, allait être exposé dans son enceinte. La nouvelle tombe alors que les Emirats arabes unis ont annoncé mardi la création d'un "Comité commun de coopération" avec l'Arabie saoudite, distinct du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et qui est destiné à développer des partenariats économiques et militaires. Ces dernières années, dans le Golfe, c'était surtout le Qatar qui s'était affirmé comme un acteur d'importance sur le marché de l'art.

En juin, l'Arabie saoudite et trois de ses alliés, dont les Emirats arabes unis, ont rompu leurs relations diplomatiques avec Doha, qu'ils accusent de soutenir des mouvements extrémistes et de ne pas prendre assez de distance avec l'Iran chiite, grand rival de l'Arabie saoudite, sunnite. Le "Salvator Mundi" est la dernière toile connue de Léonard de Vinci dans les mains d'un collectionneur privé. Après avoir longtemps été attribuée à un contemporain de l'artiste et inventeur, elle a été authentifiée en 2005.

Le Louvre d'Abu Dhabi peut se réjouir

Le tableau va être exposé dans le tout nouveau Louvre d'Abu Dhabi, a annoncé mercredi le musée sur son compte Twitter. C'est un coup de projecteur exceptionnel pour ce nouveau musée, que l'homme fort des Émirats arabes unis, le cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyane, avait qualifié de « monument culturel mondial » lors de son inauguration, le 8 novembre, en présence du président français Emmanuel Macron.

« Félicitations », a tweeté la maison d'enchères Christie's, qui avait organisé à New York la vente au cours de laquelle le tableau Salvator Mundi a pulvérisé le record de la toile la plus chère du monde, qui était détenu par Les Femmes d'Alger (version 0) de Pablo Picasso, vendue 179,4 millions de dollars en 2015. Depuis, les spéculations vont bon train sur l'identité de l'acheteur du tableau vendu par le milliardaire russe Dmitri Rybolovlev, qui l'avait acquis pour 127,3 millions de dollars en 2013, un prix qu'il avait ensuite jugé sur-évalué. Également contactée, Christie's s'est refusée à tout commentaire concernant l'identité de l'acheteur. Ce tableau était le seul connu de Léonard de Vinci appartenant encore à un collectionneur privé, tous les autres étant la propriété de musées.

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