Rugby – France-Nouvelle-Zélande : les réservistes n’ont pas à rougir !

À Lyon, dans un Groupama Stadium qui a fait le plein (60 000 personnes), il a fallu du temps avant d'oublier le contexte de cette rencontre aux allures de "machine à fric" pour la Fédération, coincée entre deux test-matchs (voir par ailleurs). Pourtant, cette « équipe B », alliant joueurs revanchards et « bizuts » à l'envie débordante, a joué sans compter à l'image d'une belle première mi-temps (15-14) et d'une fin de match pleine de suspense (23-28, trois essais marqués).

Mais les jeunes pousses néo-zélandaises (six All Blacks disputaient leur première sélection), qui ont la même facilité d'exécution et la même puissance physique que leurs glorieux aînés, sont parvenus à contenir la rage tricolore. Ce panache, si rafraichissant dans le contexte actuel qui secoue le rugby français, brouille néanmoins un peu plus les cartes pour l'avenir : difficile pour Guy Novès, après deux matchs en quatre jours, de dégager une hiérarchie parmi les internationaux.

LA 1re MI-TEMPS. Des Bleus qui détonnent !

Dès le début de la rencontre, les Bleus aux maillots blancs font preuve de panache. Chat, d'une percée, montre l'exemple (3e), Danty déchire le rideau défensif à son tour mais perd le ballon au sol (8e). La sanction est implacable : une succession de passes des Blacks et une longue séquence qui aboutit à l'essai de Squire (11e, 7-0). Cinq minutes plus tard, les Bleus répliquent. Chat est à l'initiative, Speeding réussit son duel et envoie Lacroix sur orbite (16e). Trinh-Duc transforme et égalise (7-7).

#FRANZE
16’ L’ESSAI FRANÇAIS !⁰Gabriel Lacroix profite d’une passe sur un pas de Scott Spedding pour déborder côté droit et aplatir dans l’en-but ! François Trinh-Duc transforme l’essai et ramène les deux équipes à égalité !
▶️ https://t.co/RtueUAS3hv

— MYTF1 (@MYTF1) 14 novembre 2017

À nouveau, c'est sur l'aile que les Bleus sont bousculés, permettant à Dufy, déjà titulaire contre les Barbarians vendredi, de marquer le second essai néo-zélandais (7-14, 26e). Danty sort ensuite sur blessure (27e) comme Tauleigne (13e) un peu plus tôt. Mais la France a du répondant. Lacroix, après une interception spectaculaire, s'offre un nouvel essai à l'issue d'une course splendide de 80 mètres (12-15, 29e). Une dernière pénalité de Trinh-Duc permet aux Bleus de regagner les vestiaires avec un point de retard (14-15).

LA 2e MI-TEMPS. La marée "black" et la révolution tricolore

À la reprise du jeu, les All Blacks accélèrent. Ils monopolisent le ballon mais le bloc tricolore résiste : la mêlée française s'offre une pénalité (47e), Danty se jette pour empêcher Harris d'aplatir (51e). Mais les Bleus finissent par craquer et ne peuvent rien face à la puissance de Tuipulotu, servi par Kerr-Barlow dans les cinq mètres (15-21, 52e). Les Néo-Zélandais imposent leur loi, implacable, et Rattez ne parvient pas à empêcher Laumape d'inscrire un nouvel essai (57e, 15-28).

#FRANZE
56’ La Nouvelle-Zélande prend le large !
Laumape renverse la défense française et s’en va aplatir dans l’en-but ! Sopoaga transforme, 28 – 15 pour les All Blacks !
▶️ https://t.co/zqY340w7DL

— MYTF1 (@MYTF1) 14 novembre 2017

L'entrée de Plisson redonne du rythme : le Parisien signe une pénalité (62e, 18-28) avant de tenter une percée (68e). L'équipe de France profite d'être en supériorité numérique (carton jaune de Goodhue (69e) pour développer son jeu. Macalou parvient à déchirer le rideau défensif et Chavancy, au soutien, conclut l'occasion (73e, 23-28). La fin de match est haletante, les Bleus donnent tout mais les All Blacks résistent et parviennent à s'imposer. "C'était une très belle équipe en face", a salué à la fin du match Steve Hansen, l'actuel sélectionneur néo-zélandais.

#FRANZE
73’ La France revient !
Enorme percée de Macalou qui traverse les lignes néo-zélandaises. La ballon arrive dans les bras de Chavancy qui part aplatir ! Plisson manque la transformation mais les Bleus reviennent à 23-28 !
▶️ https://t.co/8jZl5g5km0

— MYTF1 (@MYTF1) 14 novembre 2017

ILS ONT IMPRESSIONNÉ. Lacroix et Macalou, ça décoiffe !

Un vent de fraicheur a soufflé sur les Bleus et des « bizuts » ont assuré. C'est le cas de Gabriel Lacroix. Depuis deux ans, il est l'un des cadres du Stade rochelais, l'une des équipes du Top 14 développant le meilleur jeu du moment. Avec un physique atypique pour un ailier (1,71 m, 80 kg), Lacroix a fait preuve d'anticipation, de lecture de jeu ce mardi soir, illustrées par ses deux essais en première mi-temps.

#FRANZE
28’ LES BLEUS REVIENNENT !⁰Gabriel Lacroix intercepte une passe de Laumape et file ! La défense all-black ne le reverra pas ! La transformation de Trinh-Duc échoue sur le poteau. Le score reste à 12- 14 !
▶️ https://t.co/t8knoABedU

— MYTF1 (@MYTF1) 14 novembre 2017

L'enthousiasme est partagé pour la prestation de Sekou Macalou, le troisième ligne du Stade français. Son activité et sa mobilité en défense ont fait du bien aux Bleus, comme lorsqu'il parvient à pousser en touche Seta Tamanivalu qui filait dans l'en-but (23e). Juste avant la pause, il est à nouveau décisif en chipant un ballon en touche devant Luke Whitelock. En 2e mi-temps, c'est sa longue chevauchée (72e) qui permet ensuite à Chavancy d'aplatir un nouvel essai. Comme Lacroix, il est fort probable qu'il goûte à nouveau aux joies des matchs internationaux.

Quel monstre Macalou… Impossible de se passer de ce profil en EDF

— Guy Moux ؟ (@Guy__Moux) 14 novembre 2017

LE CONTEXTE. Une machine à fric ?

Daniel Herrero, qui a le sens de la formule, expliquait la semaine dernière au Point.fr que ce France-Nouvelle Zélande entre équipes réserves a des allures de « match non identifié ». Cette rencontre, trois jours après le premier test contre la Nouvelle-Zélande (perdu 18-38) et quatre avant le second contre l'Afrique du Sud, est en effet une ineptie dans le calendrier des matchs internationaux. La Fédération internationale ne l'a même pas qualifié de « test-match » puisque la rencontre devait initialement servir à faire la promotion de la candidature de la France au Mondial 2023. D'ailleurs, les ambassadeurs de la candidature, dont Frédéric Michalak, Pascal Papé et Sébastien Chabal, ont donné le coup d'envoi.

Il s'agit surtout de remplir les caisses de la Fédération qui devrait récolter environ 2 millions d'euros de recette ce soir (en enlevant la somme promise aux All Blacks et la location du Groupama Stadium). Dans cette logique mercantile, même les habitudes télévisuelles des téléspectateurs ont été bouleversées puisque le match était codiffusé sur TMC et BeInSport.

L'IMAGE. Le haka et les frissons !

À la différence de samedi dernier au stade de France, le haka n'a pas été émaillé de sifflets de la part des supporteurs tricolores. Dirigé par le demi de mêlée Kerr-Barlaw, il s'agissait du Ka Mate, la version « traditionnelle » du haka. Le public lyonnais a copieusement applaudi ce cérémonial toujours aussi intense.

REVIVEZ le Haka en vidéo :

#FRANZ⁰Un Haka traditionnel, mais toujours aussi frissonnant !
▶️ https://t.co/O2swCy3AEc

— MYTF1 (@MYTF1) 14 novembre 2017

LE PROCHAIN MATCH. L'Afrique du Sud en plat de résistance !

Samedi prochain, les Bleus retrouveront le Stade de France pour un « vrai » test-match. Au programme : l'Afrique du Sud, qui les avait balayés à trois reprises en juin dernier (37-14, 37-15, 35-12). La rencontre s'annonce très relevée, d'autant que les Springboks ont été touchés dans leur orgueil depuis leur arrivée en Europe il y a quelques jours. En effet, samedi dernier, ils ont été pris de vitesse et ont bafouillé contre l'Irlande (38-3). Difficile d'imaginer les Sud-Africains vivre une deuxième désillusion. Les Bleus sont prévenus !

REVIVEZ les meilleurs moments de la défaite de l'Afrique du Sud face à l'Irlande :

I added a video to a @YouTube playlist https://t.co/dWaJBp0SFI Irish Rugby TV: Ireland v South Africa Highlights

— Billingham Warriors (@brufcwarriors) 14 novembre 2017

Laisser un commentaire