Royaume-Uni: May garde le suspense sur la date du déclenchement du Brexit

La Première ministre britannique a annoncé mardi qu’elle allait déclencher le Brexit d’ici quelques jours mais a refusé de dévoiler la date de lancement du processus, chamboulé par la demande écossaise d’un référendum d’indépendance.

Alors que le feu vert donné lundi par le Parlement présageait un déclenchement du divorce dès cette semaine, Theresa May a expliqué mardi devant les députés qu’elle attendait désormais l’assentiment de la reine, une formalité qui devrait intervenir selon elle « dans les prochains jours ».

« Je reviendrai devant cette chambre avant la fin du mois pour notifier ma décision une fois que j’aurai déclenché formellement l’article 50 » du traité de Lisbonne, qui lancera officiellement la procédure, a-t-elle dit. Elle s’est refusée à utiliser le terme de divorce « souvent synonyme de mauvaises relations après coup », a-t-elle expliqué.

A Bruxelles, le porte-parole de la Commission européenne Alexander Winterstein a déclaré ne pas savoir quand « la lettre va arriver. Mais ce que je sais c’est que nous sommes prêts ». Reste à savoir si ce sera avant ou après la date hautement symbolique du 25 mars, anniversaire du traité de Rome qui a fondé la Communauté européenne.

Devant les députés, Mme May a affirmé que « la nouvelle relation (avec l’UE) sera positive pour tout le Royaume-Uni », à l’intention en particulier des bancs du parti indépendantiste écossais SNP.

Londres et l’UE: de complexes relations

La chef du SNP, la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon, a annoncé lundi qu’elle allait demander la tenue d’un nouveau référendum d’indépendance fin 2018-début 2019, venant compliquer la stratégie de négociations de Mme May.

Mme Sturgeon a précisé qu’elle demanderait la semaine prochaine au Parlement régional écossais l’autorisation de réclamer l’accord du gouvernement britannique pour lancer la procédure. Une telle consultation requiert en effet l’accord de Londres et un vote du parlement de Westminster.

Mardi, elle a mis en garde Londres contre toute tentative de blocage, affirmant aussi que c’est au Parlement écossais qu’il appartient de déterminer « quand » la consultation aurait lieu et quelle question serait posée aux Écossais.

Manifestation pour le maintien du statut de citoyen européen, le 13 mars 2017 à Londres

Le Sinn Fein aussi

Mme Sturgeon a justifié sa demande par « le mur d’intransigeance » opposé par Londres aux demandes des Écossais concernant le Brexit, alors qu’ils veulent notamment rester dans le marché unique européen. Or Mme May souhaite un Brexit clair et net impliquant la sortie du marché unique afin de pouvoir reprendre le contrôle de ses frontières et de l’immigration.

« Il est évident que le Royaume-Uni est de plus en plus divisé », a souligné mardi le chef du PPE (droite, majoritaire) au Parlement européen, Manfred Weber. « Mme May n’a pas su rallier l’ensemble du pays derrière elle », a-t-il relevé, évoquant aussi la question de l’Irlande du Nord, où la population a également voté contre le Brexit.

Theresa May a elle une nouvelle fois dénoncé un projet qui « crée de l’incertitude au moment où le pays doit s’unir ». « L’indépendance ne signifiera pas l’adhésion à l’Union européenne« , a-t-elle mis en garde.

Si elle a le pouvoir de refuser la tenue du référendum, cette position serait politiquement difficile à tenir, risquant d’attiser encore plus la flamme indépendantiste.

Mme Sturgeon a justifié sa demande par « le mur d’intransigeance » opposé par Londres aux demandes des Écossais concernant le Brexit, alors qu’ils veulent notamment rester dans le marché unique européen. Or Mme May souhaite un Brexit clair et net impliquant la sortie du marché unique afin de pouvoir reprendre le contrôle de ses frontières et de l’immigration.

« Il est évident que le Royaume-Uni est de plus en plus divisé », a souligné mardi le chef du PPE (droite, majoritaire) au Parlement européen, Manfred Weber. « Mme May n’a pas su rallier l’ensemble du pays derrière elle », a-t-il relevé, évoquant aussi la question de l’Irlande du Nord, où la population a également voté contre le Brexit.

Dans cette province britannique longtemps marquée par les violences, les nationalistes du Sinn Fein ont enregistré une progression importante aux élections législatives anticipées organisées début mars. Emboîtant le pas à Nicola Sturgeon, ils ont appelé à la tenue d’un référendum d’union avec la République d’Irlande « dès que possible ».

Pour Quentin Peel, membre associé au centre de réflexion Chatham House, le pays est désormais entré « en terre inconnue ». « Nous ne savons pas où nous allons, si la menace écossaise combinée avec la possible menace d’une rébellion en Irlande du Nord peut au final empêcher Theresa May de faire ce qu’elle fait », s’alarme-t-il.

Le précédent référendum sur l’indépendance en Écosse, en septembre 2014, s’était soldé par un maintien dans le Royaume avec 55% des voix, mais le Brexit a changé la donne, avec près de la moitié des Écossais (48%) désormais favorables à la séparation, selon un sondage publié lundi.

18 ans, Etudiant en première année de relations internationales, passionné par l’actualité depuis le plus jeune âge.
Créateur de C L’Info

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