Pourquoi la primaire socialiste signe la mort du Parti socialiste

Les récents débats de la primaire de la gauche ont prouvé que le Parti socialiste était entré dans une nouvelle ère, qui ne présage rien de bon …

Lors du dernier débat de la primaire du Parti socialiste et de ses alliés, jeudi 19 janvier sur France 2, les candidats ont évoqué avec humour le « cas » Macron, candidat à la présidentielle en mai prochain.  Vincent Peillon à même osé demander à « l’enfant prodigue » de rentrer au bercail. Ainsi, il semblerait que le phénomène Macron fasse peur chez les socialistes. Mais le fait qu’un Emmanuel Macron puisse faire peur aux socialistes est révélateur d’une crise, sans précédent, que le Parti Socialiste se doit d’affronter, pour sa survie.

Voir aussi : Primaire socialiste : l’ultime débat

Un problème de leadership

Qui dirige au Parti socialiste ? Depuis quinze ans, aucun des dirigeants du parti ne s’est durablement imposé, empêchant au parti d’installer une dynamique durable. Jospin, puis Royal ont été écartés après leurs échecs respectifs de 2002 et 2007 à la présidentielle. Francois Hollande, affaibli comme jamais, à été contraint de renoncer à briguer un second mandat. Ainsi, dimanche 29 janvier, le vainqueur de la primaire aura la lourde tache de « tenter » de rassembler et des hommes, et des idées. En effet, le Parti socialiste est aujourd’hui en panne d’un projet convaincant et partagé. L’exercice du pouvoir l’a démontré : la fracture est profonde entre ceux qui ont gouverné, et ceux qui ont mené la fonde depuis deux ou trois ans.

D’autre part, les ténors du parti le savent, le PS se prépare à vivre une crise sans précédent. Que va-t-il se passer si, en février/mars, Benoit Hamon ou Manuel Valls reste scotché autour des 10/15% des intentions de vote, alors qu’un Macron ou un Mélenchon flirteront avec les 20% ? Comment un parti peut-il affirmer que son candidat choisit est légitime, alors même que la participation n’atteint même pas les 2 millions de votants ?

Voir aussi : Revivez le 1er Tour de la Primaire de la Gauche

Un désistement du candidat au profit de Macron ?

La pression va être forte pour que le représentant PS se retire au profit d’Emmanuel Macron afin de laisser une chance au candidat « progressiste » d’accéder au second tour aux dépens de Marine Le Pen ou de François Fillon. C’est d’ailleurs déjà ce que dit ouvertement le sénateur-maire de Lyon,

Gérard Collomb, le chef de file des « réformateurs » – l’aile droite- du PS qui a entraîné dans son soutien officiel à Emmanuel Macron 46 élus locaux du Rhône. Et nombreux sont les députés socialistes à s’interroger, plus ou moins discrètement, sur cette éventualité afin d’essayer de sauver leur siège aux législatives.

« Peut-être est-ce inévitable, peut-être le glas de l’histoire a-t-il déjà sonné pour lessurvivants de la rue de Solférino. Si le candidat désigné ne convainc pas, s’il patauge dans le discrédit, il sera temps de constater le décès de l’ancienne gauche. En attendant, il serait bon de laisser une chance, non à un appareil, mais à une idée. Celle de la gauche, qui peut encore servir en se réinventant ».
Laurent Joffrin, Libération du Samedi 21 janvier 2017

Enfin, ce qui à fait pendant de longues années la force du Parti est aujourd’hui menacée. Sa base territoriale s’est méchamment rétrécie au fil des élections municipales, cantonales et régionales. Quand à sa base sociale historique, cela fait près de deux décennies que les classes populaires, ouvriers et employés ont largement déserté la gauche et cédé aux sirènes Le Penistes.

Aujourd’hui, rue de Solférino, tout est à reconstruire. L’embellie des primaires, la médiatisation du parti due à la guerre que se jouent les médias français risque de fuir très prochainement, au profit d’Emmanuel Macron, de Francois Fillon et de Marine le Pen.

18 ans, Etudiant en première année de relations internationales, passionné par l’actualité depuis le plus jeune âge.
Créateur de C L’Info

Laisser un commentaire