Les premiers jours de la guerre
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C L’Info vous propose une série de six épisodes, répartis sur six semaines autour de l’oeuvre de Stefan Zweig Le Monde d’Hier. Écrivain, dramaturge, biographe, Stefan Zweig, né en 1881 à Vienne, aura vu glisser sa ville et sa vie de l’élévation spirituelle et culturelle la plus haute à la décadence morale et à l’échec. Zweig fuit le nazisme et s’exile à Londres dès 1934, puis au Brésil en 1941. Il commence alors la rédaction du “Monde d’Hier, souvenirs d’un Européen”, livre nostalgique, mais d’une nostalgie active, c’est un “cri de papier”. Livre-Testament d’un monde qui n’est plus, celui de la sécurité et du “Progrès” ; Livre-Témoignage sidéré d’un européen face à ce qu’il appelle “l’échec de la civilisation”. En 1942, Stefan Zweig se suicide, précisément au lendemain d’avoir posté le manuscrit du “Monde d’hier” à son éditeur. “Le Monde d’Hier” sera publié en 1944.

L’été 1914 fut inoubliable pour l’auteur, qui  vécu dans le luxe estival, dans un ciel rempli de bleu de soie … En pleine contradiction avec ce qui se produira par la suite. Zweig raconte ainsi que la le 29 Juin, date du début des combats, il fut interrompu dans sa lecture lorsque la musique se tut. « Les nouvelles les plus graves s’accumulaient et se faisait et de plus en plus menaçantes », telle est décrit ce début de guerre  la mi-août. L’auteur ne se rendit, au départ pas compte de l’horreur qu’il allait subvenir dans les semaines suivantes, tout comme le reste de la population, tout le monde s’attendant  de courts combats furtifs. Dès lors que Zweig appris la déclaration de guerre de l’Autriche à la Serbie, il prit le dernier train pour se réfugier en Allemagne, et surtout obtenir de nouveaux renseignements sur cette guerre qui s’annonçait comme « paisible ». Peu de temps après, Zweig poursuivi sa route vers l’Autriche pour suivre la guerre que « personne n’avait voulue ». Peu à peu, cette guerre commençait à être redoutée par la population et par l’auteur lui-même, ne souhaitant pas voir sa vie effacée ou même oubliée. « Au cours de ces premières années de la guerre de 1914, il devient impossible d’échanger avec quiconque une parole raisonnable », l’auteur expliquant les plus pacifiques étaient en virés par les vapeurs de sang, n’amenant aucun débat et se terminant uniquement par de grossières accusations. Il ne restait, pour lui, qu’une seule chose  faire,  se replier sur soi même et se taire aussi longtemps que dureraient la fièvre et le délire des autres, avant que Zweig déménage pour se réinstaller dans une banlieue, afin de commencer une nouvelle guerre, qu’il nommera « guerre personnelle ». Cette guerre personnelle se traduisit par de nombreux écrits, envoyés dans des journaux, ou des lettres personnelles attribuées à l’ensemble de ses connaissances. Ainsi, il fut lu dans des journaux allemands et autrichiens, et communiqua avec les plus grands auteurs, la première guère mondiale conservant ainsi la parole libre, contrairement  la seconde. Cette liberté de parole fut pour lui une grande fierté, l’auteur recueillant un champ d’influence étendu.

18 ans, Etudiant en première année de relations internationales, passionné par l’actualité depuis le plus jeune âge.
Créateur de C L’Info

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