Pôle emploi : quand les offres d’emploi sont des arnaques

Sur le site de Pôle emploi, l'offre était plutôt alléchante : « Recherche collecteur de fonds privés. » En août dernier, Jean est au chômage depuis quatre mois, raconte L'Obs
, et le salaire annoncé de 1 500 euros net est tentant. Après un premier contact par téléphone, il passe outre ses réserves et décide de postuler. Le travail consiste à « récolter les chèques auprès de sept locataires, les déposer sur [son] compte, conserver 250 euros, puis reverser la somme restante » sur le compte de l'employeur.

Jean est chargé par l'auteur de l'offre d'une première mission, alors même que le contrat de travail n'est pas encore signé. « J'allais recevoir un premier chèque de 1 370 euros d'un locataire. Je devais l'encaisser et reverser 1 120 euros sur un autre compte inconnu, prétendument celui d'un architecte », raconte-t-il à l'hebdomadaire. « J'ai bien reçu le chèque du locataire. Par sécurité, j'ai cherché à le joindre sans y parvenir. Finalement, c'est lui qui m'a contacté pour s'assurer que j'avais bien reçu son courrier. Deux jours plus tard, mon compte en ligne était crédité de 1 370 euros. Pour moi, ça voulait dire que c'était bon. » Rassuré, Jean envoie alors l'argent. Mais, deux semaines après, c'est la douche froide. Il apprend de sa banque l'existence d'un délai de vérification pour les chèques de 60 jours. L'argent a beau apparaître sur son compte en ligne, il n'est pas encaissé. Le chèque déposé par Jean souffre d'un défaut de signature, il s'est fait arnaquer. Il porte plainte et prévient Pôle emploi, qui l'informe qu'il est la seconde victime de la semaine.

Certification des comptes d'entreprises

L'histoire de Jean n'est pas unique, les témoignages sont nombreux, dans toute la France, pour raconter les arnaques qui circulent sous le couvert d'une offre d'emploi sur le site même de l'établissement public. Il est en effet possible, pour une entreprise, de poster elle-même des offres d'emploi : il lui suffit de se créer un « espace entreprise », ce que L'Obs a pu faire sans problème, au moyen d'une fausse adresse mail et d'un numéro de siret récupéré sur Internet. Pôle emploi reconnaît que le problème est récurrent, une page de conseil est d'ailleurs en ligne pour avertir contre les « recrutements frauduleux ». En 2016, 4 800 faux comptes d'entreprises ont été bloqués et au moins 11 000 fausses offres ont été mises à la disposition des demandeurs d'emploi.

En octobre 2016, l'agence disait pourtant à France Bleu avoir trouvé une parade à ces offres frauduleuses, expliquant qu'il ne serait plus possible d'ouvrir un espace recruteur sans certification par un agent Pôle emploi. Mais l'espace recrutement des particuliers, pour des gardes d'enfants par exemple, restait accessible sans vérification. À l'époque, l'organisme public annonçait aussi l'arrivée d'une vérification au moyen d'un numéro de sécurité sociale, dans les « prochains jours ».

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