Londres : 4 morts, plusieurs blessés dont 3 étudiants français

La police a confirmé que quatre personnes, dont l’assaillant, ont perdu la vie. Trois élèves français figurent parmi les blessés.

Le Royaume-Uni était sous le choc mercredi soir après une attaque terroriste sans précédent depuis plus de dix ans sur le territoire britannique. Quatre personnes ont été tuées, dont l’auteur de l’attentat, et « au moins vingt » autres ont été blessées à Londres, selon un bilan communiqué par la police en début de soirée. Trois élèves français d’un lycée de Concarneau, qui étaient en voyage scolaire dans la capitale britannique, ont été blessés. La police a lancé une enquête pour cette attaque qu’elle a tout de suite qualifiée de « terroriste ».

Les enquêteurs ont reconstitué le déroulement des événements. L’attaque a eu lieu vers 14h30 heure locale en plein centre de Londres, devant le palais de Westminster qui abrite le Parlement. L’assaillant a lancé sa voiture, un 4X4 de couleur grise, sur les piétons qui empruntaient le pont de Westminster.

Au moins deux personnes sont mortes sur le pont et vingt personnes y ont été blessées. La gravité des blessures des trois enfants n’avait pas été précisée en début de soirée. Le conducteur a ensuite lancé son véhicule contre les grilles du palais de Westminster.

Armé d’un couteau, il est sorti de la voiture et a couru vers le Parlement avant de poignarder un policier. Celui-ci est décédé des suites de ses blessures. La police a abattu l’assaillant alors qu’il tentait de s’attaquer à un deuxième officier. Le quartier a été bouclé quelques minutes après l’attentat et les députés ont été confinés à l’intérieur du Parlement pendant plusieurs heures. Certaines victimes ont été soignées sur place, d’autres ont été évacuées vers des hôpitaux londoniens. Il semble à ce stade que l’auteur de l’attentat ait agi seul, a précisé la police.

Trois lycéens français blessés

Trois élèves français du lycée Saint-Joseph de Concarneau figurent parmi les blessés, a indiqué le ministère français des Affaires étrangères. Le président François Hollande a exprimé la solidarité et le soutien de la France aux Britanniques.

« Nous déplorons plusieurs blessés, dont des officiers de police. Mais je ne peux confirmer à ce stade ni le nombre ni la nature des blessures », a indiqué le commandant de police BJ Harrington dans une déclaration devant Scotland Yard. « L’enquête a été confiée au commandement anti-terroriste » et des « policiers supplémentaires seront déployés ce (mercredi) soir  » dans les rues de Londres, a ajouté le commandant, appelant la population à la vigilance.

Un lieu hautement symbolique

Le lieu de l’attentat est symbolique puisqu’il est le siège de la démocratie parlementaire britannique. Le Palais de Westminster, dominé par la fameuse horloge de Big Ben, est également un haut lieu touristique de la capitale.

La Première ministre Theresa May se trouvait d’ailleurs dans le Parlement au moment de l’attaque. Comme tous les mercredi, elle avait répondu aux questions des députés en milieu de journée à la chambre des Communes. Elle a rapidement été évacuée vers son bureau du 10, Downing Street, situé à quelques centaines de mètres. La cheffe du gouvernement devait présider dans la soirée une réunion de crise interministérielle. Les débats ont bien évidemment été interrompus au Parlement, de même qu’à l’assemblée régionale d’Edimbourg qui débattait du projet de référendum sur l’indépendance de l’Ecosse.

Les deux incidents se sont produits à quelques pas du Parlement, dont les bâtiments sont dominés par le fameux « Big Ben »

Le parlement écossais interrompt son débat sur le référendum d’indépendance

La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon le 21 mars 2017 devant le parlement à Edimburg

A une semaine du déclenchement du Brexit, le parlement régional écossais devait se prononcer ce mercredi sur une motion autorisant la Première ministre Nicola Sturgeon à demander au gouvernement britannique la tenue d’un nouveau référendum d’indépendance, fin 2018 ou début 2019. Un vote en ce sens était prévu à 18h30. Après les événements de Westminster, le débat a été suspendu, rapporte le Financial Times.

Un an jour pou jours après Bruxelles

Un an après les attentats qui ont fait 32 morts, les Bruxellois ont transformé la place de la Bourse en lieu de mémoire et d’hommage aux victimes, distribuant des « câlins gratuits » ou dessinant des messages d’espoir à la craie, le 22 mars 2017

L’attaque de mercredi est intervenue un an jour pour jour après les attentats de Bruxelles . Le Royaume-Uni était jusqu’à présent resté à l’abri de la vague terroriste qui a frappé la France, la Belgique et l’Allemagne ces deux dernières années.

La dernière attaque de grande envergure remonte au 7 juillet 2005, où des attentats à la bombe avaient tué 52 personnes dans les transports en commun de la capitale. Au début du mois, Scotland Yard avait annoncé que treize tentatives d’attentats terroristes avaient été déjouées depuis juin 2013.

Les réactions …

Après l’attaque à Westminster, on compte plusieurs réactions en France. Le nouveau ministre de l’Intérieur Matthias Fekl a adressé « un message d’amitié et de pleine solidarité au peuple britannique » qui est « aujourd’hui dans l’épreuve. Le président des Etats-Unis Donald Trump a indiqué avoir été tenu informé d’un incident devant le parlement de Westminster à Londres. La police de New York annonce avoir renforcé la sécurité des intérêts britanniques dans la ville.

Angela Merkel s’est dite aux côtés des Britanniques dans « la lutte contre toute forme de terrorisme ». La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a publié un communiqué dans lequel elle exprime ses « pensées » et indique que le gouvernement se tient prêt à aider  » de toutes les façons qu’il le peut ».

Il s’agit, entre autres sites, du consulat britannique et de la mission britannique aux Nations unies, ont déclaré des responsables de la police new-yorkaise lors d’une conférence de presse. Le porte-parole du gouvernement Stephane Le Foll a exprimé sa solidarité.

Michel Barnier, chef de la négociation avec le Royaume-Uni a exprimé toutes « ses pensées » au Londoniens.

Franck Paillanave Auteur

Reporter basé à Pau pour la couverture de l'actualité dans le Sud de la France et en Espagne. Spécialiste média.

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