L’establishment britannique éclaboussé par une affaire de harcèlement sexuel

Un gala de charité, réservé aux hommes, a été le théâtre de scènes de harcèlement sexuel des hôtesses spécialement recrutées pour la soirée, selon le « FT ». Mercredi, tous les acteurs cités dans l’affaire cherchaient à prendre leurs distances. L’événement a été fermé.

C’était à qui coupait le plus vite les ponts, ce mercredi, avec le « Presidents Club Charity Dinner », quelques heures après l a publication par le « Financial Times » d’un article au vitriol  dénonçant les pratiques de harcèlement sexuel commises jeudi dernier sur les hôtesses par certains participants à ce gala de charité « réservé aux hommes ». Des accusations dûment documentées – deux journalistes du « FT » se sont fait embaucher comme hôtesses – qui, quelques semaines après le scandale Weinstein à Hollywood, écornent largement l’image de l’establishment britannique.

Débordements

La soirée, qui a réuni 360 responsables d’entreprises britanniques, des hommes politiques et des financiers, mais aussi 130 hôtesses dans le très chic Dorchester Hotel, visait comme chaque année depuis trente-trois ans à lever des fonds pour des oeuvres charitables, notamment pour des hôpitaux pour enfants. Jeudi dernier, 2 millions de livres ont été ainsi réunis. Mais, selon le « Financial Times », le gala a donné lieu à tous les débordements. Certaines des 130 hôtesses ont été l’objet de propositions déplacées, d’attouchements et même d’exhibitionnisme. On leur a parfois proposé de monter dans une chambre ou demandé s’il s’agissait de prostituées. Elles avaient été recrutées par l’agence Artista avec comme exigences d’être habillées en noir, de porter des sous-vêtements noirs, et des chaussures « sexy ». Pour 150 livres et 25 livres pour le taxi de retour, elles devaient également être à la fois « grandes, minces et jolies ».

Débandade

Alors que le scandale alimentait mercredi les discussions au sommet de Davos, les organisateurs du gala disaient tomber des nues, jurant que l’enquête serait menée « pleinement et promptement », et que les actions qui s’imposent seraient prises. Mercredi soir, ils se résolvaient à annoncer la fermeture de l’événement.

WPP, le numéro un mondial de la communication qui sponsorise traditionnellement une table au dîner, avait de toutes façons fait savoir qu’il ne s’y associerait plus. Son patron Martin Sorrell, qui y a assisté dans le passé mais n’était pas là cette année, a dit n’avoir jamais rien vu de ce que dénonce le FT. La Banque d’Angleterre a souligné qu’elle n’avait pas donné son accord et n’honorerait pas le lot à gagner aux enchères qui proposait : « Pour écraser le Brexit, déjeunez avec Boris Johnson (le ministre des Affaires étrangères) et prenez le thé avec Mark Carney (le gouverneur de la Bank of England) ! ». Un autre lot permettait de gagner une soirée ay Windmill… un club de strip-tease. Quant au Great Ormond Street Hospital, l’un des bénéficiaires du gala, il a décidé de rendre tous les fonds qui lui avaient été alloués.

Les têtes commencent à valser

Publié au matin des traditionnelles questions au gouvernement, l’article, dont la lecture a provoqué une sensation de « malaise » chez Theresa May, a été aussi largement commenté à la Chambre des Communes. Des voix se sont élevées pour demander aux entreprises représentées à la soirée de publier leurs écarts de salaires selon les sexes d’ici à la fin de la semaine. Et l’affaire a fait une victime dans le monde politique : David Milton, un des coprésidents du club organisateur de la soirée privée, a dû démissionner d’une commission dépendant du ministère de l’Education. La valse des têtes ne fait peut-être que commencer.

18 ans, Etudiant en première année de relations internationales, passionné par l'actualité depuis le plus jeune âge. Créateur de C L'Info

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