Législatives: le nouveau président aura du mal à avoir une majorité

Quelle majorité parlementaire pour le futur locataire de l’Élysée? Les états-majors des partis sont déjà tournés vers l’après-second tour de la présidentielle et la bataille des législatives en juin.

Considérant comme acquise l’élection d’Emmanuel Macron, les partis se préparent déjà aux législatives des 11 et 18 juin qui s’annoncent comme le troisième tour décisif de la présidentielle avec une recomposition en vue à l’Assemblée.

Dès dimanche soir, le candidat d’En Marche! s’est projeté lui-même au-delà du second tour, voulant « dès à présent construire une majorité de gouvernement et de transformation nouvelle » et prévoyant selon son entourage de consacrer les journées de lundi et mardi aux « négociations politiques » à cette fin.

Persuadés que les Français lui donneront une majorité, comme ils le font habituellement pour un nouveau président, l’ancien ministre a fermé jusqu’ici la porte à tout accord d’appareil, hormis au MoDem de François Bayrou, et affirmé qu’il aurait des candidats dans les 577 circonscriptions, dont la moitié issus de la société civile.

Mais à côté de « ces nouveaux visages », Emmanuel Macron compte sur des parlementaires sortants pour le rejoindre, de gauche comme de droite. Si une trentaine de députés PS l’ont parrainé pour la présidentielle, les députés LR et UDI ont jusqu’à présent résisté à ses appels du pied.

Pour Bruno Jeanbart, de l’institut Opinionway, Emmanuel Macron a « un risque de voir une majorité lui échapper et d’avoir un très gros bloc LR-UDI ».

« Tout dépendra de l’offre électorale: s’il y a un candidat En marche!, un candidat de La France insoumise et un candidat PS dans chaque circonscription, au vu de la règle nécessitant 12,5% des inscrits pour se maintenir au second tour, la droite a des chances d’avoir des bases plus solides », juge-t-il.

La droite rêve d’une cohabitation

C’est le pari des Républicains qui croit encore à l’alternance après l’élimination de François Fillon.

« J’ai le sentiment que nos idées restent majoritaires », a déclaré dimanche soir le chef de file des députés LR Christian Jacob en appelant à « la mobilisation » pour les législatives.

« Le seul mot d’ordre dans les semaines qui viennent, c’est nous battre pour avoir la majorité à l’Assemblée et imposer une cohabitation à M. Macron », a renchéri lundi le député du Pas-de-Calais, Daniel Fasquelle.

Le président de l’UDI Jean-Christophe Lagarde a également exclu lundi une suspension de l’accord entre son parti et LR, ainsi que des négociations avec En Marche!.

« La recomposition se fera après les législatives, pas avant », prévoit ainsi un député UDI.

Au PS, après la déroute de Benoît Hamon, l’objectif va être, sous la houlette de Bernard Cazeneuve, d’éviter l’effondrement comme en 1993, lorsqu’ils avaient été réduits à une cinquantaine d’élus.

D’autant plus que le PS risque d’éclater en deux groupes à l’Assemblée, l’un pro-Macron, l’autre en opposition avec éventuellement des écologistes ou des « insoumis ». « Ceux qui sont en désaccord, notamment sur l’Europe, sur l’économie, sur l’entreprise, sur les questions de sécurité, peuvent-ils encore être dans la même famille politique? Personnellement je ne le crois pas », a jugé ainsi lundi Manuel Valls.

Autre inconnue, le bon résultat de Jean-Luc Mélenchon va-t-il se concrétiser aux législatives? « Il y a très certainement une attractivité du candidat Jean-Luc Mélenchon très au-delà du courant politique », prévient M. Jeanbart. En 2012, le Front de gauche n’avait ainsi fait élire que dix députés en dépit des 11% de M. Mélenchon.

Le Front national, qui ne croit que modérément à une victoire de Marine Le Pen, espère néanmoins tirer aux législatives les bénéfices de sa présence au second tour en attirant à lui une partie des électeurs de la droite.

En dépit d’un mode de scrutin, majoritaire à deux tours, qui lui a toujours été défavorable, il y a « l’espoir de former un groupe pour la première fois depuis 1986, pas au niveau de leur poids électoral, mais avec un nombre conséquent de députés qui pourrait s’échelonner entre 20 et 50 », selon M. Jeanbart.

18 ans, Etudiant en première année de relations internationales, passionné par l’actualité depuis le plus jeune âge.
Créateur de C L’Info

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