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Le soft power sud coréen

Alors que la péninsule de Corée cristallise l’attention internationale en Asie depuis deux ans, il semblerait que nous assistions depuis les JO à un rapprochement entre Séoul et Pyongyang. Si le traitement médiatique lié à la corée du sud rime souvent avec menace nucléaire, le pays du matin calme a également su développer ses atouts culturels ces dernières années. De son cinéma a sa musique devenu un véritable outil du soft power sud-coréen.

 Pouvez-vous nous rappeler brièvement ce que vous appelez le soft power ?

Le Soft power est un concept utilisé depuis une trentaine d’année dans le domaine des relations internationales. On peut résumer ce concept par la capacité d’une entité à convaincre , persuader ou influencer un autre acteur. Il s’oppose au hard power qui lui, rentre dans le champs de la contrainte et de la coercition. Pour l’anecdote, le géopoliticien français Gérard Chaliand a proposé la traduction de ce terme par « pouvoir feutré ».

 Quelle est la particularité du soft power de la corée du sud ?

 Et bien la question du soft power est traditionnellement associée aux grandes puissances, mais il devient un enjeux crucial pour ce qu’on peut appeler les moyennes puissances. En effet, La République de Corée située entre les mastodontes économiques japonais et chinois et menacée par la puissance nucléaire nord-coréenne en est l’illustration. Pour exister depuis les années 90 Séoul ne cesse d’exporter ses produits culturels dans toute l’Asie et plus récemment dans le reste du monde. Les succès sud-coréens sont nombreux, de la K-pop à la K-beauty en passant par les fameux « dramas ».

Ce qu’on appele la « vague coréenne »  ou korean wave est connu aussi sous la dénomination chinoise d’« Hallyu », et a pour origine la crise économique de 1997. À la suite de cette période, le gouvernement sud-coréen va miser sur les technologies de l’information et l’industrie culturelle nationale. Un pari gagnant grâce notamment à l’ouverture des marchés chinois à la même période et à la libéralisation de l’audiovisuel sud-coréen. D’abord importée par la Chine, puis le Japon, la culture sud-coréenne va s’étendre sur le reste du continent au début des années 2000 :  en Asie du Sud-Est, en Asie Centrale et même jusqu’en Turquie !

Dès 2003 la balance commerciale de l’industrie TV sud-coréenne devient positive et en 2005 les exportations sont trois fois plus importantes que les importations de produits.

Comme se traduit le soft power sud coréen ?

Et bien aujourd’hui, la « vague coréenne »  s’est largement mondialisée à travers plusieurs « pôles » culturels. Le premier est celui des « dramas », ces séries aux intrigues romantiques qui se déroulent autour des hautes sphères de la société coréenne. Vous connaissez également, la K-pop qui se caractérise par ces fameux mouvements de danse, comme le très célèbre lasso de « Gangnam style ». Enfin autre vecteur de l’influence sud-coréenne : la K-beauty, qui est de plus en plus présente dans les boutiques de cosmétique occidentale, avec fameux ses masques en tissu.

Quelle est la finalité du soft power coréen ?

Et bien Martin, c’est la même que pour le soft power hollywoodien, qui permet de rendre le modèle américain désirable aux yeux du monde.

Le « Hallyu » suit cet exemple et permet à la Corée du Sud de séduire le monde et de s’imposer comme un modèle de référence en Asie.