Le skieur français David Poisson meurt lors d’un entraînement

David Poisson, 35 ans, médaillé de bronze de descente aux Championnats du monde de ski alpin 2013, est décédé lundi après une chute à l'entraînement dans la station canadienne de Nakiska, a annoncé la Fédération française de ski (FFS). "Dévastés par cette nouvelle", le président de la FFS Michel Vion, le directeur technique national Fabien Saguez et l'ensemble de l'encadrement sportif et du personnel administratif de la Fédération, "s'associent à la douleur de ses proches dans ces moments particulièrement difficiles", indique le communiqué de la Fédération. La FFS ne donne pas plus de détails sur les circonstances du décès. Ce décès tragique intervient 16 ans après celui de Régine Cavagnoud, décédée de graves lésions cérébrales à la suite d'une collision à l'entraînement. Championne du monde de super-G huit mois plus tôt, la skieuse du Grand-Bornand (Haute-Savoie) avait heurté un entraîneur lors d'une séance d'entraînement sur un glacier autrichien le 29 octobre 2001. La jeune femme était morte deux jours plus tard.

"Dur comme un roc, c'était un mec formidable": la voix cassée par l'émotion, Christian Frison-Roche, ex-directeur course de l'équipementier Salomon, se souvient du skieur de Peisey-Vallandry, fidèle à la marque depuis son adolescence. Effectivement, "Caillou", son surnom dans le groupe de l'équipe de France de vitesse, était jovial, souriant. Petit gabarit, il "envoyait" dans les pentes extrêmes. Son seul podium en Coupe du monde avait été signé sur la difficile piste Deborah Compagnoni à Santa Caterina Valfurva, en Italie (3e le 29 décembre 2015). Il avait aussi échoué au pied du podium -quatrième- sur les deux monuments du circuit, la Stelvio tout en verglas et dévers de Bormio (29 décembre 2009) et la mythique Streif de Kitzbühel (26 janvier 2013).

Souci constant de la sécurité

Père d'une petit garçon, le Savoyard avait aussi la modestie et la simplicité de ces hommes de la montagne, confrontés au danger permanent mais qui ne surjouent pas. Quand on lui demandait s'il ressentait parfois la boule au ventre, voire s'il éprouvait la peur, avant de dévaler des pistes avec des pointes à plus de 140 km/h, avec pour seul viatique deux planches et un casque, il souriait. Puis il s'asseyait, croisait ses bras de costaud et expliquait posément que c'était sa passion, son métier. Enfin, presque de l'ordinaire.


La mort accidentelle du skieur de Peisey-Vallandry (Savoie) rappelle les dangers encourus par ces fous descendant, même si la sécurité sur les pistes a été améliorée lors des deux dernières décennies, souci constant des organisateurs et de la Fédération internationale de ski (FIS). David Poisson et ses partenaires du groupe vitesse de l'équipe de France se préparaient depuis quelques jours à Nakiska en vue des épreuves de vitesse (descente et super-G) de Lake Louise (Canada), comptant pour la Coupe du monde et programmées les 25 et 26 novembre.

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