Le Cap-d’Agde, de Gaulle et les « culs nus »

C’est une balade dominicale un peu particulière. Carrure de rugbyman, cheveux gris retenus par un catogan et santiags achetées à Las Vegas, notre guide du jour nous emmène vers l’est du Cap-d’Agde. Direction le camp naturiste. L’endroit est clôturé. On entre muni d’une carte payante. Lui se contente d’une rapide salutation au gardien pour franchir le portique.

Il gare sa Jeep noire près de la plage, qui file à perte de vue vers Sète. Il longe une boulangerie qui vend des meringues blanches et roses – « zizis, 2 euros » – et une boutique de tenues SM. Il y entre et embrasse une femme sur la bouche. On dit bonjour comme ça ici, paraît-il. Puis il arrive au centre d’un grand immeuble en arc de cercle : Héliopolis. « C’est là que David Hamilton avait un appartement et faisait des photos de jeunes filles. C’était un de mes clients, on était amis. » Raphaël van Twembeke, 69 ans, est le boucher du village naturiste.

Ici, il est un des rares à parler du photographe sans malaise depuis que cette station réputée dans l’Europe entière est associée à une tragédie. Celle d’une célèbre présentatrice de télévision, Flavie Flament. Dans son livre La Consolation (JC Lattès), paru en octobre dernier, elle accuse un photographe réputé de l’avoir violée en 1987, au Cap-d’Agde, dans un appartement d’Héliopolis. Elle avait 13 ans. À sa suite, trois autres femmes ont également déclaré dans L’Obs avoir été violées par ce même homme, David Hamilton.

Le 25 novembre, le Britannique de 83 ans a été retrouvé mort chez lui. Au-delà du drame et des débats qu’il a suscités, l’affaire a mis la lumière sur le passé d’une station mythique. Un lieu qui attirait les familles populaires comme les étoiles du moment. Un coin de soleil qui fusionnait des rêves de toutes sortes : réussites commerciales, congés idylliques, bronzage intégral, voisinage avec les stars, folles nuits… Une ville à l’avant-garde d’une société des loisirs en…

Laisser un commentaire