Lait infantile aux salmonelles : des ratés en série


Leclerc, Intermarché, Auchan, Cora, Système U, Carrefour, Casino… Depuis mardi, plusieurs enseignes ont reconnu qu'elles avaient vendu des produits provenant de l'usine Lactalis de Craon en Mayenne. Et ce, après le rappel, le 21 décembre, de l'entreprise de ces laits et produits infantiles pour cause de soupçons de contamination aux salmonelles.

Mardi, c'est E.Leclerc qui a ouvert le bal. «
984 produits ont malgré tout été vendus après le rappel dans plusieurs magasins », reconnaît le premier groupe français de grande distribution dans un communiqué, sans localiser les points de vente concernés. Dans la foulée,

Michel-Édouard Leclerc, patron de l'enseigne, parle d'« un bug inadmissible » et a présenté ses excuses aux clients. Pour expliquer le dysfonctionnement, il évoque « à ce stade » des difficultés liées à la succession de rappels et à une opération promotionnelle, décidée trois mois en amont et dont « les stocks seraient arrivés en magasin avec un étiquetage différent ».


Intermarché, Cora, Auchan, Système U

Mercredi, c'est d'abord Intermarché qui est épinglé par Franceinfo. Plusieurs clients ont signalé au distributeur qu'ils avaient acheté des produits concernés par le rappel au-delà de la date prévue. Une « enquête précise » a été lancée par l'enseigne des 3 Mousquetaires, précise Le Parisien
. « Je vais décider d'arrêter définitivement la commercialisation de tous les produits infantiles Lactalis à la marque Milumel dans tous nos points de vente », déclare finalement Thierry Cotillard, président du groupe de distribution, dénonçant notamment une « gestion chaotique de sa crise » par l'industriel.

D'après TF1/LCI, l'enseigne Cora serait également concernée puisque des boîtes de lait infantile des lots incriminés se trouvent encore en rayon. Le groupe confirme l'information en début de soirée à Franceinfo.

Plus tôt dans l'après-midi, Auchan reconnaît avoir vendu 52 boîtes de lait infantile Lactalis qui auraient dû être retirées de ses rayons en raison d'une contamination aux salmonelles, selon un communiqué. Puis, c'est au tour de Système U.
« Il s'avère que 384 boîtes de lait ont échappé à cette procédure de rappel mise en œuvre dès le 21 décembre et ont été vendues dans les jours qui ont suivi », a annoncé dans un communiqué le groupe, qui a « instantanément procédé à l'appel des clients identifiés ». De son côté, Carrefour, « a été très vigilant sur cette question [du rappel des produits, NDLR], avec également la mise en place d'un plan de contrôle renforcé pour s'assurer de la destruction des stocks des produits concernés dans nos magasins », a dit France Plasse, directrice de la communication externe, à l'Agence France-Presse. Pour sa part, Monoprix a annoncé la mise en place d'un blocage des codes-barres : « S'il en reste, ce qu'on ne pense pas, ils ne peuvent pas être encaissés », a indiqué une porte-parole.


Le groupe de distribution Carrefour a annoncé à son tour mercredi soir avoir vendu des « produits infantiles » Lactalis qui auraient dû être retirés de ses rayons en raison d'une contamination à la salmonelle. « Un plan de contrôle a été mis en place dans l'ensemble des magasins pour s'assurer du retrait et de la destruction des produits concernés. Néanmoins, et malgré ces mesures de vigilance, 434 produits ont été vendus après le rappel », a indiqué le groupe de distribution dans un communiqué.

Enfin, jeudi, c'est le groupe Casino qui a fait savoir qu'il avait vendu dans ses magasins (Géant, Casino et Franprix) 403 articles concernés par le rappel de produits infantiles Lactalis. Sur ces produits qui auraient dû être retirés des rayons en raison d'une contamination aux salmonelles, 352 ont été vendus dans les hypermarchés Géant, les supermarchés et magasins de proximité Casino, et 51 dans les Franprix. Dans l'hypothèse où « par extraordinaire » des produits concernés, laits ou céréales infantiles, seraient encore dans les rayons, « ils ne peuvent plus être vendus », Casino ayant notamment mis en place une procédure de blocage en caisse des produits concernés par le retrait, selon la même source.

« Infraction pénale »

Dès mercredi matin sur RTL, Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, déclarait : « Il faudra déterminer les responsabilités, et ça, ce sera fait avec la plus grande, je l'espère, rapidité et sévérité si les responsabilités sont avérées. » Il a rappelé qu'un numéro vert (+33 (0)1 71 53 51 20) avait été ouvert. En effet, devant la multiplication des cas, difficile de comprendre comment de tels ratés ont pu se produire. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes devra trouver des réponses. «

À la date d'aujourd'hui, nous avons effectué plus de 2 000 contrôles », a souligné Virginie Beaumeunier, directrice générale de la DGCCRF, mercredi lors d'une déclaration à la presse, en insistant sur le fait que « chacun est responsable à son niveau » de la mise en œuvre de ce retrait et que ne pas l'effectuer constituait une « infraction pénale ».

Fin décembre, nous révélions l'ouverture d'une enquête judiciaire menée par

les gendarmes de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP).

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