La France organisera la Coupe du monde de rugby 2023

Cocorico ! Après la Ryder Cup en 2018, le Mondial de football féminin en 2019 et les Jeux olympiques en 2024, la France décroche l'organisation de la Coupe du monde de rugby en 2023, pour la deuxième fois de son histoire après 2007, a annoncé, mercredi 15 novembre, World Rugby. La France a été choisie à Londres au détriment de l'Irlande et de l'Afrique du Sud, les autres pays candidats. L'Afrique du Sud avait pourtant été recommandée le 31 octobre par World Rugby après être arrivée en tête d'un rapport d'évaluation. À l'annonce des résultats, l'Afrique du Sud a dénoncé « l'opacité » des deux dernières semaines.

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Les pronostics ont été déjoués. Les deux hommes forts de la candidature tricolore, le président de la Fédération, Bernard Laporte, et le directeur de France 2023, Claude Atcher, avaient donc raison de se montrer optimistes : à Londres, les votants n'ont pas suivi les recommandations de World Rugby, le 31 octobre, de confier la compétition à l'Afrique du Sud, qui l'avait eue en 1995.

« Je suis fier »

Le dossier français, pourtant classé deuxième du rapport d'évaluation, a convaincu les fédérations et confédérations membres du conseil de World Rugby dès le premier tour : il y a récolté 18 voix (contre 13 pour l'Afrique du Sud et 8 pour l'Irlande), et 24 au second, contre 15 pour l'Afrique du Sud. « Je suis fier. Merci à World Rugby qui a fait beaucoup, même s'il y a eu des incompréhensions », a déclaré le président de la Fédération française de rugby (FFR), Bernard Laporte, à Londres, devant Claude Atcher, en larmes, ou encore les anciens internationaux Frédéric Michalak et Sébastien Chabal, ambassadeurs de la candidature française.

La France, comme l'Irlande, avait en effet critiqué avec véhémence le rapport d'évaluation, pointant notamment des carences en termes d'infrastructures (stades, hôtels, transports) par rapport à l'Afrique du Sud. Les deux hommes forts de la candidature française, stupéfaits que les deux pays soient placés à égalité, avaient également soulevé l'angle de la sécurité. Avant de coucher par écrit ces récriminations dans un courrier officiel adressé à World Rugby, lui demandant de modifier le rapport. L'organe qui gère le rugby mondial ne l'avait pas fait, et la décision des votants mercredi constitue un camouflet pour lui. « Ils l'ont déjà accueillie, donc ce sera une réussite. Cela a été un long processus. Pour la première fois, nous avons rendu les résultats de ce processus publics », a commenté son président, Bill Beaumont.

La joie de Laporte

Laporte, lui, a tenu à remercier son ami Claude Atcher (« Sans toi, nous ne serions pas là »), avec qui il a repris en main à partir de janvier un dossier initié par la précédente direction de la FFR. « Nous avons gagné la présidence depuis un an et la Coupe de monde était notre premier dossier. Nous avions du retard, mais nous le devions pour le rugby amateur. C'est la victoire du rugby amateur », a aussi souligné Laporte. « Je ne sais pas si on est bon, mais le combat, on aime ça », a-t-il poursuivi.

« Nous avons un dossier qui a été solide, nous ferons de notre mieux et je peux vous garantir que ce sera une Coupe du monde réussie », a ajouté Laporte, qui était en 2007 sélectionneur du XV de France. Il a aussi tenu à remercier « tous les gens de la FFR » et « Laura Flessel (ministre des Sports, NDLR) qui (leur) a donné les garanties (financières) nécessaires ». Outre les infrastructures, l'autre point fort annoncé du dossier français était financier, avec des revenus reversés à World Rugby (et donc aux fédérations) estimés à quelque 300 millions d'euros.

Bouffée d'air

Pour Laporte, cette décision constitue un succès, dans un contexte pesant, puisque les conclusions de l'enquête diligentée à son encontre par le ministère des Sports pour des soupçons de favoritisme sont attendues d'ici quelques jours. L'organisation de la Coupe du monde 2023 est également une bouffée d'oxygène pour la FFR : elle devrait donner un coup de fouet au rugby français, par les recettes générées et l'exposition induite. Le XV de France est en plein marasme sportif et le nombre de licenciés est en baisse (- 16 500 en 2016-2017), dans un contexte général d'inquiétudes croissantes sur la violence de ce sport.

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