Johnny, un passager exigeant en avion

Le biréacteur d'affaires – Citation, Falcon, Bombardier ou Gulfstream – n'était pas l'avion préféré de Johnny Hallyday, qui faisait appel à des appareils adaptés aux destinations qu'il fréquente. Gstaad en Suisse, sa résidence fiscale, est proche de l'aérodrome de Saanen à la piste courte et enclavée. À Saint-Tropez, où il allait souvent retrouver des copains, l'aérologie difficile de l'aérodrome de La Môle impose aussi des avions performants avec des pilotes qualifiés aux commandes. « J'avais la chance d'être à la fois pilote de montagne et qualifié sur Beechraft 350, l'avion qu'utilisait Johnny au milieu des années 2000 », se souvient Gérard David. Ce pilote professionnel aux 13 500 heures de vol, normalien de formation, avait été aussi directeur des relations extérieures et de la communication du groupe Dassault Aviation. Il savait se dégager de ses obligations professionnelles quand il fallait transporter Johnny. « Les vols étaient en général programmés deux jours à l'avance et cela ne changeait pas à la dernière minute. De Paris, même si le Beech 350, le plus gros avion d'affaires à hélices et atterrissage court, était basé au Bourget, les départs avec Johnny, son manager, sa femme, ses enfants, leur nounou et beaucoup de bagages avaient lieu de Toussus-le-Noble, plus proche de leur domicile de Marnes-la-Coquette. » Le chanteur était exigeant sur le respect des missions, ne prenant pas toujours en compte les contraintes météo, par exemple, à Gstaad quand il fallait décoller sous la neige. « Il m'appréciait parce je m'adaptais à ses horaires, mais aussi parce que je ne lui demandais jamais d'autographe », avait remarqué Gérard David. La grande hantise de Johnny à l'arrivée sur les aérodromes était la demande d'autographes par le comité d'accueil.

Pas d'alcool, mais des cigarettes et des macarons

L'avion de dix places, immatriculé F-GNOE, appartenant à un GIE où figurait son producteur, était aménagé en deux salons. « Johnny prenait toujours place dans celui de quatre places à l'avant et les autres passagers se partageaient celui de l'arrière. Il n'avait pas peur en avion sans être totalement à l'aise et ne s'intéressait pas au vol et à l'aéronautique. C'était pour lui un outil », avait noté son pilote. « Il fallait toujours rappeler à Johnny que l'on ne fume pas à bord. S'il ne touchait pas au contenu du réfrigérateur, il aimait bien les macarons de chez Lenôtre mis à disposition par l'assistance en escale. »

« Johnny Hallyday avait si souvent flirté avec la mort… », titrait un journal people quand le 15 novembre 2012 son avion l'amenant à Rennes pour un concert avait effectué une remise de gaz dans le brouillard. Cette procédure était tout à fait standard lors d'un atterrissage avec faible visibilité, nous a confirmé le contrôle aérien. D'autres médias l'ont vu passer ce jour-là près d'un crash. Voulait-on déjà voir Johnny disparaître ?

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