Jérusalem : « La mort, oui, l’humiliation, jamais ! »

La réaction des Jordaniens ne s'est pas fait attendre à la suite de la déclaration de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d'Israël. Une heure après le discours du président américain mercredi soir, le mot est passé : des manifestations auront lieu le soir même dans plusieurs villes jordaniennes. À Amman, c'est devant l'ambassade américaine que l'on se donne rendez-vous. Sur le chemin, les routes ont été bloquées par la police, pour des raisons de sécurité. Le chauffeur de taxi prend des raccourcis et répète : « Les Palestiniens sont notre seul espoir ! On ne peut rien attendre des leaders arabes. » Alors que la destination approche, on peut entendre, scandé en chœur, l'hymne palestinien.

Finalement, ils étaient une centaine à s'être réunis devant l'ambassade, sous la pluie. L'un d'eux, porté par ses amis, prend la parole : « Nous sommes un peuple et deux pays ! La mort, oui, l'humiliation, jamais ! L'Amérique est la tête du serpent. » La petite foule répète. L'un des manifestants est accompagné de sa femme et de son fils. « Que dire ? Il n'y a rien à dire… » Comme près de la moitié des citoyens jordaniens, Chaadi est d'origine palestinienne, et fier de l'être. « Jérusalem n'est pas une ville, elle est un système de valeurs. Pour Jérusalem, je sacrifierai tout. Tout. Trump veut la guerre ? Il l'aura. Ce qui nous a été pris par la force sera repris par la force. Je n'attends rien des leaders arabes. » Chaadi ne souhaite pas aller sur sa terre d'origine en « simple visiteur ». « Si ce n'est pas moi, ce sera mon fils ou mon petit-fils », affirme-t-il. Dans le fond, son pays, ce ne sera jamais la Jordanie.

J’espère que la Jordanie et les États arabes feront quelque chose.

Firas a quitté son travail pour venir ce soir. Il ne pensait pas que Trump irait jusqu'au bout. « Je pensais qu'il y aurait un peu de respect pour les Arabes, les musulmans et les chrétiens. » Lui n'est pas palestinien, il est venu par « solidarité arabe » parce que « Jérusalem, c'est la capitale du monde arabe ». « J'espère que la Jordanie et les États arabes feront quelque chose. » Un peu plus loin, un groupe de trois amis filme la scène. « On doit reprendre notre pays des mains israéliennes et américaines ! Qu'est-ce qu'il croit, Trump ? Qu'il peut parler, comme ça, et décider pour nous ? » s'insurge Khalil. Mais il n'est pas optimiste sur l'avenir : « Ce n'est pas la première fois qu'on se fait avoir. Nous, on ne peut rien faire d'ici, seulement chanter des chansons, dire ce que l'on pense. Au moins, on se sent mieux. » Vers 1 heure du matin, la police demande aux manifestants de rentrer. Cela se fait sans heurts. Rendez-vous à la grosse manifestation, vendredi midi.

Laisser un commentaire