Frustré par le budget, Trump s’en prend au fonctionnement du Congrès

Frustré par le compromis budgétaire, qui ne prévoit pas le moindre dollar pour son projet emblématique de mur à la frontière avec le Mexique, Donald Trump a fait mardi une irruption inattendue dans le débat en proposant de changer les règles de fonctionnement du Congrès.

Se tournant vers son compte Twitter, son mode de communication favori pour exprimer son agacement ou sa colère, le président américain est même allé jusqu’à souhaiter « un bon shutdown » (fermeture des administrations centrales) à l’automne pour faire bouger le système. Or le sujet est particulièrement sensible au sein du parti républicain tant la spectaculaire paralysie de 2013, dont il avait été largement tenu pour responsable, a traumatisé ses élus. Les relations entre la Maison Blanche et Capitol Hill font l’objet d’une attention renouvelée ces derniers jours car la réforme du système de santé est de nouveau à l’ordre du jour. Un peu plus d’un mois après un échec cuisant, les républicains tentent de nouveau d’abroger « Obamacare », mais l’issue du nouveau vote est très indécise. « Soit nous élisons plus de sénateurs républicains en 2018, soit nous changeons les règles immédiatement », a tweeté le président américain, déplorant que son parti ne dispose pas des 60 voix nécessaires au Sénat pour décider seul, sans avoir à négocier avec les démocrates. « Notre pays a besoin d’une bonne +fermeture+ (des administrations) en septembre pour régler ce problème ! », a-t-il ajouté, dans une formule pour le moins inhabituelle dans la bouche du locataire de la Maison Blanche.

Au Sénat, une majorité qualifiée de 60 voix sur 100 est requise pour adopter les lois, à quelques exceptions près. Or les républicains ne disposent que de 52 sièges, ce qui les oblige à recueillir l’appui d’une partie de l’opposition démocrate pour voter chaque texte. Jusqu’à récemment, les nominations de juges de la Cour suprême étaient également soumises à la barre des 60 voix, mais face à l’obstruction démocrate, les républicains l’ont abaissée en avril à une majorité simple de 51 voix. Donald Trump s’était félicité de cette mini-révolution, et demande aujourd’hui à sa majorité de faire la même chose pour les législations.

Tweet « honteux

Quelques heures après ses tweets, il optait, lors d’une cérémonie de remise de trophée à une équipe de football américain, pour un parti pris radicalement différent, louant « la hausse massive » des dépenses de la Défense obtenue dans ce compromis du Congrès. « Nous mettons enfin un terme à des années de coupes dans les dépenses militaires et montrons notre détermination au monde entier », se félicitait-il, tentant de mettre en valeur un compromis qu’il dénonçait le matin même.

A l’issue de plusieurs semaines de négociations, majorité républicaine et opposition démocrate ont dévoilé lundi un texte de compromis afin de financer l’Etat fédéral pour les cinq derniers mois de l’année budgétaire 2017, soit jusqu’au 30 septembre. Il devrait être adopté avant la fin de la semaine.La proposition de loi détaille 1.163 milliards de dollars de dépenses pour l’année, soit un peu moins du tiers de tout le budget fédéral. Sur ce total, la Défense en obtient 598,5, soit une augmentation de 4,5% par rapport à 2016. Mais les démocrates ont eu gain de cause sur le projet de mur à la frontière du Mexique, dont ils avaient fait leur cheval de bataille: pas le moindre dollar fédéral ne pourra être utilisé pour lancer le chantier. Si les élus républicains se montraient discrets sur les tweets présidentiels, leurs adversaires démocrates sont montés au créneau avec force. « Un bonne fermeture (des administrations)? », s’est indigné l’élu démocrate de Virginie Gerry Connolly. « Une déclaration irréfléchie de la part de celui qui a prêté serment de protéger les États-Unis ». Le sénateur du Vermont Patrick Leahy, a déploré un tweet « honteux » au moment où s’engagent les négociations sur le budget 2018, rappelant le coût du « shutdown » d’octobre 2013, quand des centaines de milliers de fonctionnaires fédéraux avaient dû rester chez eux pendant plus de deux semaines.

18 ans, Etudiant en première année de relations internationales, passionné par l’actualité depuis le plus jeune âge.
Créateur de C L’Info

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