Fillon maintient sa candidature coûte que coûte, Le Maire claque la porte

François Fillon a annoncé mercredi son maintien coûte que coûte dans la course à l’Elysée malgré sa prochaine mise en examen en dénonçant avec virulence un « assassinat politique », une sortie qui alimente la division à droite avec une première défection, celle de Bruno le Maire.

« Je ne cèderai pas, je ne me retirerai pas ». « J’irai jusqu’au bout », a déclaré le candidat des Républicains devant la presse à son siège de campagne, dénonçant un « assassinat politique ». Son entourage avait annoncé cette déclaration après le report de dernière minute et sans explication mercredi matin de la visite de l’ancien Premier ministre au Salon de l’Agriculture. Le candidat s’y est finalement rendu mercredi après-midi au milieu d’une cohue de caméras dans une marche rythmée au son de ses partisans (« Fillon, président ») et de ses adversaires (« Voleur! Rends l’argent »). « Au delà de la procédure judiciaire, c’est au peuple français et à lui seul que j’en appelle désormais (…) parce que seul le suffrage universel et non pas une procédure menée à charge peut décider qui sera le prochain président de la République », a expliqué M. Fillon. « Par ce déchaînement disproportionné, sans précédent connu, par le choix d’un calendrier, ça n’est pas seulement moi qu’on assassine, c’est l’élection présidentielle », a-t-il jugé, en présence de plusieurs figures de son parti comme Valérie Pécresse, François Baroin ou Eric Woerth.

Cette attaque a suscité des réactions au plus haut sommet de l’Etat. Dans un communiqué, François Hollande s’est élevé « solennellement contre toute mise en cause des magistrats ». Auparavant, et après une matinée d’intenses spéculations, François Fillon avait fini par donner la raison lui-même de cette improvisation généralisée: « mon avocat a été informé que je serai convoqué le 15 mars par les juges d’instruction afin d’être mis en examen ». Il a assuré qu’il se rendrait bien à cette convocation, non sans attaquer sévèrement l’institution judiciaire. « Au delà de la procédure judiciaire, c’est au peuple français et à lui seul que j’en appelle désormais (…) parce que seul le suffrage universel et non pas une procédure menée à charge peut décider qui sera le prochain président de la République », a expliqué M. Fillon. « Par ce déchaînement disproportionné, sans précédent connu, par le choix d’un calendrier, ça n’est pas seulement moi qu’on assassine, c’est l’élection présidentielle », a-t-il jugé, en présence de plusieurs figures de son parti comme Valérie Pécresse, François Baroin ou Eric Woerth.

François Fillon au salon de l’agriculture le 1er mars 2017

 

Cette attaque a suscité des réactions au plus haut sommet de l’Etat. Dans un communiqué, François Hollande s’est élevé « solennellement contre toute mise en cause des magistrats ». « Une candidature à l’élection présidentielle n’autorise pas à jeter la suspicion sur le travail des policiers et des juges » ni à formuler des « accusations extrêmement graves », selon le président de la République.

Deux heures après la déclaration solennelle de M. Fillon, Bruno Le Maire, ancien candidat à la primaire de la droite, a annoncé sa démission de ses fonctions de représentant pour les affaires européennes et internationales auprès du candidat, au nom du « respect de la parole donnée ».

Fillon « perd ses nerfs »

François Fillon avait en effet initialement indiqué qu’il se retirerait s’il était mis en examen, avant de faire machine arrière, expliquant mi-février s’en remettre désormais « au seul suffrage universel ».

Mais il risque fort d’être poursuivi jusqu’à l’élection par ce revirement et par cette phrase assassine qu’il avait lancée à l’attention de Nicolas Sarkozy durant la primaire de la droite: « qui imagine un seul instant le Général de Gaulle mis en examen ? ». « Franchement, ce qu’ils ont fait ce matin, politiquement, c’est tout ce qu’il ne fallait pas faire. C’est n’importe quoi… », s’alarme un membre de LR. Trois juges d’instruction ont été saisis pour enquêter dans cette affaire d’emplois présumés fictifs de l’épouse, mais aussi de deux des enfants de François Fillon comme collaborateurs parlementaires.

Triomphalement désigné lors de la primaire de la droite fin novembre, l’ancien Premier ministre, décroché dans les sondages, est en grande difficulté depuis la révélation de cette affaire. Ses adversaires à la présidentielle ont vivement critiqué les propos de M. Fillon. Emmanuel Macron l’a accusé de perdre « ses nerfs » et « le sens des réalités », refusant l’idée de toute « trêve judiciaire » pendant la campagne. Benoît Hamon a condamné « une incroyable violence » de ses propos, tandis que Jean-Luc Mélenchon a dit avoir « de la peine » pour la droite, qui mériterait « un candidat présentable ».

Dans la matinée, M. Fillon s’était entretenu avec Alain Juppé, finaliste de la primaire de la droite, ainsi qu’avec Nicolas Sarkozy. Les principaux dirigeants des Républicains présents sur les antennes mercredi matin avaient découvert en direct le report de la visite de M. Fillon au Salon de l’Agriculture.

S’exprimant quelques minutes auparavant sur RTL, le secrétaire général de LR Bernard Accoyer a annoncé comme si de rien n’était la conclusion d’un accord électoral avec les centristes de l’UDI. La direction du parti centriste se réunissait mercredi pour faire le point sur cette alliance.

18 ans, Etudiant en première année de relations internationales, passionné par l’actualité depuis le plus jeune âge.
Créateur de C L’Info

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