Fessenheim: l’Etat va-t-il réussir à franchir un nouveau palier?

De nombreux salariés d’EDF mobilisés, des ministres qui mettent la pression: c’est sous haute tension que le conseil d’administration de l’électricien va se prononcer jeudi sur une nouvelle étape dans la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, promesse phare de François Hollande.

Le conseil d’administration, prévu à 14h30, a finalement démarré avec presque une heure de retard, a-t-on appris de sources concordantes, preuve de discussions difficiles jusqu’à la dernière minute.

En guise de comité d’accueil pour les administrateurs, plusieurs centaines de salariés d’EDF et en particulier du site de Fessenheim (Haut-Rhin), s’étaient rassemblés à la mi-journée devant le siège du groupe à Paris, protégé par des barrières et des cars de police, a constaté une journaliste de l’AFP.


Répondant à l’appel de l’intersyndicale CGT, CFDT, FO et CFE-CGC, ils ont affiché leur opposition à la fermeture de la doyenne des centrales nucléaires françaises, préjudiciable selon eux à 2.000 emplois directs et indirects.

Les administrateurs d’EDF doivent dire s’ils approuvent ou non le fait qu’EDF demande l’abrogation d’exploiter Fessenheim, nouvelle étape, mais pas la dernière, vers la fermeture du site.

Jusqu’au dernier moment, à cause du risque d’un vote négatif, l’incertitude régnait sur le maintien ou non du dossier à l’ordre du jour. Mais une délibération sur la demande d’abrogation d’exploiter la centrale est finalement bien au menu du conseil, ont indiqué des sources concordantes à l’AFP.

Ségolène Royal s’inquiète

Alors que les six administrateurs salariés voteront contre, et que les six représentants de l’Etat ne voteront pas pour cause de conflit d’intérêt, l’Etat étant actionnaire à plus de 83% de l’électricien, tout dépendra du choix des six administrateurs indépendants, dont le PDG Jean-Bernard Lévy, qui a une voix prépondérante en cas d’égalité.

Avant le conseil, certains d’entre eux s’interrogeaint sur l’opportunité d’engager avant l’élection présidentielle une procédure de fermeture – réclamée depuis des années par les écologistes – alors que ce sujet divise les candidats, ont indiqué ces mêmes sources.

Plusieurs ministres sont montés au créneau pour rappeler que le groupe doit se conformer à cette décision de l’Etat, dans la lignée de la loi sur la transition énergétique, qui prévoit une baisse de la part de l’atome dans la production électrique française.

La ministre de l’Energie, Ségolène Royal a mis en garde les administrateurs: certains « seraient tentés de remettre en cause leur décision du précédent conseil d’administration pour ajouter de nouvelles conditions », a-t-elle déclaré à l’AFP, inquiète d’un nouveau retard dans la prise du décret qui mettra fin à l’autorisation d’exploiter la centrale.

Avant le conseil, certains d’entre eux s’interrogeaint sur l’opportunité d’engager avant l’élection présidentielle une procédure de fermeture – réclamée depuis des années par les écologistes – alors que ce sujet divise les candidats, ont indiqué ces mêmes sources.

Plusieurs ministres sont montés au créneau pour rappeler que le groupe doit se conformer à cette décision de l’Etat, dans la lignée de la loi sur la transition énergétique, qui prévoit une baisse de la part de l’atome dans la production électrique française.


La ministre de l’Energie, Ségolène Royal a mis en garde les administrateurs: certains « seraient tentés de remettre en cause leur décision du précédent conseil d’administration pour ajouter de nouvelles conditions », a-t-elle déclaré à l’AFP, inquiète d’un nouveau retard dans la prise du décret qui mettra fin à l’autorisation d’exploiter la centrale.

En janvier, les administrateurs d’EDF avaient déjà posé trois conditions, qui ont toutes été remplies.

Avec plus de 80% du capital, « qui peut penser » que l’Etat ne puisse pas décider de l’avenir d’EDF, a voulu rassurer jeudi matin, le ministre de l’Economie Michel Sapin, sur RMC/BFMTV, en estimant que « la loi de transition énergétique doit être appliquée ».

« Je comprends que les salariés cherchent à défendre leur outil de travail » mais « il faudra à un moment que chacun prenne la mesure que des centrales vont fermer », a plaidé sur Franceinfo le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

Nouvelle condition ?

La ministre de l’Energie s’oppose notamment à un nouveau scénario qui a émergé ces derniers jours. Selon une des sources au fait des discussions, une nouvelle condition serait accordée à EDF, à savoir que la centrale alsacienne ne fermerait pas si la capacité de production nucléaire française tombait en dessous du plafond prévu par la loi, par exemple dans le cas d’une indisponibilité prolongée d’un réacteur.

La loi sur la transition énergétique plafonne en effet les capacités de production nucléaire à leur niveau actuel (63,2 gigawatts). C’est pour rester à ce maximum autorisé qu’EDF a déjà obtenu que l’arrêt des deux réacteurs de Fessenheim coïncide avec l’entrée en service de l’EPR de Flamanville, à l’horizon 2019.

L’Etat a-t-il accepté ce compromis ou a-t-il pris le risque du rejet d’une délibération sans nouvelle condition ? A l’Elysée, on assure à l’AFP qu’il n’y a « pas de divergences au sein de l’exécutif ».

« EDF se fait prier pour fermer la centrale de Fessenheim, qui a largement atteint l’âge de la retraite et enchaîne les pannes. Inacceptable », a de son côté regretté dans un tweet l’association Sortir du nucléaire.

La loi sur la transition énergétique plafonne en effet les capacités de production nucléaire à leur niveau actuel (63,2 gigawatts). C’est pour rester à ce maximum autorisé qu’EDF a déjà obtenu que l’arrêt des deux réacteurs de Fessenheim coïncide avec l’entrée en service de l’EPR de Flamanville, à l’horizon 2019.

L’Etat a-t-il accepté ce compromis ou a-t-il pris le risque du rejet d’une délibération sans nouvelle condition ? A l’Elysée, on assure à l’AFP qu’il n’y a « pas de divergences au sein de l’exécutif ».

Si EDF entérinait ce jeudi la demande d’abrogation de l’exploitation de la centrale, le vote interviendrait 40 ans jour pour jour après le raccordement au réseau du premier réacteur de Fessenheim, « une preuve de mépris inadmissible » pour les salariés, selon la CFE-CGC.

« EDF se fait prier pour fermer la centrale de Fessenheim, qui a largement atteint l’âge de la retraite et enchaîne les pannes. Inacceptable », a de son côté regretté dans un tweet l’association Sortir du nucléaire.

Martin Arnal Auteur

18 ans, Etudiant en première année de relations internationales, passionné par l'actualité depuis le plus jeune âge. Créateur de C L'Info

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