Elections présidentielles : renouveau démocratique pour la Corée du Sud

Seulement deux jours après l’élection présidentielle française, les Sud-Coréens ont élu à leur tour leur nouveau chef d’État. Moon Jae-in, candidat de la gauche progressiste, a largement remporté l’élection avec 41,1% des suffrages exprimés. Une élection qui suscite l’espoir au pays du Matin frais.

Une révolution démocratique

Cette élection de mai intervient au terme de la « révolution des bougies », mobilisation citoyenne au cours de laquelle un tiers des Sud-Coréens ont manifesté contre la présidente conservatrice Park Geun-hye. En effet, l’ex-cheffe d’État est impliquée dans un nouveau scandale de corruption : Choi Soon-sil, sa confidente, aurait usé de son influence pour extorquer des dizaines de millions de dollars aux chaebols, ces grands groupes familiaux spécifiques à la péninsule coréenne, comme Samsung.

Le peuple aura eu raison de sa dirigeante. Le 9 décembre dernier, Park Geun-hye a été destituée par le Parlement, destitution validée par la Cour constitutionnelle le 10 mars. Elle est actuellement en prison en attendant d’être jugée.

L’élection présidentielle a donc été anticipée et treize candidats se sont lancés dans la course à la Maison bleue (l’équivalent de l’Élysée ou de la Maison blanche). Parmi eux, le candidat conservateur Hong Jun-pyo et le centriste Ahn Cheol-soo, principaux opposants au candidat de la gauche progressiste Moon Jae-in. Ce dernier remporte largement le scrutin, sollicité par 41,1% des électeurs, et ce, avec une participation de 77,2%, la plus élevée depuis vingt ans.

Moon Jae-in, le président de l’espoir

Favori durant toute la campagne, Moon Jae-in a su susciter l’espoir chez les Sud-Coréens et a gagné une certaine popularité, notamment en manifestant avec le peuple lors de la « révolution des bougies ». Cet homme de 64 ans, militant pour les droits de l’homme et les plus pauvres depuis une quarantaine d’années, a permis par sa victoire de tourner la page de dix ans d’un pouvoir conservateur.

Il se présente maintenant comme le « président de tous les Sud-Coréens », « un président à portée du peuple », souhaitant réunir le pays et le débarrasser de la corruption politique. « Je prends mes fonctions les mains vides et je les quitterai les mains vides », a-t-il déclaré lors de la cérémonie d’investiture ce mercredi.

Le nouveau président a beaucoup promis : augmentation des allocations vieillesse et du revenu minimum, transparence dans les institutions et dans la vie politique … Autant de défis à relever dans une société où la jeunesse est désabusée et où le pessimisme est de rigueur.

Autre chantier majeur pour le nouvel élu, celui des relations diplomatiques. Ces dernières sont plus que tendues avec le voisin nord-coréen, et Moon Jae-in  s’est placé fermement en faveur d’une négociation avec Pyongyang. Il a par ailleurs déclaré qu’ « il faut savoir dire non aux Etats-Unis ». De quoi annoncer une recomposition des forces diplomatiques en Asie dans les prochains mois.

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