Éducation : Blanquer annonce la création d’un conseil scientifique

Le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, est arrivé en fin de matinée à Futurapolis, à Toulouse, un forum organisé par Le Point. L'ancien directeur de l'Essec a profité de l'occasion pour annoncer la création d'un conseil scientifique de l'Éducation nationale. Ce conseil, qui aura un pouvoir consultatif, sera composé de personnes reconnues travaillant dans différentes disciplines scientifiques.

« Il sera saisi sur tous les sujets, comme l'intelligence artificielle, afin d'apporter des éclairages pertinents. Je souhaite que ce conseil travaille dans un esprit d'avant-garde qui échappe aux opinions simplistes en matière d'éducation », explique Jean-Michel Blanquer. Le principe du fonctionnement de ce conseil sera explicité dans les prochains jours, tout comme la liste des personnes le composant. La direction de ce conseil scientifique sera confiée à l'un des neuroscientifiques les plus réputés dans le monde, Stanislas Dehaene. Professeur au Collège de France, ce dernier est convaincu que « nous ne pouvons pas enseigner convenablement » sans comprendre « ce qui se passe dans la tête de l'enfant ».

Les domaines de recherche de ce psychologue cognitiviste de 52 ans, directeur de l'unité de neuro-imagerie cognitive, sont vastes : il a notamment travaillé sur les bases cérébrales de l'arithmétique, de la numération, de la lecture et de la conscience. Grâce à ses ouvrages, La Bosse des maths, Les Neurones de la lecture ou Le Code de la conscience, il a contribué à populariser les recherches en sciences cognitives.

Quand Blanquer se référait aux travaux de Dehaene

Ses expériences de psychologie cognitive ont régulièrement eu un important retentissement. En 2012, il parvient à mettre en évidence la pertinence et la réussite de la pédagogie mise en place par Céline Alvarez. Dans une école de Gennevilliers en zone d'éducation prioritaire (ZEP), cette institutrice a enseigné à une classe d'enfants de 3 à 6 ans en s'attelant à respecter les « lois naturelles de l'enfant ». Il s'agit de prendre en compte leur fonctionnement et leurs besoins en fonction de leur âge et de leur personnalité, en s'appuyant sur les progrès réalisés par les neurosciences. Stanislas Dehaene, en scannant les cerveaux de ces élèves, avait pu souligner la pertinence de cette méthode.

À de nombreuses reprises déjà, Jean-Michel Blanquer a mis en avant les travaux de Stanislas Dehaene, y compris dans ses chroniques du Point
. Et le ministre s'est d'ailleurs prononcé en faveur des neurosciences afin de modifier les méthodes d'enseignement et les programmes, notamment dans les classes de CP et de CE1. « Comme le démontrent les travaux de recherche en science cognitive, la plasticité du cerveau est particulièrement forte dans les premières années de la vie et beaucoup moins ensuite », assurait d'ailleurs Jean-Michel Blanquer à l'AFP le mois dernier.

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