Donald Trump critiqué après le limogeage du patron du FBI

Donald Trump tentait mercredi de contenir la tempête provoquée par le limogeage du patron du FBI James Comey, l’opposition démocrate réclamant la nomination d’un procureur spécial pour enquêter sur le rôle de la Russie dans la campagne de 2016.

« Il ne faisait pas du bon travail, c’est très simple, il ne faisait pas du bon travail », a justifié Donald Trump, interrogé brièvement dans le Bureau ovale par la presse.

Hasard du calendrier, le président des Etats-Unis a reçu mercredi le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, une première rencontre qualifiée par lui de « très bonne » avec un haut responsable russe, et qui préfigure celle avec Vladimir Poutine prévue en juillet en Allemagne.

Si l’entrevue était fermée à la presse, le ministère russe des Affaires étrangères s’est empressé de diffuser sur Twitter des photos des deux hommes se serrant la main.

« Le président Trump a clairement dit son intérêt à mettre en place des relations de travail pragmatiques et mutuellement bénéfiques » avec la Russie, a déclaré ensuite M. Lavrov.

 

L’argument de la Maison Blanche pour justifier le départ du patron de la police fédérale est simple mais étonnant.

Il lui est reproché sa gestion de l’affaire des mails d’Hillary Clinton, qu’il a commentée publiquement durant la campagne électorale, contrairement à l’usage au FBI mais à la grande satisfaction, à l’époque, du candidat républicain. Pourquoi, demande en substance la Maison Blanche, les démocrates crient-ils au scandale, alors qu’ils avaient eux-mêmes dénoncé pendant des mois le comportement de M. Comey ?

Sauf qu’une audition publique hors normes a eu lieu entre temps au Congrès, en mars, durant laquelle le premier flic des Etats-Unis a confirmé l’existence d’une enquête sur une éventuelle « coordination » entre des membres de l’équipe de campagne de Donald Trump et Moscou.

Selon le New York Times, en outre, M. Comey avait réclamé la semaine dernière au ministère de la Justice des moyens supplémentaires pour renforcer l’enquête de ses agents.

« Si l’administration avait de réelles objections à la façon dont le directeur Comey a géré l’enquête Clinton, elles auraient existé dès la prise de fonctions du président », a accusé Chuck Schumer, chef de l’opposition démocrate au Sénat, qui soupçonne le pouvoir de vouloir entraver les investigations.

Toute l’opposition réclame aujourd’hui la nomination d’un procureur spécial, plus indépendant du pouvoir que les procureurs existants, pour superviser l’enquête sur l’ingérence russe. Cette décision dépend a priori du numéro deux de la Justice, Rod Rosenstein, le ministre Jeff Sessions s’étant récusé dans cette affaire.

Quel remplaçant ?

Les questions ne viennent pas seulement des rangs des démocrates. Plusieurs ténors républicains ont exprimé leur embarras, voire leur incrédulité.

« Lorsque vous virez l’un des personnages les plus respectés de l’Amérique, vous avez intérêt à avoir une très bonne explication, et jusqu’ici, je ne l’ai pas entendue », a lancé mercredi le sénateur John McCain sur CNN.

Le chef de la puissante commission du Renseignement du Sénat, Richard Burr, qui mène sa propre enquête parlementaire, s’est déclaré « troublé » par le calendrier et les raisons avancées pour ce limogeage.

Beaucoup de membres de la majorité, dont le chef du Sénat, soutiennent la décision présidentielle.

Mais un nombre croissant craignent que ces événements érodent la confiance des Américains dans l’intégrité du système judiciaire.

« Notre pays se trouve évidemment dans une période très volatile, sensible et fragile », a expliqué le sénateur républicain Tim Scott. « Il va falloir qu’on aille au fond des choses, rapidement ».

Dans une série de tweets matinaux, Donald Trump avait justifié ainsi sa décision: « Comey a perdu la confiance de pratiquement tout le monde à Washington, républicains comme démocrates. Quand les choses se calmeront, ils me remercieront ».

« James Comey sera remplacé par quelqu’un qui fera beaucoup mieux et ramènera l’esprit et le prestige du FBI », a-t-il ajouté, renvoyant via son compte Twitter sur un article listant « les 10 plus gros scandales du FBI sous la direction de Comey ».

Parmi les personnes citées dans la presse américaine pour succéder à M. Comey figurent le gouverneur du New Jersey Chris Christie ou encore Mike Rogers, ancien du FBI et ex-président de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants.

L’ex-maire de New York Rudy Giuliani, dont le nom avait été évoqué, a indiqué ne pas être candidat pour le poste.

18 ans, Etudiant en première année de relations internationales, passionné par l’actualité depuis le plus jeune âge.
Créateur de C L’Info

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