Le développement de l’idéologie nord coréenne

Alors que les JO d’hiver de Pyongchang ont mis en lumière pendant deux semaines la péninsule de Corée. La dictature nord-coréenne s’est invité dans les festivités en amorçant une détente avec son voisin du sud.Souvent considérée comme un vestige de la guerre froide, le régime nord-coréen et son idéologie reste relativement peu connu en occident.

Comment s’est développé l’idéologie nord-coréenne ?

Souvent réduite à la position d’État satellite de l’URSS, puis considéré comme le dernier régime stalinien au monde, la République Populaire Démocratique de Corée  n’en reste pas moins une énigme, un Objet Politique Non Identifié. Si catégoriser cet État comme « communiste » semblait facile pendant la guerre froide, qu’en est-il aujourd’hui ? Alors que l’URSS a disparu et que le modèle chinois a profondément muté depuis les années 80. Comment envisager l’incroyable rigidité du régime nord-coréen ?

Tout d’abord considérer la  République Populaire Démocratique de Corée comme une construction politique sino-soviétique qui aurait mal tourné revient à sous-estimer son caractère profondément souverainiste, indépendantiste et nationaliste. En effet, tout en intégrant les méthodes d’endoctrinement et de terreur du régime stalinien, la doctrine Juche de Kim Il-sung y mêle un patriotisme blessé par la colonisation japonaise. Un évènement traumatisant pour la société coréenne qui eu lien entre 1910-1945, inscrivant la lutte nord-coréenne dans un prisme post-colonial.

A partir de 1945, la corée du nord se considère comme la seul des deux corée, libéré du colonialisme face à un sud sous tutelle américaine. Afin de renforcer la souveraineté de son pays, Kim Il-sung va s’appuyer sur l’idéologie stalinienne pour affirmer son indépendance, et au fil du temps s’éloigner de Moscou et de Pékin.

A quel moment la corée du nord s’est-elle éloignée de Moscou ?

Alors déjà il faut noter qu ‘il existe des différences notable entre l’URSS et la République Populaire Démocratique de Corée avant la mort de Staline. Mais la déstalinisation amorcée par Nikita Khroutchtchev lors du XXème congrès du Parti Communiste de l’Union Soviétique en 1956, va accroître les divergences entre les deux États.

Au nom de l’idéologie stalinienne, Kim Il-sung va s’éloigner de l’URSS, devenu à ses yeux un État révisionniste. À tel point qu’en 1960, la Corée du nord  intègre le Mouvement des États non-alignés et ne peut plus être considérée comme un simple satellite de l’URSS. Kim il SUNG, en profitera pour éradiquer toutes traces de la doctrine marxiste-léniniste en République Populaire Démocratique de Corée, aussi bien dans les textes que dans les monuments. La révolution culturelle maoïste va également entraîner un éloignement (moins important peut-être) de Pyongyang vis-à-vis de Pékin.

Quelles ont été les conséquence de cet éloignement entre la corée du nord et l’urss ?

En fait dès le début des années 60, on peut considérer que la dictature communiste mise en place depuis 1945 est supplantée par une dictature nationaliste entre les mains d’une dynastie, celle des Kim, toujours en place aujourd’hui. Cette doctrine Juche reprend d’un coté plusieurs éléments du communisme comme l’autonomie militaire, économique et politique, et de l’autre une structure sociale qui se résume à un « patriarcat nationaliste», reprenant les codes de l’héritage confucéen. L’autre grande constante de l’idéologie nord-coréenne est son monolithisme autour de la figure tutélaire de Kim Il-sung. Cet aspect est particulièrement visible après la mort du dictateur en 1994, lorsqu’il est érigé au titre de « Président éternel de la République ». Ceci fait de la Corée du nord un État théocratique, avec un nouveau calendrier qui commence en 1912, l’année de naissance de Kim Il-sung. Un code de conduite est imposé à tous les nord-coréens  avec  les Dix principes pour l’établissement d’un système idéologique monolithique. Tous ces principes font référence à Kim Il-sung, lui donnant le statut d’unique figure historique structurante en République Populaire Démocratique de Corée. Le but étant d’éviter le sort de la postérité de Staline en URSS et d’offrir une légitimité politique sans failles à ses descendants.

Martin Arnal Auteur

18 ans, Etudiant en première année de relations internationales, passionné par l'actualité depuis le plus jeune âge. Créateur de C L'Info

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