Dans l’Ain, une messe dédiée à Johnny

Venus des quatre coins de la région Auvergne-Rhône-Alpes, mais aussi de Paris, quelques dizaines de fans de Johnny se sont retrouvés mercredi matin à la première heure à l'église de Grièges. Cette petite commune de moins de 2 000 habitants du département de l'Ain s'est retrouvée dans l'actualité par le geste d'un admirateur du rocker national, qui, inquiet de l'état de santé de son idole, a demandé la semaine dernière une intention de messe pour sa guérison. Demande acceptée par le père Olivier Barnay, 42 ans, lui-même admirateur de l'artiste, qui a donc organisé, quelques heures seulement après la mort du chanteur, une cérémonie émouvante « pour Johnny Hallyday, pour son talent reconnu, pour cet immense artiste, pour cette figure emblématique de la variété française ».

« C'est une icône qui s'en va et nous garderons le souvenir d'un grand artiste français qui a marqué notre civilisation et notre pays », a lancé depuis l'autel de l'église de Grièges le père Barnay, « nous rendons grâce à cet immense talent que le seigneur a rappelé à lui ». Devant un public nettement plus nombreux que lors de ses prières habituelles du mercredi matin, le curé de Grièges a encore demandé de « prier pour le repos de l'âme de Jean-Philippe Smet, car c'est ainsi que Dieu le connaît depuis le jour de son baptême ». « Dieu l'appelle par son prénom Jean-Philippe, celui donné par ses parents le jour de sa naissance et le jour de son baptême, celui qui a entendu, un jour, le prêtre dire : Jean-Philippe, je te baptise, tu es le fils de Dieu », a-t-il insisté en demandant aux paroissiens comme aux fans du chanteur venus assister à la cérémonie de prier également pour tous les malades.

LIRE notre dossier Johnny Hallyday, une vie rock'n'roll

Je connais des fans qui vont venir d’Afrique pour assister à l’enterrement.

À la sortie de la messe, les fans échangent des anecdotes autour de leur idole, Johnny Hallyday. © Catherine Lagrange

À la sortie de la messe, sur le parvis glacial de la petite église, le père Olivier Barnay est allé à la rencontre des fans. Chantal Gerbert, 63 ans, retraitée, a pris la route ce mercredi matin pour assister à la messe pour son idole. « Johnny, c'est ma vie depuis l'âge de 14 ans, pour moi, c'est Salut les copains, les yéyés, je connais absolument toutes ses chansons et j'ai vu des dizaines de concerts », confie la retraitée, qui l'a encore applaudi cet été lors de la tournée des Vieilles Canailles. Elle raconte aux autres fans comment elle a rencontré Johnny il y a quelques années à Saint-Tropez. « Il m'a serré la main, il est très abordable. » Le débat est lancé. Danièle, elle aussi retraitée, qui arbore badge, vêtements et tatouages à l'effigie du chanteur, sort une photo : on la voit poser aux côtés de Johnny. « C'était en août 2016, à Saint-Barth, je l'ai croisé dans un restaurant. » Mais il y a surtout cette rencontre avec Johnny en 2015. « J'avais emmené mon petit-fils, lui aussi fan de Johnny, à un de ses concerts, à Lyon, à la halle Tony Garnier. Mon petit-fils lui avait fait parvenir une lettre, et le lendemain du concert, nous avons eu la chance d'être invités à le rencontrer. Il a dédicacé la guitare de mon petit-fils. C'était le plus beau jour de ma vie. » Danièle, qui n'a pas raté un concert de Johnny de toute sa vie, est sous le choc de la mort du rocker. « Je pensais qu'il allait tenir la fin de l'année, qu'il allait passer Noël avec ses petites… »

Maryse, infirmière à la retraite, qui a traversé le département pour assister à la messe, fredonne « Que je t'aime », sa chanson préférée. « Je suis fan depuis l'âge de 15 ans, je collectionne toutes ses affiches, ses vinyles, j'adore toutes ses chansons. » Tous ont l'intention de se retrouver dans quelques jours à Paris aux obsèques de Johnny. « Je connais des fans qui vont venir d'Afrique pour assister à l'enterrement », assure Danièle.

Lionel, blouson de cuir, cheveux longs et Christ en choix équipé d'une guitare autour de cou, en sera aussi. Ce chauffeur de taxi parisien de 59 ans a traversé une bonne partie de la France pour assister à cette messe. « Il fallait tenter le tout pour le tout, mais on est arrivés trop tard », confie le fan manifestement ébranlé. Lui aussi essaie de se concentrer sur les bons moments. « J'ai eu la chance de le rencontrer, par l'intermédiaire de Laurent Gerra. Et Johnny, c'était vraiment un gars sympa. »

Consultez notre dossier : Johnny Hallyday, une vie rock’n roll

Laisser un commentaire