Kate Middleton et le prince William ont présenté leur nouveau bébé …

Le lundi 23 avril, tous les yeux étaient rivés sur l’aile Lindo de l’hôpi­tal St Mary de Londres pour décou­vrir le visage du troi­sième enfant de Kate Midd­le­ton et du prince William. Deux jours après cet accou­che­ment très attendu, nous retrouvons Alexander Seale, en duplex de Londres, pour évoquer cette naissance.

Des centaines de restaurants KFC fermés … à cause d’une pénurie de poulets

Pas de poulet, pas de KFC ! Au Royaume-Uni, des centaines de restaurants de l’enseigne de restauration rapide Kentucky Fried Chicken sont fermés depuis lundi 19 février, et nombre d’entre eux devraient le rester toute la semaine. En cause ? Une pénurie de poulets.

Mardi soir, environ la moitié des 900 restaurants KFC britanniques étaient toujours fermés. La raison de cette pénurie : un souci entre l’enseigne américaine et la société allemande DHL, son nouveau partenaire pour la livraison de poulets. L’entreprise de livraison “rencontre quelques difficultés initiales, l’expédition de poulet frais dans 900 restaurants à travers le pays est assez complexe, a expliqué mardi la chaîne KFC. Nous savons que cela a pu déranger certains d’entre vous ces derniers jours, et vous décevoir lorsque vous vouliez votre poulet frit.” De son côté, l’un des responsables de DHL a assuré que sa société s’efforçait de “retrouver le plus vite possible un service de livraison normal”.

Ce sevrage forcé de certains accros semble en tout cas avoir été si mal vécu que cela a conduit la police londonienne à tweeter : “S’il vous plaît ne nous contactez pas au sujet de la crise KFC – ce n’est pas un problème relevant de la police si votre restaurant préféré ne peut pas vous servir le menu que vous désirez”.

Renew : le Royaume-Uni lance son parti calqué sur le modèle En marche !

Dans un secret soigneusement entretenu, la première réunion officielle du nouveau parti britannique avait lieu ce week-end en plein cœur de Londres. Renew,qui veut dire « renouveler », s’inspire du mouvement La République en marche lancé par Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle de 2017. Le slogan de Renew est clair : renouveler la vie politique britannique et repenser le Brexit. Tout comme le mouvement français, Renew est un mouvement issu de la société civile qui se veut pro-européen et donc anti-Brexit. C’est d’ailleurs à l’issue du vote en faveur de ce Brexit que l’idée de créer ce parti est née, le 23 juin 2016. « On doit se rendre au cœur du Royaume-Uni, avoir des conversations difficiles avec des gens qui ont voté le Brexit. Il faut leur dire : ne quittons pas l’UE. Et aussi : réglons nos problèmes internes », explique l’un des fondateurs du parti, dont les propos sont rapportés par Le Parisien.

Renouveler le champ politique

Mais ce parti n’est pas seulement opposé au Brexit, il veut devenir le parti du renouveau afin de mettre un terme aux échecs des deux partis traditionnels. « Ici, on a un jeu de chaises musicales entre conservateurs et travaillistes, dénonce Haseeb Ur Rehman, un avocat britannique qui compte se présenter aux législatives sous l’étiquette Renew, joint par Le Parisien. Ils ne représentent pas vraiment la volonté des gens. »

Afin de se faire connaître et d’aller à la rencontre de la population, comme l’avait fait En marche !, les membres de Renew vont se rendre cette semaine dans les universités d’Oxford et de Cambridge. « On va parcourir les rues, parler aux gens pour comprendre ce qui les préoccupe », explique Hugo Lucas, étudiant et candidat dans la circonscription londonienne de Chelsea et Fulham. Tous les « marcheurs » britanniques assument très clairement de s’inspirer de ce qu’a fait Emmanuel Macron. « On fait exactement la même chose que votre M. Macron, sourit l’un des fondateurs de Renew. Puis on proposera nos solutions. On organise aussi un financement participatif, on a copié le bouton Donnez du site d’En marche ! »

Dans l’attente d’un miracle à la « Macron »

Mais à l’inverse du mouvement présidentiel, Renew n’a pas une personnalité forte, comme Emmanuel Macron, à la tête de son parti. Selon l’avocat Haseeb Ur Rehman, ce n’est pas primordial puisqu’au Royaume-Uni la politique « tourne moins autour des personnalités, mais plus autour des programmes ».

Néanmoins, trois personnes sont déjà désignées pour être les figures de ce parti. « Un jeune homme de la classe moyenne, un jeune homme de la classe ouvrière et une femme d’origine israélo-irakienne », explique un fondateur qui espère vivre un miracle à la Macron ! En l’attendant, Renew dispose déjà de 220 candidats probables pour les élections législatives de 2020. Le lancement officiel du parti est prévu pour la semaine prochaine.

The France show – Le salon qui met en avant les français … à Londres !

Le week-end dernier, je me suis rendu au “The France Show” salon dédié à la France et à son rayonnement au Royaume Uni. Ce salon, spécialisé sur la France, attire tous les amoureux ou visiteurs intéressés par notre pays, ses produits, sa culture avec une partie immobilière et une partie «lifestyle» pour le voyage, le tourisme, la culture, la gastronomie et la langue. Il a accueilli 15 000 visiteurs en 2017. C’est ainsi l’occasion pour ces Britanniques de découvrir une nouvelle région en France …

Lors de ces quelques jours, un jeu concours est proposé aux visiteurs pour gagner un séjour de quatre jours et trois nuits pour deux personnes en vallée de la Dordogne : billets d’avion, chambres d’hôte, hôtels et location de voiture et des paniers garnis composés de produits locaux, lots offerts par les prestataires partenaires des offices de tourisme. C’est également l’occasion pour les visiteurs de déguster des produits locaux emportés spécialement à Londres : vins de Corrèze, vieille prune de Souillac, noix AOP du Périgord caramélisées, foie gras, produits à base de truffe, chocolats…

La saison se prépare activement avec, pour objectif, remplir les futures rotations entre la France et l’Angleterre…

L’establishment britannique éclaboussé par une affaire de harcèlement sexuel

Un gala de charité, réservé aux hommes, a été le théâtre de scènes de harcèlement sexuel des hôtesses spécialement recrutées pour la soirée, selon le « FT ». Mercredi, tous les acteurs cités dans l’affaire cherchaient à prendre leurs distances. L’événement a été fermé.

C’était à qui coupait le plus vite les ponts, ce mercredi, avec le « Presidents Club Charity Dinner », quelques heures après l a publication par le « Financial Times » d’un article au vitriol  dénonçant les pratiques de harcèlement sexuel commises jeudi dernier sur les hôtesses par certains participants à ce gala de charité « réservé aux hommes ». Des accusations dûment documentées – deux journalistes du « FT » se sont fait embaucher comme hôtesses – qui, quelques semaines après le scandale Weinstein à Hollywood, écornent largement l’image de l’establishment britannique.

Débordements

La soirée, qui a réuni 360 responsables d’entreprises britanniques, des hommes politiques et des financiers, mais aussi 130 hôtesses dans le très chic Dorchester Hotel, visait comme chaque année depuis trente-trois ans à lever des fonds pour des oeuvres charitables, notamment pour des hôpitaux pour enfants. Jeudi dernier, 2 millions de livres ont été ainsi réunis. Mais, selon le « Financial Times », le gala a donné lieu à tous les débordements. Certaines des 130 hôtesses ont été l’objet de propositions déplacées, d’attouchements et même d’exhibitionnisme. On leur a parfois proposé de monter dans une chambre ou demandé s’il s’agissait de prostituées. Elles avaient été recrutées par l’agence Artista avec comme exigences d’être habillées en noir, de porter des sous-vêtements noirs, et des chaussures « sexy ». Pour 150 livres et 25 livres pour le taxi de retour, elles devaient également être à la fois « grandes, minces et jolies ».

Débandade

Alors que le scandale alimentait mercredi les discussions au sommet de Davos, les organisateurs du gala disaient tomber des nues, jurant que l’enquête serait menée « pleinement et promptement », et que les actions qui s’imposent seraient prises. Mercredi soir, ils se résolvaient à annoncer la fermeture de l’événement.

WPP, le numéro un mondial de la communication qui sponsorise traditionnellement une table au dîner, avait de toutes façons fait savoir qu’il ne s’y associerait plus. Son patron Martin Sorrell, qui y a assisté dans le passé mais n’était pas là cette année, a dit n’avoir jamais rien vu de ce que dénonce le FT. La Banque d’Angleterre a souligné qu’elle n’avait pas donné son accord et n’honorerait pas le lot à gagner aux enchères qui proposait : « Pour écraser le Brexit, déjeunez avec Boris Johnson (le ministre des Affaires étrangères) et prenez le thé avec Mark Carney (le gouverneur de la Bank of England) ! ». Un autre lot permettait de gagner une soirée ay Windmill… un club de strip-tease. Quant au Great Ormond Street Hospital, l’un des bénéficiaires du gala, il a décidé de rendre tous les fonds qui lui avaient été alloués.

Les têtes commencent à valser

Publié au matin des traditionnelles questions au gouvernement, l’article, dont la lecture a provoqué une sensation de « malaise » chez Theresa May, a été aussi largement commenté à la Chambre des Communes. Des voix se sont élevées pour demander aux entreprises représentées à la soirée de publier leurs écarts de salaires selon les sexes d’ici à la fin de la semaine. Et l’affaire a fait une victime dans le monde politique : David Milton, un des coprésidents du club organisateur de la soirée privée, a dû démissionner d’une commission dépendant du ministère de l’Education. La valse des têtes ne fait peut-être que commencer.

La faillite exemplaire du numéro 2 britannique du BTP

Un hôpital se retrouve figé après que sa construction a été stoppée nette. C’est la même chose pour une route désertée par les ouvriers et les engins. Partout dans le Royaume-Uni, des milliers de chantiers se sont arrêtés net après l’écroulement du géant du BTP britannique Carillion. En un week-end, la compagnie qui accumulait les dettes depuis un an a fait faillite. Le gouvernement n’a pas réussi à la sauver, laissant sous le choc 43 000 employés dans le monde, dont 20 000 au Royaume-Uni.

43 000 employés sous le choc

Carillion était surnommée “L’entreprise qui fait tourner le Royaume-Uni”. Elle construisait aussi bien des lignes de chemin de fer que le siège des services secrets. Ses multiples filiales assuraient des services à des millions de Britanniques, notamment dans les services publics. Le gouvernement a promis de continuer à payer ces contrats des salariés affectés dans les services publics, mais pour les autres employés et les sous-traitants, l’État ne leur viendra en aide que pour deux jours de salaire.

Affaiblie, Theresa May remanie son gouvernement sans trancher sur le Brexit

La première ministre britannique n’est pas parvenue à se donner un second souffle après l’échec des législatives de 2017. Les poids lourds restent en place, et plusieurs ministres lui ont même résisté.

En pleine période de vœux, le remaniement ministériel auquel Theresa May a commencé de procéder, lundi 8 janvier, devait sonner comme l’annonce d’un renouveau. Après son échec électoral de juin, après ses reculades face à Bruxelles sur le Brexit, la première ministre britannique devait reprendre la barre et préciser le cap. Mais, prisonnière des divisions des conservateurs, affaiblie par la perte de sa majorité parlementaire, elle n’a fait que rafistoler une équipe toujours coupée en deux : d’un côté, les partisans d’un divorce brutal avec l’Union européenne; de l’autre, les défenseurs du maintien du maximum de liens avec le continent.

« Ce ne sont pas les heures les plus brillantes du numéro 10 [Downing Street] », a résumé un responsable tory. Dans le Telegraph, des députés conservateurs qualifient même d’« embarrassant » le scénario de la journée. Depuis la bérézina des législatives anticipées du printemps 2017, la première ministre n’a plus guère d’autorité sur son gouvernement. Elle en a donné une nouvelle fois le spectacle, se montrant incapable de congédier, et même de changer d’affectation ses ministres.

Non seulement les poids lourds du gouvernement restent en place, mais l’apport de sang neuf est très limité. Aux deux « hard brexiters » que sont Boris Johnson, ministre des affaires étrangères, et David Davis, ministre du Brexit, continueront de faire face les « proeuropéens » Philip Hammond, ministre des finances, et Amber Rudd, à l’intérieur.

Soucieuse de ne pas ébranler un fragile équilibre, Theresa May a choisi David Lidington, 61 ans, ancien ministre des affaires européennes, pour remplacer Damian Green, son bras droit au sein du gouvernement. En décembre 2017, M. Green, proeuropéen comme M. Lidington, avait été limogé après avoir menti à propos de la découverte, il y a dix ans, d’images pornographiques sur l’ordinateur de son bureau au Parlement. Un bon connaisseur de l’UE, disposant d’un réseau sur le continent, continuera donc de superviser la deuxième phase des négociations sur le Brexit sur les futures relations commerciales.

Même l’intention affichée par Mme May de signifier à l’opinion que l’action gouvernementale ne se limitait pas au Brexit, mais couvre les principales préoccupations populaires que sont le logement, la santé et l’éducation, a tourné court. Le mot « logement » a simplement été ajouté à l’intitulé du ministère des collectivités locales, tenu par Sajid Javid.

Dans ce curieux jeu de chaises musicales, plusieurs ministres ont même tenu tête à Mme May. Le ministre de la santé, Jeremy Hunt, rendu impopulaire par la crise hivernale du Service national de santé (NHS), a refusé d’être nommé au ministère de l’industrie. Quant à la ministre de l’éducation, Justine Greening, elle a décliné le maroquin du travail et a été écartée du gouvernement.

Ce faisant, la première ministre a montré la limite de ses proclamations d’ouverture. Mme Greening, élue d’une circonscription ayant voté contre le Brexit, ouvertement lesbienne, s’opposait au retour des « grammar schools » élitistes, prôné par la première ministre, et avait noué de bons contacts avec les syndicats d’enseignants, au grand dam des tories. En revanche, Boris Johnson, dont les déclarations à l’emporte-pièce causent régulièrement des crises diplomatiques, a vu reconduit son bail au Foreign Office.

« Esquiver les problèmes et changer l’emballage »
Lundi, le Parti conservateur lui-même a ajouté à l’impression d’improvisation en annonçant sur Twitter, par erreur, la nomination à sa présidence du ministre des transports Chris Grayling, en réalité confirmé à son poste par Mme May. Mais Patrick McLoughlin, le président sortant des tories, a bien été remplacé, pour prix de la catastrophique campagne électorale de juin 2017.

Brandon Lewis, 46 ans, ministre de l’immigration, lui succède avec une tâche immense : tenter de relancer un parti vieillissant, qui peine à se faire entendre des jeunes et des classes populaires et riposter à la dextérité du Labour de Jeremy Corbyn dans l’utilisation des réseaux sociaux.

Fustigeant « l’austérité des tories » et la crise des hôpitaux publics, le chef du Labour a ironisé sur « le grand plan [de Mme May] pour la nouvelle année : esquiver les vrais problèmes et changer l’emballage dans un exercice de communication médiocre et vain ». Un sondage publié lundi confirme le pessimisme grandissant des Britanniques sur l’issue des négociations sur le Brexit : seuls 31 % d’entre eux font confiance à Mme May pour obtenir « un bon accord » avec Bruxelles, tandis que 50 % sont d’un avis contraire.

Royaume Uni : l’hiver pousse le système de santé au bord de la crise de nerfs

Alors que le National Health Service fête en 2018 sa soixante-dixième année d’existence, les hôpitaux britanniques se retrouvent sous une pression sans précédent en ce début d’hiver. Toutes les opérations considérées comme “non urgentes” – soit 55 000 – ont été reportées au 31 janvier. La presse britannique s’inquiète.

Brexit  : un accord mais des ambiguïtés

L’accord sur le Brexit publié vendredi 8 décembre à l’aube à Bruxelles représente pour Theresa May une percée symbolique et politique majeure. Après six mois d’âpres négociations et un ultime marathon nocturne, la première ministre, affaiblie par sa défaite électorale de juin, a quitté le siège éjectable où elle se maintenait tant bien que mal depuis l’été. Même si les ambiguïtés du texte pourraient déboucher à long terme sur un quasi-statu quo dans les relations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE).

Vendredi, le gouvernement de Mme May a fait montre d’une rare unanimité pour saluer sa performance. « Theresa May a gagné », a clamé Michael Gove, ministre de l’environnement pro-Brexit qui lorgne sa succession. Moins radical que son collègue, le ministre des finances, Philip Hammond, a salué le « coup de fouet pour l’économie britannique » que représente un texte qui lève certaines incertitudes. Seule fausse note : Nigel Farage, l’ancien chef de file du parti europhobe UKIP, a ironisé sur « le passage à la deuxième phase de l’humiliation » pour Mme May. Ambivalent sur l’Europe, le leader travailliste Jeremy Corbyn a brillé par son silence alors que même Boris Johnson, ministre des affaires étrangères hostile à Mme May, a salué la « totale détermination » de la première ministre.

Promesses contradictoires

Pour les partisans d’un « Brexit dur » (rupture nette avec l’UE et recherche d’autres partenaires) comme lui, l’accord de vendredi certifie que le Brexit sera effectif à la fin mars 2019 et évite un crash économique dans l’intervalle. C’est pourquoi ils semblent avoir « avalé » les très nettes entorses acceptées par Mme May à ses « lignes rouges » : acceptation d’une facture de 50 milliards d’euros, reconnaissance d’une certaine compétence de la Cour de justice de l’UE pour trancher le contentieux du droit au séjour des continentaux résidant au Royaume-Uni et concessions à Dublin sur la question irlandaise.

Mais pour les défenseurs d’un « Brexit modéré » (maintien du maximum de liens avec l’UE), le même texte représente l’espoir d’une volte-face de Theresa May sur sa promesse centrale, favorable à un « Brexit dur » : la sortie du marché unique européen et de l’union douanière. Cet espoir est alimenté par le haut degré d’ambiguïté du texte. Il repose principalement sur ses dispositions relatives à l’Irlande.

La décision de Mme May de sortir du marché unique implique la recréation de la frontière entre les deux Irlande qui deviendra une frontière extérieure de l’Union. Or, l’accord fait deux promesses totalement contradictoires avec cette décision politique : pas de frontière entre le nord et le sud de l’Irlande (pour satisfaire Dublin) et pas de frontière entre l’Irlande du Nord et la Grande-Bretagne (pour satisfaire les unionistes du DUP à Belfast). La seule façon de résoudre l’équation serait que le Royaume-Uni demeure dans le marché unique européen. L’accord intervenu vendredi ouvre cette possibilité en stipulant qu’« en l’absence de solutions acceptées [pour l’Irlande], le Royaume-Uni maintiendra un alignement complet sur les règles du marché unique et de l’union douanière ».

Pareille éventualité reviendrait, en dupliquant les règles européennes pour l’Irlande du Nord (et potentiellement pour tout le Royaume-Uni dont l’Irlande du Nord est partie intégrante), à un « Brexit modéré », voire à un quasi-statu quo déguisé en Brexit. Dans ce scénario implicitement envisagé par l’accord, le Royaume-Uni suivrait la réglementation commerciale et douanière du marché unique et de l’union douanière sans en faire partie.

Paralysie

Cette ambivalence sur le point crucial du Brexit reflète le clivage qui mine le gouvernement de Theresa May depuis le référendum et paralyse son action. Cela n’a pas échappé aux dirigeants de l’UE. Ils ont prévenu Mme May que les discussions cruciales, attendues impatiemment par les Britanniques sur les futures relations commerciales, ne commenceraient pas avant février au plus tôt, le temps pour l’équipe de la première ministre de se mettre d’accord.

Plusieurs membres du gouvernement ont en effet reconnu publiquement que la question de la nature de ces relations à venir (Brexit dur ou modéré) n’a toujours pas été tranchée. Tandis que Boris Johnson et Michael Gove plaident pour une dérégulation apte à donner un avantage compétitif au Royaume-Uni, Philip Hammond défend au contraire un alignement maximal sur les règles de l’UE. Or, l’UE, qui n’a aucune envie de voir se développer à ses portes un paradis fiscal dérégulé de la taille du Royaume-Uni, risque de se montrer intransigeante. Vu le choix de Theresa May de sortir du marché unique, la seule issue pourrait résider dans un accord commercial du type de celui signé récemment avec le Canada. L’ennui est qu’il ne couvre pas le secteur des services, qui représente 80 % de l’économie britannique.

Donald Tusk, président du Conseil européen, a d’ailleurs prévenu Theresa May : le plus difficile reste à faire. « Nous savons tous que rompre est difficile. Mais rompre et construire une nouvelle relation est encore plus difficile », a-t-il remarqué. « La partie la plus dure du travail » a duré un an et demi (depuis le référendum de juin 2016), alors qu’il reste moins d’un an (jusqu’en octobre 2018, échéance induite par la procédure du Brexit) « pour négocier un arrangement transitoire et le cadre de nos futures relations ».

Brexit – Theresa May remporte de justesse une première manche au Parlement

Mardi, plusieurs votes importants ont été remportés par le camp conservateur, une première étape vers le Brexit programmé pour mars 2019.Le gouvernement britannique a remporté de justesse mardi une première manche au Parlement où se déroule une bataille majeure sur le projet de loi destiné à mettre fin à la suprématie du droit européen au Royaume-Uni dans le cadre du Brexit.

Pas de droit de véto. L’opposition travailliste a ainsi échoué, à une vingtaine de voix près, à faire voter un amendement prolongeant, pour une durée limitée, la période de transition post-Brexit. Plus tôt dans la soirée, le gouvernement conservateur de Theresa May avait bloqué, à une large majorité, un amendement déposé par des députés gallois et écossais visant à donner aux législatures décentralisées un droit de véto concernant tout accord de retrait définitif. Les parlementaires ont également adopté, avec une marge de 250 voix, l’abrogation de la loi de 1972 qui avait permis à la Grande-Bretagne d’intégrer la communauté européenne.

500 amendements au programme. Ces votes sont les premiers d’une longue série. Près de 500 amendements au projet de loi doivent être débattus par les députés britanniques au cours des prochains jours voire des prochaines semaines. Ce projet de loi de retrait de l’Union européenne doit permettre au pays de continuer à fonctionner normalement lorsqu’il aura coupé le cordon avec l’UE, fin mars 2019. Il avait été approuvé par un premier vote au Parlement en septembre.

Une courte majorité pour May. Le gouvernement risque une potentielle défaite sur certains amendements-clés, si des rebelles du Parti conservateur font alliance avec des députés du Labour, le principal parti d’opposition. La Première ministre Theresa May ne dispose que d’une courte majorité à la chambre des Communes, grâce à son alliance avec le DUP nord-irlandais.