Négociations sur le Brexit: May assure ne pas être dans une « autre galaxie »

La Première ministre britannique Theresa May a assuré dimanche ne pas être dans une « autre galaxie » quant aux négociations avec l’UE sur le Brexit, répondant à des critiques de responsables européens rapportées par la presse l’accusant d’être trop exigeante.

L’affaire faisait même dimanche la Une du Sunday Times: « May vit dans une autre galaxie, dit Bruxelles », écrit le journal, avant de relater la réunion qui s’est tenue mercredi à Londres entre Theresa May, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le négociateur en chef de l’Union européenne Michel Barnier.

La cheffe de l’exécutif britannique y aurait ainsi affirmé vouloir discuter d’un accord commercial entre l’UE et le Royaume-Uni avant de régler la question sensible de la facture du divorce, ce que refusent les Européens.

« Cela s’est très mal passé », aurait ensuite commenté M. Juncker, cité dans le Sunday Times par l’un de ses assistants, alors qu’il racontait, au téléphone, le contenu de la réunion à la chancelière allemande Angela Merkel.

« Elle est dans une autre galaxie. Sur la base de ce qui s’est passé pendant la réunion, une absence d’accord est plus probable qu’un accord », aurait ajouté le président de la Commission.

« Je ne suis pas dans une autre galaxie », a répondu Mme May, invitée à réagir dans l’émission politique dominicale The Andrew Marr show, sur la BBC.

« Mais je pense que (ces commentaires) et d’autres commentaires que nous avons vus de la part de dirigeants européens montrent qu’il y aura des moments où ces négociations seront difficiles », a-t-elle développé, répétant qu’une absence d’accord était préférable à un « mauvais accord ».

« Je tiens à m’assurer que nous tombions d’accord sur un accord commercial et les termes de la sortie », a-t-elle insisté.

« C’est pourquoi nous avons besoin d’un leadership plus fort et stable pour mener ces négociations », a ajouté Theresa May, qui a convoqué des élections législatives anticipées le 8 juin pour renforcer sa position en vue de ces négociations.

Lors d’un sommet à Bruxelles, samedi, les 27 dirigeants de l’UE ont adopté « unanimement » les principes directeurs qui guideront les négociateurs européens, illustrant ainsi leur unité revendiquée face au Royaume-Uni.

Décret « Airbnb »: les villes vont devoir trancher

Un décret donnant aux grandes villes la possibilité de contraindre les loueurs de logements utilisant des plateformes numériques à se déclarer en mairie, est paru au Journal officiel dimanche, sur lequel les municipalités vont devoir trancher.

Avec ce texte, le gouvernement cherche à garantir l’accès au logement pour les populations dans les grandes villes touristiques, et à répondre aux critiques des hôteliers qui crient à la concurrence déloyale des sites de location en ligne de logements meublés de courte durée.

Le texte permet aux communes de plus de 200.000 habitants et à celles de la petite couronne parisienne de créer un numéro d’enregistrement pour les meublés faisant l’objet d’une location de courte durée, afin de pouvoir vérifier qu’ils n’excèdent pas la durée limite légale de location de 120 jours par an lorsqu’il s’agit de résidences principales. Avec le cas échéant, des amendes pour les loueurs intensifs qui empiètent sur les plates-bandes des professionnels.

Le syndicat hôtelier Umih et son syndicat associé GNC (Groupement national des chaînes) se sont immédiatement félicités dimanche de la publication du décret: Face à Airbnb, Homeaway et Abritel, « la France se dote enfin d’outils pour permettre contrôle et transparence des locations meublées », souligne un communiqué reçu à l’AFP.

Les deux entités « appellent les municipalités à se saisir de cette nouvelle opportunité sans plus attendre ».

Airbnb de son côté met en valeur la difficulté de mise en oeuvre efficace du système: les collectivités devront procéder à des dizaines de milliers de contrôles et les particuliers devront faire plus de formalités en ligne: la simplicité du système actuel sera perdue.

La plateforme californienne, pour laquelle Paris est l’un des premiers marchés du monde avec 65.000 logements revendiqués, se défend de vouloir « ubériser » l’hôtellerie française, et dit vouloir au contraire promouvoir des solutions pro-actives pour développer le marché touristique.

Dans cet esprit, elle a trouvé « des solutions de collaboration avec les collectivités locales pour la collecte automatique de la taxe de séjour qui sera étendue à 50 communes au 1er mai », indique son communiqué.

Elle a aussi proposé en décembre à la ville de Paris de mettre en place un système de blocage automatique des personnes qui louent leur appartement plus de 120 nuits par an, et de lui transmettre les coordonnées de tous ceux qui demandent à dépasser ce seuil fatidique, permettant ainsi des contrôles ciblés et efficaces.

Selon AirBnB, ce système automatique de blocage a déjà été mis en place à Londres (à 90 nuits, selon la réglementation locale), et à Amsterdam. « Il permet d’avoir la certitude que les hôtes Airbnb ne partagent pas leur logement plus de 120 nuits par an, à moins qu’ils ne disposent d’une autorisation pour le faire » dit un communiqué de Airbnb dimanche. « Cela marche très bien » a ajouté un représentant d’Airbnb.

« Nous sommes dans l’attente d’une réponse de la ville de Paris », a-t-il ajouté en précisant que la plateforme californienne a proposé ce modèle à d’autres villes en France.

Turquie: TV censurée, nouvelles purges, accès à Wikipedia bloqué

Le gouvernement du président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan a interdit samedi les émissions télévisées de rencontres amoureuses et congédié près de 4.000 fonctionnaires, tout en bloquant l’accès à l’encyclopédie en ligne Wikipedia.

Selon un décret publié samedi en vertu de l’état d’urgence imposé après la tentative de coup d’État de juillet, les 3.974 fonctionnaires révoqués comprennent un millier d’employés du ministère de la Justice et un millier d’autres dépendant de l’armée.

Le décret donne le nom de tous les fonctionnaires concernés, au nombre desquels figurent notamment une centaine de pilotes et près de 500 universitaires.

Le 26 avril, la Turquie avait déjà arrêté plus de 1.000 personnes et suspendu plus de 9.100 policiers dans le cadre d’une nouvelle purge contre ceux qui sont présentés comme des partisans du prédicateur réfugié aux États-Unis Fethullah Gulen, auquel Ankara fait porter la responsabilité du coup d’État avorté du 15 juillet.

Dans le cadre de l’état d’urgence, 47.000 personnes ont déjà été arrêtées. Fethullah Gulen a démenti être à l’origine du coup d’Etat avorté, mais les autorités affirment que les purges sont nécessaires pour éradiquer ce « virus » de la société turque.

Dans un deuxième décret, le gouvernement a interdit les émissions télévisées très populaires de rencontres, une décision auquel le gouvernement préparait l’opinion depuis plusieurs mois.

Le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus avait critiqué en mars ces « programmes étranges qui mettent à la casse l’institution de la famille et lui retirent sa noblesse et sa sainteté ». « Si Dieu le veut, dans un proche avenir, nous allons y remédier grâce à des décrets d’urgence », avait-il averti.

Les opposants du parti islamo-conservateur AKP (au pouvoir) expriment fréquemment la crainte que la Turquie penche vers un islam conservateur, mais l’AKP répond que ces émissions suscitent des milliers de plaintes chaque année et que l’interdiction est dans l’intérêt du public.

L’accès à l’information, un droit humain fondamental

Ces décrets s’inscrivent dans le durcissement ayant suivi la victoire du président Recep Tayyip Erdogan au référendum du 16 avril qui lui a permis de renforcer ses pouvoirs.

Les autorités turques ont en outre bloqué samedi l’accès à Wikipedia. Ce blocage serait lié à des articles de l’encyclopédie établissant un lien entre Ankara et des organisations extrémistes.

La fermeture de l’accès en toutes langues du site en Turquie a été détectée à 5H00 GMT, à la suite d’une mesure administrative des autorités, selon Turkey Blocks, un organisme de surveillance en ligne.

L’Autorité des technologies de communication et d’information (BTK) a ensuite confirmé qu’elle avait appliqué cette mesure, sans toutefois la motiver: « Après une analyse technique et une évaluation juridique basée sur la loi 5651, une mesure administrative a été prise pour le site internet wikipedia.org ».

La loi 5651, approuvée en 2014 par le Parlement, confère des pouvoirs substantiels à la BTK en matière de régulation d’internet, mais elle est aussi critiquée par les défenseurs de la liberté d’expression qui voient en elle un instrument de musèlement.

Réagissant au blocage de Wikipedia, son fondateur Jimmy Wales a souligné sur Twitter que « l’accès à l’information est un droit humain fondamental. Peuple turc, je serai toujours à vos côtés pour défendre ce droit ».

D’après l’agence de presse progouvernementale Anadolu, citant le ministère des Transports et des Télécommunications, les autorités ont pris la décision de bloquer le site après que Wikipedia a refusé de retirer des articles dans lesquels la Turquie serait « mise sur le même plan » que des groupes extrémistes et accusée de « collaborer » avec eux.

De même source, le blocage pourrait être levé dès que ces articles auront été retirés.

Les autorités ne précisent pas de quelles organisations il s’agit, mais la Turquie réagit toujours très vivement à ce qu’elle assimile à de la « propagande terroriste » en faveur du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan, engagé dans une sanglante lutte armée contre Ankara depuis 1984.

Certains critiques, dont des militants kurdes, accusent Ankara de parfois collaborer avec les jihadistes en Syrie, une allégation fermement rejetée par les autorités turques.

Ces dernières années, les autorités turques ont bloqué temporairement à plusieurs reprises les accès à Facebook et Twitter, à l’occasion de grandes manifestations contre le pouvoir ou d’attentats.

Marine Le Pen rend un hommage discret aux victimes de la déportation

Marine Le Pen, candidate FN au second tour de la présidentielle, a déposé dimanche matin, sans convier la presse, une gerbe devant une stèle à Marseille pour la journée nationale du souvenir des victimes de la déportation, selon le tweet d’un de ses proches.

« Marseille, Marine Le Pen et Stéphane Ravier déposent une gerbe pour la journée nationale du souvenir des victimes de la déportation » a écrit dans un tweet accompagné de photos Kevin Pfeffer, conseiller régional FN Grand Est et membre de l’équipe de campagne.

Interrogé par l’AFP, le Front national a indiqué que Mme Le Pen et le sénateur-maire FN du 7e secteur de Marseille avaient déposé cette gerbe devant une stèle commémorant l’arrestation de trente enfants juifs et de leurs mères par la Gestapo le 20 octobre 1943, alors que ces enfants se croyaient à l’abri dans une bastide de Marseille, le château de La Verdière, dans les quartiers Nord. Marine Le Pen a également effectué dimanche matin une visite surprise sur le site de l’usine Altéo à Gardanne.

Le dépôt de gerbe intervient à quelques heures de la visite du candidat d’En Marche! Emmanuel Macron au mémorial de la Shoah à Paris, et après plusieurs polémiques pendant cette campagne présidentielle autour du FN sur la mémoire de la Seconde Guerre mondiale.

Mme Le Pen s’est mise lundi « en congé » de la présidence du FN, laissant la place au premier vice-président du FN, Jean-François Jalkh. Ce dernier a dû céder le poste dès vendredi à Steeve Briois, après avoir été accusé d’avoir mis en cause la réalité et l’ampleur de chambres à gaz pendant la Seconde Guerre mondiale lors d’un entretien avec une chercheuse.

M. Jalkh a démenti ces propos et annoncé une plainte, la chercheuse maintenant pour sa part cette retranscription et assurant en avoir les enregistrements.

La candidate du FN elle-même a été au coeur d’une vive polémique après avoir dit le 9 avril que la France n’était « pas responsable » de la rafle du Vel d’Hiv.

Enfin, deux de ses très proches et membres de son équipe de campagne, Frédéric Chatillon, chargé de la logistique, et Axel Loustau, conseiller régional FN francilien et co-responsable des finances de campagne, ont été accusés d’antisémitisme ou de négationnisme par plusieurs témoignages ce que les deux intéressés démentent vigoureusement.

Présidentielle: à une semaine du choix, zizanie dans une France à vif

« Et un pro-Le Pen viré de ma liste d’amis Facebook ! » A une semaine du second tour de la présidentielle en France, des repas de famille virent à l’aigre et des conversations entre amis, au café ou sur les réseaux sociaux, au pugilat verbal.

Des modérés affolés à l’idée d’une victoire de la candidate d’extrême droite Marine Le Pen, aux abstentionnistes furieux d’être sommés d’aller voter pour le jeune centriste Emmanuel Macron – qu’ils honnissent-, les Français en colère se déchirent.

« Les langues se délient, c’est horrible. Mon plus grand sport au boulot est d’éviter le sujet élections. Je découvre des gens », raconte Anne. Cette électrice, qui ne donne que son prénom, est hostile aux idées du Front national, le parti de Mme Le Pen, et vit dans le sud, une région largement acquise à l’extrême droite.

Sa fille Zoé, étudiante, a commencé par effacer trente de ses amis sur Facebook, avant de désactiver son compte, effarée de ne voir que des votes FN ou des abstentionnistes autour d’elle.

Des manifestants contre le résultat du premier tour et scandent « Ni Le Pen, ni Macron, #onvautmieuxqueça », le 27 avril 2017 à Rennes

Sept Français sur dix sont mécontents de l’affiche du second tour, selon un sondage.

« Quel que soit le président, il y aura un danger », assène Yves, étudiant communiste à Rennes (ouest) qui refuse de choisir le 7 mai entre l’extrême droite et le social-libéral Emmanuel Macron, un ancien banquier de 39 ans.

Comme lui, plusieurs milliers de lycéens et d’étudiants en colère ont défilé jeudi dans toute la France au cri de « ni Le Pen, ni Macron; ni patrie, ni patron », renvoyant dos à dos le projet « fasciste » de la première et « capitaliste » du second.

Si la qualification surprise de Jean-Marie Le Pen – père de Marine et co-fondateur du FN – au second tour de la présidentielle de 2002, avait suscité un « front républicain » et un rassemblement quasi-unanime derrière son adversaire d’alors Jacques Chirac, quinze ans plus tard, l’ambiance est radicalement différente.

« Il y a une sorte de diabolisation d’Emmanuel Macron », qui se voit notamment reprocher son passé de banquier d’affaires, « alors qu’en 2002 c’était à l’encontre de Jean-Marie Le Pen », souligne l’historien Jean Garrigues.

« Il y a des oppositions entre des mondes – grandes villes contre périphéries -, avec des gens qui ne se comprennent plus parce qu’ils n’ont plus la même expérience de vie », note Arnaud Mercier, spécialiste des réseaux sociaux.

Depuis la crise économique de 2008, les lignes de fractures se sont creusées, notamment entre protectionnistes, souvent partisans de la sortie de l’euro, et défenseurs d’une Europe ouverte.

« La société est devenue violente pour tout un tas de gens » et cela génère « des attitudes, des discours qui se radicalisent », souligne Arnaud Mercier. « Je le mesure à ce qui se dit sur les réseaux sociaux ».

Désillusion, rancoeur

Gérard Siad, un chef d’entreprise parisien de 52 ans, se dit « effrayé de voir que la France est extrêmement fracturée, en quatre blocs. On en arrive à une situation très tendue. Le front républicain ne fonctionne pas ».

Au premier tour, quatre candidats ont obtenu entre 19% et 24% des voix, du jamais vu en France. Les partisans des deux candidats restés au pied du podium, le tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon et le conservateur François Fillon, sont en colère.

Les partisans de Jean-Luc Mélenchon, s’exaspèrent d’être « sommés » de voter pour Emmanuel Macron afin de faire barrage à sa rivale, à l’instar de leur chef de file qui refuse de donner une consigne de vote.

« Marine Le Pen, je l’exècre, je la vomis, mais je me dis, est-ce que la France n’a pas besoin d’un vrai électrochoc ? », s’interroge Vanessa Harounyan, enseignante à Marseille (sud-est), tentée par l’abstention.

A droite, beaucoup d’électeurs ne digèrent pas la défaite historique de leur champion François Fillon, qui pour la première fois depuis 60 ans exclut les conservateurs du second tour d’un scrutin présidentiel.

Il y a « une désillusion terrible, une rancœur, une amertume », note Jean Garrigues. Avant d’être rattrapé par les affaires, M. Fillon était largement favori du scrutin.

« Je ne peux pas voter Macron et le combattre ensuite aux élections législatives » de juin, « ce n’est pas possible », martèle Antoine Bulard, étudiant en droit de 20 ans.

Malgré les nombreux amis qui l’ont appelé à « prendre ses responsabilités » pour empêcher l’élection de Marine Le Pen, il a décidé de voter blanc.

TPMP : l’émission de divertissement devenue phénomène de société

Ce jeudi soir, pour la 1000ème de son émission devenue culte, Cyril Hanouna est allé interpeller Emmanuel Macron devant la tour TF1, d’où il sortait après avoir participé à une émission politique. Amusé et visiblement complice du trublion de C8, le candidat En Marche s’est prêté au jeu de saluer l’émission et de lui souhaiter un joyeux anniversaire. Le finaliste de la Présidentielle a également appelé les téléspectateurs de l’émission à aller voter le 7 mai, mettant en avant l’idée que s’abstenir « c’est laisser les autres choisir ». Une séquence surréaliste qui au-delà d’impacter la campagne présidentielle, vient faire pénétrer Touche Pas à Mon Poste ! dans une autre ère. L’émission bascule désormais dans une nouvelle catégorie. De divertissement pur, le programme est devenu un phénomène de société que désormais la sphère politique cherche à s’accaparer. TPMP et son animateur vedette sont devenus les catalyseurs de la jeunesse populaire. Cyril Hanouna et son émission sont maintenant un moyen de parler directement aux jeunes. Après 5 ans dans le groupe Canal, TPMP semble être bien plus qu’une émission de divertissement.

 Hanouna – Macron : duo complice

Afin d’obtenir cette séquence surréaliste, Cyril Hanouna avait bien préparé son coup. L’animateur de C8 avait en effet annoncé le matin même sur Europe 1 son intention d’aller à la rencontre du candidat En Marche ! à sa sortie de la tour TF1. Ce jeudi soir, les images laissent la trace d’une improvisation totale. Cyril Hanouna, en plateau, décide subitement de partir à 23h00 pour se rendre en scooter devant les locaux de la chaîne privée, sans pour autant savoir s’il parviendra à rencontrer Emmanuel Macron. Arrivé devant la tour TF1, la sécurité de la chaîne laisse étrangement Cyril Hanouna attendre Emmanuel Macron qui arrive quelques minutes après. L’animateur interpelle alors le candidat et échange quelques mots avec lui. Mais à y regarder de plus près, la séquence semble au contraire être parfaitement organisée. La rencontre entre le candidat et Cyril Hanouna résulte d’un accord commun entre les deux parties. Cyril Hanouna obtient une séquence qui fait le buzz. Emmanuel Macron cultive son image de candidat jeune, qui bouleverse les codes. Ce moment fait définitivement basculer l’émission. Elle n’est plus un simple divertissement. Elle entre dans une stratégie politique. La séquence s’intègre parfaitement dans la plan d’Emmanuel Macron. Candidat starifié, médiatisé à outrance, Emmanuel Macron se sert presque de Cyril Hanouna pour s’attirer les faveurs de son jeune public. Le candidat à la Présidentielle vient de réaliser un énorme coup de communication. Il vient chercher les jeunes électeurs et les incite à voter pour lui en se rendant à la source même, en parlant et en se montrant proche de leur idole. Emmanuel Macron affirme son image de candidat singulier, jeune, moderne. La séquence est loin d’être improvisée. L’ancien ministre de l’Economie n’est pas surpris par l’arrivée de Cyril Hanouna. Il est parfaitement au courant de ce qu’il va se passer. Il a déjà préparé son discours. Il arrive, avec talent, à se rendre sympathique tout en rappelant l’échéance cruciale du 7 mai. La séquence a été organisée par C8 et les équipes d’Emmanuel Macron, en accord avec la direction de TF1. Hier soir, nous avons bel et bien assisté à une stratégie de communication organisée par le candidat. On est largement loin de la séquence présentée comme improvisée par Cyril Hanouna. Le moment témoigne de l’importance prise par TPMP depuis plus de 5 ans. L’émission est un phénomène de société qui dépasse désormais les cadres de la sphère médiatique. Emblème de la culture populaire et de la jeunesse, le divertissement se retrouve alors à avoir un poids politique. Emmanuel Macron l’a parfaitement compris et s’en est servi hier soir avec brio pour s’adresser directement aux jeunes. Ce jeudi, TPMP est devenu un relai, a fait le lien entre Emmanuel Macron et l’électorat jeune qu’il cherche à cibler.

 

Cinq ans de succès

Le tournant de l’histoire de TPMP, c’est son changement de chaîne. En 2012, Cyril Hanouna passe de France 4 à D8 pour prendre l’access prime-time de la nouvelle chaîne du groupe Canal. L’animateur amène avec lui Touche Pas à Mon Poste !, l’émission qu’il a lancée deux ans plus tôt sur la chaîne publique. Cinq ans plus tard, TPMP fête sa 1000ème émission et est devenu un programme culte, avec son lot de séquences mythiques et de polémiques. L’émission ne laisse personne indifférent et est un véritable phénomène de société. A l’origine de ce succès, une stratégie parfaitement maîtrisée par Cyril Hanouna et ses équipes de production. L’animateur a ainsi été le premier à comprendre l’importance que pouvait avoir Twitter. Dès les premières émissions sur France 4, TPMP a su tisser un lien très fort avec ses téléspectateurs par l’intermédiaire des réseaux sociaux. Les fans pouvaient en effet envoyer des vidéos, des messages, des photos à l’équipe de TPMP afin d’apparaitre dans l’émission. Plus qu’une émission de télévision, Touche Pas à Mon Poste ! est l’émission des réseaux sociaux. Sur D8, Cyril Hanouna a réussi à développer avec talent une énorme communauté de fans, les fanzouzes. Mettant en avant une certaine idée de proximité entre lui et ses téléspectateurs, l’animateur s’est constitué une véritable armée de fans, qui n’hésite pas à aller au front sur les réseaux sociaux dès que leur protégé et leur émission préférée sont attaqués et critiqués. Lançant des hashtags à la gloire du programme et de son animateur, live-tweetant l’émission en direct afin de la mettre en Trending Topic – sujets les plus commentés sur Twitter – retweetant et commentant chaque photo des chroniqueurs de TPMP, les fanzouzes ont réussi à développer la portée de l’émission. Une forme de passation de pouvoir. Par son excentricité, sa science du direct et son humour, Cyril Hanouna a fait le succès médiatique de TPMP. Il a ensuite transmis le relai à ses fans qui ont réussi à en faire une réussite majeure sur les réseaux sociaux. Mais au-delà de cette stratégie efficace sur Internet, TPMP puise son succès dans sa capacité à entretenir le buzz permanant. Depuis plusieurs saisons, Cyril Hanouna répond à chacune des attaques que l’on peut faire à son encontre. En répondant souvent à des personnalités plus puissantes que lui comme Alain Delon ou Brigitte Bardot, l’animateur a réussi à mettre son émission au cœur de l’actualité. C’est en accumulant les séquences volontairement trashs, en multipliant les polémiques et en répondant perpétuellement aux personnalités qui critiquent son émission que Cyril Hanouna a permis à TPMP de sortir de la sphère médiatique. L’animateur en est alors devenu le symbole assumé de la culture populaire. Les Sardines et Kendji sont devenus les hymnes de l’émission. Et l’arrivée de Quotidien sur la même case horaire en face est venue accentuer cette image. Face à l’émission de Yann Barthès, jugée bobo et branchée, TPMP est l’émission populaire par excellence. En cinq ans, Cyril Hanouna est devenu le chantre de la culture de masse, l’emblème du populaire en utilisant avec une grande maîtrise les réseaux sociaux et la science de la polémique.

Quel avenir pour Cyril Hanouna ?

Un jour la question va forcément se poser : que va bien pouvoir faire Cyril Hanouna après TPMP ? L’émission n’est pas éternelle. L’animateur ne va pas forcément tenir encore cinq ans le rythme d’un programme quotidien et particulièrement intense. Les spectateurs vont peut-être eux-mêmes se lasser de l’émission. Alors à ce moment-là, que pourra faire Cyril Hanouna ? N’est-il pas condamné à être l’animateur d’une seule émission ? N’est-il pas déjà forcé à ne connaître qu’un seul succès ? Car s’il a réussi à développer une énorme communauté de fan, le trublion de C8 a également énormément de détracteurs. Il y a autant de gens qui adulent Cyril Hanouna que de personnes qui le détestent. A ce titre, son aventure sur Europe 1 est terriblement révélatrice des difficultés que pourraient connaître Cyril Hanouna après TPMP. A la rentrée 2014, l’animateur arrive avec Les Pieds dans le Plat pour remplacer Laurent Ruquier, parti présenter Les Grosses Têtes sur RTL. Si l’émission était un succès lorsqu’elle était diffusée entre 10h30 et 12h30, elle est un échec énorme entre 16h et 18h30. Les fidèles d’On Va S’Gêner qui n’avaient pas l’intention d’aller écouter RTL n’ont pour autant pas suivi l’émission de l’animateur de C8, le jugeant bien moins fin et légitime que Laurent Ruquier pour occuper cette tranche. Cyril Hanouna n’a pas réussi à séduire les auditeurs et l’émission s’est arrêtée après deux saisons ternes. Le problème, c’est que les auditeurs d’Europe 1 ne sont pas allés écouter l’émission par manque de sympathie pour Cyril Hanouna tandis que ses fans ne l’ont pas reconnu dans cette émission et n’ont pas retrouvé l’animateur qu’ils aimaient tant dans TPMP. Il s’agit ici du risque principal pour l’animateur de C8. S’il continue encore trop longtemps Touche Pas à Mon Poste !, Cyril Hanouna se coupera définitivement des téléspectateurs qui ne le regardent pas et le jugent négativement. Ceux-ci ne le suivront ainsi pas le jour où il lancera une nouvelle émission, quelque soit la qualité de celle-ci. Mais un jour, Cyril Hanouna n’aura plus la même énergie, la même fouge, et ce sont ses fans originels qui risquent alors de s’éloigner de lui et de le délaisser. Il ne peut pas prendre le risque de s’éterniser. S’il veut continuer sa carrière à la télévision, il est peut-être temps de changer d’image. A moins que son avenir se dirige vers la production et la direction de chaîne comme il le laissait entendre il y a plusieurs semaines dans TPMP.

Ce jeudi soir, TPMP a basculé dans une nouvelle phase de son existence. En interpellant Emmanuel Macron, Cyril Hanouna est devenu l’objet de sa communication. Le candidat d’En Marche a ainsi vu en l’émission de C8 le moyen d’attirer les jeunes, de s’adresser directement à eux pour mieux les séduire. En cinq ans, le programme est devenu un véritable phénomène de société. Succès médiatique monumental, fervent représentant de la culture populaire, emblème d’une certaine jeunesse, TPMP a su maîtriser les réseaux sociaux et les polémiques afin de s’imposer comme l’émission culte des années 2010. Mais à trop chercher le buzz, à trop puiser son succès dans les polémiques, l’émission commence à perdre certains de ses fidèles originels. S’il veut conserver son impact médiatique et prolonger le succès de son émission, il est peut-être temps pour Cyril Hanouna de changer de ton et de se donner une nouvelle image.

Des journalistes dénoncent le comportement du FN envers les médias

Les sociétés de journalistes de 28 rédactions (AFP, Alternatives Economiques, BFMTV, CAPA, Les Echos, Le Figaro, France2, France3, France 24, France Culture, France Info, France Inter, L’Humanité, Libération, le JDD, M6, Mediapart, Le Monde, L’Obs, Le Point, Premières Lignes, Quotidien, RFI, RMC, RTL, Télérama, LaTéléLibre, TF1 , La Voix du Nord), auxquelles s’associe l’équipe de C L’info, protestent dans un communiqué contre la décision du Front national de « choisir les médias autorisés à suivre Marine Le Pen ».

Après une série de cas où des journalistes se sont vu interdire l’accès à des événements où se rendait la candidate du Front national ou son équipe de campagne, les sociétés de journalistes de plusieurs médias ont signé le texte suivant :

« A l’occasion de la campagne pour le second tour de l’élection présidentielle, le Front national a décidé de choisir les médias qui sont autorisés à suivre Marine Le Pen. Plusieurs titres de presse ont ainsi vu leur représentant tenu à l’écart de toute information et de toute possibilité de suivi sur le terrain de la candidate du Front national. Ainsi, après Mediapart et Quotidien (et avant lui son prédécesseur Le Petit Journal), l’AFP, Radio France, RFI, France 24, Le Monde, Libération et Marianne, notamment ont été à un moment ou à un autre victimes de ces exclusives. Il ne s’agit donc en rien d’un recours à la pratique du “pool” de journalistes où les informations et images sont partagées.

Nous protestons de la manière la plus ferme qui soit contre cette entrave à la liberté de faire notre métier et de remplir notre devoir d’informer.

Il n’appartient pas à une formation politique, quelle qu’elle soit, de décider des médias habilités à exercer leur rôle démocratique dans notre société. »

C L’info persona non grata d’une réunion publique de Marion Maréchal-Le Pen

Le 11 avril dernier, le Front National avait organisé à Bayonne une réunion publique avec la présence de Marion Maréchal-Le Pen, afin de soutenir la candidature de sa tante à l’élection présidentielle. Notre correspondant dans le Sud Ouest, Franck Paillanave, a alors contacté par téléphone le bureau local du FN 64 afin de s’accréditer. Après plusieurs minutes de négociations avec les dirigeants de la fédération (en précisant bien ne pas avoir la carte de presse), notre reporter obtient l’autorisation pour couvrir le meeting. Il se déplace alors à Bayonne (étant basé à Pau) pour réaliser ce reportage. Mais couac à l’arrivée : finalement, impossible de rentrer, malgré de nombreuses tentatives et le déplacement (avec les frais de péage et d’essence).

 

Nous déplorons bien sûr ce choix, car nous avons souhaité, au cours de cette campagne, donné la parole à tous les partis.

Le Pen à l’attaque sur le terrain, mise en garde de Hollande

François Hollande a averti mardi que « rien n’est fait » dans la bataille pour le second tour de l’élection présidentielle, pendant que Marine Le Pen accentuait les œillades aux électeurs de François Fillon et Jean-Luc Mélenchon.

Cible des attaques de sa rivale, Emmanuel Macron devrait répliquer mardi soir au JT de France 2, après un déplacement à l’hôpital de Garches, en région parisienne, sur le thème de « la prise en charge des patients en situation de handicap ».

« La campagne reprend ses droits », a confirmé sur BFM TV Arnaud Leroy, porte-parole d’Emmanuel Macron.

« L’enjeu, c’est que le Front national soit le plus faible possible » le 7 mai, a affirmé le chef de l’État depuis Laval, déplorant qu' »il n’y a pas eu de prise de conscience de ce qui s’est passé dimanche », avec la qualification au premier tour de Marine Le Pen derrière Emmanuel Macron.

« Je pense qu’il convient d’être extrêmement sérieux et mobilisé, de penser que rien n’est fait parce qu’un vote ça se mérite, ça se conquiert », a averti François Hollande, qui a appelé lundi à voter pour son ancien conseiller et ministre.

Le chef de l’État François Hollande à Laval, le 25 avril 2017

La candidate du Front national s’est rendue tôt mardi au marché de gros de Rungis (Val-de-Marne), avec l’objectif affiché de rallier des voix sur sa droite et sa gauche.

A défaut d’obtenir des soutiens d’élus LR, Marine Le Pen a eu « une pensée pour les électeurs de François Fillon », victimes selon elle d’une « trahison » du candidat qui a appelé dès dimanche soir à voter pour le candidat d’En Marche!

A destination des électeurs du leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, qui n’a pas pris position pour le second tour, elle s’est posée en candidate de la « régulation », contre Emmanuel Macron, partisan « du libre-échange total ».

Emmanuel Macron à Paris lors de l’hommage national mardi 25 avril 2017 à Xavier Jugelé, le policier tué lors de l’attentat sur les Champs-Elysées jeudi 20 avril 2017

Invitée sur TF1 mardi soir, Marine Le Pen tiendra jeudi soir un meeting à Nice, bastion de la droite qui a placé François Fillon devant elle, puis au Parc des Expositions de Villepinte pour un grand meeting à l’occasion du traditionnel 1er-Mai frontiste.

Cette stratégie de forte présence sur le terrain contraste avec celle d’Emmanuel Macron, qui a annoncé à la dernière minute sa visite à Garches et prévoit mercredi un déplacement dans la Somme, où se rendra à l’usine Whirlpool d’Amiens, menacée de fermeture, avant un meeting dans le Pas-de-Calais à Arras, deux départements où Marine Le Pen est arrivée en tête dimanche.

Le temps des explications

L’attitude du candidat d’En Marche!, qui consacre son début de semaine à des consultations en vue d’une future majorité au risque de donner l’impression d' »enjamber » le second tour, a été critiquée par le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis. Pour lui, Emmanuel Macron a pensé « à tort » dimanche soir « que c’était fait alors que ce n’est pas fait ».

« Nous n’allons pas faire l’économie du combat face à Marine Le Pen », a assuré mardi le secrétaire général d’En Marche! Richard Ferrand.

Les deux finalistes se sont retrouvés mardi dans la cour de la préfecture de police à Paris, à l’invitation de François Hollande, lors de l’hommage national au policier tué jeudi dernier dans un attentat sur les Champs-Élysées.

A droite, le président du Sénat Gérard Larcher s’est félicité que Les Républicains soient restés unis dans la perspective des législatives des 11 et 18 juin.

Cependant le débat est lancé en coulisses. Des proches d’Alain Juppé doivent se retrouver mardi soir à Paris autour du maire de Bordeaux, qui a jugé nécessaire de « revoir la ligne politique » de LR.

Le bureau politique du parti a avalisé lundi un texte de compromis appelant à « voter contre Marine Le Pen pour la faire battre au second tour », sans appeler à voter Macron.

Ce compromis masque des divergences entre un Laurent Wauquiez qui exclut de participer à une coalition autour d’Emmanuel Macron et un Bruno Le Maire qui n’aurait « aucune hésitation » à intégrer le gouvernement si le leader d’En Marche! se retrouvait sans majorité claire à l’Assemblée.

Pour sa part, Nicolas Sarkozy va annoncer qu’il votera en faveur de l’ex-ministre de l’Économie, selon des sources LR concordantes.

Au PS, après la déroute de Benoît Hamon, M. Cambadélis a promis que « le temps des explications aurait lieu » mais « après les législatives ».

Macron répond aux critiques et affirme que « rien n’est gagné »

Emmanuel Macron a assuré mardi que « rien n’est gagné » dans la bataille du second tour de la présidentielle face à Marine Le Pen, répondant à un avertissement de François Hollande, pour qui le score du FN au premier tour ne doit pas être sous-estimé.

Très offensive, la candidate du Front national, arrivée dimanche deuxième derrière Emmanuel Macron avec un record de voix historique pour son parti,multipliait pendant ce temps les œillades aux électeurs de François Fillon et Jean-Luc Mélenchon.

« L’enjeu, c’est que le Front national soit le plus faible possible » le 7 mai, a affirmé le chef de l’État depuis Laval, estimant qu' »il n’y a pas eu de prise de conscience de ce qui s’est passé dimanche ».

« Je pense qu’il convient d’être extrêmement sérieux et mobilisé, de penser que rien n’est fait parce qu’un vote ça se mérite, ça se conquiert », a averti François Hollande, qui avait appelé lundi à voter pour son ancien conseiller et ministre.

En marge d’une visite à l’hôpital de Garches (Hauts-de-Seine), Emmanuel Macron lui a répondu en affirmant que « rien n’est jamais gagné, il faut se battre ».

Le candidat d’En Marche! a aussi assuré n’avoir « aucun regret » d’avoir célébré dimanche sa première place à la brasserie parisienne La Rotonde. « C’était sincère et je l’assume totalement », a-t-il rétorqué sur France 2, ajoutant « ne pas avoir de leçon à recevoir ».

Le candidat d’En Marche! Emmanuel Macron (3eD) lors d’une visite de l’hôpital de Garches (Hauts-de-Seine), en compagnie du Dr Patrick Pelloux (2eD), syndicaliste et médecin urgentiste

Deux stratégies

Marine Le Pen avait commencé la journée au marché de gros de Rungis (Val-de-Marne). A défaut d’obtenir des soutiens d’élus LR, elle a eu « une pensée pour les électeurs de François Fillon », victimes selon elle d’une « trahison » du candidat qui a appelé dès dimanche soir à voter Emmanuel Macron.

A destination des électeurs du leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, qui n’a pas pris position pour le second tour, elle s’est posée en candidate de la « régulation », contre Emmanuel Macron, partisan « du libre-échange total ».

Le candidat d’En Marche! a fait un signe aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon, se disant sur France 2 « triste » pour eux. « Je pense qu’ils valent beaucoup mieux que ce qu’il leur a dit dimanche soir », a-t-il déclaré.

Marine Le Pen tiendra jeudi soir un meeting à Nice, bastion de la droite qui a placé François Fillon devant elle, puis au Parc des Expositions de Villepinte pour un grand meeting à l’occasion du traditionnel 1er mai frontiste.

Cette stratégie de forte présence sur le terrain contraste avec celle d’Emmanuel Macron, qui a annoncé à la dernière minute sa visite à Garches et prévoit mercredi un déplacement dans la Somme. Il se rendra à l’usine Whirlpool d’Amiens, menacée de fermeture, avant un meeting dans le Pas-de-Calais à Arras, deux départements où Marine Le Pen est arrivée en tête dimanche.

L’attitude du candidat, qui a consacré son début de semaine à des consultations en vue d’une future majorité au risque de donner l’impression d' »enjamber » le second tour, a été critiquée par le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis.

Divergences à droite

Les deux finalistes se sont retrouvés mardi dans la cour de la préfecture de police à Paris, à l’invitation de François Hollande, lors de l’hommage national au policier tué jeudi dernier dans un attentat sur les Champs-Élysées.

A droite, le débat est lancé en coulisses. Des proches d’Alain Juppé devaient se retrouver mardi soir à Paris autour du maire de Bordeaux, qui a jugé nécessaire de « revoir la ligne politique » de LR.

Le bureau politique du parti a avalisé lundi un texte de compromis appelant à « voter contre Marine Le Pen pour la faire battre au second tour », sans appeler à voter Macron.

Ce compromis masque des divergences entre un Laurent Wauquiez qui exclut de participer à une coalition autour d’Emmanuel Macron et un Bruno Le Maire qui n’aurait « aucune hésitation » à intégrer le gouvernement si le leader d’En Marche! se retrouvait sans majorité claire à l’Assemblée.

Pour sa part, Nicolas Sarkozy va annoncer qu’il votera en faveur de l’ex-ministre de l’Économie, selon des sources LR concordantes.

Au PS aussi, les tensions sont vives après la cinquième place de Benoît Hamon et les doutes sur la stratégie à suivre avant les élections législatives. Manuel Valls, partisan d’un rapprochement avec En Marche! dans le cadre d’une future majorité, a ainsi prévenu devant ses proches que « personne ne peut nous exclure du PS » à cause du soutien à M. Macron.

L’Elan Bearnais renoue avec la victoire face au BCM 94-83

Pour la 29ème journée de Pro A, l’Elan Béarnais Pau-Lacq-Orthez recevait l’équipe de Gravelines au Palais des Sports de Pau.

Une équipe de Pau en feu en 1ère mi-temps

L’Elan Béarnais réalise un très bon début de match, elle devance l’équipe de Gravelines-Dunkerque sereinement, malgré un passage du BCM pendant 2 minutes en milieu de 1er quart-temps. Pau se permet même de creuser l’écart fortement jusqu’à la fin du 2ème quart-temps. A la mi-temps, Pau mène 49 à 35, grâce notamment à 11 points marqués par son numéro 6 Antywane Robinson, de retour sur le parquet après plusieurs semaines d’absences pour blessure. Son capitaine Alain Koffi a également marqué 11 points, alors que le nouveau joueur palois John Cox en a marqué 7 pour le moment.

Pau maintient son avance en 2ème mi-temps

L’équipe de Pau revient des vestiaires motivée pour la 2ème partie du match, et arrive à rester à plus de 10 points du visiteur nordiste, allant jusqu’à 18 points d’écart à la 8ème minute du 3ème quart-temps. Le reste du match est un enchaînement de panier, toujours à l’avantage de Pau, même si Gravelines-Dunkerque se rapproche vers la fin. Le match se finit sur le score de 94 à 83 pour Pau.

Le nouveau joueur de l’Elan Bearnais John Cox peut faire la fierté de son club après ce soir. Pour son 1er match avec le maillot de Pau, l’américano-vénézuelien a marqué 20 points dans ce match.

Pau est ce soir qualifié pour les playoffs avant son déplacement dimanche à Limoges.

Législatives: le nouveau président aura du mal à avoir une majorité

Quelle majorité parlementaire pour le futur locataire de l’Élysée? Les états-majors des partis sont déjà tournés vers l’après-second tour de la présidentielle et la bataille des législatives en juin.

Considérant comme acquise l’élection d’Emmanuel Macron, les partis se préparent déjà aux législatives des 11 et 18 juin qui s’annoncent comme le troisième tour décisif de la présidentielle avec une recomposition en vue à l’Assemblée.

Dès dimanche soir, le candidat d’En Marche! s’est projeté lui-même au-delà du second tour, voulant « dès à présent construire une majorité de gouvernement et de transformation nouvelle » et prévoyant selon son entourage de consacrer les journées de lundi et mardi aux « négociations politiques » à cette fin.

Persuadés que les Français lui donneront une majorité, comme ils le font habituellement pour un nouveau président, l’ancien ministre a fermé jusqu’ici la porte à tout accord d’appareil, hormis au MoDem de François Bayrou, et affirmé qu’il aurait des candidats dans les 577 circonscriptions, dont la moitié issus de la société civile.

Mais à côté de « ces nouveaux visages », Emmanuel Macron compte sur des parlementaires sortants pour le rejoindre, de gauche comme de droite. Si une trentaine de députés PS l’ont parrainé pour la présidentielle, les députés LR et UDI ont jusqu’à présent résisté à ses appels du pied.

Pour Bruno Jeanbart, de l’institut Opinionway, Emmanuel Macron a « un risque de voir une majorité lui échapper et d’avoir un très gros bloc LR-UDI ».

« Tout dépendra de l’offre électorale: s’il y a un candidat En marche!, un candidat de La France insoumise et un candidat PS dans chaque circonscription, au vu de la règle nécessitant 12,5% des inscrits pour se maintenir au second tour, la droite a des chances d’avoir des bases plus solides », juge-t-il.

La droite rêve d’une cohabitation

C’est le pari des Républicains qui croit encore à l’alternance après l’élimination de François Fillon.

« J’ai le sentiment que nos idées restent majoritaires », a déclaré dimanche soir le chef de file des députés LR Christian Jacob en appelant à « la mobilisation » pour les législatives.

« Le seul mot d’ordre dans les semaines qui viennent, c’est nous battre pour avoir la majorité à l’Assemblée et imposer une cohabitation à M. Macron », a renchéri lundi le député du Pas-de-Calais, Daniel Fasquelle.

Le président de l’UDI Jean-Christophe Lagarde a également exclu lundi une suspension de l’accord entre son parti et LR, ainsi que des négociations avec En Marche!.

« La recomposition se fera après les législatives, pas avant », prévoit ainsi un député UDI.

Au PS, après la déroute de Benoît Hamon, l’objectif va être, sous la houlette de Bernard Cazeneuve, d’éviter l’effondrement comme en 1993, lorsqu’ils avaient été réduits à une cinquantaine d’élus.

D’autant plus que le PS risque d’éclater en deux groupes à l’Assemblée, l’un pro-Macron, l’autre en opposition avec éventuellement des écologistes ou des « insoumis ». « Ceux qui sont en désaccord, notamment sur l’Europe, sur l’économie, sur l’entreprise, sur les questions de sécurité, peuvent-ils encore être dans la même famille politique? Personnellement je ne le crois pas », a jugé ainsi lundi Manuel Valls.

Autre inconnue, le bon résultat de Jean-Luc Mélenchon va-t-il se concrétiser aux législatives? « Il y a très certainement une attractivité du candidat Jean-Luc Mélenchon très au-delà du courant politique », prévient M. Jeanbart. En 2012, le Front de gauche n’avait ainsi fait élire que dix députés en dépit des 11% de M. Mélenchon.

Le Front national, qui ne croit que modérément à une victoire de Marine Le Pen, espère néanmoins tirer aux législatives les bénéfices de sa présence au second tour en attirant à lui une partie des électeurs de la droite.

En dépit d’un mode de scrutin, majoritaire à deux tours, qui lui a toujours été défavorable, il y a « l’espoir de former un groupe pour la première fois depuis 1986, pas au niveau de leur poids électoral, mais avec un nombre conséquent de députés qui pourrait s’échelonner entre 20 et 50 », selon M. Jeanbart.

Présidentielle: Bruxelles dit ‘ouf’ même si la défiance anti-UE persiste

Le soulagement était palpable lundi à Bruxelles après la qualification du pro-européen Emmanuel Macron pour la finale de la présidentielle française, même si le scrutin a une nouvelle fois illustré une forte défiance face à l’UE.

La dirigeante d’extrême droite du Front national, Marine Le Pen, s’est qualifiée dimanche pour le deuxième tour avec 7,6 millions de voix (21,53%), derrière M. Macron (23,75%).

Avec le score important du candidat de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon (19,64%), le vote de défiance face à l’Union européenne d’aujourd’hui dépasse les 40%, souligne Catherine Fieschi, directrice du centre de recherche sur les populismes Counterpoint, basé à Londres.

L’empressement avec lequel les dirigeants européens ont adressé dimanche soir leurs félicitations à Emmanuel Macron illustre l’inquiétude qui régnait quant à l’essor des mouvements populistes et europhobes, après le référendum sur le Brexit et l’élection aux Etats-Unis de Donald Trump.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, est même sorti de la réserve habituelle pour féliciter dès dimanche soir le candidat centriste et lui souhaiter « bon courage pour la suite ». Marine Le Pen « vise la destruction de l’Europe », a justifié lundi son porte-parole, Margaritis Schinas.

« Bruxelles était inquiet, il y a un soulagement », mais « il ne faut pas crier victoire car le second tour n’est pas joué », a pour sa part souligné le commissaire européen à l’Economie, le Français Pierre Moscovici (socialiste), en appelant à voter en faveur de M. Macron.

Electeurs aliénés

Il faut « combattre pied à pied les impostures du Front national : l’imposture du Frexit (sortie de la France de l’UE sur le modèle du Brexit, ndlr) et de la sortie de l’euro », a-t-il insisté, jugeant « assez effrayant » que « 7,6 millions de Français (aient) mis ce bulletin dans l’urne ».

« Il ne faut pas sous-évaluer le vote Le Pen parce qu’il est l’indice d’un mécontentement qui se manifeste non seulement en France, mais dans beaucoup de pays européens », a constaté de son côté le président du Parlement européen, Antonio Tajani.

En Autriche, le parti d’extrême droite autrichien FPÖ a célébré « un nouveau succès » pour « le printemps patriotique en Europe ». « Les vieux partis de l’establishment et leurs représentants discrédités vont graduellement disparaître jusqu’à devenir insignifiants dans toute l’Europe », a espéré son président Heinz-Christian Strache.

Après la victoire des partisans de la sortie du Royaume-Uni de l’UE en juin 2016 et la saga présidentielle autrichienne, finalement remportée par un écologiste face au FPÖ en décembre, les formations europhobes espéraient engranger victoire sur victoire en 2017, marquée par des élections aux Pays-Bas, en France et en Allemagne (en septembre prochain).

Mais comme Marine Le Pen dimanche, le dirigeant d’extrême droite néerlandais Geert Wilders, longtemps donné en tête par les sondages, est arrivé deuxième lors des législatives à la mi-mars. Il a toutefois engrangé « 500.000 électeurs de plus (qu’en 2012) à un moment où il y a très peu de chômage et où les Pays-Bas vont bien », souligne Catherine Fieschi.

« Même quand il y a une reprise économique en Europe, comme c’est actuellement le cas, cette reprise ne semble avoir aucun impact sur la déception et la mobilisation des électeurs populistes », analyse-t-elle.

« A moins de faire une politique plus proche de gens, en traitant leurs problèmes au quotidien, comme la question des services publics ou la façon dont ils se sentent valorisés socialement, ces électeurs vont se sentir de plus en plus aliénés », juge-t-elle.

Mais d’autres voient un tournant dans la présidentielle française, que M. Macron pourrait remporter, selon les sondages, avec plus de 60% des voix au deuxième tour le 7 mai prochain.

Présentation du duel du second tour avec cartes des résultats de chaque candidat par département au premier tour, sondage pour le second tour et résultats des autres candidats

« Après les élections aux Pays-Bas et en Autriche, et alors que (la formation populiste) AfD chute dans les sondages en Allemagne, le premier tour en France suggère que les populistes ont perdu énormément de terrain en 2017 », estime Stefan Kreuzkamp, analyste chez Deutsche Asset Management.

« Le pire de la vague de colère populiste pourrait bientôt être passé en Europe », veut croire aussi Holger Schmieding, analyste chez Berenberg.

Et l’élection de « l’europhile » Emmanuel Macron « pourrait insuffler une nouvelle vie au +moteur+ franco-allemand », prédit Giles Merritt, directeur du centre de réflexion Friends of Europe.

Fillon, désormais « militant de cœur », ne mènera pas le « combat » des législatives

Le candidat défait de la droite à la présidentielle François Fillon a dit lundi devant le bureau politique de LR n’avoir « plus la légitimité pour mener » le « combat » des législatives et vouloir « redevenir un militant de cœur », selon une déclaration transmise à la presse.

« Ce combat (des élections législatives), il est désormais entre vos mains. Je n’ai plus la légitimité pour le livrer avec vous. Je vais redevenir un militant de cœur parmi les autres. Je vais devoir penser ma vie autrement, panser aussi les plaies de ma famille », a déclaré l’ancien Premier ministre et actuel député de Paris. M. Fillon a quitté la réunion après quelques minutes.

Le syndicat policier Alliance invite à voter contre le FN

Le syndicat policier Alliance « invite à voter contre la candidate du Front national » au second tour de l’élection présidentielle, dans un communiqué diffusé lundi.

« Aujourd’hui, si chaque policier est libre de son choix, Alliance Police Nationale, syndicat majoritaire, invite à voter contre la candidate du Front national », écrit l’organisation majoritaire chez les gardiens de la paix.

« Alliance a une responsabilité par rapport à des valeurs, par rapport à cette démocratie sociale à laquelle nous croyons, et moi je crois, mais c’est aussi le choix de l’organisation, que certains positionnements du FN sont incompatibles avec ceux que nous défendons », a déclaré à l’AFP son secrétaire général Jean-Claude Delage.

Le syndicat avait déjà appelé à « faire barrage » à Jean-Marie Le Pen, père de la candidate FN, lors du scrutin présidentiel de 2002.

Alliance « attend du candidat républicain et son gouvernement, une fois élus, des mesures fortes pour les policiers et en faveur de la sécurité de nos concitoyens et se tient prêt à apporter son expertise sans compromission », ajoute le syndicat dans le communiqué.

Marine Le Pen a réussi une percée inédite dans les outre-mer

Marine Le Pen a réussi une percée inédite dans les outre-mer, où elle arrive même en tête en nombre de voix, sur fond d’abstention massive, plus de la moitié des électeurs ultramarins ne s’étant pas rendus aux urnes.

Si elle n’est arrivée en tête dans aucun des 11 territoires habités, la candidate du Front national est en deuxième position dans la majorité d’entre eux, et totalise le plus grand nombre de voix sur l’ensemble des outre-mer, devant Jean-Luc Mélenchon et François Fillon. Emmanuel Macron n’arrive qu’en quatrième position.

Marine Le Pen a d’ailleurs salué dès dimanche soir « nos compatriotes d’outre-mer qui ont exprimé à mon égard une confiance qui m’honore ».

Longtemps absent des territoires ultramarins, le FN a réussi à s’implanter progressivement. Aux européennes de 2010, il avait obtenu plus de 10% des voix en moyenne.

Dimanche soir, Marine Le Pen a recueilli plus de 32% des voix en Polynésie et 29% en Nouvelle-Calédonie, derrière François Fillon. Elle a aussi réalisé 27% des suffrages à Mayotte, 24% en Guyane et 23,5% à La Réunion.

« Désormais, les outre-mer ne sont plus des digues pour le FN », note Patrick Karam, ancien délégué interministériel à l’Outre-mer.

Une poussée du FN qui ne surprend pas Yves Combeau, universitaire et politologue à La Réunion, où en 5 ans, Marine Le Pen a « plus que doublé son score ». « Ce vote était perceptible dans les conversations », explique-t-il, le mettant en corrélation avec une abstention elle aussi très élevée.

La candidate du FN à Saint-Pierre-et-Miquelon le 24 mars 2016

Cibler les territoires

« Ils expriment un désengagement très fort, une colère sur les questions sociales et les sujets du quotidien », estime M. Combeau, mais aussi « une déception par rapport aux élus, et le fait que les outre-mer ne sont pas entendus ».

Pour la ministre des Outre-mer Erika Bareigts, il y a dans ce vote « un rejet des partis traditionnels. Je l’interprète également comme une volonté de changement profond de la relation des outre-mer à l’Hexagone ».

Durant la campagne, la dirigeante frontiste a accordé une attention particulière aux ultramarins, avec un programme spécifique. « Elle était la seule candidate à avoir presque systématiquement parlé des outre-mer dans ses discours et ses interventions médiatiques », note M. Karam.

Marine Le Pen sur un marché de Cayenne en Guyane le 16 décembre 2016
L’ancien président de Polynésie, Gaston Flosse, pris en photo à Papeete le 25 février 2016, avait appelé à voter pour Marine Le Pen

« Elle a stratégiquement travaillé », confirme Christiane Rafidinarivo, politiste et chercheuse invitée au Centre de recherches politiques (CEVIPOF-Sciences Po). « Elle a présenté une politique outre-mer axée sur le développement maritime », et « elle a pris la peine de faire campagne », « en adaptant ses thèmes » et « en ciblant les territoires », note la chercheuse, citant l’exemple de Mayotte, où la candidate a dénoncé la forte pression migratoire venant des îles voisines des Comores et défendu l’exaspération des villageois mahorais.

La candidate du FN s’était aussi rendue à Saint-Pierre-et-Miquelon, à La Réunion et en Guyane.

Ce dernier territoire, marqué par un long conflit social avant l’élection pour dénoncer « un retard structurel par rapport à la métropole », a également prêté une oreille plus attentive à son discours sur l’immigration ou, comme d’autres territoires qui se sentent délaissés par la métropole, à sa volonté de « développer le patriotisme économique sur les produits ultramarins ».

La leader frontiste peine encore à se rendre aux Antilles, où elle est, comme son père avant elle, empêchée d’atterrir par des militants de gauche hostiles.

Mais l’image des Antilles imperméables au FN n’est plus de mise. Marine Le Pen a réalisé une hausse historique de 8 points en Guadeloupe (13,51% des voix), et de 6 points en Martinique (11%).

Depuis la dernière présidentielle, la candidate frontiste a « travaillé ses relais locaux » dans les territoires, sur le plan politique, en ouvrant des antennes du FN, mais surtout dans la société civile, analyse Mme Rafidinarivo.

En Nouvelle-Calédonie, où le FN n’a pourtant aucun élu territorial, c’est l’approche du référendum d’autodétermination et la radicalisation du discours de la frange la plus à droite des non-indépendantistes qui a profité à Marine Le Pen.

En Polynésie, où 20 élus lui ont accordé leur parrainage, elle a bénéficié du soutien de l’ancien président du territoire, Gaston Flosse, qui a appelé à voter pour elle, et reste très populaire malgré ses condamnations.

Cambadélis: « le temps de l’explication n’est pas venu »

Le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a estimé lundi que les résultats de l’élection présidentielle marquaient pour le PS « la fin d’une époque » et appelaient « un profond renouvellement », même si « le temps de l’explication n’est pas venu ».

« Ces résultats marquent la fin d’une époque et appellent un profond renouvellement tout en gardant la spécificité du Parti socialiste : gouverner à gauche pour transformer », a déclaré M. Cambadélis au lendemain de la cuisante défaite de Benoît Hamon au premier tour de l’élection (6,35% selon les résultats globaux, hors Français de l’étranger).

« L’introspection viendra. L’analyse de cette défaite prendra du temps, car elle vient de loin. Mais pas maintenant. Car le temps de l’explication n’est pas venu », a ajouté le député de Paris, dans une déclaration solennelle prononcée au siège du PS à l’issue d’une réunion du Bureau national du Parti.

« Aujourd’hui, il faut se situer dans le temps de l’action. Et la séquence politique va jusqu’au 18 juin et la fin des élections législatives », a-t-il complété.

Plusieurs membres du gouvernement étaient présents à ce BN exceptionnel, marqué, selon des participants, par une certaine « gravité » alors que le Front national est qualifié pour le second tour de la présidentielle : Stéphane Le Foll, Najat Vallaud-Belkacem, Laurence Rossignol, Jean-Marie Le Guen.

« L’esprit c’est que nous devons être responsables », a expliqué un député proche de Benoît Hamon.

« Ce que tout le monde partage, à 95% des socialistes, c’est que le second tour n’est pas joué, alors qu’Emmanuel Macron a fait moins de 25% des voix au premier tour » (23,75%, devant Marine Le Pen à 21,53%).

Selon un autre député, le mot d’ordre était clairement à « l’unité » : nous avons « un seul combat, unitaire contre l’extrême droite », il s’agit « qu’on ne se disperse pas dans des questions concernant les législatives, l’avenir du PS, elles viendront en leur temps, mais elles sont secondaires » aujourd’hui, a souligné cette source.

Présidentielle: Hollande appelle à voter Macron

La campagne du second tour de l’élection présidentielle s’est ouverte lundi avec une journée de « négociations politiques » pour le favori Emmanuel Macron, pour qui François Hollande a solennellement appelé à voter, tandis que Marine Le Pen est repartie sur le terrain dans le Pas-de-Calais.

« La présence de l’extrême droite fait une nouvelle fois courir un risque pour notre pays (…) Face à un tel risque, la mobilisation s’impose et la clarté des choix. Pour ma part, je voterai Emmanuel Macron », a déclaré le chef de l’État dans une allocution télévisée à l’Élysée.

Selon les « résultats globaux », hors Français de l’étranger, communiqués par le ministère de l’Intérieur, M. Macron est arrivé en tête du premier tour avec 23,75% des suffrages devant la présidente du Front national (21,53%). François Fillon est arrivé troisième avec 19,91% des voix, devant Jean-Luc Mélenchon, à 19,64%.

Les deux finalistes, invités par le chef de l’État à participer mardi à l’hommage national au policier tué dans un attentat sur les Champs-Élysées, préparent désormais le traditionnel débat télévisé de l’entre-deux-tours, prévu le 3 mai.

Leurs entourages ont indiqué qu’ils avaient chacun l’intention d’y participer, alors qu’en 2002 le président sortant, Jacques Chirac, avait refusé d’affronter Jean-Marie Le Pen.

On est challengeur, clairement

En attendant, Emmanuel Macron, tout en se préparant pour remporter le second tour, devait selon son entourage consacrer les journées de lundi et mardi aux « négociations politiques » dans le but de former une majorité, en prévision des législatives des 11 et 18 juin.

Critiqué pour avoir fêté le résultat du premier tour à La Rotonde, une brasserie du quartier de Montparnasse, le candidat d’En Marche! pourrait tenir un meeting dans sa ville natale d’Amiens avant le 7 mai.

De son côté, Marine Le Pen est repartie dans son fief électoral du Pas-de-Calais pour arpenter les allées du marché de Rouvroy.

Alors que les ralliements à M. Macron se sont multipliés dès dimanche soir, de Benoît Hamon à François Fillon, la présidente du FN a brocardé devant la presse « le vieux front républicain tout pourri, dont plus personne ne veut » qui « essaie de se coaliser » contre elle.

Pour ce deuxième tour, « on est challengeur, clairement », a jugé le vice-président du FN Florian Philippot, qui a demandé à Nicolas Dupont-Aignan d’être « cohérent » en appelant à voter pour Marine Le Pen. Le président de Debout la France (4,75% des suffrages), réunissait lundi les instances de son parti et devrait se prononcer dans les prochains jours.

Selon deux sondages réalisés dimanche soir, Emmanuel Macron battrait largement Marine Le Pen, à 62%-38% selon Ipsos Sopra Steria, à 64%-36% selon Harris Interactive.

La présidente du FN tiendra jeudi un meeting d’entre-deux-tours à Nice.

La journée était agitée chez Les Républicains: avec l’élimination de François Fillon, la droite est absente du second tour pour la première fois sous la Ve République.

Lors d’un comité politique en matinée, les principaux responsables LR ont laissé éclater leurs divergences sur un appel explicite à voter pour Emmanuel Macron, optant finalement pour un compromis qui exclut l’abstention au second tour. Un bureau politique était prévu à 17h00.

A l’issue d’une réunion de son bureau national, le PS a pour sa part appelé « à battre l’extrême droite » et donc « à voter » pour Emmanuel Macron.

« Cette prise de position a été unanime au sein du bureau national du PS et c’est suffisamment rare pour que ce soit souligné », a déclaré le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, appelant les socialistes à « s’engager dans la bataille », après le score historiquement faible de Benoît Hamon (6,35%).

La fin d’un cycle

Le scrutin de dimanche a vu l’élimination des deux partis dominant la vie politique depuis quarante ans: le parti gaulliste, aujourd’hui Les Républicains, et le Parti socialiste. Deux partis ayant organisé une primaire ouverte.

A droite, Jean-Pierre Raffarin, ex-soutien d’Alain Juppé, a jugé « trop facile de trouver un bouc-émissaire » en la personne de François Fillon.

« Défaite personnelle » d’une « droite recroquevillée » sur « ses seules bases bourgeoises et conservatrices », estime le maire de Tourcoing Gérald Darmanin, ex-soutien de Nicolas Sarkozy.

Au PS, Manuel Valls a analysé « la fin d’un cycle ». « Ceux qui ne partagent pas les mêmes idées, qui sont en désaccord notamment sur l’Europe, sur l’économie, sur l’entreprise, sur les questions de sécurité, peuvent-ils encore être dans la même famille politique ? Personnellement je ne le crois pas. Donc doit venir le temps, enfin, de la clarification », a prôné l’ancien Premier ministre, soutien de Macron dès avant le premier tour.

Le Parti radical de gauche (PRG) a appelé à voter Macron et proposé de « bâtir avec lui une coalition large de gouvernement ».

A gauche, Jean-Luc Mélenchon, le candidat de la France insoumise n’a pas donné de consignes de vote, expliquant s’en remettre à l’avis des 450.000 soutiens de sa plateforme internet.

A l’étranger, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a souhaité « bon courage pour la suite » à Emmanuel Macron. Le gouvernement allemand a apporté son soutien en saluant « sa position pour une UE forte et une économie sociale de marché ».

La Bourse de Paris, galvanisée par l’anticipation d’une victoire de l’ancien ministre de l’Économie, voyait les valeurs bancaires bondir pour certaines de quelque 10%.

Visite en Arabie saoudite du président égyptien Sissi pour sceller le dégel

Le roi Salmane d’Arabie saoudite a évoqué dimanche avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi les « relations fraternelles et solides » entre Ryad et Le Caire, à l’occasion d’un sommet scellant le réchauffement entre les deux pays après une période de tension.

Les deux dirigeants ont « passé en revue les relations fraternelles et solides et les domaines de coopération entre les deux pays », écrit l’agence officielle saoudienne SPA en rendant compte des entretiens.

La situation dans la région a également retenu l’attention des deux chefs d’État, a ajouté l’agence.

Le roi Salmane, entouré des principaux responsables saoudiens, avait accueilli M. Sissi à son arrivée plus tôt à Ryad d’avion et a ensuite offert un déjeuner en son honneur, selon SPA.

La présidence égyptienne a indiqué, en annonçant la visite, que la « lutte contre le terrorisme, qui menace désormais la sécurité et la stabilité de la nation arabe voire de la communauté internationale dans son ensemble » serait au cœur des discussions en Arabie saoudite.

La visite souligne, selon la même source, la volonté des deux pays de « renforcer leurs relations privilégiées dans différents domaines ».

Après plusieurs mois de tensions entre leurs deux pays, les dirigeants des deux puissances régionales s’étaient rencontrés fin mars en marge du sommet arabe en Jordanie.

Dix jours auparavant, l’Arabie saoudite avait repris ses livraisons de pétrole à l’Égypte interrompues brutalement en octobre 2016.

Ces livraisons de pétrole avaient été suspendues au moment où les deux pays avaient fait éclater leur désaccord au sujet du conflit en Syrie.

Le Caire s’est rapproché de la Russie, alliée du président syrien Bachar al-Assad, tandis que Ryad soutient des groupes d’opposition au régime syrien.

Peu avant l’arrêt des livraisons, l’Égypte avait d’ailleurs voté en faveur d’une résolution sur la Syrie proposée par Moscou à l’ONU, à laquelle Ryad s’opposait fermement.

Par ailleurs, un accord signé en avril pour la rétrocession de deux îlots de la mer Rouge à l’Arabie saoudite a aussi été compromis par une décision de justice égyptienne, ajoutant à la tension.

Mais la justice égyptienne a invalidé le 2 avril une décision s’opposant à cette rétrocession, voulue par le gouvernement égyptien mais très critiquée dans le pays et qui a fait l’objet d’une série de décisions de justice contradictoires ces derniers mois.

Ryad avait apporté un soutien sans faille à M. Sissi, artisan de la destitution en 2013 du président islamiste Mohamed Morsi, versant des milliards de dollars d’aide au Caire.

Turquie: manifestations à Istanbul contre les résultats du référendum

Des centaines de personnes ont manifesté dimanche à Istanbul contre la victoire proclamée du oui au référendum du 16 avril sur l’élargissement des pouvoirs du président turc Recep Tayyip Erdogan.

Le référendum sur cette réforme constitutionnelle s’est soldé par une victoire plus maigre que prévu pour M. Erdogan, avec l’approbation de 51,41% des votants. Les opposants affirment que le résultat aurait dû être inverse dans un scrutin équitable.

Près d’un millier de partisans du principal parti d’opposition turc, le Parti républicain du peuple (CHP), ont manifesté contre les résultats annoncés du vote sur l’emblématique place Taksim.

La manifestation a coïncidé avec le 97e anniversaire de l’instauration du Parlement turc, une date célébrée comme la fête de la Souveraineté nationale.

De l’autre côté du Bosphore, dans le quartier historique de Kadikoy, des centaines d’autres manifestants exprimaient leur opposition aux résultats du référendum. « Annulez le référendum! », lisait-on sur une bannière.

« Il est très important d’être là pour défendre les principes essentiels de la république », a dit Bahattin Soydar, un partisan du CHP qui manifestait place Taksim.

Le résultat du scrutin avait été contesté par l’opposition après que le Haut conseil électoral, a décidé à la dernière minute le jour du vote de considérer comme valides les bulletins de vote non marqués du sceau officiel.

Mais ce recours a été rejeté par le Haut conseil électoral la semaine dernière.

L’opposition a annoncé qu’elle allait porter cette question devant le Conseil d’Etat.

Le Parlement a en outre tenu dimanche une séance spéciale qui a vu éclater des débats houleux entre le chef de file du CHP, Kemal Kilicdaroglu, et le Premier ministre Binali Yildirim.

« L’Histoire n’oubliera jamais les parlementaires qui ont permis de confier la souveraineté de la nation à une seule personne », a lancé M. Kilicdaroglu lors de cette séance.

Gratuite, Orange Bank sera lancée le 6 juillet

L’opérateur télécoms Orange lancera le 6 juillet sa banque sur mobile « Orange Bank », en ambitionnant de concurrencer les acteurs traditionnels avec une offre gratuite et innovante dont il compte aussi faire un outil de rétention de ses abonnés.

Confronté à une forte pression concurrentielle et réglementaire sur son coeur de métier, le numéro un français des télécoms a fait des services financiers un des axes prioritaires de sa diversification.

Avec Orange Bank, l’opérateur espère séduire deux millions d’abonnés en l’espace de dix ans en misant sur son gisement de 30 millions de clients mobiles, son réseau déjà fourni de boutiques et un cadre réglementaire permettant désormais de changer plus facilement de banquier.

Les principales banques en ligne en France, ING Direct et Boursorama (Société Générale), comptent aujourd’hui un million de clients chacune.

« Je pense que le secteur bancaire n’a pas encore fait sa vraie transformation digitale », a déclaré le PDG Stéphane Richard, qui a dévoilé les contours de la nouvelle offre lors de la conférence annuelle de l’opérateur dédiée aux innovations.

« C’est une banque qui a été pensée, réfléchie, préparée par des équipes mixtes avec des gens qui connaissent bien les usages digitaux et des experts de la banques. »

Pour séduire, Orange fait le pari de la gratuité – pas de frais de tenue de compte ou de carte bancaire – et en prime un cadeau de bienvenue pour les nouveaux clients qui devrait représenter 80 euros, selon une source interne.

Le nouveau service, accessible à la fois via une application sur mobile et un réseau de boutiques dédiées, sera testé auprès des salariés d’Orange à compter de la mi-mai avant d’être commercialisé auprès du grand public le 6 juillet.

Il proposera d’emblée un compte, une carte bancaire, une autorisation de découvert et un livret d’épargne, avant de s’enrichir de nouveaux services comme le crédit et l’assurance.

Point mort d’ici 4/5 ans

Orange Bank, qui devrait coûter de l’argent à l’opérateur dans les premières années, espère atteindre le point mort d’ici quatre ou cinq ans, a précisé Stéphane Richard à des journalistes en marge de la conférence.

« Ce n’est pas un projet qui est destiné à gonfler les résultats d’Orange, c’est clair », a-t-il ajouté.

L’opérateur compte se rémunérer principalement sur les commissions prélevées sur les transactions, sur les frais facturés en cas de découvert et avec les crédits, notamment à la consommation.

Pour Stéphane Beyazian, analyste à Raymond James, Orange Bank sera surtout un outil permettant de retenir ses clients grâce à des services additionnels.

« La stratégie d’Orange Bank apparaît positionnée sur le volume de clients plutôt que sur les frais », explique l’analyste dans une note. « Cela ressemble de plus en plus à une stratégie pour maintenir un premium sur les prix dans les télécoms et limiter les désabonnements plutôt que de créer un nouveau business qui s’autofinance. »

Outre des tarifs attractifs, Orange Bank met en avant des services innovants comme la possibilité d’effectuer des virements par SMS, de connaître de manière instantanée l’état de ses comptes, de suspendre temporairement l’usage de sa carte bancaire en cas de perte ou de faire appel à un assistant virtuel disponible jour et nuit.