Cartes grises : déblocage en vue

Les bugs et difficultés d'utilisation du nouveau système d'émission des cartes grises et des permis de conduire, source d'exaspération des usagers et professionnels de l'automobile, vont peut être enfin trouver leur solution. C'est ce que laissent espérer en tout cas les professionnels dont les organisations représentatives ont été reçues mardi soir au ministère de l'Intérieur.

"Nous voulons que le gouvernement nous donne un agenda de sortie de crise", avait déclaré à l'AFP Francis Bartholomé, le président du Conseil national des professionnels de l'automobile (CNPA), qui ne l'a pas vraiment obtenu. Au cours de cet échange en effet, le secrétaire général du ministère de l'Intérieur a annoncé que "le bug était identifié et le problème informatique résolu".

Il s'est même montré rassurant, citant des chiffres de délivrance des cartes grises sensiblement conformes à ce qu'ils étaient en volume au même mois de novembre l'année dernière. Des chiffres que l'on peine à croire vu l'embouteillage considérable de dossiers non aboutis qui étouffent les Préfectures.

Néanmoins, le processus d'attribution des immatriculations provisoires WW a pu reprendre mardi. Elles sont traitées par le centre d'Amiens, affecté en priorité à résorber les 22 000 dossiers reconnus en souffrance des professionnels pour des véhicules importés. Les livraisons pourront donc s'effectuer dans la foulée, au fur et à mesure du traitement des demandes.

Menace de malus

Mais pour les particuliers, l'horizon de va pas s'éclaircir aussi vite car ils butent trop souvent sur un dossier informatique qui n'est pas reconnu. Depuis le 6 novembre, les demandes d'immatriculation transitent en effet via le site internet de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), chargé désormais de gérer les demandes. Mais, comme Le Point l'a dénoncé, le site a présenté de sérieux dysfonctionnement après que l'expérience réalisée sur une vingtaine de départements test à été basculée brutalement à l'échelon national.

En quelques jours, les bugs informatiques se sont accumulés et ont fini par geler totalement le système. Impossible de trouver de l'aide par téléphone, ou auprès des rares "médiateurs numériques" censés recevoir, dans les préfectures, les personnes n'ayant pas accès à Internet. Rapidement débordés, puisque les fonctionnaires auparavant chargés de la délivrance de ces documents administratifs ont été réaffectés à de nouvelles taches, ils ont laissé malgré eux s'allonger les files d'attente d'usagers mécontents.

Là, pas de calendrier précis sur un retour à la normale, situation d'autant plus fâcheuse qu'au 1er janvier entre en application le nouveau malus écologique, beaucoup plus pénalisant qu'en 2017. Or, une voiture qui aurait du être immatriculée avant la fin de l'année, dans les délais légaux, n'y échappera plus en 2018. Le ministère a pris acte de cette problématique sans indiquer toutefois quelle solution il compte proposer. Un nouveau rendez-vous le 19 décembre devrait permettre de dresser un point d'étape et avant cela d'indiquer comment seront débloqués les dossiers d'inscription au permis de conduire. Également dématérialisés, ils sont soumis aux mêmes aléas informatiques qui retardent d'autant la présentation au permis de conduire.

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