La campagne déborde sur le terrain judiciaire au lendemain d’un débat virulent

La campagne présidentielle a débordé jeudi sur le terrain judiciaire avec la plainte d’Emmanuel Macron, après les insinuations de Marine Le Pen concernant un prétendu compte offshore.

A trois jours du second tour, le candidat d’En Marche! a reçu un soutien de marque, celui de l’ancien président américain Barack Obama.

Les deux finalistes sont repartis sur le terrain. Marine Le Pen, qui devait aussi se rendre en Picardie, a été accueillie en Bretagne en début d’après-midi par des jets d’oeufs lancés par un groupe d’opposants. Emmanuel Macron a lui été vivement interpellé par des militants syndicaux à Albi sur la loi travail.

« J’espère que l’on n’apprendra pas que vous avez un compte offshore aux Bahamas… », avait glissé la candidate du Front national. « De la diffamation », avait répliqué le candidat d’En Marche!

« Nous n’hésiterons pas à poursuivre en diffamation quiconque reprendra cette fausse information », a précisé l’entourage de M. Macron jeudi. Un peu plus tôt, l’ancien ministre avait accusé Mme Le Pen de propager des « fausses annonces et mensonges » émanant de « sites pour certains liés à des intérêts russes ».

La candidate, reçue avant le premier tour par Vladimir Poutine au Kremlin, avait reconnu jeudi matin ne pas « avoir de preuve ».

Au lendemain d’un débat d’entre-deux-tours décrié pour sa virulence, l’entourage d’Emmanuel Macron a annoncé à l’AFP que le candidat avait déposé plainte contre X pour « faux, usage de faux et propagation de fausse nouvelle destinée à influencer le scrutin ». Le parquet de Paris a ouvert dans la foulée une enquête préliminaire.

Obama en soutien

En début d’après-midi, En marche! a diffusé une vidéo dans laquelle l’ancien président américain Barack Obama fait savoir qu’il « soutient » le candidat, lequel s’en est dit « très très heureux ».

Jugeant le scrutin « d’une importance capitale pour l’avenir de la France et les valeurs que nous chérissons », M. Obama y affirme qu’il « admire » la campagne du candidat de 39 ans qui s’adresse aux «  »espoirs » et non aux « peurs ».

Ces développements interviennent au lendemain d’un débat télévisé jugé « d’une brutalité inédite » et improductif par nombre de commentateurs. Il a été regardé par près de 16,5 millions de téléspectateurs (17,8 millions en 2012, 20 millions en 2007).

« J’ai beaucoup pensé à Jacques Chirac (qui avait refusé le débat avec Jean-Marie Le Pen, NDLR) et à la campagne de 2002 (…) je crois qu’il faut débattre avec le Front national. » « On n’arrive pas à tordre le cou à tous les mensonges, mais on en tue quelques-uns », a cependant considéré M. Macron jeudi.

Le débat « a bousculé un peu les codes, mais c’était important de réveiller les Français » et de montrer qu’Emmanuel Macron n’est pas « un homme neuf », mais « sort du gouvernement de François Hollande », a estimé Marine Le Pen.

Entre invectives et échanges décousus, les finalistes se sont opposés avec acharnement sur l’ensemble des sujets abordés, la sortie de l’euro et la lutte contre le terrorisme suscitant des échanges particulièrement vifs.

Débat pénible

Pour François Hollande, ce débat « pénible à suivre » a été « utile » en révélant le projet « non seulement incohérent mais dangereux » de Marine Le Pen. L’ex-Premier ministre PS Manuel Valls a aussi jugé que la candidate avait « montré son vrai visage (…) injure, violence, mensonge, approximation », face à un Emmanuel Macron « à la hauteur, pugnace, précis, compétent ».

Ce débat « n’a pas fait bouger les lignes », a considéré Alexis Corbière, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, alors que deux tiers des adhérents de La France insoumise privilégient le vote blanc ou nul, ou l’abstention. Le journaliste-réalisateur et candidat aux législatives François Ruffin a lui averti Emmanuel Macron, « haï » selon lui, de sa « légitimité fragile » en cas de victoire.

« Ca n’était pas un débat d’idées (…), c’était un affrontement de personnes, presque un pugilat », a réagi Bernard Accoyer, secrétaire général de LR, tandis qu’Alain Juppé a déploré un débat « constamment tiré vers le bas » par les « mensonges » et l' »incompétence » de la candidate FN.

Plusieurs soutiens de Mme Le Pen interrogés par l’AFP se sont dits, sous couvert d’anonymat, déçus par sa prestation. « MLP catastrophique sur l’euro. Voilà », a tweeté Julien Rochedy, ex-président du FN Jeunesse. Cofondateur du FN et père de la candidate Jean-Marie Le Pen a jugé que sa fille avait « manqué de hauteur ».

18 ans, Etudiant en première année de relations internationales, passionné par l’actualité depuis le plus jeune âge.
Créateur de C L’Info

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