Bitcoin : La fin de l’anonymat est proche

Le Parlement européen et la Banque centrale de Chine proposent des recommandations pour vérifier l’identité des utilisateurs de crypto-monnaies, sur les bourses, à travers les fournisseurs de porte-monnaie digital et sur tous les autres moyens ou participants impliquées présents ou à venir. L’anonymat, une des piliers des crypto-monnaies, fait l’objet d’une surveillance attentive de la part des gouvernements des pays les plus industrialisés et des principales banques centrales. Alors que les transactions libellées en crypto-monnaies s’accroissent dans le monde entier, les régulateurs et autres organismes de surveillance durcissent les directives qui visent à vérifier et identifier les utilisateurs d’argent virtuel.

Les restrictions du Parlement

Le Parlement européen a récemment publié un rapport détaillant les directives visant à empêcher l’utilisation du système financier aux fins de blanchiment de capitaux ou de financement du terrorisme. Le 15 mars 2017, les membres du Parlement européen ont publié un nouveau projet de loi intitulé « Directive modifiant (UE) 2015/849 ».

Le rapport est le suivant: « Les récentes attaques terroristes ont mis en évidence de nouvelles tendances, notamment en ce qui concerne la façon dont les groupes terroristes se financent et mènent leurs opérations. Certains moyens technologiques modernes deviennent de plus en plus populaires en tant que systèmes financiers alternatifs et restent en dehors du champ d’application de la législation de l’Union Européenne ou bénéficient d’exemptions qui ne peuvent plus être justifiées.
Les «moyens technologiques modernes» dont il est question dans le rapport est un euphémisme pour pointer du doigt les crypto-monnaies et de leur utilisation pour blanchir de l’argent provenant du trafic d’armes, de drogues, de trafic d’êtres humains et d’autres formes de criminalité organisée. Citant ces formes de commerce illicite comme des véhicules de financement du terrorisme, le rapport identifie la monnaie virtuelle comme le mécanisme de soutien de cet écosystème criminel.Selon le rapport, parce que les bourses de crypto-monnaies et les fournisseurs de porte-monnaie digital ne sont pas obligés d’identifier les activités suspectes, les groupes terroristes peuvent transférer de l’argent dans le système financier de l’UE en tirant pleinement parti du degré d’anonymat fourni par les plateformes de monnaie virtuelle.

Le rapport indique: « Pour lutter contre les risques liés à l’anonymat, les Brigades Nationales de Renseignements Financiers (BNRF) devraient être en mesure d’associer l’adresses d’une devise virtuelle avec l’identité du propriétaire de cette monnaies virtuelles. En outre, la possibilité de permettre aux utilisateurs de se déclarer aux autorités désignées sur une base volontaire devrait être explorée plus avant. »

Ce que l’UE essaie de combattre est compréhensible et le libellé du rapport suggère une approche équitable en ce qui concerne les droits des utilisateurs individuels de monnaie virtuelle. L’article 26 du rapport décrit une approche équilibrée qui limiterait les données d’identification du grand public (ou aux registres publics / systèmes publics) qui devraient également être clairement définies, « de manière à minimiser les dommages potentiels pour les bénéficiaires effectifs ». De plus, la section stipule que les données obtenues auprès de détenteurs de devises virtuelles ne devraient concerner que les opérateurs d’entreprises et de grands groupes financiers uniquement sur leurs activités professionnelles.

Equilibre entre vie privée et contrôle financier

Bien que la directive vise à établir un équilibre entre le respect de la vie privée et le contrôle financier, elle cherche également à révéler publiquement certaines de ces informations afin que les tiers et la société civile puissent savoir qui détient quelle monnaie et, éventuellement, combien. Le langage du rapport identifie les «registres nationaux» ou un système de registres interconnectés où les informations peuvent être stockées et référencées.

Bien que n’utilisant pas la «blockchain» mondiale, nous pouvons supposer qu’une forme de blockchain pourrait être la solution recherchée par l’UE qui satisferait à la fois le besoin de savoir des régulateurs tout en protégeant la vie privée des utilisateurs. Selon le rapport, cette mesure (et d’autres) permettrait de résoudre les problèmes d’évasion fiscale ainsi que l’utilisation abusive d’entités juridiques et les arrangements juridiques, susceptibles d’être utilisés pour frauder ou abuser des avoirs financiers. De plus, le Parlement propose de créer le rôle de «fournisseur de portefeuilles dépositaires» en tant qu’entité qui fournirait des services pour protéger les clés cryptographiques privées des clients qui sont utilisées pour détenir, stocker et transférer des devises virtuelles.

Comment exactement cela va-t’il se manifester reste encore un mystère, car les utilisateurs devront essentiellement faire confiance aux dépositaires de leurs fonds personnels.Avec tant de légalité à discuter, la directive doit maintenant être lue par le Conseil européen avant que toute politique ou réglementation puisse être adoptée. La directive a jusqu’au 26 juin 2017 pour que tous les États membres de l’UE se mettent en conformité – clôturant le délai de deux ans pour sa mise en œuvre selon les termes fixés le 25 juin 2015.

Bien que le résultat de cette directive soit inconnu, l’amendement 26, proposé par la Commission, pourrait donner un aperçu de l’attitude et de la position de l’UE à cet égard.

«Les devises virtuelles»: sont une représentation numérique de valeur qui n’est ni émise par une banque centrale ni par une autorité publique, non attachée à une monnaie légalement établie, qui ne possède pas le statut juridique de monnaie ou d’argent, mais qui peuvent être acceptées par des personnes morales comme moyen d’échange ou à d’autres fins, et peuvent être transférés, stockés ou échangés par voie électronique. Les devises virtuelles ne peuvent pas être anonymes.  »
Ca c’est pour le parlement européen.

Les recommandations chinoises

La Banque populaire de Chine (BPC) a rédigé également de nouvelles recommandations qui, si elles étaient promulguées, forceraient les transactions en crypto-monnaies à se conformer aux réglementations bancaires et à vérifier l’identité des clients.

Après des mois d’incertitude quant à l’avenir des plateformes chinoises de bitcoin (BTCC, Huobi, OKCoin), la volonté de la BPC semble d’expérimenter comment le bitcoin et d’autres monnaies virtuelles sont achetés, vendus et échangés.Selon le Wall Street Journal, les échanges de bitcoin en Chine seraient nécessaires pour recueillir des informations pour identifier les clients ainsi que pour installer des systèmes “pour collecter et signaler les activités commerciales suspectes aux autorités; La banque centrale Chinoise serait chargée de régler les problèmes de fraudes sur les plateformes de transaction ».

La position de la Chine sur cette question peut finalement mettre en place un précédent sur les crypto-monnaies, non seulement en Chine mais mais aussi planétairement. D’après Bloomberg News, la BPC(Banque Populaire Chinoise) avait travaillé, à la fin de février 2017, au développement d’une monnaie numérique reconnue à l’échelle nationale, considérée par beaucoup comme une approche « si vous ne pouvez pas les battre rejoignez-les » concernant bitcoin et autres monnaies virtuelles.
Selon le site calvinayre.com: »Zhou Xuedong, directeur de la branche gestion d’entreprises de la BPC, a récemment dit que les autorités doivent réfléchir à des « mécanismes de réglementation à long terme »et sur les éxigences réglementaires pour toutes les plateformes de transactions de devises numériques au niveau chinois.En outre, Zhou a promis de mettre à l’index les échanges qui ne suivent pas les directives établies par le BPC.

Les raisons pour lesquelles la Chine resserre son étau sur les crypto-monnaies sont simples, toute la panoplie des investisseurs chinois a essayé d’utiliser Bitcoin pour faire sortir de l’argent de Chine, afin d’éviter de souffrir de la dépréciation du Yuan. Quelles que soient les réelles motivations des initiatives comme celle de la BPC ou celle l’UE, elles expriment surtout la volonté des banques centrales et des gouvernements à en savoir plus sur les plateformes de transactions et les utilisateurs individuels des crypto-monnaies.

Coinbase, l’une des principales plateformes de transaction de crypto-monnaies, est même allée jusqu’à exiger de certains membres qu’ils justifient leur identité en produisant une photo webcam. Avec KYC (connaître votre client) et AML (anti-blanchiment d’argent), la méthode Coinbase peut devenir une norme pour les échanges courants qui veulent respecter la loi. Les utilisateurs qui cherchent à rester vraiment anonymes ont déjà fui des plateformes de transaction comme Coinbase pour se réfugier sur des plateformes de peer-to-peer, tels que Localbitcoins, qui n’exigent qu’un email pour s’inscrire et devenir utilisateur.


Coinbase, l’une des principales plateformes de transaction de crypto-monnaies, est même allée jusqu’à exiger de certains membres qu’ils justifient leur identité en produisant une photo webcam. Avec KYC (connaître votre client) et AML (anti-blanchiment d’argent), la méthode Coinbase peut devenir une norme pour les échanges courants qui veulent respecter la loi. Les utilisateurs qui cherchent à rester vraiment anonymes ont déjà fui des plateformes de transaction comme Coinbase pour se réfugier sur des plateformes de peer-to-peer, tels que Localbitcoins, qui n’exigent qu’un email valide pour s’inscrire et devenir utilisateur.
Mieux, de nouvelles technologies basées sur la technologie blockchain comme le « Hybrid Asset » d’Internet of Coins représentent une menace quant à la vérification d’identité obligatoire, grâce à des protocoles qui permettent aux individus de stocker et d’échanger des actifs numériques, y compris des crypto-monnaies, en peer-to-peer en se passant des plateformes classiques de transaction. La technologie derrière Internet of Coins permet d’échanger anonymement et en grande quantité, ce qui pourrait soit fournir aux utilisateurs une alternative aux réglementations gouvernementales ou être en opposition frontale avec les banques centrales et leurs volonté de contrôle.

Pour conclure, pour l’instant, la question de l’anonymat devra être testée afin que ses avantages et les inconvénients puissent être étudiés et évalués équitablement. Si la transparence peut aider à résoudre des problèmes globaux tels que le terrorisme et le crime organisé, en revanche la vie privée pourrait en souffrir. Un des nombreux effets de l’internet d’aujourd’hui qui n’avait pas été pensé quand il a été créé.

Patriote-Marxiste affirmé

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