Une étude prévoit 1.200 décès dus aux Volkswagen truquées vendues en Allemagne

Mille deux cents décès prématurés en Europe pour les seuls véhicules truqués vendus en Allemagne: tel sera l’impact sanitaire des émissions polluantes liées au scandale Volkswagen, selon une étude scientifique parue vendredi.

« Les chercheurs estiment que 1.200 personnes en Europe mourront prématurément du fait des émissions générées en excès (par rapport aux émissions attendues, ndlr) par les voitures vendues en Allemagne entre 2008 et 2015 », indique le Massachusetts Institute of Technology (MIT), qui a pris part à ces travaux. Ce qui signifie aussi un coût d’environ 1,9 milliard d’euros en dépenses de santé et pertes de revenus, ajoute l’étude parue dans Environmental Research Letters. Volkswagen a reconnu en septembre 2015 avoir équipé 11 millions de voitures d’un logiciel faussant le niveau réel d’émissions de polluants des moteurs diesel. A l’époque, la même équipe de chercheurs avait estimé à 60 morts anticipées l’effet de ce « dieselgate » aux Etats-Unis (482.000 véhicules frauduleux vendus).

Cette fois, les chercheurs se sont penchés sur l’impact des 2,6 millions de véhicules incriminés vendus entre 2008 et 2015 en Allemagne sous les différentes marques du groupe (VW, Audi, Skoda, Seat). Selon eux, « les émissions produites en excès par rapport aux tests de valeurs limites, ont eu un effet significatif sur la santé publique, pas seulement en Allemagne mais à travers l’Europe », puisque la pollution ne connaît pas les frontières. Ainsi, ces décès prématurés devraient concerner à hauteur de 40% l’Allemagne (500 morts), mais aussi les pays voisins, notamment la Pologne (160), la France (84) et la République tchèque (72).

Pour les scientifiques, les personnes concernées peuvent perdre jusqu’à dix ans de vie, sous l’effet des émanations accrues d’oxydes d’azote (NOX) et de particules, très nocives notamment pour le système respiratoire et pouvant pénétrer dans le sang.

2.600 décès encore évitables

« La pollution atmosphérique se moque des frontières, et leur passe par-dessus », rappelle l’un des auteurs, Steven Barrett, professeur au MIT.

« Une voiture en Allemagne peut avoir des impacts significatifs sur les pays voisins, surtout sur des espaces très densément peuplés comme l’est de l’Europe. » Le temps que les NOX, émis sous forme de gaz, se transforment en particules fines, ils peuvent se retrouver à 100 ou 200 km, voire encore plus loin de leur source d’émission. Mais, insiste l’étude, si Volkswagen remplaçait d’ici la fin 2017 tous les véhicules allemands touchés par des véhicules respectant bien les normes européennes, il pourrait éviter 2.600 décès prématurés supplémentaires (soit 4,1 mds d’euros de coûts sanitaires).

En Europe, plus de 8 millions de véhicules incriminés se sont retrouvés sur les routes. Depuis le début du scandale, 3,4 millions des voitures rappelées ont été corrigées, selon le constructeur allemand. Pour leur étude, les chercheurs, issus aussi des universités d’Harvard et d’Hasselt en Belgique, ont utilisé les chiffres d’émissions des Volkswagen telles que mesurées par l’Autorité fédérale allemande des transports. Ils ont pris en compte les comportements de conduite en Allemagne, les kilométrages moyens, les zones les plus fréquentées, ainsi que des données atmosphériques (vents, précipitations, interactions chimiques).

Ces éléments ont abouti à une carte des particules et de l’ozone, que l’équipe a ensuite recoupée avec des données démographiques. Par rapport à la précédente étude d’impact, consacrée aux Etats-Unis, le bilan européen est plus lourd encore.

Explications: une densité de population trois fois plus élevée en Europe, et des conditions atmosphériques plus chargées en ammoniac (le composé qui permet de transformer les NOX en particules). Déjà, ces chercheurs annoncent leur intention d’élargir leurs travaux à l’impact sanitaire des moteurs diesel, toutes marques confondues, en Europe. Dans le sillage du « dieselgate », d’autres fabricants ont aussi été accusés d’excéder les limites de gaz polluants. Depuis 18 mois, cette affaire a donné le signal d’un durcissement des procédures d’homologation européennes, mais aussi provoqué une chute des ventes de voitures diesel.

Elu, Macron poursuivra le projet ferroviaire Lyon-Turin

Emmanuel Macron, candidat à l’élection présidentielle, a indiqué vendredi qu’il confirmerait s’il était élu « trois grands projets » d’infrastructures « en cours », dont la nouvelle ligne ferroviaire Lyon-Turin contestée par les écologistes.

Interrogé sur RTL, le candidat d’En Marche a déclaré vouloir consacrer « 5 milliards d’euros spécifiquement fléchés sur les infrastructures », sur un plan global d’investissement de 50 milliards d’euros.

« Je confirme les trois grands projets en cours dont les déclarations d’intérêt public sont en train d’être obtenues, c’est à dire le Bordeaux-Toulouse (…), le Lyon-Turin et le canal Seine-Nord qui sont trois gros travaux d’infrastructure », a précisé l’ancien ministre de l’Économie.

En réalité, les déclarations d’utilité publique (DUP) de la ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse (2016) et des travaux pour la ligne Lyon-Turin (2013) sont déjà signées. Concernant le canal Seine-Nord Europe, une DUP a été paraphée en 2008 et une autre intégrant des modifications de tracé est en cours d’élaboration.

Le chantier de la ligne Lyon-Turin est le plus contesté, notamment par les associations de défense de l’environnement. Le candidat de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon l’a qualifié de « grand projet inutile » tandis que l’accord passé entre le candidat socialiste Benoît Hamon et l’écologiste Yannick Jadot appelle à « une ré-étude globale » du projet.

Par ailleurs, M. Macron plaide pour une « concertation durant l’été 2017 avec les territoires, les acteurs économiques, les élus pour achever un plan quinquennal sur toutes ces infrastructures ».

« Ce dont on a besoin, ce n’est pas d’avoir de grands aéroports partout, ni des TGV, ni de grandes autoroutes. C’est que dans tous les points du territoire, y compris les plus ruraux, on ait le meilleur lien possible avec la métropole ou avec la zone économique pertinente », a-t-il insisté.

Concernant le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, M. Macron a « toujours dit » qu’il était « pour respecter le vote ». Tout en plaidant pour la nomination d’un « médiateur » à qui il « donne six mois ».

Pourquoi ? « Pour une raison simple: pourquoi depuis 2008 Notre-Dame-des-Landes ne se construit pas ? (…) Allez sur le terrain ! Je l’ai dit, je ne ferai pas un Sivens au carré, vous avez tout le monde qui est sur place, vous aurez des blessés si ce n’est des morts », a-t-il assuré, en référence à la mort du jeune Rémi Fraisse, opposant au barrage de Sivens en 2014.

« Le mieux, c’est de ne pas tuer un jeune homme, c’est d’éviter des troubles à l’ordre public qui sont inconsidérés », a souligné M. Macron.

Et si Juppé remplaçait Fillon?

Parrainages, financement de la campagne, programme: l’éventuel remplacement de François Fillon par Alain Juppé laisserait de nombreuses questions en suspens et plongerait son camp dans l’inconnu.

Jusqu’à quand Alain Juppé peut-il se présenter ?

Il peut le faire pendant toute la période de recueil des parrainages, qui prend fin le 17 mars, en adressant au Conseil constitutionnel une déclaration de candidature et une déclaration de patrimoine. La liste officielle des candidats sera annoncée à l’issue de cette période.

Pendant ce temps, et même s’il n’a pas fait acte de candidature, les parrainages d’élus accordés à Alain Juppé seront validés par le Conseil constitutionnel, au même titre que ceux des autres prétendants à l’Elysée. Vendredi, un premier parrainage avait ainsi été enregistré.

Les parrainages Fillon peuvent-ils être transférés à son remplaçant ?

Non. Une fois le formulaire reçu et le parrainage validé par le Conseil constitutionnel, il n’est pas possible pour l’élu de revenir sur son choix. François Fillon avait reçu vendredi 1.155 parrainages qui lui resteront acquis quoi qu’il arrive.

Parmi ces parrainages figure celui du député juppéiste Dominique Bussereau, envoyé avant qu’il n’annonce sa « démission » de la campagne Fillon vendredi.

Quel programme pour reconquérir un électorat déboussolé ?

Alors que François Fillon, affaibli par le scandale, est selon les sondages donné battu dès le premier tour, après avoir été le grand favori de cette présidentielle, son éventuel remplaçant aurait fort à faire pour convaincre un électorat déboussolé.

Pour un proche du maire de Bordeaux pourtant, « la chance de la droite, c’est que sur 85% des mesures à prendre, on était d’accord au moment de la primaire ».

« Il n’y a rien donc d’inconciliable. En gros », souligne-t-il, « Alain Juppé et François Fillon étaient d’accord pour alléger les charges sur l’économie et renforcer le régalien, en particulier la sécurité et la justice ».

« Il y a toujours une différence sur le nombre de fonctionnaires à supprimer, 500.000 pour François Fillon et 250.000 pour Alain Juppé ». En ce qui concerne le programme santé sur lequel les deux hommes n’étaient pas d’accord, « François Fillon a évolué » en revenant sur son idée de concentrer les remboursements de la Sécurité sociale sur les affections graves, relève-t-il.

Changer de candidat, compliqué d’un point de vue logistique ?

Selon un juppéiste, ce serait « compliqué » vu les délais, « mais les réseaux existent ». Pour le QG par exemple, il n’est « pas sûr » qu’il soit possible de récupérer celui actuellement occupé par François Fillon. Mais « on peut faire sans », dit-il.

Quant au site de campagne « Alain Juppé 2017 », lancé pour la primaire, il est toujours en ligne.

Quelle stratégie pour un parti divisé ?

Alors que l’acharnement de François Fillon provoque une hémorragie parmi ses soutiens, les caciques du parti tentent de sauver les meubles.

Vendredi, le président du Sénat Gérard Larcher et le secrétaire général des Républicains Bernard Accoyer ont rencontré Nicolas Sarkozy afin de réfléchir à la manière dont il faudrait « s’organiser très vite », en cas de retrait de François Fillon, pour qu’il n’y ait « pas de temps de latence », selon une source LR.

Selon une autre source LR, « Larcher et Accoyer se font des noeuds au cerveau pour savoir comment se positionner pour que la crise ne soit pas irréparable. Ils estiment qu’il y a un vrai risque Le Pen ».

Quid des finances de la campagne ?

La Haute Autorité pour la primaire de la droite a versé début février 6 millions d’euros sur les quelque 10 millions de recettes de la primaire à l’association du compte de campagne de François Fillon. Les 4 millions restants doivent être débloqués le 21 mars, a précisé la Haute Autorité à l’AFP.

Rien n’est prévu en cas de changement de candidat. Toutefois, une source LR ne voyait pas de problème à ce que les recettes de la primaire non encore dépensées soient versées au compte d’un nouveau candidat. On ignore combien François Fillon a dépensé jusqu’à présent.

Fillon maintient sa candidature coûte que coûte, Le Maire claque la porte

François Fillon a annoncé mercredi son maintien coûte que coûte dans la course à l’Elysée malgré sa prochaine mise en examen en dénonçant avec virulence un « assassinat politique », une sortie qui alimente la division à droite avec une première défection, celle de Bruno le Maire.

« Je ne cèderai pas, je ne me retirerai pas ». « J’irai jusqu’au bout », a déclaré le candidat des Républicains devant la presse à son siège de campagne, dénonçant un « assassinat politique ». Son entourage avait annoncé cette déclaration après le report de dernière minute et sans explication mercredi matin de la visite de l’ancien Premier ministre au Salon de l’Agriculture. Le candidat s’y est finalement rendu mercredi après-midi au milieu d’une cohue de caméras dans une marche rythmée au son de ses partisans (« Fillon, président ») et de ses adversaires (« Voleur! Rends l’argent »). « Au delà de la procédure judiciaire, c’est au peuple français et à lui seul que j’en appelle désormais (…) parce que seul le suffrage universel et non pas une procédure menée à charge peut décider qui sera le prochain président de la République », a expliqué M. Fillon. « Par ce déchaînement disproportionné, sans précédent connu, par le choix d’un calendrier, ça n’est pas seulement moi qu’on assassine, c’est l’élection présidentielle », a-t-il jugé, en présence de plusieurs figures de son parti comme Valérie Pécresse, François Baroin ou Eric Woerth.

Cette attaque a suscité des réactions au plus haut sommet de l’Etat. Dans un communiqué, François Hollande s’est élevé « solennellement contre toute mise en cause des magistrats ». Auparavant, et après une matinée d’intenses spéculations, François Fillon avait fini par donner la raison lui-même de cette improvisation généralisée: « mon avocat a été informé que je serai convoqué le 15 mars par les juges d’instruction afin d’être mis en examen ». Il a assuré qu’il se rendrait bien à cette convocation, non sans attaquer sévèrement l’institution judiciaire. « Au delà de la procédure judiciaire, c’est au peuple français et à lui seul que j’en appelle désormais (…) parce que seul le suffrage universel et non pas une procédure menée à charge peut décider qui sera le prochain président de la République », a expliqué M. Fillon. « Par ce déchaînement disproportionné, sans précédent connu, par le choix d’un calendrier, ça n’est pas seulement moi qu’on assassine, c’est l’élection présidentielle », a-t-il jugé, en présence de plusieurs figures de son parti comme Valérie Pécresse, François Baroin ou Eric Woerth.

François Fillon au salon de l’agriculture le 1er mars 2017

 

Cette attaque a suscité des réactions au plus haut sommet de l’Etat. Dans un communiqué, François Hollande s’est élevé « solennellement contre toute mise en cause des magistrats ». « Une candidature à l’élection présidentielle n’autorise pas à jeter la suspicion sur le travail des policiers et des juges » ni à formuler des « accusations extrêmement graves », selon le président de la République.

Deux heures après la déclaration solennelle de M. Fillon, Bruno Le Maire, ancien candidat à la primaire de la droite, a annoncé sa démission de ses fonctions de représentant pour les affaires européennes et internationales auprès du candidat, au nom du « respect de la parole donnée ».

Fillon « perd ses nerfs »

François Fillon avait en effet initialement indiqué qu’il se retirerait s’il était mis en examen, avant de faire machine arrière, expliquant mi-février s’en remettre désormais « au seul suffrage universel ».

Mais il risque fort d’être poursuivi jusqu’à l’élection par ce revirement et par cette phrase assassine qu’il avait lancée à l’attention de Nicolas Sarkozy durant la primaire de la droite: « qui imagine un seul instant le Général de Gaulle mis en examen ? ». « Franchement, ce qu’ils ont fait ce matin, politiquement, c’est tout ce qu’il ne fallait pas faire. C’est n’importe quoi… », s’alarme un membre de LR. Trois juges d’instruction ont été saisis pour enquêter dans cette affaire d’emplois présumés fictifs de l’épouse, mais aussi de deux des enfants de François Fillon comme collaborateurs parlementaires.

Triomphalement désigné lors de la primaire de la droite fin novembre, l’ancien Premier ministre, décroché dans les sondages, est en grande difficulté depuis la révélation de cette affaire. Ses adversaires à la présidentielle ont vivement critiqué les propos de M. Fillon. Emmanuel Macron l’a accusé de perdre « ses nerfs » et « le sens des réalités », refusant l’idée de toute « trêve judiciaire » pendant la campagne. Benoît Hamon a condamné « une incroyable violence » de ses propos, tandis que Jean-Luc Mélenchon a dit avoir « de la peine » pour la droite, qui mériterait « un candidat présentable ».

Dans la matinée, M. Fillon s’était entretenu avec Alain Juppé, finaliste de la primaire de la droite, ainsi qu’avec Nicolas Sarkozy. Les principaux dirigeants des Républicains présents sur les antennes mercredi matin avaient découvert en direct le report de la visite de M. Fillon au Salon de l’Agriculture.

S’exprimant quelques minutes auparavant sur RTL, le secrétaire général de LR Bernard Accoyer a annoncé comme si de rien n’était la conclusion d’un accord électoral avec les centristes de l’UDI. La direction du parti centriste se réunissait mercredi pour faire le point sur cette alliance.

Sans-abri à Saint-Pétersbourg: comment surmonter l’hiver

Edouard Okouniev vit depuis six ans dans les rues de Saint-Pétersbourg en Russie. Mais il a beau se targuer d’être un sans-abri « expérimenté », il n’est jamais certain de surmonter l’épreuve de l’hiver dans cette ville russe soumise à des températures de congélateur.

« Comment survivre dans la rue par moins 25 degrés ? », explique à l’AFP cet homme de 43 ans, qui dit s’être retrouvé à la rue « après une dispute familiale ». « C’est impossible sans l’aide de braves gens », confie-t-il. Le froid à Saint-Pétersbourg est loin d’atteindre les -40 ou -50 degrés qu’on observe chaque année en Sibérie, mais le vent qui vient de la mer et l’humidité ambiante donnent un ressenti beaucoup plus violent que ce qu’indique la température officielle dans l’ancienne capitale des Tsars. Il est ainsi nettement plus difficile de supporter –15 ou –20 à Saint-Pétersbourg qu’à Moscou, où le froid est sec.

Alors le soir, Edouard Okouniev vient trouver refuge dans une tente chauffée fournie aux sans-abri par l’ONG Notchlejka, l’une des rares à s’occuper de cette cause: à Saint-Pétersbourg comme dans la plupart des grandes villes en Russie, il existe peu de foyers d’accueil, privés ou publics. Et bien peu d’ONG viennent en aide aux personnes vivant dans la rue, contrairement à ce que l’on voit dans des pays comme la France où un réseau d’associations se mobilise, en particulier l’hiver, pour les soutenir. Chaque soir, Edouard Okouniev vient dans ce quartier du nord de Saint-Pétersbourg pour passer la nuit au chaud, comme une vingtaine d’autres camarades d’infortune. La plupart sont des hommes, chacun a un tapis de sol pour dormir. Au petit matin, ils boivent du thé pour se réchauffer avant d’affronter la rue et le froid. Chacun a sa stratégie pour trouver un coin au chaud. « Je vais à la gare, ou bien je cherche un sous-sol ou un grenier pour ne pas rester dehors », raconte M. Okouniev qui, malgré ses difficiles conditions de vie, porte un soin particulier à sa tenue.

Le froid tue à Saint-Pétersbourg comme partout en Russie. Il n’y a pas de statistiques officielles mais selon Vlada Gassnikova, porte-parole de Notchlejka, 1.122 sans-abri sont morts à Saint-Pétersbourg en 2016, dont la moitié pendant l’hiver. Certains meurent d’hypothermie. D’autres, de complications liées à une pathologie contractée pendant la saison froide. D’autres encore, de l’alcool frelaté qu’ils boivent pour se réchauffer, moins cher que la vodka de qualité mais très souvent fatal.

Dormir au chaud

Cinq fois par semaine, Notchlejka, fondée en 1990, distribue à l’aide d’un minibus des repas chauds à plus de 200 personnes dans les quartiers de la périphérie de Saint-Pétersbourg.Comme ailleurs dans le monde, les sans-abri en Russie, en marge de la société, éprouvent de grandes difficultés à recevoir de l’aide médicale, trouver un travail ou un appartement. Mais à Saint-Pétersbourg, deuxième ville du pays, le froid les rend encore plus vulnérables et survivre dans ces conditions devient une gageure.

Notchlejka propose aux SDF de dormir au chaud dans le foyer de 52 places de l’association, mais aussi d’être aidés par des volontaires dans leurs démarches juridiques, leur recherche d’emploi ou de logement. « C’est grâce à eux que j’ai récupéré mon passeport », raconte Edouard Okouniev. « Depuis, j’ai davantage confiance en moi et j’ai davantage espoir que ma vie va changer », confie-t-il.

A part Notchlejka, personne ne s’occupe des sans-abri à Saint-Pétersbourg. La municipalité dispose bien d’une structure d’accueil mais elle est réservée aux personnes ayant des papiers et étant « enregistrées » auprès des autorités. De facto, personne ne s’y rend.

‘Votre faute’

Comme Edouard, quatre SDF russes sur dix vivent dans la rue à la suite de conflits familiaux, estime l’ONG, selon qui un sur cinq a été victime d’escroquerie. Près de 14% des sans-abri sont d’anciens détenus et seuls 3% d’entre eux sont des réfugiés, selon la même source. « On nous traite comme des animaux », regrette Sergueï Petrenko, 58 ans. Cet homme a demandé l’aide de Notchlejka après avoir été chassé d’un grenier où il avait trouvé refuge. « J’y ai passé deux semaines, j’étais tranquille, je ne dérangeais personne », raconte celui qui affirme avoir été un officier de l’armée russe. « Puis un habitant de l’immeuble m’a jeté à la rue ».

Pour Sergueï Petrenko, les SDF doivent non seulement composer avec les températures glaciales mais aussi avec la froideur des Pétersbourgeois. « Si vous êtes à la rue, c’est de votre faute », cite-t-il, mimant un passant. « C’est ce que pense la plupart des gens ». « Il y a de braves gens, bien sûr, mais la plupart ne veut rien avoir affaire avec nous », dit-il avec amertume. La vie de Sergueï s’est arrêtée lorsqu’il a commencé à vivre dans la rue. « Mes projets? Survivre jusqu’à la fin de l’hiver », résume-t-il.

Tout schuss, la Chine se met au ski… avec ou sans neige

Des moniteurs tout jeunes qui n’ont jamais skié et des stations qui poussent comme des champignons sous une neige artificielle: la Chine se met aux sports d’hiver, pour le plus grand plaisir de sa nouvelle classe moyenne.

« J’ai commencé ma formation le 28 novembre, je n’avais jamais fait de ski avant. Depuis fin janvier, je suis moniteur », raconte Hao Rui, un garçon de 17 ans, à bord de la télécabine qui monte vers le sommet d’une des stations du secteur de Zhangjiakou (au nord-ouest de Pékin), qui accueillera en 2022 les épreuves de descente des Jeux olympiques d’hiver de Pékin. Objectif: 300 millions de Chinois sur les pistes – un ordre du Parti communiste. Et à l’approche de l’échéance olympique, cruciale pour le prestige du pays, Pékin met le paquet pour développer un secteur économiquement prometteur.

Pour l’instant, on ne dénombre « que » 5 ou 6 millions de pratiquants et quelque 200 stations de sports d’hiver. Mais seule une grosse dizaine d’entre elles ont des domaines skiables comparables à ceux qu’on trouverait en Europe dans des stations de moyenne taille. Et rien de similaire à de grands domaines des Alpes françaises tels que ceux de Tignes-Val d’Isère ou des Trois Vallées. Futur cadre des JO, les monts Yan culminent péniblement à 2.000 mètres et n’ont reçu cette année que quelques flocons de neige naturelle. Qu’à cela ne tienne: des centaines de canons à neige dernier cri s’alignent le long des pistes, donnant sous les spatules une piste un peu dure mais où l’on peut skier avec une étonnante fluidité. « Le temps est sec et constamment froid pendant tout l’hiver: la neige reste bonne », explique Bertrand Camus, un moniteur de la station française de Courchevel, venu participer au boom du ski que connaît la Chine depuis deux ou trois ans, le choix de Pékin pour les JO 2022 en 2015 ayant servi d’accélérateur. « Ce n’est pas comme dans les Alpes où la neige fond et regèle en permanence », dit le Français.

L’air est pur

Pour accueillir une clientèle majoritairement débutante, les stations n’ont pas pris de risques: les pistes sont larges comme des autoroutes, en pente douce, bien aplanies et damées. On se prend facilement pour un as du slalom sans risquer trop de bobo – malgré deux accidents mortels en début d’année. La recette fonctionne et les stations sont envahies le week-end de skieurs venus le plus souvent de Pékin, la capitale située à 200 km de là.

« Avec le développement économique, beaucoup de Chinois ont gagné plein d’argent. Ces gens-là sont passionnés de nouveauté », observe Wang, un fondu de ski qui vient une fois par semaine à Wanlong, la plus grande station du domaine avec une vingtaine de kilomètres de pistes et sept remontées mécaniques. A seulement 30 ans, ce célibataire s’est offert un appartement à la montagne, dont il profite quand il le peut dès l’ouverture du domaine en novembre jusqu’à la fin de la saison début avril. « On est bien mieux ici qu’à Pékin, l’air est pur », explique-t-il, désignant le ciel bleu alors que la capitale suffoque une fois de plus sous un nuage de pollution. « Le ski, c’est l’un des seuls sports que l’on peut faire l’hiver au lieu de rester enfermé chez soi. Les citadins apprécient », observe Liu Yang, la première monitrice chinoise à avoir obtenu le diplôme français de moniteur.

Du ski pour les riches, en anglais

Mais le plaisir de la glisse reste réservé à ceux qui peuvent dépenser sans compter dans ces montagnes chauves aux stations sans grand charme, où le froid est vif.

Dans un pays où le salaire moyen tourne autour de 7.000 yuans (960 euros), le budget pour faire du ski est considérable: à Wanlong, il faut compter au minimum 450 yuans (60 euros) pour le forfait de remontées mécaniques à la journée, et plutôt 100 euros avec la location du matériel. Et les prix s’envolent le week-end et en période de vacances: la nuit dans les rares hôtels de la station y revient facilement à 1.500 yuans (environ 200 euros). Si les plus riches vont skier au Japon, aux Etats-Unis ou en Europe, beaucoup de Chinois apprécient de retrouver dans leurs montagnes un peu d’exotisme, avec des moniteurs étrangers qui leur enseigneront le ski… en anglais.

La station de Thaiwoo, qui compte 28 pistes, a embauché ainsi 16 étrangers dans son équipe de 60 moniteurs formés par Thierry Nilo, directeur de l’école de ski de la station, où il est mis à disposition par l’école française Evolution 2. « Les cours sont principalement individuels », souligne-t-il. Au pays de Mao Tsé-toung où le tout collectif a longtemps été la règle, les cours en groupe n’ont pas vraiment la cote pour l’instant.

Haro sur les médias ou quand la campagne présidentielle se « trumpise »

De Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon en passant par François Fillon, les charges anti-médias, facilitées par les réseaux sociaux, se multiplient dans la campagne présidentielle, stratégie qui fait écho à celle du président américain Donald Trump.

La candidate du Front national, qui proteste régulièrement contre un traitement médiatique jugé « militant », a intensifié ses attaques contre le quatrième pouvoir ces dernières semaines, sur fond d’affaires. En meeting à Nantes dimanche, elle a accusé les journalistes de faire campagne « de manière hystérique pour leur poulain », Emmanuel Macron, s’en prenant notamment à Pierre Bergé, un des propriétaires du Monde.

A l’autre bout du spectre politique, Jean-Luc Mélenchon, qui avait parlé dès 2010 de « métier pourri », assume son aversion des médias. Le candidat de La France insoumise, qui a lancé sa chaîne YouTube pour contourner les « médias traditionnels », a notamment accusé dernièrement France Inter de « déloyauté » ou l’AFP d’avoir fait « deux fausses dépêches » concernant ses positions sur la Syrie. En novembre 2016, il s’en était aussi pris nommément à une journaliste du Monde, évoquant « les pauvres rubricards (qui) restent accrochés à leur sujet comme les moules à leur rocher ».

Pour l’historien des médias Patrick Eveno, « les attaques contre les journalistes ne sont pas nouvelles: on peut en retrouver dans les années 30 et de la part de De Gaulle, Pompidou, ou Mitterrand qui avait comparé les médias à des +chiens+ contre Pierre Bérégovoy », le jour de ses obsèques. Mais « la situation est beaucoup plus violente », observe-t-il. « Les politiques sont de moins en moins bien considérés, les journalistes aussi, chacun se renvoie la balle face à l’opinion. »

Un « climat nauséabond »

Début février, le candidat de la droite François Fillon a accusé les médias d’en avoir « trop fait » pour le « lyncher » sur des présumés emplois fictifs de sa femme. Et ciblé Mediapart: « Moi, je n’ai jamais eu de redressement fiscal. » Reporters sans frontières s’était alors inquiété d’un « climat nauséabond ».

Pour Dominique Wolton, spécialiste en communication politique au CNRS, l’étape, « bien symbolisée par Trump », ce sont des politiques qui « essayent de faire une alliance avec l’opinion publique contre les médias » dans une forme de « revanche ».

Aux Etats-Unis, Donald Trump a fait des attaques anti-médias sa marque de fabrique, classant certains comme « ennemis du peuple ». Son administration a même privé plusieurs titres phares (New York Times, CNN, ou Politico) du briefing de la Maison Blanche. En France, Mediapart et « Quotidien » (TMC) se sont notamment vu refuser des accréditations pour des meetings FN. Récemment, le vice-président du parti Florian Philippot a aussi repris une formule du président américain pour qualifier l’AFP de « fake news » concernant une infographie sur les programmes des candidats.

La directrice de l’information de l’AFP Michèle Léridon relève que « depuis l’élection de Trump, la critique, voire le harcèlement des médias, est devenue une stratégie pour certains politiques ». « Ils utilisent le terme +fake news+ pour des informations exactes, mais qui n’ont pas l’heur de leur plaire. Nous ne répondons pas au coup par coup pour ne pas participer à cette partie de ping-pong virtuelle et malsaine. Notre meilleure réponse, c’est d’être le plus rigoureux possible », dit-elle.

Pour le patron de Mediapart, Edwy Plenel, « cette surenchère, cette haine, cette violence (…) sont le témoignage d’une immense crise démocratique ». Mais, sans information « rigoureuse », « documentée » ou « loyale », « je peux voter en étant aveugle, donc voter pour mon pire malheur ». Jérôme Fenoglio, directeur du Monde, souligne que « pour donner l’impression d’être anti-système, le plus simple est de taper sur les médias » et que la nouveauté de l’interpellation directe par des politiques « dans des blogs ou sur Twitter » crée autour des journalistes « un climat de tension ». Directeur de BFMTV, Hervé Beroud note aussi que les attaques « commencent plus tôt et plus fort qu’avant », même si, « déjà pour la campagne de 2012, lorsque le camp Sarkozy sentait venir la défaite, les relations (…) dans les meetings étaient très compliquées ».

Selon un récent sondage Odoxa, si les Français doutent de l’impartialité des journalistes, 74% pensent que les critiques des politiques sont le plus souvent « un moyen d’éviter des questions qui les gênent ».

Après Apple, Google veut à son tour tuer le SMS

Les SMS ne sont plus la méthode de communication la plus évidente … Ils ont été depuis quelques années concurrencés par les iMessage, les WhatsApp, ou les Messenger. Google souhaite lui aussi faire évoluer le SMS.

C’est pourquoi Google pousse l’adoption du standard Rich Communication Services, aussi appelé Joyn, en compagnie de 800 opérateurs téléphoniques faisant partie du consortium GSMA (association qui fédère 850 opérateurs de téléphonie dans 218 pays). Ce nouveau standard permet non seulement d’envoyer des messages plus longs, mais aussi des images en haute résolution, des fichiers audio et video, des messages de groupe, des emojis, Gifs … Comme l’ensemble de ces services, les messages connectés ne passent pas par le réseau GSM, mais par les données cellulaires. Impossible de recevoir un RCS sans connexion à internet donc.

Aperçu de la nouvelle application Messages de Google

L’application texto très basique de Google change ainsi de nom et devient Android Messages. Le but ? Rendre celle-ci plus universelle, puisqu’elle supporte le RCS. Pour pousser toujours plus l’adoption de ce standard, le développeur s’est allié aux développeurs.

L’enjeu pour Google est énorme. Le firme de Mountain View équipe 81,7% des smartphones dans le monde avec son système d’exploitation Android est en retard dans le domaine de la messagerie connectée. Facebook, qui détient Messenger et WhatsApp revendiquent plus d’un milliard d’utilisateurs, et Apple est connu pour ses iMessage, présents depuis 2011. Le géant californien a bien tenté une riposte avec Hangouts en 2013, ainsi que Allo et Duo lancés l’été dernier. Mais aucun service n’est reconnu par le grand public.

Pour palier à ce problème, Google à racheté en 2015 la Start-up Jibe Mobile, spécialiste de la norme RCS. L’entreprise à également annoncé un partenariat avec l’opérateur américain Sprint. En Europe, des accords ont été passés avec Deutsche Telekom et Vodafone, l’objectif étant de pousser les opérateurs à intégrer cette technologie dans tous les smartphones.En France, les opérateurs de téléphonie mobile Orange et SFR ont adopté ce service présenté comme le « nouveau SMS ». Toutefois, celui-ci est disponible uniquement sur les terminaux de dernière génération Samsung et Sony.

A terme, c’est 4,7 milliards d’utilisateurs de smartphones fonctionnant sous Android qui pourraient en bénéficier. Pour les utilisateurs Apple, la grande question sera de savoir si ce service sera disponible un jour sur leurs iPhones … Ce qui n’est pas gagné !

 

De l’enfance à l’âge adulte (1/6)

C L’Info vous propose une série de six épisodes, répartis sur six semaines autour de l’oeuvre de Stefan Zweig Le Monde d’Hier. Écrivain, dramaturge, biographe, Stefan Zweig, né en 1881 à Vienne, aura vu glisser sa ville et sa vie de l’élévation spirituelle et culturelle la plus haute à la décadence morale et à l’échec. Zweig fuit le nazisme et s’exile à Londres dès 1934, puis au Brésil en 1941. Il commence alors la rédaction du “Monde d’Hier, souvenirs d’un Européen”, livre nostalgique, mais d’une nostalgie active, c’est un “cri de papier”. Livre-Testament d’un monde qui n’est plus, celui de la sécurité et du “Progrès” ; Livre-Témoignage sidéré d’un européen face à ce qu’il appelle “l’échec de la civilisation”. En 1942, Stefan Zweig se suicide, précisément au lendemain d’avoir posté le manuscrit du “Monde d’hier” à son éditeur. “Le Monde d’Hier” sera publié en 1944.

Pour évoquer la sécurité, Zweig cite Goethe, qui déclare « Nous éprouvons des sensations et ce que nous avons senti ». Selon l’auteur, la période de l’avant guerre était l’âge d’or de la sécurité, la monnaie circulant en de brillantes pièces d’or. Chaque famille avait son budget bien établi, elle savait ce qu’elle aurait à dépenser pour vivre, sans la précaution de réserver une petite somme pour les imprévus. Ce sentiment de sécurité était le trésor de millions d’êtres, leur idéal de vie commun, le plus digne d’efforts. Dans cette touchante confiance ou l’on était sur de pouvoir entourer sa vie de palissades sans la moindre brèche par où le destin eut pu faire irruption, il y avait, malgré tout, la sagesse rangée et toute la modestie des conceptions de vie. Selon lui, la baisse de sécurité passe par le « progrès » ininterrompu et irrésistible en ce temps là. Déjà, grâce au téléphone, les hommes pouvaient conserver à distance des données enregistrées. Il nous est aisé, à nous, les hommes d’aujourd’hui qui depuis longtemps avons retranché le mot sécurité de notre vocabulaire comme une chimère, de railler le délire optimiste de cette génération aveuglée par l’idéalisme, pour qui le progrès technique de l’humanité devait entraîner fatalement une ascension morale tout aussi rapide. Maintenant que le grand orage l’a depuis longtemps fracassé, nous savons de science certaine que ce monde de sécurité n’était qu’un château de nuées, les êtres bénéficiants dune protection particulière contre les assauts de vents. « La famille de mon père était originaire de Moravie », région forte en communauté juive, présente dans de petites agglomérations campagnardes, en harmonie avec la paysannerie et la petite bourgeoisie. Pour parler de sa mère, Mademoiselle Brettauer, Zweig parle de plusieurs origines différentes, du sud de l’Italie à l’Allemagne. Puis, l’auteur nous exprime sa vision de la communauté juive, représenté par la passion de la richesse, un degré intermédiaire, un moyen d’atteindre son but véritable. Vienne, la grande ville dans laquelle l’auteur écrit, au début de sa vie, raconte une expérience de vie où l’aspiration à la culture est bien plus passionnée que dans le reste de l’Europe, grâce à son histoire, inspirée des Romains, des Flamands et des Européens de l’Ouest. On vivait bien, on menait une vie facile et insouciante dans cette vieille ville de Vienne, convoitée par l’Europe entière pour ses cafés, opéras, où se regroupaient nombres d’intellectuels. Zweig se vante ainsi d’être né dans un siècle ou le temps était passion, un monde ordonné aux stratifications claires et aux transitions tranquilles, un monde sans hâte.

« Il allait de soi qu’après l’école primaire on m’enverrait au lycée » écrit Zweig dans ce monde où toutes les familles fortunées demandent à avoir des fis cultivés, par l’apprentissage des langues, de la musique. « Pendant cinq années d’école primaire et huit ans de lycée, il fallait passer cinq à six heures par jour sur les bancs de la classe, puis une fois les cours terminés, faire ses devoirs », telle était la vision très scolaire de l’auteur, qui, sans critiquer l’école autrichienne relate une trop forte schématisation des plans scolaires dans lesquels les élèves doivent rester droit. En effet, « l’Autriche était un vieil empire régi par un vieillard, gouverné par de vieux ministres, un Etat qui, sans ambition, espérait uniquement se maintenir intact dans l’espace européen en se défendant de tout changement radical ». L’auteur nous explique également comment il a souffert, durant des années de l’école et de cette parole vide de toute camaraderie, autoritaire, doctrinaire, altière, avec qui, il s’entendit jusqu’à ses 14, 15 ans. En vient la critique des auteurs de son époque et de celles passées, Balzac et sa conception Napoléonienne, Hofmannsthal et son existence physique, ou bien encore les premiers pas de Rilke. L’auteur décrit son enfance comme la vie de jeunes gens qui ne se soumettent à aucune convention imposée. Il regrette de voir la littérature du XIXe comme une vague de désordre d’une jeunesse en quête de repères, lorsque Madame Bovary sera, dans un premier temps, interdit par un tribunal français avant d’être publié bien des années après. Ainsi, le rôle de la femme est expliqué par Zweig comme un acharnement afin de maintenir une femme de la « bonne société », qui doit être mariée de force, une pensée qu’il critiquera, en poursuivant sur la l’effroyable extension de la prostitution en Europe jusqu’à la Guerre Mondiale. Il exprime ainsi son désarroi quant à la position officielle de l’Etat et de sa morale en face de ces sombres affaires, qui ont marqué son enfance et adolescence.

« Enfin était venu le moment longtemps attendu où, avec la dernière année du siècle, nous pûmes claquer derrière nous la porte du lycée abhorré », telle est la pensée inspirante du renouveau pour l’auteur. L’université en Autriche, était appréciée des étudiants, vue d’une singularité héritée, les étudiants jouissant de certains privilèges qui les plaçaient bien au dessus de leurs compagnons d’âge. Les universités d’Autriche avaient, pour la plupart, été fondées au Moyen-Âge, époque où les occupations scientifiques passaient pour quelque chose d’extraordinaire afin d’inciter les jeunes gens à se consacrer pleinement aux études. Au fil du temps, avec la démocratisation croissante de la vie publique, alors que toutes les autres corporations du Moyen-Âge se dissolvaient, cette position privilégiée des universitaires se perdit dans toute l’Europe, sauf en Allemagne et en Autriche, où le sentiment de classe à toujours prévalu sur les idées démocratiques. Zweig explique ainsi que c’est lui, dans la famille, qui à été choisi pour étudier à l’université, son frère ainé étant entré dans l’entreprise industrielle de ses parents. Zweig entreprit des études de lettres, restant cependant persuadé qu’un être peut devenir philosophe, historien, ou bien juriste sans aucune année d’université. Dans son ouvrage, l’auteur cite des moments positifs de sa vie universitaire, pleine d’encouragements, de réussites et de passion. En plus de ses études, Zweig officiera en tant que journaliste dans les journaux, l’occasion pour lui de rencontrer Théodore Herzl, le premier journaliste à mettre en place l’idée d’un Etat autonome juif à la fin du XIXe siècle. Au travers de la lecture de ce chapitre, nous comprenons ainsi que la vie étudiante de Zweig s’est transformée en une vie journalistique, dans laquelle il a pu rencontrer différents auteurs. En peu de temps, il devient une personnalité influente, et quitte sa ville natale d’Autriche pour se rendre à Berlin, dans le but d’approfondir ses recherches sur les grands hommes de la fin du XIXe siècle. Zweig écrit « Les grands consortiums, les familles opulentes venaient s’installer à Berlin, et une nouvelle richesse, associée à l’audace de l’esprit d’entreprise offrait à l’architecture, au théâtre, plus de possibilités qu’en aucune des grandes villes d’Allemagne » pour décrire l’immensité de la ville dans laquelle il s’instruit. Dîners, entretiens, écriture et traductions de textes, Zweig resta attaché à cette ville durant près de 3 années, qu’il retiendra comme parmi les meilleures de son existence.

Corée du Nord: Kim Jong-Nam tué par un neurotoxique très puissant

Le demi-frère du dirigeant de la Corée du Nord a été assassiné avec un agent neurotoxique très puissant utilisé comme arme chimique, a annoncé vendredi la police malaisienne, qui enquête sur la spectaculaire attaque le 13 février contre Kim Jong-Nam.

Le poison utilisé par les assaillants était l’agent neurotoxique VX — une version plus mortelle du gaz sarin — indolore, inodore et hautement toxique, a précisé la police en présentant les résultats d’une analyse toxicologique préliminaire. Des traces de VX, classé comme une arme de destruction massive par les Nations unies, ont été retrouvées dans des échantillons prélevés sur le visage et les yeux de Kim Jong-Nam.

Des images de vidéosurveillance de l’attaque perpétrée à l’aéroport de Kuala Lumpur montrent que Kim Jong-Nam avait été approché par deux femmes qui lui ont apparemment projeté quelque chose au visage. Cet homme corpulent âgé de 45 ans avait ensuite été pris en charge par du personnel de l’aéroport et avait succombé pendant son transfert à l’hôpital. Le VX s’attaque au système nerveux et musculaire, et peut provoquer la mort en quelques minutes après une exposition.

Les enquêteurs malaisiens vont essayer de déterminer d’où provenait cet agent chimique mortel, a déclaré le chef de la police nationale, Khalid Abu Bakak. « Nous allons chercher comment il est entré dans le pays. Le produit chimique est illégal. C’est une arme chimique », a-t-il souligné. Le VX aurait pu être dissimulé sans difficulté dans une valise diplomatique, qui n’est pas soumise aux contrôles habituels à la douane, a déclaré un éminent expert en sécurité dans la région, Rohan Gunaratna.

La Corée du Nord a utilisé par le passé des valises diplomatiques « pour faire passer en contrebande des matières qui seraient soumises à des contrôles si elles transitaient par les canaux habituels », a ajouté M. Gunaratna, directeur du Centre international de recherche sur le terrorisme et les violences politiques. Et la Corée du Nord a fabriqué par le passé du VX, a-t-il ajouté. Selon Lee Il-Woo, analyste sud-coréen en défense, « la Corée du Nord disposerait d’un important stock de VX qui peut être facilement fabriqué à bas prix ».

« Le renseignement nord-coréen a été très actif en Thaïlande, en Malaisie et en Indonésie, et aujourd’hui il représente une menace pour la région », a observé M. Gunaratna.

Le chef de la police avait indiqué mercredi que les deux femmes qui ont attrapé Kim par derrière savaient pertinemment qu’elles se rendaient coupables d’une attaque au poison, contredisant leurs affirmations selon lesquelles elles avaient été piégées par des inconnus et pensaient participer à un jeu télévisé. « La dame s’éloignait vers les toilettes avec les mains en avant. Elle était parfaitement au courant que c’était toxique et qu’elle devait se laver les mains » après, selon le chef de la police.

Depuis le début de cette affaire digne d’un roman d’espionnage, la Corée du Sud pointe du doigt son voisin du Nord, citant un « ordre permanent » du dirigeant Kim Jong-Un pour éliminer son demi-frère Kim Jong-Nam, un critique du régime le plus fermé au monde.

Selon la Convention internationale sur l’interdiction des armes chimiques, les pays doivent déclarer leurs stocks de VX et sont obligés de les détruire progressivement. Dans un bref communiqué publié vendredi, Khalid Abu Bakar ajoute que des équipes médico-légales continuent d’analyser « d’autres échantillons » dans le cadre de l’autopsie.

Trois suspects sont en détention provisoire: les deux femmes, une Vietnamienne et une Indonésienne, ainsi qu’un Nord-Coréen. La police soupçonne également quatre Nord-Coréens ayant fui la Malaisie le jour du crime pour regagner Pyongyang, et elle souhaite en interroger trois autres, parmi lesquels un diplomate à Kuala Lumpur. La police a reconnu qu’elle ne pourrait pas interroger le diplomate s’il ne se présentait pas de lui-même, en raison de son immunité diplomatique.

Jeudi, la Corée du Nord a rompu le silence depuis l’assassinat en tirant à boulets rouges sur la Malaisie. L’agence de presse officielle KCNA a accusé Kuala Lumpur d’être responsable du décès et de comploter avec la Corée du Sud, ennemi juré du Nord. KCNA a aussi critiqué la Malaisie pour ne pas avoir remis le corps à la partie nord-coréenne, « sous le prétexte absurde » qu’une comparaison des ADN avec une personne de la famille du défunt était nécessaire. Aucun proche ne s’est présenté jusqu’ici à l’hôpital de Kuala Lumpur où la dépouille de Kim Jong-Nam est conservée.

Alexeï Navalny dans le viseur de Poutine

Le plus célèbre opposant à Vladimir Poutine, Alexeï Navalny veut se lancer dans la course à l’élection présidentielle russe. Ses objectifs : combattre la corruption, créer de la prospérité pour tous et sortir la Russie de l’isolement sur le plan international. Mais pour l’heure, sa candidature est bloquée. L’opposant a été condamné début février à cinq ans de prison avec sursis et doit attendre son jugement en appel.


Qui est-t-il ?

Né le 4 juin 1976 dans l’Oblats de Moscou, l’une des régions les plus densément peuplées du pays. L’homme est un avocat, militant politique russe, surnommé le « Julian Assange Russe ». Il est connu pour être l’auteur du blog Navalny et du site Rospil, ou il dénonce des faits de corruption en Russie. En 2010, il accuse Rosneft, la principale compagnie pétrolière du pays d’avoir détourné 4 milliards de dollars de fonds publics pour la construction d’un pipeline titanesque entre la Sibérie et l’Océan Pacifique. Alexeï Navalny a fait plusieurs allers-retours en prison et a été assigné à résidence,

Manifestation en 2011

généralement pour des participations à des rassemblements non autorisés. En novembre, la Cour suprême russe a ordonné un nouveau procès dans une affaire de détournement de fonds pour laquelle il avait déjà été condamné en 2013. En 2013, il avait été condamné à cinq ans de prison pour avoir organisé en 2009 le détournement de quelque 400 000 euros au détriment d’une société publique d’exploitation forestière alors qu’il était consultant du gouverneur libéral de la région. La même année, sa peine avait cependant été commuée en sursis en appel. Fin 2014, il avait également reçu trois ans et demi de prison avec sursis pour avoir détourné, selon l’accusation, près de 400 000 euros appartenant à une filiale russe de la société française de cosmétiques Yves Rocher.

En politique, Navalny est battu le 8 septembre 2013 par le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, propulsé par Poutine, par 52% des voix contre 30%. Celui-ci conteste les résultats, soutenu par les ONG indépendantes qui observent de « graves violations ». Une manifestation de 9 000 personnes aura ensuite lieu, en soutien, le lendemain. Ainsi, au terme de cette élection, c’est l’opposition à Poutine qui se renforce. En décembre 2016, Navalny annonce sa candidature à l’élection présidentielle russe, qui se tiendra en 2018.

Libéral et favorable à un rapprochement avec les Occidentaux, M. Navalny a aussi régulièrement participé à des rassemblements aux relents racistes, tels que la Marche russe à Moscou, en 2011, en compagnie de xénophobes notoires, et il a été exclu en 2007 du parti d’opposition libéral Iabloko pour ses prises de position nationalistes.

Pourquoi ses chances de remporter la présidentielle sont-elles désormais compromises ?

Navalny a été condamné pour « crime grave » en janvier 2017, ce qui le rend inéligible d’après la loi électorale, même s’il est condamné avec du sursis. En fait, il est condamné selon exactement les mêmes termes qu’en juillet 2013. Et à l’époque, cela ne l’avait pas empêché de se présenter aux élections municipales de Moscou … Il avait pu se présenter car sa condamnation n’était pas encore entrée en vigueur. Cette fois-ci, l’opposant compte sur des appels suspensifs pour rester éligible jusqu’en mars 2018.

Alexeï Navalny l’a dit, il va poursuivre la campagne qu’il a entamée en décembre dernier. Et il affirme qu’il a la Constitution avec lui, une Constitution qui n’empêche de se présenter que les citoyens russes qui sont en prison.

L’avenir électoral de Navalny dépend en fait du pouvoir politique. Le Kremlin souhaitera-t-il avoir un adversaire en face de lui ? En effet, il n’y en a plus d’autre à disposition, l’opposition n’existant plus. Navalny, qui n’a pas sa langue dans sa poche, est plus qu’un faire-valoir, mais un Navalny affaibli par les affaires judiciaires pourrait faire l’affaire.

L’accord de l’OMC pour faciliter le commerce entre en vigueur

L’accord de l’OMC visant à faciliter les échanges mondiaux en réduisant les formalités administratives et en simplifiant les contrôles aux frontières est entré en vigueur ce mercredi, après sa ratification par les deux tiers des membres de l’organisation, et il promet une hausse de la croissance mondiale de 0,5% d’ici 2030.

Le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, Roberto Azevêdo, a salué l’événement en parlant de « la plus grande réforme du commerce mondial de ce siècle ». Il a en outre minimisé les risques de problèmes commerciaux avec le nouveau président américain, Donald Trump, qui répète à l’envi son slogan « l’Amérique d’abord » et a menacé à plusieurs reprises de se retirer des traités internationaux et d’imposer de « lourdes taxes frontalières » sur les produits importés. Le traité sur la facilitation du commerce avait été ratifié aux Etats-Unis sous l’administration de Barack Obama.

L’OMC estime qu’il permettra de réduire les coûts commerciaux de 14,3% en moyenne et bien davantage dans les pays pauvres, apportant un gain de 2,7% aux exportations mondiales d’ici 2030. On estime que c’est plus que si les droits de douane étaient supprimés à l’échelle mondiale. L’organisation basée à Genève a commandé plusieurs études pour estimer le montant de l’augmentation potentielle des exportations. L’une d’elles l’a évalué à 3.600 milliards de dollars, mais l’organisation a opté pour un chiffre plus prudent de 1.000 milliards de dollars, une estimation avec laquelle Roberto Azevêdo se dit très à l’aise.

20 millions d’emplois dans le monde

Les pays signataires du traité s’engagent à harmoniser les procédures aux frontières, à accélérer le dédouanement des marchandises, à publier des informations procédurales en ligne, à accepter des documents numériques dans la mesure du possible et à limiter les frais imposés aux intermédiaires.

L’accord sera d’abord utile dans les pays, souvent les plus pauvres, comme en Afrique, qui souffrent d’une bureaucratie tatillonne et de retards d’enregistrements aux frontières. Les exportations seront plus rapides, plus efficaces et prévisibles, offrant une aubaine pour les petites entreprises et les intermédiaires indépendants, a estimé Arancha Gonzalez, la directrice du Centre du commerce international (ITC), une agence conjointe Onu-OMC qui aide les entreprises à exporter. »Il (l’accord) permettra à d’autres (petites entreprises) de sortir des marchés locaux et nationaux et de profiter des économies régionales et internationales », a-t-elle ajouté. La Chambre de Commerce internationale (ICC), basée à Paris, a estimé pour sa part que l’entrée en vigueur de l’accord constituait un moment décisif qui pourrait soutenir la création de 20 millions d’emplois dans le monde, la grande majorité dans les pays en développement.

La signature de cet accord à Bali en 2013 a été considérée comme cruciale pour l’OMC car elle a mis fin à plus d’une décennie d’impasse dans le « cycle de Doha » des négociations commerciales. Le traité a été ratifié à la majorité des deux tiers des membres de l’OMC grâce aux derniers ralliements de la Jordanie, d’Oman, du Rwanda et du Tchad, portant le total à 112 voix sur les 164 membres de l’organisation.

Rugy, ex-candidat écologiste à la primaire PS, choisit Macron

François de Rugy, ex-candidat écologiste à la primaire socialiste élargie, a annoncé mercredi son soutien à la candidature d’Emmanuel Macron à la présidentielle, plutôt qu’à celle de Benoît Hamon, vainqueur du scrutin.

« Je m’engage dans cette élection présidentielle au côté d’Emmanuel Macron », a déclaré sur franceinfo le président du Parti écologiste, qui comme tous les candidats à la primaire s’était engagé à soutenir le vainqueur du scrutin, en l’occurrence Benoît Hamon. M. Macron, lui, n’était pas engagé dans cette consultation. « Je préfère la cohérence à l’obéissance », a justifié le député de Loire-Atlantique, également vice-président de l’Assemblée, qui a toutefois reconnu que M. Hamon était « légitime pour être le candidat du Parti socialiste », grâce à sa large victoire à la primaire, pour laquelle M. Rugy a réuni 3,82 % des voix. « Je ne vais pas mentir aux Français. Je ne me vois pas leur dire qu’après tout ce que j’ai dit dans la primaire, (…) ça y est je suis convaincu par le projet de Benoît Hamon alors que ce n’est pas vrai », a t-il poursuivi, citant le revenu universel et le 49-3 citoyen comme deux points de profond désaccord.

Autre grief de M. Rugy contre le candidat socialiste, la main tendue au candidat écologiste Yannick Jadot et à celui de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon en laissant de côté Emmanuel Macron. »Benoît Hamon (…) a fait un choix politique. C’est de dire (…) +Je propose une majorité gouvernementale à Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot+. Ce n’est pas du tout le rassemblement tel que je le concevais », a-t-il expliqué. « Face à la poussée de Marine Le Pen (…) il y a une recomposition politique sur des vrais clivages structurants (…) ouverture-fermeture, progrès-régression », a-t-il assuré, fustigeant le « vieux clivage gauche-droite ». « Les idées que j’ai défendues dans la primaire, elles sont plus proches des idées défendues par Emmanuel Macron que des idées défendues par Benoît Hamon », a-t-il ajouté.

Le 17 janvier, M. Rugy avait pourtant critiqué Emmanuel Macron qui « n’allait pas dans le sens de l’écologie mais (…) plutôt dans le sens de l’ancien monde ». « Il a été auditionné (…) par le WWF. Il a fait évoluer ses positions », s’est-il défendu mercredi.

Pour ce qui est du programme économique, « j’ai défendu dans la primaire l’augmentation du salaire net et la baisse du coût du travail par le transfert des cotisations vers la CSG, c’est exactement la même proposition qu’a Emmanuel Macron », a ajouté M. de Rugy.

Sarkozy rejoint le conseil d’administration d’AccorHotels

L’ancien président Nicolas Sarkozy rejoint le conseil d’administration du géant hôtelier AccorHotels, afin d' »accompagner la vision internationale » du groupe, a annoncé mardi AccorHotels dans un communiqué.

L’ex-chef de l’État, éliminé le 20 novembre au premier tour de la primaire de la droite, a été coopté « à l’unanimité » en tant qu’administrateur indépendant et va présider un comité de « stratégie internationale », a précisé le groupe. Les missions et la composition de ce comité seront précisées lors d’un prochain conseil d’administration.
Ce poste d’administrateur indépendant serait le premier poste de cette nature occupé par l’ancien président. Nicolas Sarkozy est « très heureux de participer au développement et au rayonnement international d’AccorHotels, un des fleurons des entreprises françaises », dit-il, cité dans le communiqué de l’entreprise. « La réussite de ce groupe et la qualité de son management en font une des plus belles vitrines du paysage économique français », ajoute-t-il.
De son côté, le PDG du groupe, Sébastien Bazin, également cité dans le communiqué, estime que « l’expertise internationale de Nicolas Sarkozy et sa parfaite connaissance des enjeux géopolitiques mondiaux seront de formidables atouts pour le groupe ».

AccorHotels exploite sous ses 20 marques Sofitel, Pullman, Novotel, Mercure, Ibis, HotelF1 mais aussi Raffles, Fairmont et Swissôtel, plus de 4.000 hôtels, dans 95 pays. Son résultat opérationnel, en hausse de 3,8% à données comparables à 696 millions d’euros, dépasse le consensus de 676 millions établi par Inquiry Financial pour Reuters et la fourchette des 670 à 690 millions anticipés par le groupe en octobre 2016. La marge progresse de 50 points de base à 12,4%, contre 11,9% en 2015. Cette performance s’explique notamment par la hausse de 9% des résultats dégagés en Europe du Nord (qui pèse pour 55% du résultat opérationnel du groupe) grâce à de solides performances en Allemagne et au Royaume-Uni, où les touristes se ruent depuis l’été grâce à la baisse de la livre sterling. Cette progression a permis de compenser une chute de 13% du résultat d’exploitation en France, plombé par une baisse de 13,2% du Revpar (revenu par chambre, principal indicateur d’activité de l’hôtellerie) à Paris, très impacté par les attentats, les grèves et le sentiment d’insécurité.

 

Avec CookAngels, la cuisine faite maison est réinventée !

Créée en 2012, la start-up propose des kits-repas préparés à cuisiner soi-même à la maison. L’entreprise tente de s’imposer au coeur d’un marché ultra-concurrentiel et en plein essor.


Créée en 2012 par Charlotte Sierazki et Joy Solal, la start-up Cook Angels se positionne sur le marché de la livraison d’ingrédients pour la préparation de recettes. La jeune pousse parisienne, accompagnée par le Hub

Joy & Charlotte, Fondatrices

Bpifrance, a pris le temps d’observer le marché et d’ajuster sa formule pour trouver son public. « Notre constat de départ, c’est qu’il n’existait pas de service pour manger bien, sainement et rapidement chez soi, explique Charlotte Sierazki. Il fallait faire un arbitrage entre une recette bonne, sain et rapide à préparer. On a voulu proposer les trois à la fois avec un service permettant de cuisiner de bons plats sains sans perdre de temps« .

Aujourd’hui, Cook Angel livre dans toute la France. La start-up fait appel à des prestataires extérieurs pour la livraison partout en France. Toutefois, l’entreprise ne comunique pas sur ses résultats, cette dernière se situant « sur un marché fortement concurrentiel« , mais se dit en forte croissance. Et pour assurer la livraison dans toute la France, la jeune entreprise travaille avec différents chefs, lui permettant de proposer des recettes avec une large diversité de produits, d’origines et de saveurs. Parmi ses fournisseurs, la Maison Rostang, un gage de qualité pour ses produits frais. Quant aux eats-bags, sacs de transports, ceux-ci sont préparés dans un laboratoire du XVIIe arrondissement avant d’être livrés dans le respect de la chaine du froid.

Notre constat de départ, c’est qu’il n’existait pas de service pour manger bien, sainement et rapidement chez soi – Charlotte Sierazki, Fondatrice

Les clients peuvent souscrire pour deux à trois plats par semaine pour 2 ou 4 personnes (39 euros pour deux, 76 euros pour quatre) parmi trois propositions : un plat de viande, de poisson, et un végétarien. Une carte limitée pour optimiser les coûts, limiter le gaspillage mais aussi « proposer des ingrédients de qualité« .

Exemple de panier Cook Angels

Pour l’aider à financer son développement, Cook Angels a réalisé deux levées de fonds auprès d’Alaia partners et de plusieurs business angels, la première de 315 000 euros en mars 2014, la seconde de 540 000 euros en septembre 2015. En phase de scale-up, la jeune Food Tech, qui a bénéficié d’une aide pour le développement de l’innovation, s’est rapprochée de Bpifrance Le Hub. « Nous pouvons rencontrer dans un cadre informel et en petit comité des entrepreneurs ayant connu le succès, parler avec eux à bâtons rompus de leur réussite, des obstacles et cela nous aide ». Les deux entrepreneures se félicitent aussi de pouvoir entrer en relation avec de grands groupes de l’agroalimentaire avec lesquels elles espèrent développer des partenariats. De même elles soulignent l’importance de la visibilité de leur entreprise que leur offre l’accompagnement du Hub, notamment à travers leur participation à des événements, salons ou conférences. Aujourd’hui, Cook Angels revendique plus de 1 000 clients actifs avec un taux de fidélité de 70 %. Il semble que la mayonnaise prenne bien.

Nous vous invitons donc grandement à aller visiter le site internet de Cook Angels, et à commander vos plats préférés, que vous soyez à Paris, Marseille ou Annecy !

Bachar al Assad est « la seule solution viable », dit Le Pen

Le président syrien Bachar al Assad est « la seule solution viable » pour empêcher l’Etat islamique de prendre le pouvoir en Syrie, a déclaré lundi Marine Le Pen après un entretien de plus d’une heure avec le Premier ministre libanais Saad Hariri à Beyrouth.

« J’ai clairement exprimé que, dans le cadre de la politique du moindre mal, qui est une politique réaliste, il m’apparaissait que Bachar al Assad était évidemment aujourd’hui une solution bien plus rassurante pour la France que l’Etat islamique si celui ci venait à prendre la tête de la Syrie comme il a pris en partie le pouvoir en Libye après la disparition de M. Kadhafi », a-t-elle déclaré à la presse. « J’ai exprimé à M. le Premier ministre l’analyse qui était la mienne, que j’ai exprimée depuis le début de la crise syrienne, à savoir que, en l’état, il m’apparaissait n’y avoir aucune solution viable et plausible en dehors de ce choix binaire qui est Bachar al Assad d’un côté et l’Etat islamique de l’autre », a-t-elle ajouté.

Marine Le Pen, qui est arrivée dimanche au Liban, a rencontré le président libanais, l’ancien général chrétien Michel Aoun, et le Premier ministre sunnite, Saad Hariri, une manière de soigner sa crédibilité internationale à deux mois du premier tour de la présidentielle française. La présidente du Front national, dont toute la stratégie consiste à « dédiaboliser » son parti pour apparaître comme une présidente en puissance, n’avait encore jamais rencontré publiquement de chef d’Etat en exercice.En estimant que Bachar al Assad est pour l’instant la seule solution viable, elle contredit la position officielle de la France, qui le juge responsable de crimes de guerre.

Saad Hariri a publié à l’issue de la rencontre un communiqué dans lequel il met en garde contre tout « amalgame entre islam et terrorisme ».Le Premier ministre libanais a dit à Marine Le Pen que « les musulmans sont les premières victimes du terrorisme se réclamant de la religion, alors qu’il n’en a aucune, et que les modérés qui constituent l’écrasante majorité des musulmans dans le monde sont la cible première du terrorisme prétendu musulman car en ils sont en fait le premier rempart contre l’extrémisme ». Il a ajouté que « les Libanais et les arabes, comme la majorité du monde, considèrent que la France est la patrie des droits de l’Homme et de l’Etat républicain qui ne fait aucune distinction ethnique, religieuse ou de classe entre ses citoyens ».

 

Une femme nommée présidente de la Bourse saoudienne

Sarah Al-Souhaimi, directrice générale de la banque d’investissement NCB Capital, a été nommée jeudi présidente de la Bourse saoudienne, première femme à accéder à ce poste dans le royaume.

Sarah Al-Souhaimi a été élue par le conseil d’administration de l’opérateur boursier, qui réunit des représentants de la banque centrale et des ministères des Finances et du Commerce, a précisé la Bourse dans un communiqué.

Elle sera la première femme à diriger une institution financière gouvernementale en Arabie saoudite. En 2014 déjà, lors de sa promotion à NCB Capital, elle avait été la première femme nommée à la tête d’une banque d’investissement saoudienne.

Sarah Al-Souhaimi présidera la principale Bourse du monde arabe à un moment crucial pour cette institution qui se prépare à une cotation et espère obtenir un statut de marché émergent au sein des indices mondiaux MSCI. L’an prochain devrait voir en outre les débuts en Bourse de la Saudi Aramco, la compagnie pétrolière saoudienne, dans ce qui s’annonce comme la plus importante offre publique de vente (IPO) de l’histoire.

Trump va remanier son décret sur l’immigration

Le décret interdisant aux ressortissants de sept pays musulmans d’entrer aux Etats-Unis, dont la justice américaine a suspendu l’application, sera remanié la semaine prochaine, a annoncé jeudi Donald Trump, lors d’une conférence de presse.

« Nous avons eu un mauvais tribunal, une mauvaise décision », a-t-il déploré, promettant que la nouvelle version serait « tout à fait conforme » à la législation. « Nous pouvons ajuster le décret à cette décision et obtenir tous ce qu’on souhaite, peut-être même plus, d’un certain point de vue », a-t-il ajouté.

Son administration a par ailleurs demandé l’arrêt de la procédure juridique à la Cour d’appel du 9e Circuit, qui a annoncé jeudi l’avoir suspendu dans l’attente de nouveaux développements. La suspension du décret du 27 janvier, prononcée par le juge James Robart de Seattle, à la demande de l’Etat de Washington, a été confirmée par la Cour d’appel du 9e Circuit, mais l’un de ses membres a demandé un nouvel examen dans le cadre d’une procédure appelée « en banc ». Dans le mesure où le président va revoir son décret, la procédure n’a plus lieu d’être, a fait valoir le département de la Justice. « Le président va ainsi faire en sorte que le pays soit immédiatement protégé, plutôt que de poursuivre une longue procédure », dit-il, ajoutant sans plus de précisions que le texte va être « substantiellement remanié ».

« Nous pouvons ajuster le décret à cette décision et obtenir tous ce qu’on souhaite, peut-être même plus, d’un certain point de vue » – Donald Trump

Selon un attaché parlementaire interrogé la semaine dernière par Reuters sous couvert de l’anonymat, Donald Trump va indiquer explicitement que les porteurs de permis de séjour permanents ou « cartes vertes » ne sont pas concernés. La première version du décret interdit pour 90 jours aux ressortissants d’Irak, d’Iran, de Syrie, du Yémen, de Libye, de Somalie et du Soudan d’entrer aux Etats-Unis et suspend l’accueil des réfugiés pendant 120 jours, excepté pour les Syriens, indésirables jusqu’à nouvel ordre.

 

Apple va lancer la production de l’iPhone SE en Inde

Apple va lancer dans les mois à venir l’assemblage de l’iPhone SE, son smartphone d’entrée de gamme, dans l’usine d’un de ses sous-traitants à Bangalore, a rapporté vendredi une source proche du dossier.

En janvier dernier, un haut responsable politique régional indien avait déclaré à Reuters que le taiwanais Wistron, l’un des partenaires du groupe californien, avait déposé une demande auprès des autorités indiennes pour agrandir son usine de Bangalore.

Apple cherche à gagner des parts sur le marché indien des mobiles, qui connaît la plus forte croissance au monde et reste dominé par des appareils beaucoup moins chers que les siens. Apple a entamé des discussions avec le gouvernement fédéral indien sur les modalités d’une fabrication locale de ses produits. Le journal The Economic Times rapporte vendredi qu’Apple prévoit d’assembler au départ entre 300.000 et 400.000 iPhone SE, mais la source a évoqué un chiffre nettement inférieur.

Apple a vendu 2,5 millions d’iPhone en Inde en 2016, dont un tiers au dernier trimestre, selon le cabinet de recherche Counterpont, qui estime que trois quarts des smartphones vendus en Inde sont produits localement. Le groupe n’a pas répondu pour l’instant à une demande de commentaire.

Macron veut réconcilier la France et l’Algérie par l’économie et la culture

Emmanuel Macron veut proposer à l’Algérie un approfondissement de ses relations avec la France, en s’inspirant d’initiatives franco-allemandes qui ont consolidé la paix entre les deux pays comme la création d’une chaîne télévisée sur le modèle d’Arte. Le candidat d’En marche !, actuel favori de la présidentielle selon les sondages, veut renforcer les liens dans l’éducation, avec au moins un second lycée français et plus d’échanges universitaires, citant la médecine et le journalisme.

« Je proposerai au gouvernement algérien la création d’un Office franco-algérien de la Jeunesse, à l’instar de ce qui existe entre l’Allemagne et la France, pour favoriser la mobilité entre les deux rives de la Méditerranée », écrit-il dans une tribune publiée sur le site d’information algérien Tout sur l’Algérie, à l’occasion de sa visite dans le pays. L’ancien ministre de l’Economie souhaite des projets industriels conjoints, des initiatives pour l’innovation et insiste sur le secteur du développement durable, en soulignant que « des milliers d’emplois sont en jeu et notamment ici, en Algérie ». « Dans le solaire par exemple, l’Algérie a le plus grand potentiel au monde ! », ajoute-t-il. « Ma proposition concrète sera de créer une communauté économique franco-algérienne dans le secteur des renouvelables », estimant possibles 4 milliards d’euros d’investissements.

Dans la culture, où il souhaite de multiples coopérations, il prend à nouveau exemple sur une initiatives franco-allemande. « Je soutiens en particulier un grand projet inspiré des liens anciens entre nos artistes et nos techniciens audiovisuels et de l’exemple européen », écrit-il. « Nous pourrions poser les fondations d’une plateforme de diffusion franco-algérienne, pour la télévision et en ligne, en partenariat avec les chaînes existantes, à l’image de la chaîne Arte. » 

Paris et Alger peinent à surmonter la guerre qui a mené à l’indépendance de l’Algérie en 1962, une difficulté qu’il faut selon Emmanuel Macron dépasser en mettant de côté les « querelles fratricides » et les « polémiques nationales ».