De l’enfance à l’âge adulte (1/6)

C L’Info vous propose une série de six épisodes, répartis sur six semaines autour de l’oeuvre de Stefan Zweig Le Monde d’Hier. Écrivain, dramaturge, biographe, Stefan Zweig, né en 1881 à Vienne, aura vu glisser sa ville et sa vie de l’élévation spirituelle et culturelle la plus haute à la décadence morale et à l’échec. Zweig fuit le nazisme et s’exile à Londres dès 1934, puis au Brésil en 1941. Il commence alors la rédaction du “Monde d’Hier, souvenirs d’un Européen”, livre nostalgique, mais d’une nostalgie active, c’est un “cri de papier”. Livre-Testament d’un monde qui n’est plus, celui de la sécurité et du “Progrès” ; Livre-Témoignage sidéré d’un européen face à ce qu’il appelle “l’échec de la civilisation”. En 1942, Stefan Zweig se suicide, précisément au lendemain d’avoir posté le manuscrit du “Monde d’hier” à son éditeur. “Le Monde d’Hier” sera publié en 1944.

Pour évoquer la sécurité, Zweig cite Goethe, qui déclare “Nous éprouvons des sensations et ce que nous avons senti”. Selon l’auteur, la période de l’avant guerre était l’âge d’or de la sécurité, la monnaie circulant en de brillantes pièces d’or. Chaque famille avait son budget bien établi, elle savait ce qu’elle aurait à dépenser pour vivre, sans la précaution de réserver une petite somme pour les imprévus. Ce sentiment de sécurité était le trésor de millions d’êtres, leur idéal de vie commun, le plus digne d’efforts. Dans cette touchante confiance ou l’on était sur de pouvoir entourer sa vie de palissades sans la moindre brèche par où le destin eut pu faire irruption, il y avait, malgré tout, la sagesse rangée et toute la modestie des conceptions de vie. Selon lui, la baisse de sécurité passe par le “progrès” ininterrompu et irrésistible en ce temps là. Déjà, grâce au téléphone, les hommes pouvaient conserver à distance des données enregistrées. Il nous est aisé, à nous, les hommes d’aujourd’hui qui depuis longtemps avons retranché le mot sécurité de notre vocabulaire comme une chimère, de railler le délire optimiste de cette génération aveuglée par l’idéalisme, pour qui le progrès technique de l’humanité devait entraîner fatalement une ascension morale tout aussi rapide. Maintenant que le grand orage l’a depuis longtemps fracassé, nous savons de science certaine que ce monde de sécurité n’était qu’un château de nuées, les êtres bénéficiants dune protection particulière contre les assauts de vents. “La famille de mon père était originaire de Moravie”, région forte en communauté juive, présente dans de petites agglomérations campagnardes, en harmonie avec la paysannerie et la petite bourgeoisie. Pour parler de sa mère, Mademoiselle Brettauer, Zweig parle de plusieurs origines différentes, du sud de l’Italie à l’Allemagne. Puis, l’auteur nous exprime sa vision de la communauté juive, représenté par la passion de la richesse, un degré intermédiaire, un moyen d’atteindre son but véritable. Vienne, la grande ville dans laquelle l’auteur écrit, au début de sa vie, raconte une expérience de vie où l’aspiration à la culture est bien plus passionnée que dans le reste de l’Europe, grâce à son histoire, inspirée des Romains, des Flamands et des Européens de l’Ouest. On vivait bien, on menait une vie facile et insouciante dans cette vieille ville de Vienne, convoitée par l’Europe entière pour ses cafés, opéras, où se regroupaient nombres d’intellectuels. Zweig se vante ainsi d’être né dans un siècle ou le temps était passion, un monde ordonné aux stratifications claires et aux transitions tranquilles, un monde sans hâte.

“Il allait de soi qu’après l’école primaire on m’enverrait au lycée” écrit Zweig dans ce monde où toutes les familles fortunées demandent à avoir des fis cultivés, par l’apprentissage des langues, de la musique. “Pendant cinq années d’école primaire et huit ans de lycée, il fallait passer cinq à six heures par jour sur les bancs de la classe, puis une fois les cours terminés, faire ses devoirs”, telle était la vision très scolaire de l’auteur, qui, sans critiquer l’école autrichienne relate une trop forte schématisation des plans scolaires dans lesquels les élèves doivent rester droit. En effet, “l’Autriche était un vieil empire régi par un vieillard, gouverné par de vieux ministres, un Etat qui, sans ambition, espérait uniquement se maintenir intact dans l’espace européen en se défendant de tout changement radical”. L’auteur nous explique également comment il a souffert, durant des années de l’école et de cette parole vide de toute camaraderie, autoritaire, doctrinaire, altière, avec qui, il s’entendit jusqu’à ses 14, 15 ans. En vient la critique des auteurs de son époque et de celles passées, Balzac et sa conception Napoléonienne, Hofmannsthal et son existence physique, ou bien encore les premiers pas de Rilke. L’auteur décrit son enfance comme la vie de jeunes gens qui ne se soumettent à aucune convention imposée. Il regrette de voir la littérature du XIXe comme une vague de désordre d’une jeunesse en quête de repères, lorsque Madame Bovary sera, dans un premier temps, interdit par un tribunal français avant d’être publié bien des années après. Ainsi, le rôle de la femme est expliqué par Zweig comme un acharnement afin de maintenir une femme de la “bonne société”, qui doit être mariée de force, une pensée qu’il critiquera, en poursuivant sur la l’effroyable extension de la prostitution en Europe jusqu’à la Guerre Mondiale. Il exprime ainsi son désarroi quant à la position officielle de l’Etat et de sa morale en face de ces sombres affaires, qui ont marqué son enfance et adolescence.

“Enfin était venu le moment longtemps attendu où, avec la dernière année du siècle, nous pûmes claquer derrière nous la porte du lycée abhorré”, telle est la pensée inspirante du renouveau pour l’auteur. L’université en Autriche, était appréciée des étudiants, vue d’une singularité héritée, les étudiants jouissant de certains privilèges qui les plaçaient bien au dessus de leurs compagnons d’âge. Les universités d’Autriche avaient, pour la plupart, été fondées au Moyen-Âge, époque où les occupations scientifiques passaient pour quelque chose d’extraordinaire afin d’inciter les jeunes gens à se consacrer pleinement aux études. Au fil du temps, avec la démocratisation croissante de la vie publique, alors que toutes les autres corporations du Moyen-Âge se dissolvaient, cette position privilégiée des universitaires se perdit dans toute l’Europe, sauf en Allemagne et en Autriche, où le sentiment de classe à toujours prévalu sur les idées démocratiques. Zweig explique ainsi que c’est lui, dans la famille, qui à été choisi pour étudier à l’université, son frère ainé étant entré dans l’entreprise industrielle de ses parents. Zweig entreprit des études de lettres, restant cependant persuadé qu’un être peut devenir philosophe, historien, ou bien juriste sans aucune année d’université. Dans son ouvrage, l’auteur cite des moments positifs de sa vie universitaire, pleine d’encouragements, de réussites et de passion. En plus de ses études, Zweig officiera en tant que journaliste dans les journaux, l’occasion pour lui de rencontrer Théodore Herzl, le premier journaliste à mettre en place l’idée d’un Etat autonome juif à la fin du XIXe siècle. Au travers de la lecture de ce chapitre, nous comprenons ainsi que la vie étudiante de Zweig s’est transformée en une vie journalistique, dans laquelle il a pu rencontrer différents auteurs. En peu de temps, il devient une personnalité influente, et quitte sa ville natale d’Autriche pour se rendre à Berlin, dans le but d’approfondir ses recherches sur les grands hommes de la fin du XIXe siècle. Zweig écrit “Les grands consortiums, les familles opulentes venaient s’installer à Berlin, et une nouvelle richesse, associée à l’audace de l’esprit d’entreprise offrait à l’architecture, au théâtre, plus de possibilités qu’en aucune des grandes villes d’Allemagne” pour décrire l’immensité de la ville dans laquelle il s’instruit. Dîners, entretiens, écriture et traductions de textes, Zweig resta attaché à cette ville durant près de 3 années, qu’il retiendra comme parmi les meilleures de son existence.

Corée du Nord: Kim Jong-Nam tué par un neurotoxique très puissant

Le demi-frère du dirigeant de la Corée du Nord a été assassiné avec un agent neurotoxique très puissant utilisé comme arme chimique, a annoncé vendredi la police malaisienne, qui enquête sur la spectaculaire attaque le 13 février contre Kim Jong-Nam.

Le poison utilisé par les assaillants était l’agent neurotoxique VX — une version plus mortelle du gaz sarin — indolore, inodore et hautement toxique, a précisé la police en présentant les résultats d’une analyse toxicologique préliminaire. Des traces de VX, classé comme une arme de destruction massive par les Nations unies, ont été retrouvées dans des échantillons prélevés sur le visage et les yeux de Kim Jong-Nam.

Des images de vidéosurveillance de l’attaque perpétrée à l’aéroport de Kuala Lumpur montrent que Kim Jong-Nam avait été approché par deux femmes qui lui ont apparemment projeté quelque chose au visage. Cet homme corpulent âgé de 45 ans avait ensuite été pris en charge par du personnel de l’aéroport et avait succombé pendant son transfert à l’hôpital. Le VX s’attaque au système nerveux et musculaire, et peut provoquer la mort en quelques minutes après une exposition.

Les enquêteurs malaisiens vont essayer de déterminer d’où provenait cet agent chimique mortel, a déclaré le chef de la police nationale, Khalid Abu Bakak. “Nous allons chercher comment il est entré dans le pays. Le produit chimique est illégal. C’est une arme chimique”, a-t-il souligné. Le VX aurait pu être dissimulé sans difficulté dans une valise diplomatique, qui n’est pas soumise aux contrôles habituels à la douane, a déclaré un éminent expert en sécurité dans la région, Rohan Gunaratna.

La Corée du Nord a utilisé par le passé des valises diplomatiques “pour faire passer en contrebande des matières qui seraient soumises à des contrôles si elles transitaient par les canaux habituels”, a ajouté M. Gunaratna, directeur du Centre international de recherche sur le terrorisme et les violences politiques. Et la Corée du Nord a fabriqué par le passé du VX, a-t-il ajouté. Selon Lee Il-Woo, analyste sud-coréen en défense, “la Corée du Nord disposerait d’un important stock de VX qui peut être facilement fabriqué à bas prix”.

“Le renseignement nord-coréen a été très actif en Thaïlande, en Malaisie et en Indonésie, et aujourd’hui il représente une menace pour la région”, a observé M. Gunaratna.

Le chef de la police avait indiqué mercredi que les deux femmes qui ont attrapé Kim par derrière savaient pertinemment qu’elles se rendaient coupables d’une attaque au poison, contredisant leurs affirmations selon lesquelles elles avaient été piégées par des inconnus et pensaient participer à un jeu télévisé. “La dame s’éloignait vers les toilettes avec les mains en avant. Elle était parfaitement au courant que c’était toxique et qu’elle devait se laver les mains” après, selon le chef de la police.

Depuis le début de cette affaire digne d’un roman d’espionnage, la Corée du Sud pointe du doigt son voisin du Nord, citant un “ordre permanent” du dirigeant Kim Jong-Un pour éliminer son demi-frère Kim Jong-Nam, un critique du régime le plus fermé au monde.

Selon la Convention internationale sur l’interdiction des armes chimiques, les pays doivent déclarer leurs stocks de VX et sont obligés de les détruire progressivement. Dans un bref communiqué publié vendredi, Khalid Abu Bakar ajoute que des équipes médico-légales continuent d’analyser “d’autres échantillons” dans le cadre de l’autopsie.

Trois suspects sont en détention provisoire: les deux femmes, une Vietnamienne et une Indonésienne, ainsi qu’un Nord-Coréen. La police soupçonne également quatre Nord-Coréens ayant fui la Malaisie le jour du crime pour regagner Pyongyang, et elle souhaite en interroger trois autres, parmi lesquels un diplomate à Kuala Lumpur. La police a reconnu qu’elle ne pourrait pas interroger le diplomate s’il ne se présentait pas de lui-même, en raison de son immunité diplomatique.

Jeudi, la Corée du Nord a rompu le silence depuis l’assassinat en tirant à boulets rouges sur la Malaisie. L’agence de presse officielle KCNA a accusé Kuala Lumpur d’être responsable du décès et de comploter avec la Corée du Sud, ennemi juré du Nord. KCNA a aussi critiqué la Malaisie pour ne pas avoir remis le corps à la partie nord-coréenne, “sous le prétexte absurde” qu’une comparaison des ADN avec une personne de la famille du défunt était nécessaire. Aucun proche ne s’est présenté jusqu’ici à l’hôpital de Kuala Lumpur où la dépouille de Kim Jong-Nam est conservée.

Alexeï Navalny dans le viseur de Poutine

Le plus célèbre opposant à Vladimir Poutine, Alexeï Navalny veut se lancer dans la course à l’élection présidentielle russe. Ses objectifs : combattre la corruption, créer de la prospérité pour tous et sortir la Russie de l’isolement sur le plan international. Mais pour l’heure, sa candidature est bloquée. L’opposant a été condamné début février à cinq ans de prison avec sursis et doit attendre son jugement en appel.


Qui est-t-il ?

Né le 4 juin 1976 dans l’Oblats de Moscou, l’une des régions les plus densément peuplées du pays. L’homme est un avocat, militant politique russe, surnommé le “Julian Assange Russe”. Il est connu pour être l’auteur du blog Navalny et du site Rospil, ou il dénonce des faits de corruption en Russie. En 2010, il accuse Rosneft, la principale compagnie pétrolière du pays d’avoir détourné 4 milliards de dollars de fonds publics pour la construction d’un pipeline titanesque entre la Sibérie et l’Océan Pacifique. Alexeï Navalny a fait plusieurs allers-retours en prison et a été assigné à résidence,

Manifestation en 2011

généralement pour des participations à des rassemblements non autorisés. En novembre, la Cour suprême russe a ordonné un nouveau procès dans une affaire de détournement de fonds pour laquelle il avait déjà été condamné en 2013. En 2013, il avait été condamné à cinq ans de prison pour avoir organisé en 2009 le détournement de quelque 400 000 euros au détriment d’une société publique d’exploitation forestière alors qu’il était consultant du gouverneur libéral de la région. La même année, sa peine avait cependant été commuée en sursis en appel. Fin 2014, il avait également reçu trois ans et demi de prison avec sursis pour avoir détourné, selon l’accusation, près de 400 000 euros appartenant à une filiale russe de la société française de cosmétiques Yves Rocher.

En politique, Navalny est battu le 8 septembre 2013 par le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, propulsé par Poutine, par 52% des voix contre 30%. Celui-ci conteste les résultats, soutenu par les ONG indépendantes qui observent de “graves violations”. Une manifestation de 9 000 personnes aura ensuite lieu, en soutien, le lendemain. Ainsi, au terme de cette élection, c’est l’opposition à Poutine qui se renforce. En décembre 2016, Navalny annonce sa candidature à l’élection présidentielle russe, qui se tiendra en 2018.

Libéral et favorable à un rapprochement avec les Occidentaux, M. Navalny a aussi régulièrement participé à des rassemblements aux relents racistes, tels que la Marche russe à Moscou, en 2011, en compagnie de xénophobes notoires, et il a été exclu en 2007 du parti d’opposition libéral Iabloko pour ses prises de position nationalistes.

Pourquoi ses chances de remporter la présidentielle sont-elles désormais compromises ?

Navalny a été condamné pour « crime grave » en janvier 2017, ce qui le rend inéligible d’après la loi électorale, même s’il est condamné avec du sursis. En fait, il est condamné selon exactement les mêmes termes qu’en juillet 2013. Et à l’époque, cela ne l’avait pas empêché de se présenter aux élections municipales de Moscou … Il avait pu se présenter car sa condamnation n’était pas encore entrée en vigueur. Cette fois-ci, l’opposant compte sur des appels suspensifs pour rester éligible jusqu’en mars 2018.

Alexeï Navalny l’a dit, il va poursuivre la campagne qu’il a entamée en décembre dernier. Et il affirme qu’il a la Constitution avec lui, une Constitution qui n’empêche de se présenter que les citoyens russes qui sont en prison.

L’avenir électoral de Navalny dépend en fait du pouvoir politique. Le Kremlin souhaitera-t-il avoir un adversaire en face de lui ? En effet, il n’y en a plus d’autre à disposition, l’opposition n’existant plus. Navalny, qui n’a pas sa langue dans sa poche, est plus qu’un faire-valoir, mais un Navalny affaibli par les affaires judiciaires pourrait faire l’affaire.

L’accord de l’OMC pour faciliter le commerce entre en vigueur

L’accord de l’OMC visant à faciliter les échanges mondiaux en réduisant les formalités administratives et en simplifiant les contrôles aux frontières est entré en vigueur ce mercredi, après sa ratification par les deux tiers des membres de l’organisation, et il promet une hausse de la croissance mondiale de 0,5% d’ici 2030.

Le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, Roberto Azevêdo, a salué l’événement en parlant de “la plus grande réforme du commerce mondial de ce siècle”. Il a en outre minimisé les risques de problèmes commerciaux avec le nouveau président américain, Donald Trump, qui répète à l’envi son slogan “l’Amérique d’abord” et a menacé à plusieurs reprises de se retirer des traités internationaux et d’imposer de “lourdes taxes frontalières” sur les produits importés. Le traité sur la facilitation du commerce avait été ratifié aux Etats-Unis sous l’administration de Barack Obama.

L’OMC estime qu’il permettra de réduire les coûts commerciaux de 14,3% en moyenne et bien davantage dans les pays pauvres, apportant un gain de 2,7% aux exportations mondiales d’ici 2030. On estime que c’est plus que si les droits de douane étaient supprimés à l’échelle mondiale. L’organisation basée à Genève a commandé plusieurs études pour estimer le montant de l’augmentation potentielle des exportations. L’une d’elles l’a évalué à 3.600 milliards de dollars, mais l’organisation a opté pour un chiffre plus prudent de 1.000 milliards de dollars, une estimation avec laquelle Roberto Azevêdo se dit très à l’aise.

20 millions d’emplois dans le monde

Les pays signataires du traité s’engagent à harmoniser les procédures aux frontières, à accélérer le dédouanement des marchandises, à publier des informations procédurales en ligne, à accepter des documents numériques dans la mesure du possible et à limiter les frais imposés aux intermédiaires.

L’accord sera d’abord utile dans les pays, souvent les plus pauvres, comme en Afrique, qui souffrent d’une bureaucratie tatillonne et de retards d’enregistrements aux frontières. Les exportations seront plus rapides, plus efficaces et prévisibles, offrant une aubaine pour les petites entreprises et les intermédiaires indépendants, a estimé Arancha Gonzalez, la directrice du Centre du commerce international (ITC), une agence conjointe Onu-OMC qui aide les entreprises à exporter.”Il (l’accord) permettra à d’autres (petites entreprises) de sortir des marchés locaux et nationaux et de profiter des économies régionales et internationales”, a-t-elle ajouté. La Chambre de Commerce internationale (ICC), basée à Paris, a estimé pour sa part que l’entrée en vigueur de l’accord constituait un moment décisif qui pourrait soutenir la création de 20 millions d’emplois dans le monde, la grande majorité dans les pays en développement.

La signature de cet accord à Bali en 2013 a été considérée comme cruciale pour l’OMC car elle a mis fin à plus d’une décennie d’impasse dans le “cycle de Doha” des négociations commerciales. Le traité a été ratifié à la majorité des deux tiers des membres de l’OMC grâce aux derniers ralliements de la Jordanie, d’Oman, du Rwanda et du Tchad, portant le total à 112 voix sur les 164 membres de l’organisation.

Rugy, ex-candidat écologiste à la primaire PS, choisit Macron

François de Rugy, ex-candidat écologiste à la primaire socialiste élargie, a annoncé mercredi son soutien à la candidature d’Emmanuel Macron à la présidentielle, plutôt qu’à celle de Benoît Hamon, vainqueur du scrutin.

“Je m’engage dans cette élection présidentielle au côté d’Emmanuel Macron”, a déclaré sur franceinfo le président du Parti écologiste, qui comme tous les candidats à la primaire s’était engagé à soutenir le vainqueur du scrutin, en l’occurrence Benoît Hamon. M. Macron, lui, n’était pas engagé dans cette consultation. “Je préfère la cohérence à l’obéissance”, a justifié le député de Loire-Atlantique, également vice-président de l’Assemblée, qui a toutefois reconnu que M. Hamon était “légitime pour être le candidat du Parti socialiste”, grâce à sa large victoire à la primaire, pour laquelle M. Rugy a réuni 3,82 % des voix. “Je ne vais pas mentir aux Français. Je ne me vois pas leur dire qu’après tout ce que j’ai dit dans la primaire, (…) ça y est je suis convaincu par le projet de Benoît Hamon alors que ce n’est pas vrai”, a t-il poursuivi, citant le revenu universel et le 49-3 citoyen comme deux points de profond désaccord.

Autre grief de M. Rugy contre le candidat socialiste, la main tendue au candidat écologiste Yannick Jadot et à celui de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon en laissant de côté Emmanuel Macron.”Benoît Hamon (…) a fait un choix politique. C’est de dire (…) +Je propose une majorité gouvernementale à Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot+. Ce n’est pas du tout le rassemblement tel que je le concevais”, a-t-il expliqué. “Face à la poussée de Marine Le Pen (…) il y a une recomposition politique sur des vrais clivages structurants (…) ouverture-fermeture, progrès-régression”, a-t-il assuré, fustigeant le “vieux clivage gauche-droite”. “Les idées que j’ai défendues dans la primaire, elles sont plus proches des idées défendues par Emmanuel Macron que des idées défendues par Benoît Hamon”, a-t-il ajouté.

Le 17 janvier, M. Rugy avait pourtant critiqué Emmanuel Macron qui “n’allait pas dans le sens de l’écologie mais (…) plutôt dans le sens de l’ancien monde”. “Il a été auditionné (…) par le WWF. Il a fait évoluer ses positions”, s’est-il défendu mercredi.

Pour ce qui est du programme économique, “j’ai défendu dans la primaire l’augmentation du salaire net et la baisse du coût du travail par le transfert des cotisations vers la CSG, c’est exactement la même proposition qu’a Emmanuel Macron”, a ajouté M. de Rugy.

Sarkozy rejoint le conseil d’administration d’AccorHotels

L’ancien président Nicolas Sarkozy rejoint le conseil d’administration du géant hôtelier AccorHotels, afin d'”accompagner la vision internationale” du groupe, a annoncé mardi AccorHotels dans un communiqué.

L’ex-chef de l’État, éliminé le 20 novembre au premier tour de la primaire de la droite, a été coopté “à l’unanimité” en tant qu’administrateur indépendant et va présider un comité de “stratégie internationale”, a précisé le groupe. Les missions et la composition de ce comité seront précisées lors d’un prochain conseil d’administration.
Ce poste d’administrateur indépendant serait le premier poste de cette nature occupé par l’ancien président. Nicolas Sarkozy est “très heureux de participer au développement et au rayonnement international d’AccorHotels, un des fleurons des entreprises françaises”, dit-il, cité dans le communiqué de l’entreprise. “La réussite de ce groupe et la qualité de son management en font une des plus belles vitrines du paysage économique français”, ajoute-t-il.
De son côté, le PDG du groupe, Sébastien Bazin, également cité dans le communiqué, estime que “l’expertise internationale de Nicolas Sarkozy et sa parfaite connaissance des enjeux géopolitiques mondiaux seront de formidables atouts pour le groupe”.

AccorHotels exploite sous ses 20 marques Sofitel, Pullman, Novotel, Mercure, Ibis, HotelF1 mais aussi Raffles, Fairmont et Swissôtel, plus de 4.000 hôtels, dans 95 pays. Son résultat opérationnel, en hausse de 3,8% à données comparables à 696 millions d’euros, dépasse le consensus de 676 millions établi par Inquiry Financial pour Reuters et la fourchette des 670 à 690 millions anticipés par le groupe en octobre 2016. La marge progresse de 50 points de base à 12,4%, contre 11,9% en 2015. Cette performance s’explique notamment par la hausse de 9% des résultats dégagés en Europe du Nord (qui pèse pour 55% du résultat opérationnel du groupe) grâce à de solides performances en Allemagne et au Royaume-Uni, où les touristes se ruent depuis l’été grâce à la baisse de la livre sterling. Cette progression a permis de compenser une chute de 13% du résultat d’exploitation en France, plombé par une baisse de 13,2% du Revpar (revenu par chambre, principal indicateur d’activité de l’hôtellerie) à Paris, très impacté par les attentats, les grèves et le sentiment d’insécurité.

 

Avec CookAngels, la cuisine faite maison est réinventée !

Créée en 2012, la start-up propose des kits-repas préparés à cuisiner soi-même à la maison. L’entreprise tente de s’imposer au coeur d’un marché ultra-concurrentiel et en plein essor.


Créée en 2012 par Charlotte Sierazki et Joy Solal, la start-up Cook Angels se positionne sur le marché de la livraison d’ingrédients pour la préparation de recettes. La jeune pousse parisienne, accompagnée par le Hub

Joy & Charlotte, Fondatrices

Bpifrance, a pris le temps d’observer le marché et d’ajuster sa formule pour trouver son public. “Notre constat de départ, c’est qu’il n’existait pas de service pour manger bien, sainement et rapidement chez soi, explique Charlotte Sierazki. Il fallait faire un arbitrage entre une recette bonne, sain et rapide à préparer. On a voulu proposer les trois à la fois avec un service permettant de cuisiner de bons plats sains sans perdre de temps“.

Aujourd’hui, Cook Angel livre dans toute la France. La start-up fait appel à des prestataires extérieurs pour la livraison partout en France. Toutefois, l’entreprise ne comunique pas sur ses résultats, cette dernière se situant “sur un marché fortement concurrentiel“, mais se dit en forte croissance. Et pour assurer la livraison dans toute la France, la jeune entreprise travaille avec différents chefs, lui permettant de proposer des recettes avec une large diversité de produits, d’origines et de saveurs. Parmi ses fournisseurs, la Maison Rostang, un gage de qualité pour ses produits frais. Quant aux eats-bags, sacs de transports, ceux-ci sont préparés dans un laboratoire du XVIIe arrondissement avant d’être livrés dans le respect de la chaine du froid.

Notre constat de départ, c’est qu’il n’existait pas de service pour manger bien, sainement et rapidement chez soi – Charlotte Sierazki, Fondatrice

Les clients peuvent souscrire pour deux à trois plats par semaine pour 2 ou 4 personnes (39 euros pour deux, 76 euros pour quatre) parmi trois propositions : un plat de viande, de poisson, et un végétarien. Une carte limitée pour optimiser les coûts, limiter le gaspillage mais aussi “proposer des ingrédients de qualité“.

Exemple de panier Cook Angels

Pour l’aider à financer son développement, Cook Angels a réalisé deux levées de fonds auprès d’Alaia partners et de plusieurs business angels, la première de 315 000 euros en mars 2014, la seconde de 540 000 euros en septembre 2015. En phase de scale-up, la jeune Food Tech, qui a bénéficié d’une aide pour le développement de l’innovation, s’est rapprochée de Bpifrance Le Hub. « Nous pouvons rencontrer dans un cadre informel et en petit comité des entrepreneurs ayant connu le succès, parler avec eux à bâtons rompus de leur réussite, des obstacles et cela nous aide ». Les deux entrepreneures se félicitent aussi de pouvoir entrer en relation avec de grands groupes de l’agroalimentaire avec lesquels elles espèrent développer des partenariats. De même elles soulignent l’importance de la visibilité de leur entreprise que leur offre l’accompagnement du Hub, notamment à travers leur participation à des événements, salons ou conférences. Aujourd’hui, Cook Angels revendique plus de 1 000 clients actifs avec un taux de fidélité de 70 %. Il semble que la mayonnaise prenne bien.

Nous vous invitons donc grandement à aller visiter le site internet de Cook Angels, et à commander vos plats préférés, que vous soyez à Paris, Marseille ou Annecy !

Bachar al Assad est “la seule solution viable”, dit Le Pen

Le président syrien Bachar al Assad est “la seule solution viable” pour empêcher l’Etat islamique de prendre le pouvoir en Syrie, a déclaré lundi Marine Le Pen après un entretien de plus d’une heure avec le Premier ministre libanais Saad Hariri à Beyrouth.

“J’ai clairement exprimé que, dans le cadre de la politique du moindre mal, qui est une politique réaliste, il m’apparaissait que Bachar al Assad était évidemment aujourd’hui une solution bien plus rassurante pour la France que l’Etat islamique si celui ci venait à prendre la tête de la Syrie comme il a pris en partie le pouvoir en Libye après la disparition de M. Kadhafi”, a-t-elle déclaré à la presse. “J’ai exprimé à M. le Premier ministre l’analyse qui était la mienne, que j’ai exprimée depuis le début de la crise syrienne, à savoir que, en l’état, il m’apparaissait n’y avoir aucune solution viable et plausible en dehors de ce choix binaire qui est Bachar al Assad d’un côté et l’Etat islamique de l’autre”, a-t-elle ajouté.

Marine Le Pen, qui est arrivée dimanche au Liban, a rencontré le président libanais, l’ancien général chrétien Michel Aoun, et le Premier ministre sunnite, Saad Hariri, une manière de soigner sa crédibilité internationale à deux mois du premier tour de la présidentielle française. La présidente du Front national, dont toute la stratégie consiste à “dédiaboliser” son parti pour apparaître comme une présidente en puissance, n’avait encore jamais rencontré publiquement de chef d’Etat en exercice.En estimant que Bachar al Assad est pour l’instant la seule solution viable, elle contredit la position officielle de la France, qui le juge responsable de crimes de guerre.

Saad Hariri a publié à l’issue de la rencontre un communiqué dans lequel il met en garde contre tout “amalgame entre islam et terrorisme”.Le Premier ministre libanais a dit à Marine Le Pen que “les musulmans sont les premières victimes du terrorisme se réclamant de la religion, alors qu’il n’en a aucune, et que les modérés qui constituent l’écrasante majorité des musulmans dans le monde sont la cible première du terrorisme prétendu musulman car en ils sont en fait le premier rempart contre l’extrémisme”. Il a ajouté que “les Libanais et les arabes, comme la majorité du monde, considèrent que la France est la patrie des droits de l’Homme et de l’Etat républicain qui ne fait aucune distinction ethnique, religieuse ou de classe entre ses citoyens”.

 

Une femme nommée présidente de la Bourse saoudienne

Sarah Al-Souhaimi, directrice générale de la banque d’investissement NCB Capital, a été nommée jeudi présidente de la Bourse saoudienne, première femme à accéder à ce poste dans le royaume.

Sarah Al-Souhaimi a été élue par le conseil d’administration de l’opérateur boursier, qui réunit des représentants de la banque centrale et des ministères des Finances et du Commerce, a précisé la Bourse dans un communiqué.

Elle sera la première femme à diriger une institution financière gouvernementale en Arabie saoudite. En 2014 déjà, lors de sa promotion à NCB Capital, elle avait été la première femme nommée à la tête d’une banque d’investissement saoudienne.

Sarah Al-Souhaimi présidera la principale Bourse du monde arabe à un moment crucial pour cette institution qui se prépare à une cotation et espère obtenir un statut de marché émergent au sein des indices mondiaux MSCI. L’an prochain devrait voir en outre les débuts en Bourse de la Saudi Aramco, la compagnie pétrolière saoudienne, dans ce qui s’annonce comme la plus importante offre publique de vente (IPO) de l’histoire.

Trump va remanier son décret sur l’immigration

Le décret interdisant aux ressortissants de sept pays musulmans d’entrer aux Etats-Unis, dont la justice américaine a suspendu l’application, sera remanié la semaine prochaine, a annoncé jeudi Donald Trump, lors d’une conférence de presse.

“Nous avons eu un mauvais tribunal, une mauvaise décision”, a-t-il déploré, promettant que la nouvelle version serait “tout à fait conforme” à la législation. “Nous pouvons ajuster le décret à cette décision et obtenir tous ce qu’on souhaite, peut-être même plus, d’un certain point de vue”, a-t-il ajouté.

Son administration a par ailleurs demandé l’arrêt de la procédure juridique à la Cour d’appel du 9e Circuit, qui a annoncé jeudi l’avoir suspendu dans l’attente de nouveaux développements. La suspension du décret du 27 janvier, prononcée par le juge James Robart de Seattle, à la demande de l’Etat de Washington, a été confirmée par la Cour d’appel du 9e Circuit, mais l’un de ses membres a demandé un nouvel examen dans le cadre d’une procédure appelée “en banc”. Dans le mesure où le président va revoir son décret, la procédure n’a plus lieu d’être, a fait valoir le département de la Justice. “Le président va ainsi faire en sorte que le pays soit immédiatement protégé, plutôt que de poursuivre une longue procédure”, dit-il, ajoutant sans plus de précisions que le texte va être “substantiellement remanié”.

“Nous pouvons ajuster le décret à cette décision et obtenir tous ce qu’on souhaite, peut-être même plus, d’un certain point de vue” – Donald Trump

Selon un attaché parlementaire interrogé la semaine dernière par Reuters sous couvert de l’anonymat, Donald Trump va indiquer explicitement que les porteurs de permis de séjour permanents ou “cartes vertes” ne sont pas concernés. La première version du décret interdit pour 90 jours aux ressortissants d’Irak, d’Iran, de Syrie, du Yémen, de Libye, de Somalie et du Soudan d’entrer aux Etats-Unis et suspend l’accueil des réfugiés pendant 120 jours, excepté pour les Syriens, indésirables jusqu’à nouvel ordre.

 

Apple va lancer la production de l’iPhone SE en Inde

Apple va lancer dans les mois à venir l’assemblage de l’iPhone SE, son smartphone d’entrée de gamme, dans l’usine d’un de ses sous-traitants à Bangalore, a rapporté vendredi une source proche du dossier.

En janvier dernier, un haut responsable politique régional indien avait déclaré à Reuters que le taiwanais Wistron, l’un des partenaires du groupe californien, avait déposé une demande auprès des autorités indiennes pour agrandir son usine de Bangalore.

Apple cherche à gagner des parts sur le marché indien des mobiles, qui connaît la plus forte croissance au monde et reste dominé par des appareils beaucoup moins chers que les siens. Apple a entamé des discussions avec le gouvernement fédéral indien sur les modalités d’une fabrication locale de ses produits. Le journal The Economic Times rapporte vendredi qu’Apple prévoit d’assembler au départ entre 300.000 et 400.000 iPhone SE, mais la source a évoqué un chiffre nettement inférieur.

Apple a vendu 2,5 millions d’iPhone en Inde en 2016, dont un tiers au dernier trimestre, selon le cabinet de recherche Counterpont, qui estime que trois quarts des smartphones vendus en Inde sont produits localement. Le groupe n’a pas répondu pour l’instant à une demande de commentaire.

Macron veut réconcilier la France et l’Algérie par l’économie et la culture

Emmanuel Macron veut proposer à l’Algérie un approfondissement de ses relations avec la France, en s’inspirant d’initiatives franco-allemandes qui ont consolidé la paix entre les deux pays comme la création d’une chaîne télévisée sur le modèle d’Arte. Le candidat d’En marche !, actuel favori de la présidentielle selon les sondages, veut renforcer les liens dans l’éducation, avec au moins un second lycée français et plus d’échanges universitaires, citant la médecine et le journalisme.

“Je proposerai au gouvernement algérien la création d’un Office franco-algérien de la Jeunesse, à l’instar de ce qui existe entre l’Allemagne et la France, pour favoriser la mobilité entre les deux rives de la Méditerranée”, écrit-il dans une tribune publiée sur le site d’information algérien Tout sur l’Algérie, à l’occasion de sa visite dans le pays. L’ancien ministre de l’Economie souhaite des projets industriels conjoints, des initiatives pour l’innovation et insiste sur le secteur du développement durable, en soulignant que “des milliers d’emplois sont en jeu et notamment ici, en Algérie”. “Dans le solaire par exemple, l’Algérie a le plus grand potentiel au monde !”, ajoute-t-il. “Ma proposition concrète sera de créer une communauté économique franco-algérienne dans le secteur des renouvelables”, estimant possibles 4 milliards d’euros d’investissements.

Dans la culture, où il souhaite de multiples coopérations, il prend à nouveau exemple sur une initiatives franco-allemande. “Je soutiens en particulier un grand projet inspiré des liens anciens entre nos artistes et nos techniciens audiovisuels et de l’exemple européen”, écrit-il. “Nous pourrions poser les fondations d’une plateforme de diffusion franco-algérienne, pour la télévision et en ligne, en partenariat avec les chaînes existantes, à l’image de la chaîne Arte.” 

Paris et Alger peinent à surmonter la guerre qui a mené à l’indépendance de l’Algérie en 1962, une difficulté qu’il faut selon Emmanuel Macron dépasser en mettant de côté les “querelles fratricides” et les “polémiques nationales”.

Le Japon n’a accepté que 28 réfugiés l’an dernier

Le Japon n’a accepté que 28 réfugiés l’an dernier, malgré un nombre record de demandes d’asile, selon un document paru vendredi, qui souligne la réticence du pays à accueillir des étrangers.

En 2016, 10.901 personnes ont déposé une demande d’asile au Japon, soit une hausse de 44% par rapport à 2015, quand le pays avait accepté 27 réfugiés. Parmi les 28 réfugiés acceptés l’an dernier, sept venaient d’Afghanistan, quatre d’Ethiopie et trois d’Erythrée. On ignore si des Syriens ont demandé ou obtenu l’asile.

Quatre-vingt-dix sept personnes se sont également vus attribuer un permis de séjour pour raisons humanitaires, mais sans être reconnues officiellement comme des réfugiés. L’Indonésie a été en 2016 le premier pays d’origine des demandeurs d’asile, devant le Népal, les Philippines et la Turquie.

L’immigration est un sujet controversé au Japon, où beaucoup se félicitent de l’homogénéité ethnique et culturelle du pays, même si la population vieillit et la main d’oeuvre se réduit.Si le pays finance très largement les programmes humanitaires, il se refuse à assouplir sa politique d’asile.Par contraste, l’Allemagne a reçu l’an dernier 745.545 demandes d’asile et approuvé plus de 256.000 requêtes, selon les statistiques du ministère de l’Intérieur. Confronté à ses plus fortes pénuries de main d’oeuvre depuis 1991, le Japon réfléchit cependant aux moyens de faire venir davantage de travailleurs étrangers. En décembre, le gouvernement a étendu la portée d’un système permettant d’accepter des apprentis en provenance de pays en développement. Il a également créé un nouveau type de visa pour les infirmières et les aides à domicile.

L’arrêt du porte-avions relance le débat sur un second

La mise à l’arrêt pour un an et demi du Charles-de-Gaulle relance en pleine campagne présidentielle le débat sur la construction d’un second porte-avions dans un contexte à la fois de forte menace djihadiste et de contraintes budgétaires. 

Fleuron de la Marine française, engagé dans les conflits en Afghanistan, en Libye et plus récemment au large de la Syrie, le Charles-de-Gaulle va subir à Toulon (Var) des travaux d’entretien et de rénovation prévus de longue date.  Cet “arrêt technique majeur” du CDG, plus de quinze ans après sa mise en service en 2001, survient deux mois après son retour de la zone irako-syrienne où il a été déployé à trois reprises notamment pour appuyer, par des frappes aériennes, les forces locales au sol en lutte contre l’Etat islamique. Le prochain président devra donc composer avec l’absence de cet outil de projection jusqu’à l’été 2018, de quoi raviver le débat sur la nécessité de construire un second porte-avions dont le coût est estimé à entre trois et quatre milliards d’euros. “Peut-être qu’il serait souhaitable d’avoir un deuxième porte-avions”, soulignait en novembre le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian. “Peut-être que la question se posera quand on élaborera la loi de programmation militaire qui commencera en 2020.” Loin d’être nouvelle, l’idée d’un second porte-avions a émergé dès le début des années 2000.

Cet “arrêt technique majeur” du CDG, plus de quinze ans après sa mise en service en 2001, survient deux mois après son retour de la zone irako-syrienne où il a été déployé à trois reprises notamment pour appuyer, par des frappes aériennes, les forces locales au sol en lutte contre l’Etat islamique

Face aux contraintes budgétaires, la France propose à la Grande-Bretagne de coopérer sur un projet qui prévoit la construction de trois porte-avions, dont un pour la Marine française. Un accord est signé en 2006 mais le programme est suspendu en 2008 avant d’être définitivement abandonné en 2013. Dans un rapport publié en 2014, la Cour des comptes épinglera un projet dans lequel “des sommes importantes” ont été engagées “alors que l’impasse de la coopération était très largement prévisible”. Depuis, le chantier est au point mort.

Premier Chantier de Marine Le Pen

A l’heure actuelle, seule la présidente du Front national Marine Le Pen a inscrit dans son programme la construction d’un second porte-avions, le “Richelieu”. “La commande d’un second porte-avions sera l’un des premiers grands chantiers que je lancerai”, a-t-elle déclaré en décembre sur son blog.

Lors d’une conférence de presse consacrée aux questions de défense le 6 janvier, Benoît Hamon a estimé que la mise à l’arrêt du Charles-de-Gaulle posait la question. “S’il n’y a pas deux porte-avions, il n’y a pas de permanence à la mer”, a dit le candidat socialiste. “La question qui nous sera posée c’est : est-ce qu’on fait deux porte-avions, l’un pour succéder au Charles-de-Gaulle et un autre à côté, ou est-ce qu’on en fait un seul mais avec le même problème qui se posera plus tard ?”, a-t-il demandé. “Mais il est incontestable que vu le prix d’un deuxième PA, cette question doit être appréciée au regard des efforts que nous pouvons consentir sur le plan budgétaire. Je ne l’écarte pas mais je ne la retiens pas non plus”.

François Fillon, candidat de la droite et du centre, s’est lui montré plus catégorique. “Le porte-avions,

accompagné du groupe aéronaval, est un instrument de projection de forces et de puissance”, soulignait l’ancien Premier ministre dans un entretien à Valeurs Actuelles en novembre dernier.”Cependant, il faut être lucide : nous n’avons pas les moyens d’en construire un deuxième”, ajoutait-il. “Il nous faudra en revanche lancer dès le début des années 2020 les études pour construire le successeur du Charles-de-Gaulle, qui devra le remplacer à partir des années 2035.”

Poids Diplomatique

La France ne peut toutefois pas faire pendant 18 mois sans porte-avions comme si elle en avait un, a souligné le chef d’état-major de la Marine, l’amiral Christophe Prazuck, devant le Sénat, le 16 novembre dernier. “Sommes-nous pour autant condamnés à l’impuissance pour ce qui concerne les moyens maritimes ? Non !”, a-t-il déclaré citant notamment les “raids efficaces” menés depuis un BPC lors de l’opération Harmattan en Libye en 2011. “Nous attendons des missiles de croisière navals qui équiperont nos FREMM, puis les Barracuda, qui auront l’allonge que nous avons aujourd’hui avec la chasse embarquée, mais évidemment en nombre plus réduit que les munitions que peuvent délivrer nos avions”, a-t-il dit. Au-delà de la dimension militaire de cet outil de projection, les défenseurs du porte-avions insistent sur son poids diplomatique et politique.

La France ne peut toutefois pas faire pendant 18 mois sans porte-avions comme si elle en avait un

L’an dernier, le déploiement du porte-avions russe, l’amiral Kouznetsov, en Méditerranée d’où il a mené des frappes en Syrie, avait été perçu comme le grand retour de la Russie sur la scène internationale. Plus récemment, le porte-avions chinois, le Liaoning, s’est dirigé pour la première fois vers le Pacifique pour des exercices en pleine mer, en dehors des eaux de la mer de Chine.”Aujourd’hui, on voit bien que les choses changent : les Chinois veulent construire quatre porte-avions, les Indiens veulent en construire trois, les Anglais sont en train d’en construire deux”, a souligné l’amiral Prazuck. “Il existe donc un intérêt largement partagé pour cet outil”.

Le Nigel Farage Show où le café du commerce à l’Anglaise

L’ancien leader du UKIP et fervent partisan pro-Brexit présente, depuis la mi-janvier un talk-show quotidien sur LBC, le RMC londonien, chaque soir entre 19h et 20h afin de dialoguer avec les auditeurs sur les sujets chauds du moment. Quand le Royaume-Uni a su que Nigel Farage, ex-dirigeant du UKIP et fervent partisan pro-Brexit, allait présenter sa propre émission de radio, certains l’ont comparé à Lord Haw Haw – le présentateur britannique qui diffusait la propagande nazie durant la Seconde Guerre Mondiale.

“Cette émission, c’est vous”, a lancé Farage au milieu de son monologue d’introduction. « Que vous soyez pro ou anti Brexit, je veux vous entendre ! », a-t-il lancé en ouvrant la ligne téléphonique. L’émission, dont le concept doit voir Farage poser une question différente aux auditeurs chaque soir, a décidé de consacrer sa première édition à la prudence dont fait preuve Theresa May suite aux résultats du référendum. “Oh mon dieu. Comme si les choses ne pouvaient pas être pire” écrit le quotidien britannique social-démocrate The Guardian. Les avis divergent sur la prestation de Nigel Farage sur LBC, qui s’exprime en totale liberté. En tout cas, l’homme s’en sort bien en tant qu’animateur de radio ! Ex-conférencier, il parle de manière fluide, et assez directe. Quand aux auditeurs, ils ont au rendez-vous, et n’hésitent pas à appeler Mr Farage. La plupart sont favorables, d’autres sont en colère. Ceci dit, la plupart des intervenants soutiennent Nigel Farage, notamment sur le Brexit, même s’ils ne sont pas tous d’accord sur la façon dont la première ministre engage les négociations. Lors de la première émission, spéciale Brexit, la seule voix dissidente est venue de Chris, à Manchester, qui a demandé à Farage comment il se sentait « après avoir mené les Britanniques à cette décision ». Pas de piques implacables donc.

“Oh mon dieu. Comme si les choses ne pouvaient pas être pire” – The Guardian

Nigel Farage ne cache pas ses opinion. Quelques jours plus tard, nous avons réécouté son émission, consacrée cette fois ci au décret anti immigration de Trump. Il qualifie le président américain, Donald Trump, comme un animal de compagnie de sa famille bien aimée … “Non seulement il est le président le plus influent au monde, mais il est aussi le plus retweeté”. Sur le décret, Nigel Farage apparait comme le bouclier du président Trump, qui n’hésite pas à rappeler que de nombreux autres pays adoptent des interdictions de voyage semblables, mais qui ne sont pas traités par les médias, ou les “gauchistes” (mot assez peu utilisé en Grande Bretagne habituellement). “Mais maintenant, à ce sujet. Que diriez-vous du fait que l’Arabie Saoudite, le Qatar, le Koweït, Bahreïn et les Émirats arabes unis ont pas pris un seul réfugié syrien” enchaine l’ex-leader de l’UKIP.

Bien sûr, il est trop tôt pour prédire la direction que va prendre le Nigel Farage Show. Dans quelques semaines, quand l’animateur se sentira plus à l’aise et les auditeurs plus impliqués, il y aura peut-être un ton très différent. Finalement, la séquence la plus divertissante, ce sont les coupures publicitaires, malencontreusement chargée de sous-entendus. Lors de la première émission, un message faisait la pub pour des vacances dans le territoire contesté de Gibraltar. La seconde, pour un avocat spécialisé dans les divorces. En France, une émission similaire existe déjà, c’est celle d’Eric Brunet, sur la station RMC, qui propose chaque jour aux auditeurs un sujet autour duquel il faut débattre.

Facebook et Google s’arment contre les “fake news” en France

Les géants américains Facebook et Google ont annoncé lundi le lancement en France de nouveaux outils pour lutter contre la propagation de fausses informations à l’approche de deux scrutins clefs dans l’Hexagone.

Le premier réseau social mondial et le leader de la recherche sur internet font tous les deux le pari de dispositifs collaboratifs basés sur la participation des citoyens et des partenariats avec les médias locaux face à la menace des “fake news”. La riposte intervient après une salve de critiques ayant notamment ciblé Facebook, accusé de ne pas avoir su empêcher la publication sur sa plateforme d’informations erronées lors de l’élection présidentielle américaine l’an dernier.

Plusieurs pays où sont prévus des scrutins importants dans les mois à venir, comme l’Allemagne et la France, craignent aujourd’hui que des campagnes de désinformation et la propagation de discours haineux sur internet et les réseaux sociaux puissent avoir un impact sur le résultat des élections. Facebook va mettre en place un dispositif permettant d’améliorer le signalement par ses utilisateurs d’informations potentiellement erronées et leur vérification grâce à un partenariat avec huit médias (l’AFP, BFMTV, L’Express, France Médias Monde, France Télévisions, Libération, Le Monde et 20 Minutes). Le réseau social, qui compte 24 millions d’utilisateurs se connectant chaque jour à son réseau en France, étend ainsi à l’Hexagone des outils déjà utilisés aux Etats-Unis et en Allemagne. Dans le détail, si un utilisateur signale une information erronée et confirmée comme telle par deux médias partenaires après vérifications, la publication affichera alors un pictogramme mentionnant que l’information est fausse. Si cette publication est partagées par un utilisateur avec ses contacts, un avertissement “contesté par des tiers” leur sera envoyé.  “La motivation financière est à l’origine d’une grande partie des fausses informations. C’est pourquoi une information labellisée contestée ne pourra pas être convertie en publicité ni faire l’objet d’un post sponsorisé”, précise également Facebook.

La motivation financière est à l’origine d’une grande partie des fausses informations. C’est pourquoi une information labellisée contestée ne pourra pas être convertie en publicité ni faire l’objet d’un post sponsorisé

Le réseau social s’associe par ailleurs au dispositif élaboré par l’alliance de médias First Draft avec le News Lab de Google. Baptisé CrossCheck, il permettra de mettre en commun les expertises d’acteurs des médias et des technologies – français et internationaux – toujours dans le but de détecter de potentielles “fake news”. “Face à un défi de cette ampleur, c’est vraiment l’union qui fait la force. En collaborant avec de nombreuses rédactions et en ouvrant le projet au public, je suis convaincue que nous serons en mesure de contribuer à limiter le flux de désinformation à un moment aussi crucial pour la France”, explique Jenni Sargent, directrice générale de First Draft, dans un communiqué.

 

Rome va protéger ses entreprises contre les convoitises étrangères

Le gouvernement italien s’inquiète de la vulnérabilité des entreprises transalpines face aux convoitises de groupes étrangers, en particulier pour celles qu’il considère comme stratégiques, et s’emploie à les doter de moyens de défense.

Rome prépare de nouvelles règles de transparence qui contraindront les investisseurs prenant des participations minoritaires significatives dans le capital d’entreprises italiennes à déclarer leurs intentions, une initiative qui vise à protéger ces dernières contre des prises de contrôle hostiles.

Peu d’éléments sont disponibles sur le détail des dispositions du texte en préparation mais Massimo Mucchetti, un sénateur de Parti démocratique au pouvoir, a dit à Reuters qu’elles pourraient notamment fixer à 5% du capital le seuil à partir duquel un acquéreur devrait déclarer ses intentions vis-à-vis de l’entreprise dans laquelle il a pris une participation.

Cette initiative gouvernementale intervient à la suite de la prise de participation de près de 29%, perçue comme hostile, de Vivendi, contrôlé par le français Vincent Bolloré, dans Mediaset, le groupe de média de l’ex-président du conseil italien Silvio Berlusconi. Vivendi est aussi le premier actionnaire de Telecom Italia.

Une série d’acquisitions ciblant des fleurons de capitalisme italien ont été réalisées au cours des dernières années, souvent à l’initiative de groupes français.

Le chinois ChemChina a ainsi pris le contrôle du fabricant de pneumatiques Pirelli pour 7,1 milliards d’euros en 2015 tandis que la société de gestion française Amundi a acquis pour 3,5 milliards d’euros à la fin de l’année dernière son homologue italienne Pioneer, qui gère quelque 146 milliards d’euros de fonds pour le compte des épargnants italiens et détient environ 30 milliards d’euros de dette publique italienne.

Luxottica et Essilor ont conclu le mois dernier un accord en vue d’une fusion à 46 milliards d’euros pour constituer un géant mondial de l’optique ophtalmologique, coté à Paris.

Certains élus du Parti démocratique poussent le gouvernement à aller plus loin et s’il est peu probable qu’ils aient gain de cause, le texte en préparation et le débat public en Italie illustrent la montée d’un sentiment protectionniste après des années de relative ouverture aux investissements étrangers, notamment sous l’impulsion de l’ex-président du conseil Matteo Renzi.

Le projet de texte souligne aussi la préoccupation croissante des responsables politiques italiens devant la perspective de voir des entreprises considérées comme stratégiques – qu’il s’agisse de Mediaset, de la compagnie aérienne Alitalia, de l’assureur Generali ou de l’opérateur télécom historique Telecom Italia – passer sous contrôle étranger.

Les français à l’assaut

Mucchetti, qui préside la commission de l’Industrie au Sénat, a dit que le texte sur la divulgation des prises de participation sera “un grain de sable” pour les acquisitions par des étrangers tout en ajoutant qu’il n’aurait aucun effet dans l’affaire Mediaset-Vivendi car il ne pourra pas s’appliquer de manière rétroactive.

Une porte-parole du ministère de l’Industrie s’est refusée à confirmer la disposition sur le seuil de 5% et à donner des précisions sur le projet de texte, expliquant que les discussions entre le gouvernement et les parlementaires n’en étaient qu’à leur début.

Vivendi et Mediaset se sont refusé à tout commentaire sur ce sujet. Vivendi a déjà dit qu’il ne visait pas une prise de contrôle hostile de Mediaset et que sa participation avait pour objectif de renforcer le groupe de média italien.

Les entreprises françaises ont été les plus actives en matière fusions-acquisitions en Italie au cours des dix dernières années, la valeur totale de leurs opérations ressortant à 65 milliards de dollars (60 milliards d’euros) depuis 2008, loin devant les 39 milliards de dollars des entreprises américaines, qui arrivent en deuxième position, montrent des données de Thomson Reuters.

Sur la même période, les entreprises italiennes n’ont procédé qu’à 7,3 milliards de dollars d’acquisitions en France.

Le gouvernement italien avait annoncé à la fin du mois dernier qu’il entendait renforcer les règles en matière de divulgation des prises de participation dans les entreprises, sans donner de détail.

Lors de son premier discours devant le Parlement italien, au lendemain de l’annonce du rachat de Pioneer par Amundi, le nouveau président du conseil, Paolo Gentiloni, avait prévenu que l’Italie “n’était pas ouverte aux intrusions”, rompant avec le discours d’ouverture de Renzi.

Plus de 100 sénateurs, issus des rangs de la majorité comme de l’opposition ont depuis interpelé le gouvernement pour lui demander quelle mesure il entendait prendre pour mettre Generali, le premier assureur du pays, à l’abri d’un rachat par un étranger.

Salvatore Tomaselli, autre élu du Parti démocratique membre de la commission sénatoriale de l’Industrie, a dit qu’il espérait que le texte serait approuvé par le Parlement d’ici le mois prochain et que l’Italie voulait se doter de règles “plus strictes comme celles en vigueur en France.”

Les règles françaises prévoient qu’un actionnaire doit déclarer le franchissement du seuil de 5% dans un délai de cinq jours et préciser ses objectifs pour les six prochains mois lors du franchissement des seuils de 10%, 15%, 20%, 25% et 30% du capital.

Francesco Boccia, élu du Parti démocratique et président de la Commission des Finances de la Chambre des députés, fait partie de ceux qui veulent que le gouvernement aille plus loin dans la protection des entreprises italiennes contre les convoitises étrangères.

Il souhaite en particulier que Rome puisse renforcer son pouvoir de veto et imposer ses conditions pour les opérations dans des secteurs considérés comme critiques pour la sécurité nationale, notamment les communications, l’énergie et les transports.

“L’Italie est ouverte à toute sorte d’intrusions. Si nous ne défendons pas nos fleurons ils vont soit s’effondrer soit tomber dans des mains étrangères”, a-t-il prévenu.

Nicolas Baverez – “La France est depuis longtemps l’homme malade de l’Europe”

Nicolas Baverez est invité de C L’Info. Avocat, Historien et Essayiste Français, il est l’auteur de
« Chronique du Déni Français » aux éditions Albin Michel. Son ouvrage est une sélection des édito hebdomadaires du Point et du Figaro.


Vous avez toujours été négatif sur votre système en France comment évolue t-il aujourd’hui selon vous ?
La France, incontestablement continue et accélère même son déclin. Plusieurs éléments doivent être pris en compte. D’abord, l’accélération de la crise économique et sociale. Aujourd’hui, notre pays a décroché, y compris face à la zone euro. La Zone euro ne va pas si mal qu’on le dit : elle a cru de 1,8% l’an dernier, le chomage a diminué de 12,2% à 9,8% en 2 ans, elle dégage un excédent commercial de 250 milliards d’euros, le déficit public est revenu à 1,8% et la dette est stabilisée à 90% du PIB. En revanche, les performances sont bien moindres pour la France. La croissance, comme vous le savez plafonne à 1,1%. 6,6 millions de nos concitoyens sont touchés par le chomage, le déficit commercial continue à représenter plus de 2,2% du PIB et par ailleurs, la dette ressort à 98% du PIB. Ainsi, lorsque nous regardons ces grands indicateurs, on voit très bien que macro-économiquement, la France à raté la reprise des pays dévloppés qui s’est affirmée à partir de 2010. Deuxième réalité à prendre en compte, c’est le fait que, sous le quinquennat de Francois Hollande, se sont passées deux choses nouvelles. La première, c’est que la paix civile est désormais menacée. La France est, depuis janvier 2015 le troisième pays le plus touché par des actes de terrorisme en dehors des zones de guerre avec plus de 230 morts et près de 800 blessés graves. Nous voyons bien que la socéitéé française est maintenant extrêmement fracturée, dans une sorte de guerre civile froide. La deuxième, qui ne relève pas de nous, c’est la dégradation de l’environnement et la montée des risques. D’un coté le djiadisme et les démocratures mais surtout, ce qui est le grand evenement de 2016 c’est la fragilisation du coeur des démocraties avec le Brexit qui fragilise la zone euro, et avec l’éléction de Donald Trump, qui fait que le système mondial, en particulier le camp occidental n’est plus assuré par les États-Unis, qui sont en train d’être embarqués dans une dérive à la fois nationaliste protecionniste et xénophobe. C’est ainsi que nous vivons un moment extrêmement critique dans l’histoire de notre pays. La crise économique et sociale est devenue une crise profondément nationale avec les problèmes de paix civiles, et une crise politique, en témoigne la désintégration du système poltiique lors de la présidentielle, et puis, de l’autre coté, ce qui étaient les cadres qui nous assuraient un peu stabilité, c’est à dire l’Union européenne et l’organisation de l’occident, avec en clé de voute les États-Unis.

Nous vivons un moment extrêmement critique dans l’histoire de notre pays

Dans votre livre, vous n’hésitez pas à décrier le mandat de Francois Hollande que vous qualifiez de “naufrage”. Est ce que l’élection présidentielle de mai 2017 va permettre de faire émerger un chef de l’Etat capable de redresser le pays ? Ces candidats sont-ils ancrés dans le réel ?
Nul ne sait ce qui va arriver ! En France comme dans toutes les démocraties nous savons maintenant que tout es possible. Ce qui est vrai, c’est qu’après le Brexit et l’élection de Trump, l’Europe va affronter une série de scrutins très importants en 2017. N’oublions pas qu’il y a des élection générales aux Pays Bas en Allemagne et très probablement en Italie (depuis que la cour constitutionelle à censuré la réforme du mode de scrutin, notamment le scrutin à deux tours). Dans ces élections, l’enjeu véritable va se faire entre les réformistes et les populistes. En France, nous voyons aujourd’hui que cette élection, d’abord parfaitement écrite comme une revanche de 2012 entre Francois Hollande, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen., s’est ensuite apparemment jouée lors du deuxième tour de la primaire à droite. Tout cela était évidemment faux. Nous nous retrouvons maintenant avec cette opposition populiste réformiste, quatre grands blocs qui aujourd’hui sont à peu près à égalité au départ de cette campagne contre toute attente. Un bloc d’extreme gauche, avec Jean-Luc Mélenchon et le Parti socialiste dans sa version Benoit Hamon. Un bloc d’extreme droite avec Marine le Pen, pour les populistes. Et de l’autre coté pour les réformistes, Emmanuel Macron, incarnant désormais la social démocratie, et Francois Fillon qui lui, représente la droite libérale avec un projet de redressement fort, mais un candidat aujourd’hui affaibli.

Quelles sont vos réformes à vous pour redresser le pays ?
Je crois qu’il faut partir de trois paradoxes. Le premier, c’est que la France est depuis longtemps l’homme malade de l’Europe, et du monde développé. Le pays a là, un choix exceptionnel, si elle choisit le réformisme, de donner un coup d’arrêt aux populistes et de changer le regard que l’Europe et le reste du monde pose sur elle. La deuxième chose, c’est que, lorsqu’on regarde les autres pays qui se sont réformés, il n’y pas de modèle. Il faut inventer un modèle original qui tienne compte de la situation, mais aussi de l’histoire de notre pays, de sa structure démographique, sociologique … Il ne s’agit d’imiter ni le Royaume Uni, ni l’Allemagne, la Suède ou tels autres pays. Il faut partir des atouts français, qui existent. On a, à la fois une main d’oeuvre, pour une partie très bien formée et un capital humain parfois exceptionnel comme on le voit avec la Fench Tech. Nous avons des pôles d’excellences dans le secteur public et privé, des infrastructures, des services publiques, une diplomatie, une culture, une gastronomie, un mode de vie, une civilisation qui ont peu d’équivalents dans le monde et qui font que la France est un pays ou l’on peut faire à la fois de l’agriculture, du tourisme, de l’immobilier, du service et de la finance. Il faut donc utiliser ces atouts pour reconstruire un modèle économique qui soit adapté au monde du 21e siècle. A partir de là, il y a une toute une série de grands pactes que l’on devrait nouer.
Un pacte productif car il faut absolument remettre en route la prouction pour créer des emplois et permettre de dégager la dette public. Il faut donc libérer les entreprises du carcan fiscal dans lesquelles elles ont été engagées. Il faut aussi un pacte dans le travail autour de la flexi-sécurité, l’idée étant de réformer la protection sociale pour moins protéger les emplois mais plus protéger les travailleurs. Donc d’un coté plus flexibilité sur le marché du travail et de l’autre, un suivi, une accompagnement plus individuel qui permettrait de lutter contre la pauvreté et l’exclusion.

Il faut aussi un pacte dans le travail autour de la flexi-sécurité, l’idée étant de réformer la protection sociale pour moins protéger les emplois mais plus protéger les travailleurs

Il faut absolument faire un effort sur l’éducation. Notre enseignement supérieur est comme notre pays, écartelé entre des institutions au meilleur niveau mondial, mais un niveau moyen qui décline. Quatrième effort, cette fois-ci dans les finances publiques avec des efforts de coupes dans les dépenses improductives mais, en revanche, une réorientation vers l’investissement. Enfin, un pacte sécuritaire. Il faut se souvenir que la sécurité c’est évidemment fondamental pour la liberté, pour la démocratie et pour le développement économique, comme on le voit avec le tourisme. Le tourisme c’est 8% du PIB et l’an dernier il a régressé de près de 10% car la France et Paris sont devenues des zones extrêmement peu sûres.
Si l’on fait ces cinq grands pactes, à ce moment là on pourra conclure le sixième qui est un pacte avec l’Allemagne pour relancer l’Union européenne, à la fois conforter ses acquis qui sont formidables : le grand marché, l’état de droit, la monnaie unique, des acquis qui vont être de plus en plus appréciés par le reste du monde, quand on voit le grand trouble qui s’est emparé des États-Unis et du Royaume Uni. Parallèlement à cela, il faut compléter ceci par une Union européenne de la sécurité, avec trois missions : la lutte contre le terrorisme, la protection des infrastructures et le contrôle des frontières. Il faut transformer Frontex en une véritable police des frontières à l’extérieur de l’union. De l’autre coté, il faut que nous harmonisions nos règles en matière d’asile et d’immigration. L’Europe ne doit pas être un continent fermé.

« La France ne fait des réformes qu’à l’occasion des révolutions » déclaration du Général de Gaulle que vous avez repris dans votre bouquin …
Je pense que cette phrase décrit très bien le choix fondamental entre réformisme et populisme. Si nous ne faisons aucune réforme, nous aurons la révolution, et il se trouve que dans un moment qui ressemble aux années 30 avec la déflation, les risques de sécurité intérieure et extérieure et par ailleurs la division des démocraties et leur affaiblissement, la révolution elle à basculé à l’extreme droite, une catastrophe pour notre pays.

Les Français seront ils un jour prêt à accepter la réforme ?
Ce qui ne faut pas oublier sur les réformes, c’est que celles-ci sont difficiles à faire dans toutes les démocraties. Ce sont des régimes conservateurs. Comment fait-on les réformes ? Avec un vrai projet, des leaders, mais surtout de la pédagogie vis à vis des citoyens. C’est ce qui s’est passé en Suède et au Canada dans les années 90, en Allemagne au début des années 2000, plus récemment au Portugal, en Espagne ou en Italie. Et c’est donc la dessus que nous devons travailler. Il n’y a pas de fatalité à ce que la France soit réformée. C’est simplement un pays qui alterne des phases brillantes de redressement, tel la belle époque, les années 20 et les trente glorieuses, et les phases de décrochage, les années 30 et malheureusement le cycle dans lequel nous sommes enfermés depuis le début des annes 1980. C’est ça qui faut arriver à changer mais, par le passé, la France à montré qu’elle savait se réformer. Simplement, elle se réforme par des grands changements. C’est pour ça qu’on ne peut pas faire de réformes partielles, progressives, ou sausiconnés. En France il n’y a que la thérapie de choc qui fonctionne, comme on l’a vu en 1958.

En France il n’y a que la thérapie de choc qui fonctionne

Est ce que l’année 2016 n’a pas remis en cause une certaine forme d’équilibre du monde, que l’on connait depuis 1991, mais plus largement depuis 1945 ?
C’est très juste, finalement depuis 1945 il y a bien sûr eu 1989-1991, avec la chute du mur, l’effondrement de l’URSS et la réunification de l’Europe. Il est vrai que 2016 est une sorte de grand tournant des démocraties, avec d’un coté le Brexit, qui remet en question l’Union européenne, et de l’autre côté l’election de Donald Trump qui est devenu président des États-Unis, à travers le slogan America first. Un slogan qui, en réalité risque bien d’être China First et d’offrir par ailleurs au djihadistes de nouvelle perspectives d’expansion. On constate que ce tournant nationaliste et xénophobe remet en cause tous les cadres et les règles qu’on avait essayé d’installer pour donner un mimimum de stabilité au monde. Ces règles, c’était les traités d’alliances, les traités de libre échange, le fonctionnement des institutions multi-latérales, qu’il s’agisse de la Banque Mondiale ou du FMI. Le fait d’affaiblir voire de supprimer ces cadres va renforcer la dangerosité du monde. Compte tenu de ces événements, c’est la dernière chance de réformer la France de manière pacifique et démocratique. Il faut nous remettre à niveau. L’Europe s’est construire dans les années 1950 autour de la résistance contre le communisme, de la garantie de sécurité et de l’unité des américains, du droit et du couple franco allemand. Tout ceci à volé en éclat. Il faut refonder cette Europe et il faut la refonder en lui permettant d’être beaucoup plus souveraine. Il faut avant tout se mettre en position d’assurer sa sécrurité, ce qui suppose un effort massif de réarmement des politiques globales parce que la sécurité n’est jamais que sécurité. Il faut avoir des politiques globales qui articulent le militaire, le policier, l’économique, le social, le diplomatique et l’aide au développement. Et il faut reconstruire un cadre avec une Europe beaucoup plus souveraine beaucoup plus orientée vers le régalien et qui finalement soit recentrée sur ce qu’est sa raison d’être c’est à dire la réassurance des grands risques globaux du 21e siècle sur lesquels nos pays séparés comptent peu. Seul l’Allemagne comptera dans les 10 premières puissance sécomiques du monde en 2030. On voit bien que face à Poutine, Erdogan, Trump, si nous voulons jouer séparés, nous comptons peu. A l’inverse, si nous voulons nous grouper, avec le grand marché, la monnaie unique, une vraie capacité à assurer notre sécurité, à ce moment là nous pouvons compter dans le monde du 21e siècle et nous pouvons gérer ces risques et en tout cas nous comporter de manière souveraine dans la gestion de l’Amérique.

 Le fait d’affaiblir voire de supprimer ces cadres va renforcer la dangerosité du monde

Le décret Trump, mesure assez symbolique il n’est finalement effectif « que » 90 jours, qu’en pensez vous ? Assez peu de réactions internationales depuis l’élection de Trump ?
Ce décret n’est pas symbolique il a une portée politique très forte et il appelle précisément des réactions très fortes des européens pour interdire qu’il puisse y avoir quelque fore de discrimination que ce soit contre leurs citoyens. Pourquoi est ce que ce décret est tout à fait négatif ? Parce qu’il introduit d’abord une discrimination qui vise exclusivement les musulmans. Donc finalement, il laisse entendre que les États-Unis sont en train de conduire une guerre de religion contre l’islam. C’est exactement le signal qu’attend l’Etat Islamique, qui conforte tous les jihadistes du monde, en leur affirmant que le monde occidental est en guerre contre l’islam. Ensuite, au sein même du monde musulman, on crée des discriminations en fonction de l’intérêt commercial puisque l’Arabie Saoudite est exclue de ce décret, alors que 35 des 39 terroristes qui ont perpétrés les attentats du 11 septembre 2001 étaient de nationalité saoudienne. On laisse entendre finalement que, les principes des démocraties obéissent simplement à des critères économiques et commerciaux. Ainsi, le résultat de ce décret, c’est d’abord de diviser profondément la société américaine, de diviser évidemment les démocraties, de laisser entendre que leurs valeurs sont en fait à géométrie variable en fonction de leurs intérêts commerciaux et, par ailleurs de faire le jeu de tous les extrémistes et du djihadisme.
Je pense que cette initiative est extemement négative. La seule bonne nouvelle, c’est que les contre pouvoirs américains fonctionnent : plusieurs états ont attaqué cette mesure, il y a également un certain nombre d’actions juridiques qui ont été conduites par des associations ou par des gens qui se sont vu arrêter à la frontière. Ce que l’on peut souhaiter c’est que le système judiciaire américain bloquera très vite l’application de ce décret.

La seule bonne nouvelle, c’est que les contre pouvoirs américains fonctionnent

On a parlé de l’Europe, des États-Unis, et la Chine dans tout cela, Xi Jinping défend le libre échange, Trump défend le protectionnisme, monde à l’envers ou mise en avant du nouveau monde, et d’un nouvel ordre mondial ?
C’est malheureusement un peu les deux. Nous vivons une grande inversion. C’est vrai que nous avons vu Xi Jinping, noyau dur du Parti communiste chinois défendre le libre échange, la mondialisation, au moment même ou Donald Trump, nouvellement élu déchirai les traités de libre échange et introduisait des discriminations contre les musulmans et fragilisait tous les cadres et toutes les règles qui font de ce qui peur exister d’ordre mondial. Par ailleurs, coté chinois, même si Xi Jinping plaide pour le libre échange, la Chine est loin d’en respecter les règles, notamment en matière de réciprocité sur l’accueil des investissements étrangers, ou encore les formes de contrôle d’échange ou de contrôle des participations, sans même parler du fonctionnement de l’Etat de Droit. Il faut faire attention … Les mots sont toujours importants en politique, parce que la politique est beaucoup faite de mots et de symboles, mais elle est aussi faite de réalités : il existe quand même un grand écart en Chine entre les positions de Xi Jinping et la réalité de la politique Chinoise.
En revanche, c’est vrai, nous changeons bel et bien de monde. Nous changeons de monde parce que c’est un monde qui devient beaoucp plus dangereux, avec une très grande instabilité, une volatilité des acteurs. Il suffit de voir ce qui se passe aujourd’hui au Royaume Uni ou Theresa May est en train de défaire la régulation qui avait quand même été imaginée par Mme Tatcher. C’est aussi vrai aux États-Unis, ou Donald Trump remet en cause toute une série d’équilibres fondamentaux de la société américaine et de l’ordre mondial qu’avait pensé réassuré les États-Unis depuis 1945.

Nous changeons de monde parce que c’est un monde qui devient beaucoup plus dangereux, avec une très grande instabilité, une volatilité des acteurs

Des acteurs qui sont volatiles, des situations qui sont aussi extrêmement dangereuses, et des cadres qui s’affaiblissent, que ce soit des cadres commerciaux, stratégiques, de sécurité. Et donc, incontestablement, la nécessité pour la France et pour l’Europe de tenir compte de ces mouvements, et de travailler très fortement à leur sécurité, mais comme je l’ai dit, travailler à la sécurité, c’est bien sur se réarmer, c’est moderniser les forces de polices, coopérer beaucoup mieux entre nous, mais c’est aussi coordonner toutes les formes d’action publique, y compris en matière économique et sociale ou en matière d’aide au développement.

« Chronique du Déni Français » c’est quoi le « déni » en quelques mots pour conclure Nicolas Baverez ?
Le déni c’est le refus de la réalité. Et en France il y a un double déni des dirigeants.
Déni du décrochage du pays. On continue à expliquer tout va bien et que la France est une grande puissance, il suffit de voir les réactions de Michel Sapin en face d’une croissance extrêmement faible (1,1%), le ministre des finances explique que la croissance à été forte. On est là dans un vrai déni du réel et on est là dans un moment où les mots divergent d’avec les choses et avec les faits, et ça c’est extrêmement dangereux pour les démocraties.
Le deuxième déni, c’est le fait que le monde est en train de changer à très vive allure, et malheureusement pas dans un sens agréable. C’est un monde qui, par coté ressemble aux années 1930 avec des formes de déflation, avec une forme de déstabilisation des classes moyennes, avec la montée des risques intérieurs et extérieurs et avec des démocraties qui se défont et se désunissent. Il faut donc qu’il y ait un grand ressaisissement des démocraties, que nous réformions nos pays et que nous ayons le courage de rappeler cette chose fondamentale : uni, nous sommes forts, désuni, nous sommes faibles. Nous sommes faibles notamment face au djihadistes, et face au démocratures. Aujourd’hui, après les illusions de la fin de l’histoire, on est obligé de reconnaitre qu’il existe de nouveau une alternative à la démocratie. Ca s’appelle des démocratures, des régimes avec des hommes forts, le contrôle de l’économie, de la société, et des médias, avec des politiques extérieures agressives, un investissement très important en matière d’armement. Ces pays s’appellent la Chine de Xi Jinping, la Russie de Poutine, la Turquie d’Erdogan. Nous devons impérativement nous mettre en situation de dialogue stratégique avec ces pays. Pour avoir ce dialogue, il faut soit même être fort, donc il faut se développer, consolider la société, et aussi être uni et savoir coopérer entre deux coups.

Uni, nous sommes forts, désuni, nous sommes faibles

On voit bien qu’à travers ce confit, entre les démocraties, l’extrémisme musulman et les démocratures, ce qui se joue, c’est le sort de la liberté politique. Thucydide face à l’écroulement d’Athènes dans le guerre du Péloponnèse avait dit : se reposer ou être libre il faut choisir. Il faut absolument que nous nous remettions au travail pour rester libre.

L’UE signe la fin du roaming d’ici cet été

Le 15 juin prochain, les Européens voyageant au sein de l’Union ne payeront plus de frais supplémentaires lorsqu’ils téléphoneront ou enverront un sms. En d’autres termes, ils communiqueront depuis l’étranger comme s’ils étaient à la maison. La fixation des plafonds des tarifs de gros que s’appliquent entre eux les opérateurs restait la seule ombre au tableau de cette itinérance gratuite pour les usagers. Depuis le mercredi 1er février, un accord signé par les institutions européennes prévoit que ces opérateurs se facturent respectivement, en cas d’utilisation de leurs réseaux par un client étranger : 3,2 ct la minute d’appel contre 5 ct actuellement et 1 centime le sms contre 2 précédemment. Le nœud des négociations se situait principalement dans la définition du plafond des frais de gros pour les données, du fait de leur usage croissant par les consommateurs. Celles-ci couteront aux opérateurs 7,7 euros par gigaoctet en juin 2017.

Une promesse tenue

C’est lors de son discours sur l’état de l’Union en septembre dernier que le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, rappelait l’importance d’un nouveau plan en vue de la suppression totale des frais d’itinérance. “Lorsque vous voyagez avec votre téléphone mobile en Europe, vous devez vous sentir partout comme chez vous “, avait-t-il déclaré. Ce nouvel accord fait foi de la volonté de la Commission de démontrer qu’elle a à cœur d’opérer dans l’intérêt des citoyens européens, et ce d’autant plus après le vote de la sortie de l’Union par les Britanniques.

C’est dans les prochaines semaines que les opérateurs auront à évaluer le prix moyen que leur coutera ces nouvelles mesures. Si tous souhaitaient évidemment que le plafond des prix de gros soit le plus bas possible, certains y voient déjà l’avantage potentiel qui sera dégagé par cet accord, à savoir, plus d’appels, de sms et de consommations de données depuis l’étranger.

AREVA, condamné à mort par l’Etat Français

C’est un petit séisme dans les relations franco-chinoises. CNNC ne participera pas à l’augmentation de capital d’Areva, expliquent plusieurs sources proches du groupe français. “On n’a pas réussi à se mettre d’accord, reconnaît l’une d’entre elles. Les Chinois n’étaient pas prêts à entrer au capital aux conditions fixées par l’État français”. Vendredi se tiendra l’assemblée générale des actionnaires qui entérinera une augmentation de capital de 5 milliards d’euros dont 500 millions seront apportés par les groupes japonais Mitsubishi et JNFL. L’État se chargera de verser le solde de 4,5 milliards d’euros. Contactés, Areva et Bercy n’ont pas souhaité commenter.

Le contexte

Cela fait plusieurs mois que les discussions subsistaient entre les parties, mais ces dernières se sont tendues au cours des deux derniers mois. L’Etat français avait imposé à tous les investisseurs des exigences fortes en terme de gouvernance. Par exemple, il refusait que leur représentant ne siège au conseil d’administration d’AREVA. “La réalité est que Bercy ne voulait pas de Chinois au conseil”, souligne un proche de CNNC, l’actionnaire chinois. La France souhaitait également que les investisseurs chinois et japonais détiennent la même participation au capital d’Areva, soit 10%. En face, CNNC demandait à être le premier actionnaire derrière l’Etat français. Un point due crispation très fort lorsque l’on connait les relations diplomatiques, peu joviales, qu’entretiennent les deux pays. “Les Chinois en demandaient trop” estime un proche d’Areva. Mi-janvier, le président d’Areva, Philippe Varin, et son directeur général, Philippe Knoche, se sont rendus en Chine pour tenter de trouver un ultime compris. Ils sont revenus bredouilles.

Dans le cadre du sauvetage d’Areva en quasi-faillite, l’Etat a décidé qu’EDF reprendrait la fabrication des réacteurs et les services (Areva NP). Le reste du groupe sera scindé en deux : les activités à risques (EPR finlandais…) seront cantonnées dans Areva SA et bénéficieront d’une augmentation de capital de 2 milliards d’euros à la seule charge de l’Etat ; le cycle du combustible, regroupé dans Areva NewCo, aura pour sa part 3 milliards, une augmentation de capital (acceptée par Bruxelles) ouverte à des partenaires étrangers.

Qui est CNNC ?

CNNC (Compagnie Nucléaire Nationale Chinoise) est une entreprise publique regroupant de trèsnombreuses activités (recherche, production d’électricité, fabrication d’équipements, gestion des déchets…) soit l’équivalent Français du Commissariat à l’énergie atomique d’EDF et d’Areva. C’est avec elle qu’Areva négocie depuis dix ans la construction en Chine d’une usine de recyclage des combustibles usés comme celle de La Hague (Manche) pour un coût de plus de 10 milliards d’euros.

 

Outre CNNC, la Chine compte un autre géant public, China General Nuclear Power Corporation (CGNPC). Partenaire historique d’EDF, il achève la construction de deux réacteurs EPR à Taïshan (province de Guangdong) et participe à la relance du nucléaire au Royaume-Uni, CGNPC finançant un tiers des 22 milliards d’euros des EPR d’Hinkley Point construits par EDF. Pour l’Etat patron chinois chapeautant CNNC et CGNPC, pas d’investissement financier sans investissement industriel. A terme, c’est en effet sa technologie, notamment son réacteur de troisième génération, qu’il veut vendre en Europe.

Une erreur qui va coûter cher …

Mettre Chinois et Japonais au même niveau à été une erreur, c’est indéniable ! La relation entre la France et la Chine se détériore à cause de cet échec, alors même que notre pays à besoin d’IDE (investissements directs) Chinois … Nombreux sont les investisseurs qui s’étonnent de la stratégie française qui à favorisé le nucléaire japonais. Faut-il rappeler à l’état major d’AREVA que sur les 54 réacteurs de l’ile nippone, seuls trois fonctionnent depuis la catastrophe de Fukushima. Faut-il également rappeler que la Chine construira 100 réacteurs dans les quinze prochaines années, soit 40% à 50% des nouvelles tranches en projet dans le monde. Elle a aussi le plus grand marché intérieur du monde, des salaires encore bas, une monnaie faible et manipulable. Ces atouts rendront son industrie nucléaire extrêmement compétitive dans les années à venir. En tout cas chez Areva, c’est le politiquement correct qui prime. On souligne que les relations commerciales avec la Chine “ne sont pas rompues”, et qu’il faut les dissocier de l’augmentation de capital …

Dans le domaine du nucléaire, l’échec de ces négociations est un véritable tournant dans les relations franco-chinoises. Cela fait un an et demi qu’AREVA discutait avec CNNC d’une éventuelle

Michel Sapin et Ma Kai

entrée à son capital. En juin 2015 le premier ministre Chinois et Manuel Valls avaient signé un partenariat entre les deux pays. Quatre mois plus tard, le premier ministre français s’était rendu au Japon pour dérouler le tapis rouge à Mitsubishi. L’affront était trop fort pour Pékin. Les discussions semblaient s’être améliorées lorsqu’en novembre dernier, le vice-premier ministre chinois Ma Kai s’étaient rendu en France pour rencontrer le ministre de l’Économie Michel Sapin et le secrétaire d’État à l’Industrie, Christophe Sirugue. Mais le double jeu français a fini par crisper les Chinois qui ont préféré jeter l’éponge.

L’avenir s’assombrit pour le couple franco-chinois dans le nucléaire. Les craintes se concentrent déjà sur la Grande-Bretagne et les répercussions sur le chantier pharaonique des EPR. “Rien n’est acquis, même pour Hinkley Point. Les Chinois ont besoin d’une vision industrielle et de construire des centrales chinoises en Europe, explique un proche d’EDF. Un investissement seulement financier ne les intéresse pas. Ils ne se sont pas retirés du projet mais la question pourrait se poser”. La menace est claire.