Audiovisuel public : les propositions radicales du ministère de la Culture

Il ne s'agit que d'un "document de travail. Les hypothèses ne sont pas validées par la ministre" insiste le ministère de la Culture. Il faut dire que le document que s'est procuré Le Monde
contient quelques propositions explosives concernant la réforme de l'audiovisuel public. Le texte a été exposé le 3 novembre par le ministère pour sa "contribution au Comité action publique 2022". Le "CAP 22" est chargé par Édouard Philippe de proposer des pistes pour réduire les dépenses publiques. Ce rapport émanant du ministère doit donc être assorti d'une "réflexion", "confiée à un groupe de travail interministériel", ainsi que des propositions émanant des entreprises elles-mêmes.

Première proposition de cette "contribution" la création d'une "holding", regroupant notamment France Télévision et Radio France, afin d'"aligner et dégager des synergies". Le CSA ne nommerait plus les présidents, la décision reviendrait aux comités d'administration des sociétés. Mais l'État pourrait en revanche s'arroger la nomination du dirigeant de cette nouvelle "holding". Parmi les autres pistes de travail, on trouve la suppression de France Ô, le passage à une diffusion uniquement numérique pour France 4 ou Le Mouv, la "reconfiguration des orchestres" de Radio France ou bien encore la "révision du maillage régional d'information de France 3".

"Coûts de transition potentiellement importants"

Si le rapprochement des deux grandes structures de l'audiovisuel public a déjà été évoqué par le passé, l'hypothèse n'a jusqu'ici jamais été retenue. Elle pourrait rencontrer une forte résistance en interne. Si les économies réalisables sont "à préciser", le rapport envisage des "coûts de transition potentiellement importants à attendre, qui devraient être éligibles au fonds de transformation de l'action publique". "Risque de très fortes réactions des personnels et des élus locaux à attendre", avertit-il.

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