Ainsi parlait Johnny

Si une star n'aimait pas trop parler, c'était bien Johnny Hallyday, un timide malgré les apparences. Son métier, c'était d'abord de chanter, disait-il, d'assurer le show jusqu'au bout, aussi bien sur scène que dans la vie. Lui qui n'avait fait que l'école de la vie se méfiait aussi des pièges, des questions tordues, qui assuraient un bon titre ou un buzz dans les médias. « Je ne suis pas là pour plaire aux gens qui ont pour seul but de traquer le mot qui les aidera à se foutre de ma gueule, écrivait-il dans son autobiographie Dans mes yeux en 2013. Je suis chanteur, pas homme politique. Je ne prétends rien, je n'assène rien, je ne fais que chanter…. » Ce qui ne l'a pas empêché, dans sa longue carrière, de donner son avis au risque de quelques perles, et sans craindre parfois de mettre les pieds dans le plat. Avec une constante : une absolue sincérité.

Mai 68

« Ils protestent contre la guerre du Vietnam, contre des choses qu'ils ne connaissent pas. Avant de parler, ils feraient mieux de faire leur service militaire ! »

La gauche

« Je n'aime pas la médiocrité. Je pense que la gauche pousse vers ça. (…) Je n'aime pas les sociétés d'assistés. »

Son père

« Il m'a laissé le silence en héritage. Le silence et l'envie d'en faire quelque chose, un cri, un joli hurlement qui ressemble à la survie. »

L'envie

« C'est Brel qui m'a donné envie de faire ce métier. Brel pour les textes et Elvis pour la voix. »

Sexe

« La première fois que j'ai fait l'amour, c'était dans le hall de l'immeuble, à la va-vite, avec ma voisine de palier. »

Drogue

« J'ai tout essayé, sauf le LSD et l'héroïne. Ça, c'est un truc auquel j'ai jamais voulu toucher. Mon ami Jimi Hendrix en est mort… »

Argent

« Je suis complètement détaché des valeurs matérielles qui pourrissent et empoisonnent les individus. Mon argent me sert à être libre, à vivre comme je veux. »

Impôts

« Est-ce que nous sommes obligés de subir et de financer les incompétences de ceux qui nous dirigent ? Ma réponse est non (…). Avec tout ce que j'ai donné au fisc, depuis que je trime et que je mouille ma chemise, j'aurais pu payer un porte-avions à la France. »

Zizou-Zazie

Interrogé sur le plateau de TF1 par Claire Chazal lors de la Coupe du monde de football, en 1998, le rockeur s'emmêle quelque peu les pinceaux… « Est-ce que vous les connaissez, ces joueurs de l'équipe de France ? Oui, je connais Zazie évidemment, je l'adore ! »

Tournée

« Le problème, c'est qu'à force de faire des villes différentes tous les jours, je finis par oublier leur nom… »

Carrière

« J'ai toujours eu peur qu'on me dise : le tour est fini, on descend du manège, mon p'tit gars ! »

Jacques Chirac

« Jacques Chirac est un homme simple et droit. Un fana de bière qui arrose son coq au vin de Corona (…). Ce n'est pas un président pédant comme certains l'étaient. Et croyez-moi, j'en ai vu passer. »

Nicolas Sarkozy

« Nicolas est un ami. C'est un type bien. Un homme que j'aime en dehors de son appartenance politique. Il aurait été socialiste, ça aurait été mon pote aussi. »

Survivant

« La première fois que je suis mort, je n'ai pas aimé ça, alors je suis revenu. »

Rocker

« La vie d'un rocker ne lui appartient pas. Ça passe ou ça casse. Si ça passe, on va plus loin. Si ça casse, on peut renaître du chaos. J'en sais quelque chose. »

Mort

« Mourir dans l'action ne me fait pas peur, mais la certitude de l'échéance inévitable est effrayante. Attendre quelque chose qui va arriver, je crois que c'est le pire. La nuit, je dors une heure et je me réveille en nage, comme si je sortais de ma douche. Et l'enfer de la nuit recommence. La peur. »

Citations tirées de :

Dans mes yeux, Johnny Hallyday et Amanda Sthers, éd. Plon ;

Johnny, l'incroyable histoire, d'Éric Le Bourhis, éd. Prisma ;

Interviews données dans L'Express, VSD, Paris Match…

Consultez notre dossier : Johnny Hallyday, une vie rock’n roll

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