13 novembre : ces victimes qui refusent d’assister aux commémorations

Sophie et Michael ont choisi de ne pas se rendre aux cérémonies de commémoration organisées ce 13 novembre en présence du chef de l'État. Sophie, rescapée du Bataclan, préfère y aller toute seule. Michael, fils de Manuel Dias, première victime des attaques qui a perdu la vie à Saint-Denis, n'ira pas non plus. Ils reprochent tous les deux à Emmanuel Macron la politique menée envers les victimes depuis son accession au pouvoir. Et ils ne sont pas les seuls : comme eux, plusieurs victimes ou familles de victimes ont décidé de ne pas se rendre aux commémorations cette année.

Dans une tribune publiée sur le Huffpost, Michael explique son choix : « Aujourd'hui, deux ans après ce 13 novembre qui a changé ma vie, j'ai décidé de refuser l'invitation à me rendre à la cérémonie de demain, et par conséquent de ne pas saluer le président de la République, qui, depuis son élection, agit envers les victimes du terrorisme comme avec les plus défavorisés de notre pays, d'une façon tout simplement méprisante et inacceptable », explique-t-il. Cause principale de leur colère : la suppression du secrétariat d'État chargé de l'Aide aux victimes. « Pourquoi supprimer quelque chose qui marche bien, qui apporte des résultats », déplore Sophie, au micro de RTL, qui assure que le secrétariat d'État l'a beaucoup aidée lorsqu'elle a « eu des problèmes ».

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« C'est la faute de l'État »

Lenteur du processus d'indemnisation, lourdeurs administratives… De nombreuses victimes se sentent aujourd'hui très seules, deux ans après les attaques les plus meurtrières perpétrées sur le sol français. « L'État, c'est pas ma mère, mais c'est à cause des différentes décisions prises par les précédents gouvernements qui font qu'aujourd'hui c'est une galère de sortir de chez moi et que je ne peux pas prendre le métro. C'est la faute de l'État, donc c'est à lui de nous aider de nous prendre en charge et de faire en sorte que notre vie soit facilitée », expliquait Sophie en juillet dernier. Michael déplore, quant à lui, que les attaques dont la France est victime aient toujours autant d'écho, mais que les victimes, elles, ne soient presque plus entendues.

Pour compenser la perte de ce secrétariat d'État, une délégation interministérielle à l'aide aux victimes, a été mise en place en août dernier par la ministre de la Justice Nicole Belloubet. Beaucoup redoutent toutefois l'absence de moyens mis à sa disposition et son manque de poids politique.

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